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Non seulement, Gary et Anita partagent leur existence, mais la vie et la musique se rejoignent dans leur passion. Celle du blues. Gary chante, compose, joue des claviers et de l'harmonica tandis que sa douce Anita joue de la basse acoustique et se réserve l'une ou l'autre percussion. Ils se sont retirés dans l'intimité d'un studio pour produire ce premier album. Le couple est issu du Canada occidental. Gary a longtemps sévi sur la scène blues de Winnipeg. A une certaine époque, il avait -paraît-il- impressionné le regretté Junior Wells. Il a drivé ses Harpoons avant de fonder son Gary Preston Band, au sein duquel militent Anita et deux autres musiciens. Une formation toujours en activité…

Pour ouvrir les hostilités, le duo s'attaque au répertoire de Willie Dixon ; et en l’occurrence à "Don't go no farther". Gary possède une voix bien assurée. Il double ici au piano et à l'harmonica pendant qu'Anita joue le rôle du géant Dixon sur sa basse acoustique. Mais au fil de la compo, l’instrument chromatique est mis de plus en plus en évidence. "Mighty long time" développe un dialogue entre la voix et l'instrument. Un moment bien intense au cours duquel Gary souffle avec retenue, à la manière de Sonny Boy Williamson II. Parfois le duo emprunte les accents syncopés de New Orléans. C'est évident sur "Cuddle up". Une situation qui se reproduit sur le titre maître. Preston se révèle, par ailleurs, très bon pianiste. Il joue aussi bien des deux mains. Sa voix est percutante tout au long des toniques "Seven nights to rock" et "Lonesome" (NDR : une cover de Memphis Slim). Il est également capable de chanter le blues sur un mid tempo. A l’instar de son "Platypus blues". Sa musique à bouche y produit alors des cris plaintifs. Parfois l'ambiance vire au jazz/cabaret. Comme sur "The bounce" ou encore lors de la reprise du hit planétaire de Ray Charles, "Georgia on my mind". Gary s'accompagne à l'orgue et au piano tandis que la tendre Anita joue des lignes bien mélodieuses sur sa basse. Si "Got an uncle in Harlem" prend une coloration swing jazz, le délicieux "Hurt" se couvre d’accents exotiques. Miss Bonkowski étale alors tout son talent à la basse. "Bayou heat" opère une incursion dans le pays du zydeco, une plage au cours de laquelle Anita est passée au frottoir. Pour achever cette bonne production maison, Gary se remet à souffler comme le vieux Sonny Boy, lui rendant en quelque sorte un hommage à travers ce "Greasy"!

 

 

 

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