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No one rides for free

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Les Aces nous viennent de Santa Rosa, en Californie. Une formation née en 2000. Objectif : restituer le caractère primaire et brut du blues, dans l’esprit des juke joints issus des collines du Nord du Mississippi! Le combo a signé chez El Toro, un label espagnol, barcelonais pour être plus précis. Derek Irving en est le guitariste soliste et le frontman. Planté derrière son micro, Sky O'Banion souffle généreusement dans son harmonica. Mike ‘Junk Johnson’ Gutsch assure les percussions. Pour la circonstance, le trio a reçu le concours de deux guitaristes rythmiques : Bob Welsh et Chris Anderson. Ils assurent les parties de basse, un peu à la manière de Brewer Phillips auprès de Hound Dog Taylor. Les Aces composent leur répertoire. Ne les confondez cependant pas avec les Aces, le groupe de blues légendaire chicagolais, impliquant les frères Dave et Louis Myers ainsi que le batteur Fred Below, un ensemble qui avait accompagné brillamment des stars comme Little Walter et Junior Wells.

A première écoute, une référence évidente saute aux oreilles : les Red Devils de Lester Butler, celle de leurs débuts, il y a près de 20 ans. "You're gonna loose" nous donne immédiatement l’eau à la bouche. Implacable, la rythmique met instantanément le feu, à la manière du Jimmie Vaughan de ses débuts, lorsqu’il était flanqué des T-Birds. Les lignes de basse tracées par les six cordes rythmiques forment une ossature idéale! Sky, un colosse de près de deux mètres a certes le souffle puissant, mais ses interventions sont à la fois efficaces et bouleversantes. "Stole something for me" nous entraîne au sein d’un univers sonore proche des Red Devils. Ici également, la rythmique implacable balise l'ensemble. O'Banyon en profite alors pour chanter et souffler comme un possédé dans sa frêle musique à bouche. Il ne lâche jamais prise et sa voix est émouvante. La section rythmique nous invite à participer à un voyage tout au long de "Shed some light on me", un morceau plus Butler que nature. Sky chante à travers son micro astatique. Il prend son public à la gorge et ne relâche plus son étreinte. "Knee deep in mud" ralentit le tempo. L’harmo réverbère des accents fantomatiques. L’aspect lugubre des swamps louisianais remonte à la surface. Cinq bonnes minutes d’effroi, au cours desquelles, seul l'instrument chromatique parvient à communiquer une chaleur bienveillante. "Drinkin' song" macère au sein d’un climat de torpeur. Un blues lent et dépouillé à l'extrême au cours duquel des notes angoissantes s’échappent de l’harmonica. Sky chante tristement et nonchalamment. Derek en remet une couche à cette sinistrose, à l’aide de sa guitare, qui s’est insensiblement mais sûrement installée. La slide de "Need your lovin" nous transporte dans les climats humides du Delta du Mississippi. Les rythmes foisonnent, bouillonnent et sont projetés sur toute la scène. La slide d'Irving est poisseuse, reflet d'un mal de vivre évident. Toujours plongé au sein d’un même climat, Roy souffle frénétiquement dans les aigus lors d’un "Down in the cave" introduit par des notes orientalisées d’un sitar, dont l’âme a probablement été vendue au diable. "Mr Highway man" restitue l'ambiance des trips accomplis par le géant Howlin' Wolf. Et notamment à cause de ce riff inlassablement remis sur le couvert par Derek! La silhouette imposante de Mr O’Banion se profile derrière le shuffle vivifiant et torride "House on the hill". Et pour cause, il y impose son harmonica. "Kanka Kanka" achève cet elpee de toute bonne facture. La rythmique est implacable. L’harmo embrase un dernier brûlot interminable, pendant que les cordes se libèrent dans la braise. Un excellent opus dont la transposition en ‘live’ devrait faire des ravages…

 

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