Sauvé de justesse des crocodiles, le héros s’appelle Dominique A. Car il s’est fallu d’un cheveu sur la tête à Dominique pour que le 6ème album du Nantais soit rangé bêtement à côté des ces prédécesseurs, sans remords, ni regrets, car il a tourné, tourné et retourné dans ma platine avant de se laisser apprivoiser, de se dévoiler dans toute sa beauté. Car oui, voilà un bien bel album. Définitivement. D’une beauté tranquille, loin de la radicalité de “Remué” ou d’« Auguri » et sa flopée de ‘tubes’. “Tout sera comme avant”, comme une fatalité ? Les mêmes histoires répétées, mais aujourd’hui en négatif. En forme d’échos. “Le twenty two bar” et sa rencontre en forme de jeu, d’un cache-cache enfantin (La mémoire neuve”, 1995) ? “Elle parle à des gens qui ne sont pas là” et son froid constat. “Pères” (Remué, 1999) ? “Pendant que les enfants jouent”. Etc. Il est également amusant de comparer pochettes où l’ami Dominique apparaît clairement. “La fossette”, photo prise de profil; “La mémoire neuve” et “Auguri”, de face ; ainsi que le petit dernier de trois-quarts face. “Tout sera comme avant”, mais en diagonale, par les chemins de traverses. Un autre chemin. Remarquables également sont les titres des albums sonnant toujours comme charnière : “La mémoire neuve” et sa table rase; “Auguri” (souhait ou voeu en italien) et cette envie donc de quelque chose d’autre, de nouveau. “Remué” : ce qui est remué n’est plus à sa place comme avant. Et même si “Tout sera comme avant” laisse supposer malgré tout un après... La presse hexagonale s’est empressée de porter aux nues cet album. Enthousiasme un brin pressé si on prend un certain recul. Comme s’il fallait absolument aimer ce disque. Pour ma part, le verdict tombe quelques semaines plus tard : on peut effectivement aimer cet album. Enfin.