Chanteur/guitariste/compositeur, Mike Schermer écume les scènes de la côte Ouest des States depuis plus de vingt ans ; mais c’est avant tout un musicien très sollicité par ses pairs pour diriger leur backing band et y apporter son concours aux cordes. Il s’est ainsi notamment illustré en compagnie d’Elvin Bishop, de Charlie Musselwhite, d’Angela Strehli, de Maria Muldaur, de Sister Monica et de Bonnie Raitt. Il s’est converti au blues en 1984, après avoir assisté à un concert d'Albert Collins. Parmi ses héros, figure incontestablement T-Bone Walker. Mais il reconnaît également, comme influences majeures, Sam Cooke, Howlin' Wolf, Jimmy Smith, Ray Charles et Wilson Pickett. Il est le fondateur des mythiques Soul Drivers, un quatuor impliquant l'harmoniciste Andy Santana, le bassiste Steve Ehrmann et le batteur June Core. Ce combo aura l'opportunité et l'honneur d'accompagner les plus grands bluesmen : depuis Willie Dixon à Jimmy Rogers, en passant par Billy Boy Arnold, Snooky Pryor et un certain Tommy Castro, devenu aujourd'hui si populaire. Les Soul Drivers vont même commettre un superbe elpee. Intitulé "Tight white dress", il est publié en 1999. Mike fonde ensuite son Mighty Mike Schermer Band. Le combo concocte un premier opus en 2001, "1st set". Embraie en 2005 par "Next set", un disque sur lequel figure "Mr Big sister's radio", une chanson qui sera nominée. Mike a également composé pour sa corporation, dont Elvin Bishop, Angela Strehli, Howard Tate et le saxophoniste Terry Hanck. Et si vous connaissez mal cet artiste, je vous conseille de vous procurer "Right hand man : Vol 1", une compilation publiée sur Finedog qui lui est consacrée.
Ce "Live set" est donc paru cette année. Il immortalise deux concerts accordés sur autant de scènes californiennes, en novembre 2008. Soit au ‘Torch Club’ de Sacramento et au "Moe's Alley" de Santa Cruz. Le Schermer Band ouvre sa prestation par "See see baby", une cover de Freddie King. Le rythme est soutenu. Mike chante de sa voix musicale ; mais c'est avant tout sa guitare qui fait mouche. Elle sort de sa réserve dès qu'elle en a le loisir. Le phrasé est précis, limpide, bien plus proche d'Albert Collins que de Freddie King. Son répertoire se promène ensuite dans les rues de la vielle cité du Sud de la Louisiane : New Orleans. Et pour cause, il adapte le fameux "Those lonely, lonely nights" d'Earl King. Le piano y joue un rôle prépondérant. Ex-Doobie Brothers, Dale Ockerman se réserve ces ivoires. Mais les soli sont accordés ici par la saxophoniste californienne Nancy Wright (NDR : à ses débuts, elle a joué pour Lonnie Mack) et inévitablement Mighty Mike, particulièrement saignant dans son intervention. Le "Hey baby, que paso?" d'Augie Myers prend la direction du Texas. Le Sud, toujours. Une cover sculptée dans un tex mex pur et dur, soulignée par la trompette acérée de Pete Sembler. Schermer se met ensuite en évidence lors d’un long medley qui s’ouvre par le thème de "Hideaway" de Freddie King, puis entreprend un périple de visites chez d’autres artistes notoires comme Booker T, James Brown, Jimi Hendrix, les Stones, Beatles, Kinks, Roy Orbison, Chuck Berry, Ray Charles et la liste n’est pas exhaustive. Une belle performance ! Il n’a pas oublié une de ses références essentielles : T-Bone Walker. Dont il interprète deux compos. "T-Bone shuffle", tout d’abord. Un morceau balayé par le souffle insatiable de Nancy Wright. "T-Bone boogie", ensuite. Au cours duquel la section rythmique composée de son vieux complice Steve Ehrmann et de Paul Revelli, épaulée par June Core, libèrent un fameux groove. La reprise du "Groove me" de King Floyd trempe dans une soul music de toute bonne facture. Austin deLone (NDR : à ses débuts, cet Anglais militait au sein du pub rock band, Eggs Over Easy) se charge de l'orgue. Il est toujours au poste lors de l’adaptation du "Ain't no big deal" de Little Milton. La séduisante Lara Price Schermer rejoint Mike, sur les planches pour partager les vocaux sur "It's gonna work out fine", une plage au cours de laquelle Miss Nancy Wright se réserve une sortie impériale. Mighty Mike Schermer s’est forgé un statut d’artiste confirmé, et sa réputation a largement dépassé les frontières. Au cours des derniers mois, Mike s’est établi au Texas. A Austin, très exactement. Et il y est devenu le guitariste régulier de la pianiste louisianaise, Marcia Ball.

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