Le label Charly publie ce double Dvd qui ne devrait pas déplaire aux nombreux fans du boogie band californien. Et pour cause, non seulement il consacre plus de cinq heures à Canned Heat, mais il est accessible à toutes les bourses.
Le premier Dvd s’étale sur plus de trois heures et demie et réunit 52 documents de toutes sources, puisés dans la carrière du groupe entre 1967 et 1998. Il est sous-titré : "The story of Canned Heat 1967 – 1998". A menu : clips promo, passages TV et extraits de concerts. La qualité sonore et visuelle est bien entendu variable ; mais bon, vous ne serez certainement pas volés en acquérant cette œuvre.
De son expérience vécue, lors du premier festival de Monterey, en 1967, nous est offert un tout bon "Rollin' and tumblin'", impliquant Bob Hite au chant, un tout jeune Alan Wilson à la slide et Frank Cook à la batterie. Le clip promo de "On the road again" date de 68. Alan se réserve toujours les vocaux, Hite l'harmo, mais c’est Fito qui est préposé aux drums. Les cheveux ont poussé, lorsqu’ils interprètent "Goin'up the country", une compo au cours de laquelle, Bob –le futé– en remet une louche, à la flûte… Woodstock, c’était bien en août 1969. Un excellent et long chapitre nous est réservé sous la forme du "Leaving this town". Démoniaque, Larry martyrise sa basse. Fito cogne dur. Alan assure à la slide et Harvey Mandel y révèle toute sa dimension déjantée. Les sessions Playboy remontent également à 1969. Une version torride de "Turpentine moon" en est extraite. Revenu au bercail, Wilson se révèle brillant au bottleneck pendant qu’Henry Vestine manifeste toute sa fougue. Une autre adaptation d’"On the road again" met en exergue un sémillant Alan à l'harmo, sur fond d’élucubrations bien psychédéliques. La qualité du son proposé lors du concert accordé en Allemagne (c’était en 1970) est parfaite. Mandel tient la vedette tout au long de "Future blues". On retrouve la présence d’Alan à Kralingen, aux Pays-Bas, un pincement au cœur. Et pour cause, cet événement s’est déroulé, moins de trois mois avant sa tragique disparition, le 2 septembre. "Lets work together" en est donc le dernier témoignage de son vivant. L'année suivante, au Golf Drouot de Paris, Joel Scott Hill a remplacé Wilson, mais le son est pourri ! Une longue version de "Refried boogie" est accordée au festival de Montreux. Nous sommes en 1973. Bob Hite est de plus en plus obèse. Il assure ici, la rythmique boogie. Particulièrement fatigué, il chante "You don't have to go", la veillée de Noël 1980, dans la San Fernando Valley, à Los Angeles. Quelques mois plus tard, c’est-à-dire le 4 avril 1981, il nous quittait. 1989 célèbre le 20ème anniversaire du festival de Woodstock. James T vient de débarquer. Alors encore chevelu, Junior Watson est venu épauler le line up. Et c’est désormais Fito qui chante "On the road again" et "Goin' up the country". Lors de la tournée du Heat, accomplie en 1992, c’est une femme qui se charge de la lead guitar. En l’occurrence, la flamboyante Becky Barksdale (NDR : Cette Texane est née à Port Arthur, tout comme feu Janis Joplin). Et c’est une surprise. L'année suivante, elle quittera le bateau pour devenir soliste au sein du Michael Jackson Band (NDR : et ce n’est pas un canular !) Parmi les derniers extraits, on saluera l’excellente contribution de Robert Lucas, au chant, à la slide et à l’harmo. Un Canned Heat vrai de vrai ! Il partageait la scène aux côtés de Henry Vestine et Junior Watson. Un Vestine qui se produisait encore ce 18 octobre 1997, à Gouvy. "Keep our business to yourself" en est le dernier témoignage. Deux jours plus tard, il rendait l'âme. A Paris.
Le second Dvd épingle de larges extraits de deux concerts. Le premier accordé en mars 2000 à Cologne, et le deuxième, le 10 juin de la même année, à Bellinzona, en Suisse. Les musiciens sont pratiquement identiques : Greg Kage et Fito à la section rythmique, le multi-instrumentiste (NDR : particulièrement doué) Stanley Behrens ainsi que l'impressionnant Dallas Hodge au chant et à la guitare. En mars, John Paulus était préposé à la seconde gratte. Et en juin, Larry Taylor. J'apprécie beaucoup le timbre vocal de Stanley. Il chante ainsi distinctement "On the road again". En outre, ce musicien appliqué et talentueux est capable de passer, avec un réel bonheur, de l'harmonica à la flûte, sans oublier le saxophone. Sa prestation est d’ailleurs remarquable tout au long de "Wait and see", une compo également caractérisée par les interventions vocales puissantes de Dallas. Lors du set accordé à Cologne, une dimension rock est apportée à "Road to Rio". A cause de la six cordes allumée de John Paulus. Et le résultat est épatant. La version de "Let's work together" n'est pas piquée des vers. L’attitude scénique de ‘bear’ de Hodge impressionne. Sa voix est surpuissante. Les interventions de Paulus au bottleneck sont incendiaires. Tout un descriptif pour se rendre compte de la qualité de ce "Mercury blues", susceptible de rivaliser avec la version du groupe Zero. Eblouissant ! En bonus tracks, la plaque nous réserve encore des interviews accordées par Bob Hite (1973), Henry Vestine (1996) et Fito de la Parra (1991). Les notes consignées dans le booklet ont été rédigées par Fito. A ce prix, pas d'hésitation !

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