Pour être honnête, vu le nombre d’albums qui me restent à chroniquer, hier soir, j’étais quelque peu découragé. Et dans ces conditions, difficile de faire un choix, avant de me lancer dans cet exercice. Mais l’image reproduite sur le digipack de l’album de Kartasan a quand même titillé ma curiosité d’ancien –mauvais– élève des Beaux-arts. Un portrait peint à l’huile dans un style néo-impressionniste. C’est beau, élégant, sobre et intemporel. De quoi suffisamment guider ma sélection. D’autant qu’il est l’œuvre de Jan Vandecasteele, c'est-à-dire le leader (NDR : chanteur/pianiste/auteur/compositeur) de cette formation gantoise. Peintre, Jan est également le fils d’un jazzman. On imagine facilement la famille tremper dans le milieu artistique.
Jan possède une très jolie voix. Un timbre de crooner, si vous préférez. Sis quelque part entre celui de Neil Hannon et de Nick Drake. Chantés dans la langue de Shakespeare, ses textes sont de toute bonne facture. Des lyrics teintés d’autodérision et à l’humour noir bien belge. Et puis, il s’est bien entouré. Notamment de la crème des musicos de la partie la plus plate de notre petit pays : entre autres, les Killer Horns (excellent trio de cuivres) ainsi qu’un orchestre de cordes au sein duquel on retrouve Paul Klinck et Joeren Bart (dEUS, Zita Swoon…) Le mixing a été opéré Werner Pensaert (Hooverphonic, Ramstein…) aux studios Audioworkx. C’est aux Pays-Bas ! Bref, un fameux casting pour un premier elpee.
Et le résultat est superbe. Un opus puissant, personnel, aux arrangements soignés, qui devrait permettre à ce groupe flamand de se forger une carrure internationale. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. D’ailleurs, si vous appréciez le style d’Anthony and the Johnsons, la sensibilité de Nick Drake et la classe de Divine Comedy, vous ne pouvez passer à côté de ce disque.

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