Lorsque la voix ténébreuse d'Iggy Pop rencontre la prose de Michel Houellebeck et la plume de Jacques Prévert, l’union ne peut être que sacrée. Pour ses « Préliminaires », librement inspirés du roman « La Possibilité d’une île » de l’écrivain français controversé, Iggy Pop range ses guitares et la provoc’. L’iguane se réinvente et décide de surprendre tout le monde à coups de saxo, de trompettes, de cuivres, de piano et même de vocalises ‘in het frans’ (« Je Sais Que Tu Sais », accompagné au chant d’une certaine Lucie Aimé, et « Les Feuilles Mortes », le grand classique de Prévert).
Le pape du punk s’en prend au jazz avec un doigté qui ferait rougir les moins prudes. Sa voix caverneuse caresse délicatement chacune des notes d’une œuvre joliment imagée et passionnante de son défeuillage à son exquis climax. Le francophile n’est jamais très loin de Nick Cave, même lorsqu’il incorpore une discrète nappe de sons électroniques (« Party Time »). « Préliminaires » marque une parenthèse dans l’œuvre d’Iggy Pop qui révèle ici une mélancolie ne collant pas vraiment à l’image du personnage mais tellement bien amenée qu’on s’y plonge à cœur perdu. Post-coitum animal heureux...

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