Jacques Duvall a écrit pour une quarantaine d’artistes, dont Lio (NDR : c’est lui qui avait notamment composé « Banana split » et « Les brunes ne comptent pas pour des prunes »). Une plume qu’il consacre aux autres (NDR : sous son patronyme on ne lui connaît que quelques singles et trois albums) depuis presque trente ans. Mais en rejoignant l’équipe de Freaksville, on dirait qu’il a retrouvé une nouvelle jeunesse. L’occasion était donc belle de solliciter Lio pour participer au troisième volet de l’aventure Phantom, un projet monté par le leader de Miam Monster Miam, Benjamin Schoos. D’autant plus que Vanda n’a toujours rien perdu de son esprit punk, provocant et provocateur. Qu’elle revendique toujours d’ailleurs. Que ce soit dans ses analyses au sein du jury de la Nouvelle Star ou lorsqu’elle chante et danse, sans petite culotte, dans l’émission de Fogiel. Le premier volume de la série avait été consacré à Duvall. Un elpee sous-titré « Hantises ». Et le deuxième à Marie-France Garcia (NDR : encore une artiste dont il est le parolier).
En toute logique, ce « Phantom feat. Lio » constitue donc le troisième. Un disque enregistré en 48 heures. Hormis deux titres, Jacques signe neuf plages sur les onze de l’opus. Patrick Eudeline (NDR : c’est un journaliste de Rock & Folk !) a écrit « Lipgloss », caractérisé par sa mélodie en boucle ; et Marie Laure Dagoit le funkysant et déclamatoire « Noir violette ». Plusieurs morceaux sont chargés d’intensité électrique. Garage, si vous préférez ! Et tout d’abord le morceau d’ouverture, « Je ne veux que ton bien ». Noisy punk, chargé de feedback, il entretient un climat fiévreux, qui jamais ne parvient à éclater. « Ta cervelle est en grève, mais ta grande gueule fait des heures sup’ », ensuite. Les riffs de guitare saignants peuvent rappeler les Sex Pistols, mais la mélodie sucrée et contagieuse évoque inévitablement Blondie. Et enfin le nerveux « Mon nouveau Jules marche sur l’eau ». Déchiré entre post punk et new wave, il laisse transparaître quelques accès de claviers 80’s. Parmi les titres les plus lents, on épinglera le slowcore « L’amour ne m’a jamais manqué », une composition tapissée, en toile de fond, de cordes réverbérées. Et puis l’autobiographique « La veille de ma naissance », une ballade mid tempo. Sarcastique et tellement vrai, « Tout le monde m’aime » libère un chouette groove soul/r&b. Jacques et Lio chantent en duo sur « La fidélité, un ‘talking blues’ cocasse. Mais le sommet de l’album nous vient de « Je ne suis pas encore prête ». Un tube en puissance au refrain irrésistible. Plus rien entendu de pareil chez Lio depuis presque 3 décennies. Suffirait d’un déclic et la bande FM est contaminée… Bref, un disque rafraîchissant, qui a bénéficié de la participation de Gilles Martin (Colin Newman, dEUS, Dominique A, etc.), au mixing. Une œuvre qui prélude un nouvel elpee de Lio. Mais en solo, cette fois. Il devrait sortir automne 2010.

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