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Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Chroniques

Keeley Forsyth

Debris

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Keeley Forsyth est surtout connue pour son rôle dans les séries de la télévision anglaise, ‘The Biz ‘ et ‘Guardians of the Galaxy’. Mais c’est également une artiste multidisciplinaire, exerçant ainsi ses talents aussi bien dans l’univers de la danse que de la musique.

Cette Mancunienne a publié son premier elpee, « Debris », en 2020, une œuvre qui navigue entre folk et avant-gardisme. Mais sa carrière musicale n’a débuté qu’en 2017, à l’âge de 40 ans. Suite à une paralysie de la langue (rien que ça !), elle se lance dans l’aventure en compagnie de Matthew Bourne, actif dans l’univers du jazz expérimental. Elle se sert de ce challenge comme une thérapie. 

Dans ces conditions, il n’est pas trop difficile d’imaginer les compositions habitées, chargées d’intensité et peu pudiques que l’Anglaise est capable d’élaborer pour exorciser ses traumas. Une belle expérience immersive à travers les tourments d’une artiste particulièrement douée…

Quiet confusion

Magella

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Un cocktail de blues, de rock et de psychédélisme des seventies, c’est ce que nous propose Quiet Confusion sur « Magella ». Après avoir gravé un album en duo et deux en trio, c’est sous un nouveau line up (deux nouveaux membres) qu’il nous livre son troisième, mais toujours en formule trio.

Formé à Vérone en 2009, Quiet Confusion reste fidèle à son style tout au long de ce quatrième opus. On retrouve, en effet, des influences blues et rock très classiques, notamment sur « Long Waves » et « Wastin Time », mais également des incursions dans le psychédélisme, à l’instar de « Sweet Noise ». On a même droit à un voyage dans le delta blues tout au long de « Behind the Sun ».

Découpé en 8 morceaux, cet LP se distingue par un très bon usage des dynamiques et du concept de power trio. Les compos sont plus animées et énergiques que sur le précédent disque ; ce qui est probablement dû à l’arrivée des deux nouveaux membres qui apportent un autre groove, mais convaincant.

On y rencontre de très bon riffs de guitare, bien mis en exergue, soutenus par des rythmes de batterie plus lourds, plus présents, mais très peu d’overdubs ; ce qui laisse davantage de place à la basse (elle porte à elle seule le morceau « JJ ») et permet de différencier le groupe transalpin de la majeure partie des formations de rock. D’autant plus que toutes différentes, les conclusions des plages sont subtilement travaillées et recherchées, et sans utiliser le fade à outrance, comme c’est parfois le cas chez certains artistes.

« Magella » démontre toute l’importance que le groupe accorde au live, même si parfois, vu les petites imperfections, on a l’impression de vivre une ‘jam session’. Ce qui explique peut-être pourquoi les mélodies et la voix semblent un peu noyées dans l’ensemble. Ou alors, c’est un problème dans le mixage. Comme précisé ci-dessus, la voix n’est pas centrale. Certaines pistes sont même exclusivement instrumentales. Mais le résultat évoque davantage une maquette qu’un véritable album.

On reprochera encore à ce disque un tracklisting mal équilibré. Il s’ouvre ainsi par le solide tiercé gagnant « Long Wave » - « Plastic Man » - « Lady in Blue », avant de s’essouffler. Il y a bien « Behind the Sun », qui se signale par un recours au double tracking, dans le solo de guitare. Mais on reste sur sa faim, pour la suite. Pénultième titre, « Droppers », malgré d’ingénieux effets de pédales, souffre ainsi de redondance, alors que « JJ », qui clôt l’opus, pourtant d’excellente facture, tombe un peu à plat…

Il y a cependant de très bons moments dans ce nouvel opus de Quiet Confusion que nous vous conseillons d’aller écouter à sa sortie le 15 juillet.

King Hannah

I’m not sorry, I was just being me

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Premier album pour King Hannah, un duo établi à Liverpool réunissant Hannah Merrick et Craig Whittle. Galloise, elle chante et joue parfois de la sèche. Multi-instrumentiste, Il se réserve la plupart des parties de guitare et parfois la basse. Lors des sessions, la paire a reçu le concours d‘un préposé au synthé, d’un drummer et de quelques invités.

« I’m not sorry, I was just being me » baigne au sein d’un climat particulièrement sombre, un peu comme si le groupe évoluait au croisement de chemins tracés par Portishead, PJ Harvey et Mazzy Star. La voix d’Hannah est lancinante, nonchalante, langoureuse, sulfureuse, mais bien timbrée. Electrique, éraillée, la guitare communique des sentiments d’angoisse, de torpeur et de mystère. La section rythmique est parfois d’une intensité folle, le drumming se révélant même, suivant les circonstances spasmodique ou implacable.

Pour alléger quelque peu l’ambiance, le disque recèle l’un ou l’autre interlude et une ballade americana (« Ants crawling on an apple stork »), mais on ne sort pas indemne après avoir écouté un tel album. Soit on le déteste pour cette atmosphère cafardeuse, soit on l’adore pour la présence de morceaux tout bonnement remarquables. Et en particulier « A well-made woman » amorcé par un intro labyrinthique, « All being fine » et les incursions avant-blues de Whittle à la six cordes, le vaporeux « Go-Kart Kid (Hell No !) » dont l’intensité électrique s’enflamme à mi-parcours, l’instrumental « Berenson » réminiscent du Red House Painters, le titre maître, abordé dans l’esprit ‘west coast’ de l’album « If I only could remember my name » de David Crosby, le semi-crazyhorsien semi-floydien « The moods that I get in » ainsi que la plage finale, « It’s me and you kid » ; imprimée sur un mid tempo, elle est abrasée de cordes de guitare filandreuses et torturées…

Un must !

Kee Avil

Crease

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Vicky Mettle, alias Kee Avil, n’est clairement pas l’artiste la plus notoire du mythique label montréalais Constellation. Elle appartient à cette catégorie d’artistes expérimentaux qui gravitent autour de locomotives telles que Gospeed You ! Black Emperor ou A Silver Mount Zion. Pourtant, la jeune guitariste et productrice est parvenue à se forger un nom au sein de la scène locale, notamment grâce à un premier Ep paru en 2018. Ce qui lui a permis de jouer en compagnie de Land of Kush et d’assurer les premières parties de Pere Ubu, Marc Ribot ou encore Suuns.

« Crease » constitue son premier album. L’univers de Kee Avil se distingue par son originalité, car tout en se révélant expérimental, il s’avère accessible. Un challenge plutôt difficile à accomplir, il faut le reconnaître. Le spectre d‘influences de la Canadienne est plutôt large. Du moins sur cet opus. Parmi les plus marquantes, on citera Fiona Apple, Juana Molina, Gastr Del Sol et même Björk. Enfin, c’est ce que l’artiste a déclaré.

Elle chante ou plus exactement chuchote, en se servant d’une gratte électro-acoustique. Son jeu de guitare est atypique, intuitif, tout en nuance et délicatesse. Minimaliste, sa musique est subtilement teintée d’électronique. Mais manifestement, le climat qui règne tout au long de cet elpee n’est clairement pas propice à la joie. De ses compos, il émane même une forme de mal-être ; un peu comme chez Jenny Hval.

En outre, plusieurs écoutes de cet LP sont nécessaires avant de pouvoir s’en imprégner. Et même si l’atmosphère qui y règne est manifestement sombre, sa singularité mérite une attention particulière...

Imarhan

Aboogi

Écrit par

D’origine touareg, Imarhan est un une formation algérienne qui, à l’instar de Tinarriwen, puise son inspiration dans la musique traditionnelle berbère, le rock et le blues, un style baptisé par les médias de blues du désert.

« Aboogi » constitue son troisième elpee. Son titre fait référence aux premières structures semi-permanentes construites par leurs ancêtres, lors de l’implantation de colonies et de villages, mais c’est également celui que les musicos ont choisi pour leur studio qu’ils ont construit à Tamanrasset, au sud de l’Algérie.

Lors des sessions, le groupe a reçu le concours de quelques invités. Tout d’abord la chanteuse soudanaise Sulafa Elyas sur « Taghadart », qui se charge des couplets. Puis Geoff Rhys (Super Fury Animals) qui chante en gallois sur « Adar newlan », une plage au cours de laquelle s’invite une guitare flamenco, et enfin, Abdamah Ag Alhousseyni de Tinariwen et le poète Mohamed Ag Itale, mieux connu sous le pseudo Japonais, sur « Tindjatan ». Sans oublier la communauté locale pour assurer les chœurs et les percus. Et notamment tout au long de « Assossam », une compo qui dépeint les frustrations du peuple touareg face à l’omnipotence du pouvoir central.

Si « Temet » s’autorise quelques accords de gratte psychédéliques, on retrouve ici chez Imarhan ce groove irrésistiblement communicatif et lancinant, même si le disque recèle l’une ou l’autre plage plus mélancolique voire contemplative…

Parquet Courts

Sympathy for life

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« Sympathy for life » (un clin d’œil adressé aux Stones ?), le sixième long playing de Parquet Courts, a été enregistré dans les Catskill Mountains, sis au nord de l’Etat de New York, sous la houlette de John Parish et de Rodaidh McDonald (The XX, Hot Chip, David Byrne).

Au cours des mois précédant les sessions, les leaders du band, Austin Brown et Andrew Savage, se sont intéressés à la musique de danse, et tout particulièrement la techno, la house et le funk. Une recherche qui inévitablement a influé sur les compos du nouvel opus, mais dans l’esprit du « Screamadelica » de Primal Scream et du label DFA (Black Dice, Hot Chip, LCD Soundsystem, Liquid Liquid). Et dans ce contexte, les deux comparses sont passés par la case drogue acide…

L’opus recèle quand même des morceaux plus conventionnels. A l’instar de « Just shadows », dont le tempo lorgne vers Pavement, du garage punk corrosif « Homo sapien », réminiscent du « Fun house » des Stooges ou du venimeux « Black widow spider ».

Evoquant la mort de George Floyd et la montée du mouvement ‘Black live matter’, « Marathon of anger » est sculpté dans l’électro/funk alors que le chanteur emprunte les inflexions vocales de feu Andy Gill, le chanteur de Gang of Four.

« Plant life » constitue certainement la plage la plus curieuse. Imprimée sur un rythme latino, elle laisse la voix de Brown s’égarer, mais aussi s’infiltrer de l’orgue manzarekien alors que le climat rappelle plutôt « Oye com oba » de Santana, sans la guitare. Un orgue vintage qui rogne carrément « Zoom out », autre piste funk. Tout comme « Sympathy for life », mais l’orgue est ici remplacé par le piano électrique. Ou encore « Trullo », un morceau qui aurait pu figurer au répertoire de Tom Tom Club, voire de Talking Heads.

Deux titres s‘écartent quand même du climat général ; tout d’abord le krautrock « Application / Apparatus » et puis en final, « Pulcinella », une ballade bluesy de 7 bonnes minutes…

Foals

Life is yours

Écrit par

Si Arcade Fire s’est englué dans le disco (NDR : son dernier elpee, « We », le confirme), Foals a décidé de se frotter au funk et à l’afro-beat. D’ailleurs, il a fallu se pincer deux fois plutôt qu’une avant d’admettre qu’il s’agissait du même groupe. Parce que les synthés ont pris une place de plus en plus importante. Tout comme les lignes de basse. On retrouve, heureusement, la voix haut-perchée de Yannis Philippakis. Et puis, quand même, des riffs de gratte, mais le plus souvent dispensés à la manière d’un Nile Rodgers.

Les compos sont donc particulièrement dansantes. Qu’elles soient découpées dans la new wave synthétique (« Under the radar »), émargent au punk funk (« 2001 »), libèrent un groove rafraîchissant à la LCD Soundsystem (« The sound »), s’inspirent des rythmes de l’Afrique de l’Ouest, dans un contexte plus expérimental, un peu comme lors d’une rencontre hypothétique entre Talking Heads et Animal Collective (« Flutter ») ou réveillent en notre fors intérieur le souvenir de Prince (« Looking high »), à moins que ce ne soit celui de Michael Jackson… Et ce ne sont pas les morceaux d’ouverture (le titre maître et ses synthés staccato) ainsi que le final « Wild green » dont les accents électro sont très prononcés, qui risquent de modifier l’impression générale. D’autant plus que la production est soignée aux petits oignons. Pas la tasse de thé de votre serviteur, mais dans le style, il faut admettre que les morceaux seront irrésistibles sur le dancefloor…

Amy Lee & the Loco Project Band

Lost in Confusion

Écrit par

Amy Lee and the Loco Project Band est une formation nantaise dont le patronyme s’inspire de l’histoire d’Amy Lee, chanteuse folk, décédée au cours des 80’s, suite à un accident d’avion, et dont on a retrouvé le journal intime, 40 ans plus tard.

Accompagné par l’illustrateur Maxime Brugnon, le quatuor nous entraîne au sein d’un univers sonore à la rencontre d’une multitude de styles musicaux. Depuis le noisy rock au folk, en passant par le post rock et la pop. On y croise ainsi Guns’N’Roses (« Make It Happen », « Chemical Love ») les White Stripes (« Crossroads »), Arctic Monkeys (« The Messiah ») et dans un registre plus pop, The Jam (« The Stalemate ») ou encore Guided By Voices (« You Might »). Et même en finale, une pépite qui navigue entre néo-soul et hip hop (« Losing You Again »). Deux compos illustrent parfaitement les deux tendances principales rencontrées sur ce long playing : le rock instinctif et énergique (« Deaf Blind ») et la face pop des années 2000 (le titre éponyme).

Bref, un tracklist plutôt éclectique partagé entre plages sucrées et morceaux sauvages, parfois même punk. Et sous leur forme la plus rock, les pistes reprennent à merveille les codes classiques du rock : de bons grooves de batterie, des guitares très présentes et inventives ainsi qu’un bon mix entre acoustique et électrique.

Enregistré et mixé au Garage Hermétique (Libertines, Dominique A) et masterisé par Graeme Durham (U2, B52’s) « Lost in confusion » peut donc paraître parfois brouillon. Vu son titre, on pourrait facilement l’imaginer. D’autant plus que parmi les thèmes développés dans les textes, figurent des morceaux engagés, des chansons d’amour ou des histoires fictives. Cependant, il y a bien un fil rouge dans l’écriture : faire passer un message avec une forme de dérision qui est bien propre au groupe…

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