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Hot tongue and cold shoulder

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Excellent harmoniciste, Jim Liban force le respect auprès de ses pairs. Il est d’ailleurs un des favoris de l’ami Français, Benoît Blue Boy. Peu connu de ce côté de l'Atlantique, il avait entamé sa carrière pendant les années 60, dans l’A.B Skhy. Au cours des 70’s et des 80’s, il dirige Short Stuff ; un ensemble absolument inconnu chez nous. Une formation responsable d’un collector intitulé "What time is it?". Jim vit toujours à Milwaukee, dans le Wisconsin. Il sort rarement de sa tanière. Ses trop rares albums ont été chroniqués par votre serviteur. "All corned up" est un instrumental qui évolue constamment sur un tempo lent. Jim y démontre toute la puissance naturelle de son souffle, tout son feeling, toute l'émotion qui se dégage de son jeu apparemment fort simple mais combien efficace.
 
Le guitariste Perry Weber a composé "Hot tongue and cold shoulder". Très syncopé et bien soutenu par les percussions de Jimi Schutte, le titre maître est introduit par sa guitare réverbérée. Chicago Southside blues alangui, "I've got a job" évolue dans un style proche de Jimmy Rodgers voire d’Eddie Taylor. Jim chante en soulignant à chaque fois ses vocaux d'une petite phrase qui tue, à l'harmonica. Curieux, assez spartiate, le backing est limité à la guitare et aux drums. Pas de basse. Mais le plus impressionnant reste le son qu’il communique à l'harmo. Un peu comme si l'instrument s'acquittait du chant! Liban a écrit "Maxwell street", en pensant certainement à Jimmy Reed. Il chante dans le micro astatique en donnant une certaine distance à sa voix. Il souffle comme un possédé dans l'instrument à bouche. L'effet rythmique est garanti. "I say what I mean" persévère selon le même schéma. Une compo qui frétille. Un peu comme si vous aviez des fourmis dans les jambes. La ligne rythmique est toujours minimale, simple, même lorsqu’elle est échafaudée par la guitare. L'harmonica décolle quand et où il veut. La sobriété et l'efficacité régissent "Someday baby". L'harmonica est joué sans filet, si proche de nous. Perry Weber revient chanter son "Big fat woman". La ligne rythmique est plus consistante. A cause sans doute d’une guitare barytone actionnée par Jim Liban. Les recettes simples sont souvent les meilleures. Tout au long de l’onctueux "If you think", Jim jouxte les climats poisseux des swamps louisianais. Il faut l'entendre vivre son instrument. Au cours de cet exercice, il y offre tout son corps, toute son âme. A l’instar d’un homme orchestre des années 50, "I'm a selfish man" ne bénéficie que d’un accompagnement squelettique. Une énergie débordante habite Jim lors de l’interprétation de "You can't hurt me anymore". Il exprime ainsi son bonheur de chanter tout en dispensant ces courtes phrases accrocheuses. L'harmo bave, dévore. Une technique développée depuis Sonny Boy Williamson 2. Trop court, cet opus s’achève comme il a commencé : par un instrumental paisible intitulé "145 blues". Un morceau d'une efficacité rare, qui laisse encore Liban montrer les dents en exécutant son jeu.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Jim Liban
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Romie
  • Date: 2005-12-31
  • Rating: 0
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