Il y a neuf ans, Java s’illustrait en commettant un premier elpee intitulé « Hawai ». Java est un projet issu de la scène parisienne, né de la rencontre entre le compositeur Fixi et l’auteur R.Wan. Leur objectif ? Remettre au goût du jour le folklore français en se servant de la culture musicale contemporaine. Projet, ma foi aussi palpitant qu’intéressant. Et le résultat est alors à couper le souffle. Imaginez la rencontre entre hip hop et musette, et vous aurez une petite idée du style proposé par Java. L’accordéon ne se contente cependant pas de s’abandonner dans des airs de valse, tango ou autre java, mais souligne aussi les lyrics à la fois bien ficelés et percutants (NDR : une véritable bouffée d’air frais au milieu de la scène française) de R.Wan. Rien que le titre du morceau d’ouverture de leur premier elpee, « Sex, accordéon et alcool », annonçait la couleur…
Après avoir concocté ce disque, Java est parti en tournée mondiale, se forgeant en même temps une excellente réputation de groupe ‘live’. D’ailleurs, en 2001, le combo grave « Java sur scène », de manière à montrer un bel aperçu de leurs performances en public. Le deuxième opus, « Safari Croisière », est édité en 2003. Mais il passe relativement inaperçu, tant sur la scène hexagonale que belge. En 2006, les partenaires décident de s’accorder une pause, afin de se consacrer à leurs projets respectifs. Et il faudra attendre avril 2009 pour voir débarquer le troisième opus de Java, « Maudits Français ».
Ce nouvel essai perpétue ce qui a fait son succès depuis les débuts du groupe : le ‘hip hop’ musette. Malheureusement, l’effet de surprise est passé, et on a parfois la sensation d’entendre une solution sonore réchauffée. Manquant de fougue, même. Des chansons comme « Moi je Moi je », « Bling Bling » ou encore « Paris Musée » sont peut-être un peu trop surannées. Parfois, on a même l’impression de retrouver un Renaud de ses débuts. Mais un Renaud qui aurait négligé ses textes. Heureusement, quelques compos sauvent la mise. Et je pense tout particulièrement à « J’me Marre », « Folklore » et surtout « Mona » (NDR : cette description d’une banlieue parisienne, est sans doute le meilleur titre de l’elpee), qui semblent avoir retrouvé la recette de leurs premiers plats. Néanmoins, vu le potentiel du combo, cet album est une petite déception…

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