Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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The Wolf Banes - De Casin...
Nicolas Alsteen

Nicolas Alsteen

lundi, 23 janvier 2006 02:00

The Return of Jack Splash

Il y a quelques mois que cette jolie plante bourgeonne paisiblement à l’ombre de toute exposition intempestive. Elle est là : son feuillage éclipsé par des kilomètres de champs de néo-soul vide de toute sève. Or, celle qui coule dans la tige de Plant Life est miraculeuse, pétrie d’influences sophistiquées, sexy et hypnotiques. Fruit d’une collaboration juteuse entre Jack Splash (au chant), Panda One (production) et Rashida The Beautiful (Dj), Plant Life sème extravagance et fantaisie dans un répertoire R’n’B urbain, confiné dans l’exiguïté d’un verger de la cité des anges, à Los Angeles, aux USA. Le projet est déstabilisant d’originalité, à faire frémir les grands frères d’Outkast. Car, la paire Mr Dré et Big Boi mis à part, personne, au 21ème siècle, n’est en mesure de rivaliser avec ces graines de stars, étoiles montantes d’une Soul moderne. Cette fois, il faut se battre ! Le « retour de Jack Splash » doit marquer l’avènement d’une nouvelle génération sensuelle et bondissante. Une musique black qui plaquerait enfin les blanches productions et rendraient ses lettres de noblesse à Funkadelic, Sly, sa famille Stone et ses potes défoncés. Les agriculteurs du hip-hop doivent agir, préparer l’engrais, fertiliser les terres et stériliser les mauvaises herbes. Il est temps. Plant Life va bientôt sortir de son bac et, enfin, rejoindre le jardin d’Eden, véritable paradis des hits splendides. L’arrosoir de Jack Splash est rempli de tubes : « Precious Heart », « Luv Me », « Underwaterluvboogie ». Ne reste plus qu’à irriguer les contours assainis de la Soul Music. Et, patiemment, attendre les récoltes annoncées.

mardi, 11 avril 2006 03:00

élan vital

C’est la dernière bataille, l’« élan vital », le tout pour le tout. Andrea Zollo et ses sbires veulent y croire ! Une fois encore, pour le meilleur et pour le pire. Dès 2001, Pretty Girls Make Graves remue les cendres d’un revival rock en proie à ses balbutiements. Trop tôt…. Une écurie estampillée Strokes double la caravane des cinq rockeurs de Seattle. Sans trahir ses ambitions, la formation poursuit sa route, à l’ombre des sentiers battus. En résulte un premier album (« Good Health », 2002), suivi dès l’année suivante par l’entêtant « The New Romance », disque primesautier, enfermant le tubesque « This Is Our Emergency », véritable machine à danser. Mais au bout du dancefloor, le vide commercial : une fin de soirée au bar en compagnie d’irréductibles nerds mélomanes. Comment expliquer la mésaventure des Pretty Girls ? Un problème d’identité peut-être. Pas assez rock, un peu funk, légèrement punk, trop classieux et suffisamment Emo pour ne pas être expérimental. La question est réglée : les Pretty Girls Make Graves sont des métèques stylistiques, des apatrides catégoriels. Fiers de ce troublant constat, Zollo et ses zigotos se resservent deux boules glacées, aromatisées d’un arc-en-ciel de guitare. Pur frisson avant le grand plongeon ! Certains prônent la banane, d’autres la crème glacée. Les Pretty Girls sont de ceux-ci. La première écoute de leur « élan vital » laisse un goût de trop peu. On replonge alors dans la glacière. Et le léchage en devient inquiétant. Les riffs fondent sur la langue, les papilles gustatives sont en effervescence. Comme des goinfres, on léchouille les pépites pop (puisque c’est bien de cela qu’il s’agit !) servies à nos oreilles : « The Number », « Selling the Wind » et son accordéon foldingue, la montée jazzy de « Pictures Of a Night Scene » ou le timbre vicelard d’Andrea sur « Wildcat ». Envie d’une boule de glace ? Deux boules, toujours deux boules !

 

 

mardi, 05 septembre 2006 03:00

1968

Pour tous ceux qui auraient loupé un ou plusieurs épisodes de ces folles aventures, reprenons les choses au commencement. David Pajo demeure une des figures emblématiques du rock alternatif. Ce garçon a creusé de nombreux fossés, perçant de nouvelles galeries, ouvrant des perspectives aux jeunes générations.

Fin des années 80, on retrouve David Pajo à bord de Slint, groupe impétueux, posté à l’avant-garde du math-rock. Dans les nineties, le musicien portera les couleurs de The For Carnation et, surtout, des incontournables Tortoise. Fort de ces différentes expériences, David Pajo est régulièrement sollicité. Ainsi, en 2003, Billy Corgan, alors en dépression post-Pumpkins, lui propose une virée du côté de chez Zwan, supergroupe à la mégalomanie assumée.

En solo, David reste discret. Caché sous les patronymes d’Aerial M ou de Papa M, il livre régulièrement des disques de bonne facture. L’année 2005 marque néanmoins un tournant dans la vie de cet expérimentateur de l’ombre. David Pajo décide, en effet, de chanter sous son propre nom. Révélation. Plus fort encore, son premier album porte son nom : écouter l’éponyme « Pajo » et pleurer la dépouille d’Elliot Smith...

Elliot Smith. On y revient toujours. Le nouvel album de David Pajo s’intitule « 1968 ». Très bien. En 1968, Elliot Smith n’était pas encore né. Même pas mort. De toutes façons, les pop-songs de David Pajo s’inscrivent au calendrier de ses loisirs. Il ne cherche pas à reproduire les délices sonores du pauvre Elliot. Pourtant, il s’en approche, insouciant de son époustouflant talent. Peu médiatisé, David Pajo constitue une alternative de choix aux œuvres des Beatles et de Nick Drake. Pajo ou la plus belle découverte pour tous les lèche-bottes de Sufjan Stevens. Les chansons gravées sur « 1968 » forgent davantage encore ce constat. Les mélodies s’enchaînent, laissant derrière elles des effluves sixties revigorantes. On s’incline devant la classe de certaines compositions : « Who’s That Knocking », « Insomnia Song ». On sourit en percevant un clin d’œil mélancolique : « Let It Be Me ». On se délecte de cet album en forme de livre de chevet. A écouter le soir, au coin du lit, un peu d’herbe à la main. Sans crainte du lendemain.

 

lundi, 27 février 2006 02:00

Things are Strange

Etrange safari binaire que celui-ci ! La jungle est sans pitié. Les fauves croisent les éléphants et, parfois, s’en inspirent. Les Panthers ont les dents longues et souvent, les acèrent. Apparus un an avant le grand incendie new-yorkais, en septembre 2000, le quatuor, mené par la griffe vocale de Jayson Green, nourrissait de belles illusions : messages politiques et rock’n’roll débridé. Politique débridée ? Punk attitude ? Ces illusions appartiennent désormais au passé. Entre-temps, New York a vu ses perspectives s’écraser entre deux tours. La solidarité a remplacé la rage, les mots ont asservi les cris. Les Panthers se veulent agressifs, hédonistes et engagés mais ne sont que le reflet d’une ville angoissée. Le discours prôné par le groupe brandit le drapeau contestataire, de riches références désinvoltes : Fugazi, MC5, Liars. C’est donc de ‘bonne guerre’. Pourtant, les dix titres proposés sur « Things are Strange » manquent cruellement de conviction. Là bas, à New York, au pied d’une statue de la Liberté aux pieds cimentés, la révolte est comme l’ennemi : invisible. A ce titre, les Panthers aiment se perdre dans de vaines protestations. Gravée autour de quelques riffs stridents, l’assignation à la rébellion a pâle allure. Ecoutez les jeunes : le monde va mal. Déchaînez-vous ! Mais contre qui, contre quoi ? La question est bonne. Reste à trouver une réponse…

mardi, 21 novembre 2006 02:00

Remember the Night Parties

Chaque mois, la Grosse Pomme dévoile ses nouvelles sensations : quelques poignées de groupes faussement hypes et une meute de formations réellement captivantes. Face à cette agitation mensuelle, il convient de choisir son camp. A Brooklyn, les guitares d’Oxford Collapse commencent à se faire entendre. Une signature sur l’honorable label Sub Pop, un troisième album convaincant et quelques refrains mordants suffisent aux New-yorkais pour sortir de la mêlée. Balancés sans concession, les riffs du trio se rappellent aux bons souvenirs des premiers R.E.M. Sur « Remember the Night Parties », les mélodies se superposent, couche par couche, énergiquement. Et, tout naturellement, Oxford Collapse nous convie à chanter (l’excellent « Please Visit Your National Parks »), à pogoter (« Loser City »), à gigoter bêtement sur un air de flûte fumeux (« Molasses » renvoie l’auditeur aux jolis bordels lo-fi antérieurement orchestrés par The Unicorns), à se joindre aux chœurs d’une improbable chorale (« Kenny Can’t Afford It »). Certes, la voix brinquebalante de Michael Pace peut énerver. Mais elle plaira aux admirateurs de Wolf Parade et autres Pavement.

 

lundi, 27 mars 2006 03:00

Comfort Of Strangers

Quatrième album en dix ans de carrière pour l’enfante de Norwich, la tendre Beth Orton. Une fois encore, elle signe la bande-son préférée de nos dimanches. Pluvieuses de préférence, ces journées dominicales n’en seront que plus belles. « Comfort Of Strangers » est l’incarnation musicale de sa pochette : un arc-en-ciel lumineux venu éclairer des plaines de mélopées cotonneuses. Enregistré en deux semaines en compagnie de Jim O’Rourke (Sonic Youth, Gastr Del Sol, Loose Fur), ce disque s’installe progressivement dans nos vies. Ni primesautier ni emballé, l’ouvrage se révèle aux détours de plusieurs écoutes attentives. Comme un ami dévoilant progressivement sa charmante personnalité. La mélancolie habitée de « Daybreaker » (2002) se fait oublier et laisse entrer le soleil, l’espoir. Véritable cri de ralliement, l’optimisme se glisse au revers des comptines bucoliques versées par Beth Orton. Les arpèges folks spartiates, antre du succès de l’initial « Trailer Park », alimentent aussi ce nouvel album. « Shadow of a Doubt » suffit pour s’en convaincre. Les plus beaux morceaux de ce disque demeurent gravés dans un écrin de douceur. Ainsi, « Worms » et « Shopping Trolley » bercent l’auditeur dans un rêve éveillé, orchestré d’instruments variés, facilement authentifiés : piano, harmonica, orgue, guitare acoustique, accordéon esquissent ainsi l’univers éthéré de « Comfort Of Strangers ». Un petit paradis sur terre.

lundi, 16 janvier 2006 02:00

The Others

Plus de huit mois après sa sortie, la première pierre de The Others entame son processus d’effritement. Sans se montrer passéiste, il conviendra de souligner la jolie tignasse de ‘Robert Smith’, maladroitement exhibée par le bassiste, Johnny Others (quel nom !). A première vue, on se demande même pourquoi ce speedé des quatre cordes se trimballe un corbeau mort sur la tête. Mais tous les goûts sont dans la nature… Après, le cas du chanteur, Dominic Masters, demeure plus problématique. Célèbre complice de défonce de Pete Doherty, il est régulièrement agité de secousses de folie douce, s’acharne à s’égosiller par le nez (est-ce humainement possible ?) et affiche un inquiétant rictus de perturbé notoire. Ensuite, c’est l’histoire d’un disque volontaire, de titres qui se jettent aveuglément dans une bataille sans ennemi. Peu importe, c’est jouissif. Surfant sur une rythmique empruntée au répertoire de Gang Of Four, « Lackey » entame la mise à feu. « William » poursuit l’effort par l’entremise d’un refrain à hurler saoul, voire complètement bourré. Plus loin, ce sont les Ramones qui sont conviés chez The Others. C’est rapide, urgent et déjà entendu. Mais le tout est beuglé avec une telle passion que le disque s’acquitte rapidement de son plagiat. L’énergie suinte de partout et les mélodies tentent d’imprimer le rythme imposé par ces impérieux gamins londoniens. The Others, des ‘likely lads’ convaincus de l’impact conséquent de l’œuvre des Libertines. Et si, en 2006, l’enfer, c’est ‘les autres’, les Babyshambles démontrent que la chute n’en sera que meilleure : ‘Down in Albion, mister Prime Minister !’, ‘Down in Albion’…

mardi, 01 août 2006 03:00

Tooth and Claw

‘Les enfants ? C’est quoi ce bordel ? Même pas encore terminé vos devoirs que vous trimballez déjà vos instruments déments...’ John Michael Foss, Joshua Bertram et Chaz Knapp affichent une moyenne d’âge de 18 ans et enregistrent des chansons comme des grands. Tout en usant de la naïveté des enfants. D’authentiques jouets percutent ainsi les éléments électroniques (Kaos Pad, sampling , etc.) propres à ce projet atypique. A côté de ces dérivations sonores, on retrouve quelques instruments communs (guitare acoustique, batterie, etc.). En résulte « Tooth and Claw », premier album anarchique et pastoral, comique et crispant à la fois.

Ce folk minimaliste et bidouillé inscrit les asticots de Our Brother The Native à l’école des fans d’Animal Collective. Ici, l’important est donc de participer. Peu importe la manière. Alors, ça breloque par là, ça gratouille par ci et les chansonnettes aliénées du trio prennent forme. C’est étrange. A des lignes de coke des enregistrements de Devendra Banhart, à des poussières de diamant des jongleries espiègles de CocoRosie (« Quercusfalcata »). Barré à l’extrême et extrêmement enfantin, ce disque manque néanmoins de consistance. C’est bien sympa les gars... Mais ça rime à quoi ? Our Brother The Native découvre les joies de l’adolescence. On fout le bordel dans la piaule, on goûte aux effets secondaires de la Mescaline, on commence une partie d’électro folk rétro futuriste. Mais on n’achève pas le jeu. Trop défoncé. Alors, c’est un peu le foutoir, le grand défouloir. Pas forcément abouti mais déjà bien allumé, cet album de Our Brother The Native laisse augurer des classes de neige complètement psychédéliques. Une pilule pour la descente ?

 

mardi, 30 mai 2006 03:00

Wolves In Wolves

Quelques semaines après la sortie de l’E.P. « Never Trust A Hippy », NOFX signe « Wolves in Wolves' Clothing », son nouvel album studio. Deux titres de l’apéro discographique anti-hippy se retrouve à l’affiche : « Seeing Double At The Triple Rock » et « The Marxist Brothers ». Autant dire que NOFX n’a guère changé sa guitare d’épaule. Toujours à gauche, côté démocratique, la bande à Fat Mike entame son douzième album par une surprenante ballade. Intitulée « 60 % », cette apparente relaxation s’achève finalement dans une furia de guitares saturées. NOFX n’a donc pas abandonné ses bonnes distorsions. A travers ses prises de position, le groupe évoque quelques chapitres délicats propres à la société américaine. Dans « The Man I Killed », nos punk-rockers n’ont pas peur. Ils s’affichent clairement contre la peine de mort. Poussant la gueulante sur un fond d’humour noir bien senti : « Je trouve que tous les gens sont d’honnêtes citoyens de notre société... sauf l’homme que j’ai tué ». Décidemment, on ne se refait pas ! Alors on chante la défonce, les cakes magiques, les noodles à réchauffer entre potes, les planches à roulettes et les créatures en robes. Partisan d’une Amérique consciente, NOFX tente de sensibiliser les gamins aux délires nombrilistes du gouvernement (« Wolves In Wolves’ Clothing »). Sans révolutionner sa musique, le groupe continue à édifier son image de mercenaire sonore. Celle d’un bon groupe punk, foutrement engagé, moins dégénéré que la plupart de leurs compatriotes. Trop souvent scotchés sur la roulotte du Warped Tour.

mardi, 11 avril 2006 03:00

Tree Colored See

DJ Nobody n’est plus seul. En solitaire, Elvin Estela (alias Nobody) a toujours aimé accoupler les sons. Jazz, hip-hop, électro, secoués au fond d’un panier psychédélique tissé par des amis proches : Postal Service, Mars Volta, Beachwood Sparks. Mais cette fois, c’est en compagnie de Chris Gunst (ex-Beachwood Sparks) qu’Elvin souhaite s’évaporer, s’oublier. Cet ami, membre fondateur du groupe Mystic Chords of Memory, évolue dans une sphère cosmique intraveineuse où ne subsiste que les plus belles émanations sixties. La rencontre entre les deux hommes était donc prometteuse. Et, conformément à nos espérances, les idées de ces deux-là étaient faites pour se rencontrer, se dissiper dans un trip abyssal. Un voyage mystique au-dessus des nuages, une musique bucolique destinée à planer, les pieds cloués au plancher. Pour surveiller ces deux messieurs, Jennifer Cohen est de cette croisière sonore empreinte de touches folk et de beats éthérés. Le rassemblement des trois personnalités matérialise finalement un album impromptu, point d’ancrage de mélopées développées chez Her Space Holiday, The Zombies, Parsley Sound et autres Beach Boys. La musique réchauffe, apaise et le corps se laisse porter par ses loopings de flûtes, ces boucles légères, légères, légères…

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