Sweek, combo post-rock ardennais dans la lignée d’un GY!BE ou d’un Migala, avait fait la différence au dernier festival de Dour (cfr « reviews ») : la puissance de frappe de ses montées de sève électriques, la douceur traître de ses moments d’accalmie salvateurs… Cette saine folie destructrice soufflait un vent frais dans la fournaise de la plaine hennuyère : un grand groupe était né, et l’espoir d’un post-rock à la belge enfin concrétisé. « The sun is in my head », murmure une voix paisible en début de « Summer Trip », le morceau d’ouverture de cet album tout feu tout flammes. Et jusqu’au bout de ce trip sensoriel, on brûle de plaisir à l’écoute de ces décharges épileptiques, qui convoquent la fureur du rock le plus âpre aux éclaircies d’un folk carbonisé par le soleil. A six, les musiciens de Sweek (guitares, violon, batterie) ravivent le brasier d’un post-rock rongé par le doute, qui s’autoparodie au lieu d’abattre la tour d’ivoire dans laquelle il s’est lui-même enfermé. Epique et cathartique, la musique de Sweek joue aux montagnes russes sans jamais provoquer la nausée. Qu’elle se fasse violence, qu’elle s’amuse des clichés qui collent au genre ou qu’elle piétine ses cendres encore chaudes, on reste béat devant tant de talent. Sweek, c’est du costaud, et c’est bien de chez nous. Face à ce vrai tour de force, difficile de ne pas succomber.