Il en va de notre assurance. Parce qu’écouter un disque pareil ne donne pas envie de taper dans les mains et de sourire à la vie. Depuis plusieurs albums, Hayden Desser s’évertue à conter des histoires qui n’ont rien de très amusant… D’autant que leur écrin musical hésite entre le folk autiste et la country suicidaire ; bref c’est dans la fange que nos oreilles baignent, jusqu’à la noyade. Ecouté en quatrième vitesse, on pourrait pourtant croire qu’Hayden s’est, au fil du temps, déridé. Fausse route : dans sa guitare il fait toujours aussi noir, et dans sa tête on n’y voit pas plus clair. Les cordes et les cuivres n’y changeront rien : les sérénades d’Hayden ne sont pas faites pour les slows, surtout en plein mariage. Au pire on pourrait les passer lors d’une veillée funéraire. De quoi plomber l’ambiance une fois pour toutes. Et ce n’est pas Julie Doiron, invitée aux chœurs sur " Roll Down That Wave ", qui arrangera nos bidons… Non : " Elk-Lake Serenade ", c’est vraiment pas la fête. Sur ce, je m’en vais aphoner un flacon de codéine.