Les membres de Super Furry Animals sont terriblement prolifiques. « Dark Days / Light Years » constitue déjà leur neuvième elpee en 13 années d’existence (NDR : sans tenir compte de leurs projets parallèles…) Malheureusement, cet opus risque fort de ne pas les extraire d’un relatif anonymat au sein duquel le groupe semble désespérément enlisé de ce côté de la Manche. La bande à Gruff Rhys pratique pourtant un pop/rock inspiré et mélodique. Alors une explication à ce manque de succès ? Sans doute la manière de placer la voix au même niveau que l’instrumentation. Et puis un penchant pour la structure bordélique. Ce qui pourrait expliquer en partie leur insuccès.
« Dark Days / Light Years » n’est peut-être pas leur meilleur album. Motif : il manque de fortes mélodies. Mais se situe toujours dans le haut du panier de la pop-rock anglaise. Pourtant, l’entrée en matière est plutôt indigeste. Et pour cause, « Crazy Naked Girls » est trop long et surtout agaçant. Mais la suite est bien plus intéressante, révélant une dizaine de morceaux de toute bonne facture, parmi lesquels j’épinglerai le très réussi « Helium Hearts » ainsi qu’« Inaugural Trains », une compo ‘eurodance’ imprévisible que Nick Mc Carthy des Franz Ferdinand soutient de ses vocaux dans la langue de Goethe. On finira par croire que Cardiff est devenue la capitale de la pop loufoque et bizarroïde. Une chose est sure, ces doux rêveurs ne doutent de rien et cherchent constamment à fuir les étiquettes. Autre certitude : des racines profondément ancrées dans la culture galloise. Très attaché à ses origines, le groupe achève d’ailleurs son album par deux morceaux interprétés dans ce dialecte. Vous pensiez peut-être qu’il n’existait pas de langue moins mélodique que celle de nos cousins germains. Après avoir écouté « Liliwau Llachar » et « Pric », vous reconsidérerez votre jugement, car cet idiome ne s’en tire pas mal non plus. Deux titres paradoxalement de toute bonne facture. Caractérisé par son crescendo électro et sa durée de 10 minutes, « Pric » lorgne manifestement vers Daft Punk.
Ce nouvel opus de SPA est agréable à écouter ; cependant, si vous connaissez mal Super Furry Animals, je vous conseillerai plutôt de vous procurer un « Best Of ». De manière à mieux cerner leur style, à travers des compos accessibles. Véritables stars dans leur Pays de Galles natal, les musiciens fous de Super Furry Animals demeureront probablement toujours aussi incompris. Et ce n’est pas la sortie de ce « Dark Days / Dark Years » qui changera leur statut. C’est bien dommage ; mais les secrets cachés ne sont-ils pas souvent les plus excitants ?

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