En 2006, Barzin Hosseini nous expliquait comment pleurer le sourire aux lèvres. Comment mélanger les éléments pour en tirer un maximum de profit ? C’était l’époque où la société kleenex n’en finissait plus de le remercier d’avoir commis « My Life in Rooms ».
Trois ans plus tard, nous sommes toujours sur le même pied, mais plus dans les mêmes chaussures. Barzin nous balance aujourd’hui « Notes to an Absent Lover », une ode aussi présomptueuse que réussie. J’entends d’ici les râleurs s’esclaffer du manque de cœur qui m’afflige, de cet organe de pierre qui fait office de moteur ; et j’en ris sous cape. Oindre la mélancolie d’effets country via le banjo ou d’aspect magique à la harpe c’est facile, voire même ‘petit esprit’. Prendre l’auditeur par les sentiments avec autant de conviction qu’un Yves Duteil prenant un enfant par la main, est d’une mesquinerie crasse. Oui mais… là ou certains se seraient ‘gamellés’ par excès de niaiseries ou d’effets mollassons, le Canadien pose un édifice étonnant de simplicité et pourtant truffé d’organes vitaux. « Notes to an Absent Lover » est blindé de petits trucs, de ces choses que l’on ne voit plus ou qu’on ne prend plus le temps de faire : sourire, soupirer, s’étirer dans l’herbe… Barzin développe la simplicité et l’évasion de manière fort réussie, en laissant perler des gouttes d’eau de pluie parfumées sur ses textes. En associant l’improbable au calculé. Il ne faudra cependant pas trop abuser de la galette, mais plutôt se faire un petit shoot concis de temps à autre. Histoire non plus, de ne pas finir neurasthénique.

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