A 70 piges, Leonard Cohen continue à sortir de temps en temps des disques : le dernier datait de 2001 (« Ten New Songs »), et voyait sa collaboratrice Sharon Robinson endosser le rôle de productrice, voire de compositrice. C’est qu’à l’âge des pampers taille XXL et de la compote de pommes, mieux vaut s’entourer de dames pour se persuader qu’on est encore un homme. Mais là où « Ten New Songs » montrait un Cohen encore affable et inspiré, « Dear Heather » semble sonner le glas d’un des plus grands songwriters de l’histoire de la musique populaire. C’est qu’il faut se les farcir, ces douze complaintes fanées… Où l’on entend à peine le Canadien, qui chantonne péniblement en préférant laisser la place à ces nourrices gérontophiles. Sur ce disque, le vieux peine à imposer sa marque : on nage en pleine sénilité, et c’est glauque à entendre. Les femmes, comme d’habitude, font donc tout le boulot. Leonard Cohen n’est plus tout jeune, et sa musique sent le renfermé : comme quand on visite un vieil oncle et qu’il nous tanne de ses radotages. La prochaine fois on viendra avec des fleurs, auxquelles on veillera à épingler cette banderole : « A notre vieil ami Leo, So Long & Goodbye ».