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Bernard Dagnies

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Ce dimanche 13 août, Puggy est programmé en tête d’affiche. Jusque là rien d’étonnant pour un trio qui, lors du même BSF, mais au fil des éditions, est passé du Magic Mirrors à la Place des Palais, en transitant par les scènes intermédiaires. D’autant plus qu’aujourd’hui, il remporte un vif succès. Mais drôle d’idée d’aller voir cette formation qui se produit aux quatre coins de la Belgique, toute l’année. Sauf que… ce soir, il est flanqué d’un chœur gospel. Et on en avait déjà eu un petit aperçu lors de la conférence de presse, qui s’était déroulée en juin dernier. Donc, c’est ‘the place to be’. Et puis on pourra revoir Jesus & Mary Chain, qu’on espère dans une meilleure forme, qu’à l’AB. On peut toujours rêver…

Avant de retirer son sésame, sous le Magic Mirrors, il y a une belle trotte. Et tout au long du parcours, on entend la fin du set de The Black Box Revelation. Apparemment, depuis les derniers concerts auxquels j’ai pu assister, rien n’a guère changé. Surtout le volume sonore, qui est toujours aussi puissant. D’après certains confrères, la formation a surtout réussi son exercice de style, dans le domaine de la reprise. Elle est souvent différente, c’est tout à leur honneur ! La cover en question ? Le « Heart of gold » de Neil Young. Vu l’attachement porté à l’artiste canadien, valait peut-être mieux ne pas être présent, à ce moment-là…

C’est en avril dernier que votre serviteur avait assisté au spectacle de Jesus & Mary Chain. A l’AB. Un set mi-figue mi-raison, qui hormis lors de l’un ou l’autre titre et surtout lors du final, manquait singulièrement de punch. Fallait donc craindre une resucée de ce show. Et pour cause, la prestation remonte à un peu plus de quatre mois… Si le concert s’ouvre par un encourageant « Amputation », morceau issu du dernier opus, « Damaged & Done », la suite semble corroborer cette impression de monotonie ambiante. Sauf qu’au bout d’une vingtaine de minutes, l’intensité électrique monte soudain en puissance ; et hormis les deux morceaux plus pop (le single « Just like honey » et « Always sad »), au cours desquels Bernadette Denning vient chanter en duo avec Jim, le reste va nous replonger, comme à la belle époque, au sein d’un climat sauvage, malsain, glacial, spectral, sensuel et cool à la fois, propice aux émotions sombres, au tourment intérieur et à la romance pure. Entre beauté et violence, les compos défilent. Les changements de cordes sont glorieux. Des cordes tour à tour cristallines, bourdonnantes, surf ou chargées de feedback mélodique. On aura même droit à deux titres plus punk, mais dispensés dans l’esprit des Cramps. Faut dire que même s’il s’est planté en retrait, devant ses deux baffles et amplis orange, William (NDR : chaussé de lunettes et les cheveux en broussailles, il ressemble de plus en plus à un des musiciens des Melvins) est en pleine forme. Lui et le second gratteur déversent une avalanche d’électricité sur « You trip me up ». Et la voix de Jim passe aujourd’hui bien mieux la rampe. Veloutée ou venimeuse, elle se transforme en slogan pendant « Reverence » : ‘I want to die just like Jesus Christ’ (Trad : je veux simplement mourir comme Jesus Christ). Et « I hate rock’n’roll », morceau qui achève le set est de la même veine. Franchement, on ne s’attendait pas à un tel retour gagnant. Faut dire qu’il suffit parfois de choisir une tracklisting qui tienne la route. En tout cas, c’est une bonne surprise !

Set list : « Amputation », « April Skies », « Head On », « Far Gone and Out », « Between Planets », « Blues From a Gun », « Always Sad », « Mood Rider », « All Things Pass », « Some Candy Talking », « Halfway to Crazy », « Nine Million Rainy Days », « Just Like Honey », « You Trip Me Up », « The Living End », « War on Peace », « Reverence », « I Hate Rock 'n'roll »

Les haut-parleurs crachent un air de musique country… qui vire brusquement en thème électro. La Place des Palais est noire de monde. C’est –paraît-il– sold out. A mon humble avis, manifestement! Puggy grimpe sur l’estrade. Le trio est accompagné par son fidèle claviériste/percussionniste et un chœur gospel réunissant 8 musiciens, de parité/hommes/femmes. Il s’agit du Wings Gospel Choir de Didier Likeng, un auteur/compositeur/arrangeur/professeur et directeur artistique d’origine camerounaise qui drive de nombreuses chorales. En outre, il a bossé pour des tas d’artistes dans l’univers de la chanson française et de variétés ; et notamment pour Axelle Red ainsi que Philippe Lafontaine. Toute cette équipe est vêtue de blanc et s’installe au milieu, légèrement en retrait. Soit devant Matthew Irons, lui, habillé d’un costard rouge. Le bassiste campe à l’extrême gauche et le drummer à droite. Matthew pète la forme. Il ne tient pas en place. Et il communique constamment avec son public. A l’une ou l’autre reprise, comme un Dj. Ouais, c’est moins convainquant ! Il se fend d’une émouvante ode à Bruxelles, ma belle… Plus intéressant, il explique qu’il va interpréter deux titres issus de la bande originale de « Bigfoot Junior », film d’animation pour lequel le band a composé la musique. En écoutant la voix et le toucher du chanteur/guitariste, il n’y a pas de doute, il est hanté par un autre Matthew, Bellamy, le leader de Muse. Même si pendant « I’m still with you », son falsetto lorgne plutôt vers Jón Þór Birgisson (Jónsi), la tête pensante de Sigur Rós. Mais venons-en au cœur du sujet : la collaboration entre le groupe et le chœur gospel. D’abord, je dois l’avouer franchement, sans cette coopération, Puggy n’entrait pas vraiment dans mes priorités. Mais dans l’univers de la pop et du rock, toute expérimentation est louable et mérite qu’on s’y intéresse… surtout quand elle audacieuse. Car finalement, au cours de ce concert, on a vécu des moments de véritable magie. Surtout lorsque le combo et la chorale sont entrés en osmose. De quoi vous flanquer des frissons partout. Ce collectif a été moins transcendant, comme livré à lui-même, quand il s’est attaqué à un morceau de funk/r&b, sans les stars de la soirée. Mais s’est illustré lors d’un morceau joué en beatbox collectif. Ou en imprimant un tempo reggae à l’aide des voix. On reprochera cependant, un certain déséquilibre entre les deux pôles, surtout lorsque le format électrique a pris le pouvoir. De quoi plaire aux jeunes aficionados qui attendaient avant tout les tubes, afin de danser, chanter ou reprendre en chœur les refrains. Il faut cependant féliciter les membres de Puggy pour avoir osé tenter une telle expérience. C’est ce qui fait avancer la musique. Maintenant, et c’est un avis tout à fait personnel, il serait intéressant de revivre une telle coopération, mais sous un format plus acoustique, au sein d’un endroit intimiste. Sincèrement, le moment pourrait alors toucher au sublime. Ce n’est qu’une suggestion.

Sans quoi, au cours du set, le drummer s’est réservé le lead vocal pour un titre. Matthew en a interprété un seul à la sèche. Et puis, inutile de dire que les nombreux fans présents (NDR : et beaucoup d’autres aussi) ont savouré ce concert, qui s’est prolongé en rappel par « When you know », repris en chœur (NDR : et le mot est faible !) par la foule, haranguée par Matt, une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Supergrass, faut-il le rappeler. 

(Organisation : BSF)

Voir aussi notre section photos ici 

 

 

vendredi, 07 juillet 2017 03:00

Pierre Henry a poussé son dernier soupir…

Pierre Henry, un des pionniers de la musique ‘concrète’, est décédé ce 5 juillet, à l’âge de 89 ans. Si Pierre Schaeffer et Stockhausen sont considérés comme les fondateurs de ce style musical, Pierre Henry l’a rendu davantage populaire, à travers ses expérimentations sur les bruits et les sons, qu’ils soient étranges ou familiers (en écoute ici « Variations pour une porte et un soupir ») ou en tirant parti du résultat de nouvelles techniques, comme celle baptisée ‘piano préparé’, en insérant divers objets entre les cordes et la caisse de l’instrument. Ces recherches, menées en compagnie de Michel Colombier, vont les inciter à composer ensemble, « La Symphonie pour un homme seul », en 1950, et surtout la célèbre "Messe pour le temps présent", dans le cadre d'une collaboration avec le chorégraphe Maurice Béjart. En 1967. C’était la première, ce ne sera pas la dernière (NDR : de nombreux autres chorégraphes, dont George Balanchine, Merce Cunningham et Maguy Marin vont également puiser au sein du répertoire de Pierre Henry). Extrait de cette bande sonore, « Psyché rock » (NDR : en écoute ) deviendra un énorme hit, et servira de générique pour un spot publicitaire ainsi que la série TV américaine, ‘Futurama’ . En fait, ce morceau est lui-même une version bien personnelle de « Louie Louie », une chanson signée par Richard Berry, en 1956. Jean-Michel Jarre considère le Parisien comme un des ses maîtres. De nombreuses de ses compos ont été remixées par des artistes électro ou techno comme Colcut, Funki Porcini, Fatboy Slim, Saint Germain et Dimitri from Paris. Enfin, il avait également apporté sa collaboration à Spooky Tooth, pour l’album « Cermony », en 1969. Pas une grande réussite, mais pour l’époque, le pari était audacieux.

L’artiste compte plus d’une cinquantaine d’œuvres à son actif. A la fois ‘métaphysique et humaine, truffée de bruits divers produits par des objets du quotidien et des stridulations singulières, la musique de Pierre Henry était censée stimuler l'imagination, comme lors d’une séance de ‘cinéma en chambre’ ou au sein d’un atelier de ‘peinture’…

RIP

 

vendredi, 21 juillet 2017 03:00

Le chanteur de Linkin Park s’est suicidé…

Chester Bennington, le chanteur de Linkin Park, s’est pendu à l’aide de sa propre ceinture, ce 20 juillet, soit à la date d’anniversaire de son ami, Chris Cornell, décédé le 18 mai dernier. Et le choix de cette date ne serait pas un hasard, car son départ l’avait littéralement dévasté…

Tourmenté, dépressif, il a longtemps lutté contre son addiction aux drogues et à l’alcool. Ce qu’il avait d’ailleurs appelé ses démons. Il avait également déclaré avoir détesté la vie. Il avait 41 ans.

Marié et père de six enfants, nés de deux épouses différentes, Chester Bennington a également milité au sein de deux autres formations. Tout d’abord Dead by Sunrise. Mais surtout Stone Temple Pilots, qu’il a fréquenté de 2013 à 2015, pour remplacer Scott Weiland, ce dernier retrouvé mort dans son sommeil, en décembre 2015.

Fondé à la fin des 90’s, Likin Park est responsable d’une forme de nu-métal, soit un heavy metal contaminé par le hip-hop et l’electro. Et ses deux albums sont considérés, par la presse spécialisée, comme incontournables dans le style. Publiés en 2000 et 2003, ils s’intitulent respectivement « Hybrid Theory » et « Meteora ». Son septième elpee, « One more light » est sorti en mai dernier ; et le groupe se préparait à partir en tournée pour le défendre…

R.I.P.

dimanche, 16 juillet 2017 13:32

The Church entre dans un nouveau siècle…

The Church met la dernière touche à son futur album. Il s’intitulera « Man Woman Life Death Infinity ». Ce sera le 26ème ! Il devrait sortir fin de cette année. En attendant le single « Another century » fait l’objer d’un clip. Et il est disponible ici

http://thechurchband.net

https://twitter.com/thechurchband

https://www.facebook.com/thechurchband/

 

 

Rugueux, débridé et hautement jouissif, le sixième album de The Lords of Altamont, « The Wild Sounds Of Lords Of Altamont », devrait réveiller les consciences et surtout remuer les tripes des aficionados de garage rock 60's et de punk 70's…

L'album sort le 6 octobre prochain.

Tracklist :

1. Like A Bird
2. Been Broken
3. Going Downtown
4. Take A Walk (On A Short Pier)
5. Evil
6. (Ain't No) Revolution
7. Death On A Highway
8. Fever Fix
9. I Said "Hey"

10. Can't Lose
11. Where Did You Sleep

http://lordsofaltamont.com/

 

 

 

dimanche, 16 juillet 2017 13:31

Ariel Pink Rend homage à Bobby Jameson

« Dedicated to Bobby Jameson », le nouvel album d’Ariel Pink paraîtra ce 15 septembre. Il y rend hommage à un musicien longtemps disparu des radars, qui a refait surface 35 ans plus tard, suite à la réédition d’un de ses albums, sans son consentement, pour écrire l’autobiographie de sa vie tragique, notamment via un blog. Une existence s’est finalement achevée en mai 2015…

Pour découvrir la vidéo de « Another weekend », c’est ici

Track Listing:

1. Time to Meet Your God
2. Feels Like Heaven
3. Death Patrol
4. Santa's in The Closet
5. Dedicated to Bobby Jameson
6. Time to Live
7. Another Weekend
08. I Wanna Be Young
09. Bubblegum Dreams
10. Dreamdate Narcissist
11. Kitchen Witch
12. Do Yourself a Favor
13. Acting (feat. Dam-Funk)

 

dimanche, 16 juillet 2017 13:31

Protomartyr se soucie des familles proches

C’est ce 29 septembre que paraîtra le quatrième album de Protomartyr. Intitulé « Relatives in Descent », il aborde pour thème principal, la nature impénétrable de la vérité et la crainte existentielle qui accompagne souvent cette ignorance

C’est le groupe et Sonny DiPerri (Animal Collective, Dirty Projectors) qui ont coproduit l’album.

La musique de Protomartyr baigne dans un univers qui mêle post/punk et garage/rock réminisicent de la Motor-City. Wire, The Fall, Pere Ubu et Joy Division figurent probablement parmi les influences majeures du band, le baryton de Casey's campant un hybride entre ceux de Ian Curtis, Mark E. Smith et Nick Cave…

Pour découvrir la vidéo de « A private understanding », c’est ici 

Tracklisting

1. A Private Understanding
2. Here Is The Thing
3. My Children
4. Caitriona
5. The Chuckler
6.Windsor Hum
7. Don't Go To Anacita
8. Up The Tower
9. Night-Blooming Cereus
10. Male Plague
11. Corpses In Regalia
12. Half Sister

http://protomartyrband.com/

 

dimanche, 16 juillet 2017 13:31

Jay-Jay Johanson enterre la hache de guerre..

Le onzième elpee de Jay-Jay Johanson paraîtra ce 15 septembre. Son titre ? « Bury the Hatchet ». Baignant au sein d’un climat ‘film noir’, cet elpee évoque les questions qui tourmentent les hommes de son âge : l’amour, la solitude, l’immaturité.

Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de sa fidèle équipe, au générique de la quasi totalité de ses albums, en l’occurrence Magnus Frykberg à la batterie et Erik Jansson au piano et claviers. Mais également Belle Guthrie, la fille de Liz Frazer et Robin Guthrie du groupe Cocteau Twins. Ce dernier est également venu donné un petit coup de guitare.

Pour regarder et écouter le clip de « Paranoid », c’est ici ; et pour celui de « You'll Miss Me When I'm Gone », c’est .

 

 

 

Honey West, c’est le nouveau projet monté par Ian McDonald, membre fondateur du King Crimson et de Foreigner, ainsi que du chanteur/guitariste (NDR: et acteur) Ted Zurkowski. Pour enregistrer « Bad old world », le duo a reçu le concours de fameuse pointures, dont le drummer Steve Holley, qui a notamment bossé auprès de Paul McCartney & Wings, le fils de Ian, Maxwell McDonald, à la basse, ainsi que Graham Maby (Joe Jackson, They Might Be Giants), également à la quatre cordes. La musique oscillerait entre The Move et Mott the Hoople.

Pour regarder et écouter la vidéo de « Dementia », c’est ici.

http://honeywestmusic.com

 

 

dimanche, 09 juillet 2017 03:00

Cactus 2017 : dimanche 9 juillet

Le soleil sera toujours au rendez-vous tout au long de cette troisième journée du festival. Et si elle semble la plus intéressante, il y a moins de monde que les deux jours précédents. On y croise de nombreux enfants, souvent grimés, qui vont à la chasse aux gobelets vides, afin de les échanger contre un tee-shirt à l’effigie de l’événement. On croise même l’un ou l’autre édile politique, au sein de la foule. Bref, l’ambiance est on ne peut plus conviviale.

Et notre journée commence par The Temper Trap, un groupe australien établi à Londres. Le quatuor pratique une sorte de britpop, fortement influencée par Coldplay et U2. Même que le guitariste soliste semble parfois hanté par The Edge. Les compos sont, en général hymniques, et parfois contagieuses. Et puis le chanteur, Dougy Mandagi, possède une voix puissante, dans un registre proche de Ian Astbury (Cult). Parfois, et c’est plus intéressant, l’expression sonore se révèle plus élaborée, presque prog, moment choisi par le batteur pour démontrer toute l’amplitude de son drumming. On aura même droit à un instrumental terriblement excitant, réminiscent du « Papa's got a brand new pigbag » de Pigbag voire de la house mancunienne pratiquée par A Certain Ratio, à une certaine époque, mais sans les cuivres. Et le set de s’achever par l’euphorisant « Sweet Disposition »… et en effet, sans casser la baraque, ce concert nous a mis dans de bonnes dispositions pour la suite de la journée…

Local Natives a davantage mis l’accent sur le r&b et l’electronica, tout au long de son dernier opus. Mais lors de ce set, le groupe californien a eu le bon goût de ne pas négliger les guitares, pour autant. Il y en a moins, mais il y en a encore. Bien sûr, sa musique est de plus en plus alimentée par les claviers, à l’instar de nombreux groupes contemporains, qui squattent les stations radiophoniques. Mais, d’abord le tempo est toujours bien soutenu (NDR : ce drummer l’imprime à une cadence infernale) et puis les harmonies vocales sont absolument superbes, limpides, parfois réminiscentes des Beach Boys. Quant à l’expression sonore, elle navigue plutôt entre Fleet Foxes et Talking Heads, une sorte de pop West Coast aventureuse qui a véritablement brillé tout au long de « Wide Eyes » et « Airplanes ». En finale, le quintet californien nous a réservé un titre d’abord lancinant, mais dont l’intensité va monter en crescendo, un peu comme chez Sonic Youth. Et dans ce registre, c’est le pied !

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de Sophia, c’était en 2004, au Grand Mix de Tourcoing. Soit à l’époque de la sortie de l’album, « People are like Seasons ». En 2006, Robin Proper-Sheppard avait également accordé une interview à votre serviteur, soit avant la publication de l’elpee, « Technology won't save us ». Depuis, le groupe a publié deux autres long playings, dont « As We Make Our Way (Unknown Harbours) », l’an dernier. Paradoxalement, la set list va privilégier plusieurs plages issues de « Fixed waters », un opus gravé en 1996 ! A l’instar de « So slow », « Are you happy now » ou « When you’re said ». Mais aussi, des compos qui figurent sur ses autres long playings, dont bien sûr, son dernier. Outre Robin, partagé entre la gratte électrique et la sèche, le line up implique deux autres guitaristes, dont l’un d’entre eux est le plus souvent assis, et double régulièrement aux claviers, un bassiste et un drummer. La frappe de ce dernier est étonnante. Elle est percutante, mais faussement lente, pour bien épouser le rythme des compos. Le début de set est plus ou moins paisible. Robin y privilégie la guitare acoustique ; mais progressivement les morceaux se chargent d’intensité, même les ballade lancinantes, aux sonorités bringuebalantes, tintinnabulantes, pour atteindre leur summum, lors des deux derniers morceaux, et tout particulièrement l’incontournable « The River song » (NDR : ce titre figure sur l’album « The Infinite Circle », paru en 1998) dans un déluge d’électricité psychédélique. Les musicos sont alors en transe, et dans l’esprit de votre serviteur, le spectre d’Echo & The Bunnymen du tout début des eighties, se met curieusement à planer. Le sommet du festival Cactus, pour l’édition 2017 !   

Maarteen Devoldere, le chanteur/compositeur de Balthazar a donc décidé de monter un projet parallèle, Warhaus, auquel participe Sylvie Kreusch, également chanteuse chez Soldier’s Heart. En live, le line up est renforcé par Jasper Maekelberg, qui milite au sein de Faces on TV, et du batteur de Balthazar, Michiel Balcaen. Sylvie est montée sur une petite estrade. Elle porte une tenue légère, à travers laquelle elle laisse transparaître des dessous sexy ; mais que recouvre un manteau de couleur rouge… largement ouvert. La musique proposée est plutôt atypique, un peu comme si elle était née de la rencontre entre celle de Nick Cave et de Serge Gainsbourg. Maarteen chante d’une voix très particulière, joue de la guitare, du melodica ou de la trompette. La voix de Sylvie est plutôt sensuelle. Le band déstructure les rythmes africains tout au long de « Love’s a stranger » et « The Good lie ». « Memory » évoque davantage Balthazar. Mais, non, le public a beau s’enthousiasmer, votre serviteur a du mal à accrocher. C’est trop kitsch à son goût. Un point positif à souligner quand même, l’originalité du light show ; et pour cause en arrière-plan, sur d’immenses panneaux, sont disposés des carrés renversés qui laissent percer des faisceaux lumineux, majoritairement dans les tons rouge orangés et qui forment parfois des étoiles.

Explosions in The Sky est aujourd’hui considéré comme l’archétype du groupe post rock. Parce qu’il en manifeste toutes les qualités, mais aussi les défauts. Par rapport au style menaçant de Mogwai ou richement texturé de Godspeed You Black Emperor, celui du band texan peut se révéler épique et majestueux, mais aussi souffrir de nombreux clichés. Bref, on reproche surtout au quintet, un manque d’évolution. Pourtant, sur l’estrade, les 5 musicos se démènent comme de beaux diables. Le plus souvent sous l’impulsion des 3 guitares. Perso, j’estime que ce type de musique gagnerait en se servant de projections. L’absence de chanteur limite toute attitude charismatique. Alors pourquoi ne pas y avoir recours, en rendant l’expression sonre encore plus visionnaire ? Sans quoi, le set s’est révélé de bonne facture, sans le moindre accroc, et s’est achevé dans un tourbillon apocalyptique, sous les lights, dont les stroboscopes, de plus en plus aveuglants…

Goose est issu de Courtrai. Son style ? L’électro/rock. Il a publié son dernier elpee, « What you need », l’an dernier. Mélodique, son style lorgne à la fois vers Depeche Mode et Bonzai. Mais sa musique est avant tout dansante. Programmé en finale du festival, le quatuor a ainsi littéralement mis le feu au Minnewaterpark qui s’est rapidement transformé en immense piste de danse, inondée par un light show éblouissant, dans tous les sens du terme. Les milliers de festivaliers ont ainsi fait la fête, levant les mains en l’air dans un même élan, et personne n’a eu envie de quitter le site, avant la fin du show…

(Organisation : Cactus)

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(Merci à Nick)