Deux années après avoir concocté le magnifique « Ash Wednesday », le fils Perkins nous revient pour un second opus. Souvenez-vous, le précédent elpee avait marqué au fer rouge nos âmes égarées. Sur notre route, Elvis avait opéré un détour pour les guider. Et c’était beau. Souvent le deuxième long playing est un disque maudit. Parce que l’artiste ou le groupe cherche absolument à changer d’orientation. C’est d’ailleurs à quoi on s’attendait. Voire même à un revirement serré des compositions et de l’ambiance. Elvis Perkins n’en a cure et remet le couvert. Il n’a toujours pas pansé ses blessures et continue de survoler le champ de nos cruelles désillusions.
Certains seront déçus. Ils auraient sans doute souhaité plus de lumière. D’autres snoberont cette galette pour la bonne forme, juste pour souligner son manque d’originalité. Personnellement, j’adhère. A cause de ces mélodies magnifiques, de cette douceur et cette délicatesse qui vient lécher nos sens. Car en cette période nourrie à l’éclectisme et l’électro, Perkins décide de composer comme bon lui semble. Et rit sous cape. Contestataire des tendances musicales actuelles, il crée un bastion, où les garnisons de rebelles volontaires ont tous leur place. Sobre, discret et pourtant incisif « Elvis Perkins in Dearland » est un album complet. De « Shampoo » à « How’s Forever Been Baby » les mélodies s’enchaînent, se ressemblent, certes ; mais arrivent toujours à décoller la pulpe qui se dépose au fond de nos âmes. Plutôt que de nous agiter dans tous les sens, c’est dans la qualité et l’élégance que l’on se retrouve la tête en bas. Que vous aimiez ou pas ce disque, c’est votre problème. Mais une chose est sûre, rester sans réaction face à ce disque serait totalement absurde.

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