Extraits d’une conversation imaginaire sur une musique imaginaire :
- Surprenante, votre galette intitulée « Doré à point ». Quel est son contenu ?
- Beaucoup d’ingrédients ! Tout d’abord, du jazz ! Un mélange de violon, piano, saxophone, rehaussé de guitare, d’un peu d’accordéon et de percussions. Quelques gouttes de ska et des miettes de berceuses, du pipeau, trois grelots.
- Oui, ceci m’a rappelé les sablés Eric Satie de ma grand-mère, mais aussi, étrangement, le ska de mes copains Caravan Palace, le jazz manouche, et les ogres de Barback. Il y a des cris d’oiseaux aussi, des cris humains je crois, et je perçois un zeste de musique balkanique. Attendez, je goûte à nouveau, car tout se mélange un peu.
- Oui, je dois vous avouer que… la recette est un peu improvisée ! De très bons champignons poussent dans la région et, on dit qu’ils donnent de l’inspiration ! Huhuhuhu !
- Personnellement, j’estime qu’il y a parfois trop de saveurs pour mon palais. Le troisième morceau auquel j’ai goûté, « Sortilège », était délicieux, très sapide ! Mais ce ‘happy end’ en mode majeur m’a laissé une impression trop suave sur la langue.
- Oui, nous appelons cette mixture de la ‘musique positive orchestrée’ et nous tenons à garder une note joyeuse.
- C’est regrettable, je trouve. Le sucré, à la longue, est écœurant. De manière générale, c’est plutôt léger et frais mais quelques morceaux sont un peu difficiles à avaler. Et quels contrastes au sein d’une même bouchée ! Parfois, c’en est trop, et ça devient visqueux comme ces champignons dont vous me parliez à l’instant. Mais je dois bien saluer l’inventivité et l’audace dont vous faites preuve, parce qu’aujourd’hui à part les hamburgers, des tranches de mou dans du pain mou, on ne trouve pas grand-chose à se mettre sous la dent. J’ai vraiment apprécié la « Petite valse macabre ». En fait, ce que vous faites, c’est réinventer des recettes traditionnelles, n’est-ce pas ? Une sorte de musique folklorique imaginaire.
- Si vous regardez bien sur la boîte, il est écrit ‘modern folk’.
- Effectivement. (Elle est vraiment vilaine, cette boîte.) Vous permettez que j’en reprenne un peu ? … C’est vraiment déroutant, toutes ces dissonances, je n’ai pas l’habitude. Et pourtant elles me rappellent constamment quelques saveurs déjà testées. Ici je crois reconnaître une note boisée ; mais non, c’est plus épicé, ce n’est pas ça. Dites, je peux emporter un dogy-bag ?

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