Que l’Anglais Matt Shaw ait signé sur une structure bordelaise en dit long sur les difficultés qu’éprouvent certains artistes pour se faire entendre. ‘Nul n’est prophète en son pays’, pourrait-on dire, sauf qu’on comprend mal pourquoi Matt Shaw ait dû traverser la manche pour sortir son disque… Un disque pourtant subtil et accrocheur, qui vaut bien ceux de Four Tet et du label Aesthetics, bref la crème de l’électro-folk et du post-rock le plus doux, deux genres nés sur les cendres encore chaudes du shoegazing et de My Bloody Valentine. Tex La Homa (une référence au bouquin de Coupland, « Generation X ») n’a donc rien de l’immigré forcé, le cul entre deux chaises et le regard perdu à l’horizon : sa musique ne perd jamais le nord, même si de légères bourrasques venues du grand large ont parfois tendance à nous donner la chair de poule. Mais c’est un sentiment magique : celui de croire qu’on est ailleurs, au calme, le temps de quelques chansons vaporeuses aux refrains célestes. Que Matt Shaw se rassure : s’il cherche un refuge, on sera toujours là pour l’accueillir. Le bonheur simple d’écouter ses chansons vaut bien qu’on lui prête notre maison.