Adepte du fingerstyle, Eric Lugosch est un remarquable guitariste. Cocktail savoureux de ragtime, de blues, rhythm & blues et jazz, sa musique est typiquement américaine. Issu de Philadelphie, il avait entamé sa carrière au sein du Philadelphia Boys Choir. Comme chanteur. Avant de se mettre à la guitare, après avoir écouté le Révérend Gary Davis, le Mississippi John Hurt ou encore Leo Kottke. A ce jour, il est responsable de six albums : "Strike" en 1985, "I wanna know" en 89 et "Making models" en 94 ; ainsi que "Black key blues" en 97, "King heroes" en 99 et ce « New Tradition », trois elpees parus chez Acoustic.
En ouverture, "Sovereignty Motreshka" reflète la beauté immaculée de la guitare quasi classique. Dès "The old stomping ground", une compo qu’il interprète de sa voix claire et juste, on entre dans l’univers du ragtime blues. Son jeu sur les cordes est concis, léger, complexe et très technique. Un exercice de style qu’il accomplit à la perfection tout au long des plages instrumentales : depuis "Marching through Georgia" et "Brighton camp", deux fragments empreints de beauté champêtre, à "Strung out", une plage au cours de laquelle il se pose en maître du fingerstyle, en passant par "Springboard Chop", un morceau pour lequel il est soutenu par une solide section rythmique que suit sagement l’harmonica de James Conway. Sa guitare acoustique rayonne également sur des plages chantées. A l’instar de "Texas Radio". Signé Cecil Gant, "I wonder" est un blues couvert d’accents subtilement folk. Et qui peut rester indifférent à la pureté de "We can go" et de "Jungle Jim", deux compos qu'il chante en compagnie de Michael Smith et de Michael Lapchick ? Eric Lugosch vit aujourd'hui à Chicago. Il enseigne à l’Old Town School of folk music et au Wisconsin Conservatory of Music de Milwaukee.