Rien ne se perd… tout se recycle ! Depuis 2008, on assiste effectivement à une résurgence de la dream pop sur la scène musicale indépendante (Beach House, School of Seven Bells, The XX…) Genre musical où l'essence de la musique converge vers les textures et les ambiances éthérées plutôt que sur les riffs rock propulsifs. Largement diffusé par le label indépendant 4AD, ce phénomène ne demeure cependant pas exclusivement britannique.
En effet, le label Mis Ojos Discos et la formation philadelphienne A Sunny Day In Glasgow confirment la bonne santé du genre sur le continent américain. Collaboration qui a donné naissance à « Ashes Grammar ». Long playing 100% pur dream pop qui ravira sans doute les amateurs de jolis bruits. Chacun d’entre eux trouvera certainement son bonheur sur cette galette composée de –chose assez rare pour être soulignée– pas moins de 22 pistes. Près d’une heure de sonorités abstraites qui bourdonneront avec délice, à vos oreilles. Un album à l’architecture et aux enchaînements linéaires sous haute surveillance qui ondulent sur des nuages pop et des nébuleuses galactiques. Une cathédrale sonore sise sur des sables mouvants mais habitée de mélodies ellipsoïdales nimbées d’échos, de nappes électroniques et de guitares filtrées.
Une dream pop sombre et sensuelle sculptée dans la pure tradition britannique des 80’s qui contemple les horizons lointains de « Victorialand » (Cocteau Twins) et de Lush.
Hormis les séquences électro habilement orchestrées, on pourrait hâtivement cataloguer « Ashes Grammar » comme un album pop de plus qui n’apporte rien d’exceptionnellement neuf. Comme un nouveau voyage musical qui revisite joliment les années 80 et parlerait uniquement aux nostalgique du genre. Or, A Sunny Day In Glasgow ne se présente pas exclusivement comme un simple ersatz de Slowdive ou de Curve. Il trace de majestueux ‘soundscapes’ abyssaux, personnels et uniques. « Slaughter Killing Carnage – The meaning of words » givre l’instant d’une voix féminine soufflée (Robin Daniels) et immortalise des paysages sonores introspectifs et existentialistes qui vous glacent le sang. Aucune sensibilité artistique ne peut dès lors échapper au charme narcotique du collectif de Philadelphia.
59 minutes et 9 secondes qui ne laissent pas indifférent !!!
A découvrir le 12 mai 2010 aux ‘Nuits du Botanique’ à Bruxelles.

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