Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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The Wave Pictures

If You Leave It Alone

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La musique dispensée par certains artistes ou groupes contemporains sonne résolument passéiste. Ce goût de la nostalgie ne constitue pas un défaut en soi, lorsque les interprètes y apportent un rien de fantaisie ou de folie. The Wave Pictures se situe assurément dans la catégorie des récupérateurs. Rien de bien neuf n’émane de la solution sonore produite cette bande de jeunes Anglais. Mais ces lads se contentent-ils de marcher sur les traces de leurs aînés ou parviennent-ils à provoquer les étincelles requises afin d’éviter le pur ennui revivaliste ? Tentative de réponse…

« If You Leave It Alone » constitue déjà le 8ème essai (NDR : sans les Eps) de ce combo prolifique, fondé en 1998, quelque part dans un village perdu au fond du Leicestershire. Et cette discographie déjà impressionnante ne prend pas en compte les collaborations opérées par leur chanteur, Dave Tattersall, notamment auprès d’Herman Düne. A l’origine, le trio répondait au patronyme de Blind Summit. Mais après avoir changé de line up et déménagé à Londres, ils ont opté pour The Wave Pictures.

« Instant Coffee Baby », leur elpee précédent avait reçu un accueil favorable de la part de la presse spécialisée insulaire. « If You Leave It Alone » ne bénéficie manifestement plus d’un écho aussi avantageux, outre-Manche. Et pourtant leur nouvel opus reste agréable à écouter. The Wave Picutres pratique une forme de lo-fi flemmarde. Très précise, la basse sèche est bien mise en avant. Flemmarde, la trompette ne manque cependant pas de charme. La voix nasillarde de Dave Tattersall rappelle parfois celle de Gordon Gano (Violent Femmes). Et puis, pourtant imparfaitement maîtrisés, les chœurs collent parfaitement à l’ensemble qui semble se complaire dans le dilettantisme. Bref, The Wave Pictures nous propose tout au long de “If You Leave It Alone” des chansons taillées grossièrement dans un folk rock un peu foutraque. Fragiles, à peine mises en forme, elles sont même susceptibles de perdre à tout instant leur fil mélodique. Un peu dans l’esprit d’Hefner, Jeffrey Lewis ou encore The Mountain Goats ; sans parvenir néanmoins à se poser en concurrent potentiel.

Cette nonchalance souffle cependant le chaud et le froid. « My Kiss » passe ainsi parfaitement la rampe. « Come On Daniel » (NDR : le meilleur morceau de l’opus) véhicule une émotion à fleur de peau. Par contre, un titre comme « If You Leave It Alone » (NDR : il ouvre la plaque !) est tout bonnement soporifique. Les compos prennent d’ailleurs une autre dimension, lorsqu’ils pressent quelque peu le pas. Et je pense tout particulièrement à « Tiny Craters In The Sand », « Too Many Questions » ou encore au très réussi « Bumble Bee », dont la rythmique semble avoir été empruntée à Johnny Cash. Mais le point fort de The Wave Pictures, procède de leurs lyrics. Des textes signés Tattersall, dont l’espièglerie évoque un  certain Jonathan Richman voire Jarvis Cocker…

The Wave Pictures vient de commettre un disque d’honnête facture. Trop inégal pour convaincre totalement, son crédit aurait augmenté, s’il avait réduit son tracklisting. Un Ep aurait suffit. En outre, dans le genre ‘chorale pastorale’, je leur préfère les plus doués et enthousiasmants Noah & The Whale…

 

Coming Soon

Ghost Train Tragedy

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Les Moldy Peaches nous manquent beaucoup. Le côté foutraque ainsi que l’urgence adolescence si caractéristiques de leur musique les avaient rendus culte et incontournable aux yeux (NDR : et aux oreilles) des vieux enfants attardés que nous sommes… Depuis leur séparation, pas grand monde pour les remplacer si ce n’est le très intello (mais néanmoins très doué) Jeffrey Lewis. Mais surprise, à l’écoute de « Ghost Train Tragedy », c’est du côté d’Annecy que proviennent leurs –peut-être– plus dignes successeurs ! La comparaison avec le duo légendaire emmené par Adam Green est peut-être un peu facile. D’autant plus que le combo a apporté son concours à la confection de la bande originale de ‘Juno’, en compagnie d’une certaine… Kimya Dawson, sous le pseudonyme Antsy Pants ! Décidemment, le centre de gravité du rock-indie se déplace dangereusement vers l’est. La France s’y colle après la Suède !

Coming Soon (NDR : un nom parfait pour un groupe de Rock n’Roll !) a été formé en 2005 par un trio composé de Leo Bear Creek, Ben Lupus et Billy Jet Pilot. Ils sont ensuite rejoints par Howard Hugues, Alex Banjo, Mary Salomé et Caroline Van Pelt (qui a entretemps quitté le groupe). Cette très jeune bande a, dès ses débuts, fait souffler un vent de fraîcheur sur les platines hexagonales, en dispensant une musique folk-rock, pourtant banale à premier abord. Le plus jeune musicien n’est à peine âgé que de 15 ans alors que le leader, Howard Hugues, compte 26 bougies. « Ghost Train Tragedy » constitue leur 3ème elpee. Le groupe avait rencontré un relatif succès en 2007, lors de la sortie du single « Big Boy », issu de leur effort initial (« New Grids »).

Une certitude à l’écoute des 15 titres de « GTT » : ces Français sont des orfèvres de la musique américaine. Leur musique est influencée tant par la scène anti-folk new-yorkaise (« Manner & Education » et surtout « Pillow Talk ») que par Pavement ou même par le rock 70’s (le très rock « Walking » inaugural). Ces jeunes gens décidemment bien sous tous les rapports se passent le micro tour à tour. Mais c’est la magnifique voix d’Howard Hugues qui domine. Elle rappelle fortement celle de Lou Reed même si l’esprit potache et sans prise de tête de l’album lorgne plus du côté de Jonathan Richman. Ecoutez Howard murmurer ‘You never taught me the violon’ sur « Manner & Education », pour vous en convaincre…

Bien qu’habituellement quelque peu intégriste en ce qui concerne la longueur d’un album, je suis cette fois disposé à fermer les yeux sur leurs 15 morceaux, tellement Coming Soon m’a procuré de bons moments musicaux… A cause des voix doublées par Mary-Salomée, de leur air faussement nonchalant, de leurs mélodies imparables, des multiples instruments utilisés (trompette, flûte ou ukulélé) ; et de leur art à ne jamais tomber dans le piège de la redite. Les titres sont variés, à l’instar du caribéen « Weather Changes ». Tout au long de l’elpee, les 6 membres du groupe apportent chacun leur participation et cela s’entend. L’opus recèle également un des tubes les plus immédiats de 2009 : l’exceptionnel « Moonchild ».

Bravo ! L’Amérique n’a plus qu’à vous ouvrir ses bras. A défaut, la Belgique le fera avec grand plaisir quoiqu’il en soit ! Hébergé sur le jeune et prometteur label Kitchen Music, Coming Soon se produira bientôt près de chez vous. Ne les ratez pas à l’AB le 9 février, où ils ouvriront la soirée pour… Adam Green ! Le groupe risque de rapidement connaître le succès. Ils ont d’ailleurs collaboré au dernier effort de l’ex-pensionnaire de la Star Academy, Olivia Ruiz. Les Coming Soon sont juste cool et ont l’avenir devant eux. Je demande expressément à mon rédacteur en chef d’intégrer sur le champ les Français dans mon Top5 de fin d’année 2009, entre The XX, Dinosaur Jr. et Phoenix. (NDLR: c'est fait!)

 

Sean Costello

Sean's blues – A Memorial Retrospective

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Sean Costello était l'un des plus solides espoirs du blues de ce début du XXIème. Hélas, à la veille de son 29è anniversaire, il nous a quittés. C’était en 2008. Il venait de concocter son meilleur album : "We can get together". Sur le label Delta Groove. Une œuvre qui lui avait permis d’être reconnu par ses pairs. Au cours des premières années de sa carrière, il avait commis trois elpees : "Call the cops" en 1996, sur Blue Wave ; puis "Cuttin' in" en 2000 et "Moanin' for molasses" l'année suivante, tous deux chez Landslide. Ce dernier label lui rend aujourd'hui hommage et justice en publiant cette rétrospective. Pas moins de vingt titres sont réunis sur cette plaque, dont douze inédits.

Trois plages de la plaque sont extraites de "Call the cops". Sean n'avait alors que 16 ans. Et c’est Cub Koda en personne qui produisait le disque. Son excellent "Take me back" ouvre donc les festivités. Le timbre vocal de Sean est encore juvénile, pas très assuré ; par contre, il s’affirme déjà à la six cordes. Efficaces, ses attaques sont redoutables. Il embraie par une version acoustique mais très respectueuse du "Sail on" de Sonny Boy Williamson I. Son ami Paul Linden démontre soute sa rigueur sur son harmonica! Ce dernier est passé au piano pour affronter "Call the cops", une plage de brève durée, mais très offensive.

Plusieurs sessions inédites avaient été immortalisées en studio. Elles remontent à 1998. "Lovin' machine" adopte un style jump, chargé de swing, en empruntant au passage des phrasés de T-Bone Walker. Instrumentaux, "The plumber" et "Big beaver", mettent en exergue les prouesses de Linden à l’harmo. Traditionnel, "Tell me baby" est interprété en Chicago shuffle classique. Plus notoire, le "Walkin' blues" de Robert Johnson est exécuté en Mississippi blues. Largement amplifié, il est enrichi par la voix féminine de la séduisante Susan Tedeschi.

Trois titres figuraient sur "Cuttin' in". "Mellow chick swing" est une autre reprise signée Williamson I. Costello est au sommet de son art. Sa voix a pris sensiblement de la consistance. Il est soutenu par Linden et Matt Wauchope au piano. Il opère également une très bonne lecture d'un des meilleurs titres lents du blues, "Double Trouble" ; un morceau popularisé par Otis Rush. Durant plus de sept minutes, il étonne par sa parfaite maîtrise du style et en manifestant une maturité incontestable. "Who's been cheatin' who" adopte le rythme du chemin de fer. Et la machine s’emballe ; mais nonobstant la vitesse vertigineuse du tempo, l’exécution est sans faille.

Parmi les extraits de concerts, deux ont été accordés à Marquette, dans le Michigan. Soit les classiques "All your love" d'Otis Rush" et "Mojo boogie" de J.B Lenoir. L'artiste y démontre tout son talent sur les planches. Autoritaire, il maîtrise parfaitement son sujet. Sa voix est désormais puissante et rugueuse. Sa version fiévreuse et délicate du "Motor head baby" de Johnny Guitar Watson a été enregistrée à Chicago. Sean y adopte le rythme nonchalant du swamp blues.

Deux plages sont issues de l'album "Moanin' for molasses". Tout d’abord "Don't be reckless with my heart", un solide et classique shuffle texan. Et puis "It takes time", une autre cover d'Otis Rush (NDR : qui décidément l'inspire beaucoup). Elle recèle de superbes sorties de cordes devant le piano de Linden et l'orgue de Wauchope.

Quatre titres inédits émanent d’une session studio accordée à Atlanta. C’était en 2002. Le "Your love is amazing" de Robert Ward macère dans une ambiance curieusement orientale. Une plage très soul blues, au cours de laquelle Sean épanche toute sa passion, d’un timbre vocal devenu plutôt graveleux. Signé Fenton Robinson, "You don't know what love is" est parcouru d’arrangements délicatement funky. Et pour terminer on a droit à deux titres coécrits en compagnie de Paul Linden. Soit le remuant et récréatif "Feel like I ain't got a home", dont la bonne humeur communicative est entretenue par le piano roadhouse. Ainsi que le très R&B "She changed my mind", au cours duquel la voix de Sean se prête idéalement à ce style!

Cette collection rend manifestement justice à un des artistes les plus doués de la génération montante, trop rapidement disparu. A l’instar de "WRFG Memorial", recelant seize plages rares ou inédites, les bénéfices récoltés pour la vente de « Sean's blues – A Memorial Retrospective » seront versés à une association luttant contre le ‘Bi-polar disorder’, une maladie souvent liée à la dépression…

 

Debbie Davies

Holdin' Court

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Après avoir sillonné les routes du blues pendant 22 longues années et aligné pas moins de douze albums, on peut considérer Debbie Davies comme une ‘vétéran’ du style. Ses nombreux fans la suppliaient, depuis de nombreuses années, de sortir un album uniquement instrumental, afin qu'elle puisse se concentrer sur son jeu personnel, résultat de l'interaction entre ses principales influences (NDR : qui oscillent d’Albert Collins à Freddie King, en passant par Kenny Burrell)

Debbie entame les hostilités par le "Fishnet" de Duke Robillard. Une reprise bien saignante, libérant un maximum de groove. Elle démontre une fois de plus sa parfaite assimilation de l'approche technique forgée par son maître, Albert Collins. Elle embraie par l’excellent "Down at the honky shack", une compo inspirée par sa vision du "Back at the Chicken Shack" de Jimmy Smith et surtout du "Honky tonk" de Bill Dogett. Son style est très fluide et l’adaptation particulièrement personnelle. Sur l’album "All I found", "Tryin' to keep it real" proposait une version chantée. Ici, elle nous entraîne dans un univers funky, très clean, esthétique. Partagée entre la basse de Casandra Faulconer et les percus du fidèle Don Castagno, la section rythmique préserve la ligne de conduite, pendant que l'orgue Hammond de Paul Opalach filtre la solution sonore. Sur la cover du notoire "Okie Dokie stromp" de Clarence Gatemouth Brown, la Californienne se permet de swinguer. Les cordes de sa Fender vibrent subtilement, naturellement… "Percolatin'" est un morceau instrumental par excellence. Bref, concis, il fait instantanément mouche. Dans un style très proche de Freddie King. Elle retourne aux sources funky sur "So what", tout en gardant ce bon vieux Collins, à l'esprit. La vision atmosphérique, jazzyfiante d’"Atras de tus ojos" est empreinte de douceur et d'exotisme. Séduisant et intense, le titre maître est parsemé de grappes de notes vivaces et graciles. Baignant au sein d’un climat hispanique, il rend surtout un vibrant hommage à Kenny Burrell. Un véritable régal pour les oreilles ! Debbie assure une parfaite lecture du blues basique sur "I wonder why (Blues  in D Natural)", une compo qui baigne dans le Chicago blues, inspiré par l'Otis Rush de la grande époque. Elle appuie sur ses pédales afin d’exhiber une autre facette de son style, sur la reprise du "If you love me like you say" de Little Johnny Taylor. Elle y adopte un profil R&B, dansant, proche de Memphis (NDR : cet orgue !) D’excellente facture, cette collection s’achève par l’allègre "Zoom-in". Et pour cause, son ami Opalach (NDR : également responsable de la coproduction) a empoigné la deuxième gratte. Pour nous entraîner au sein d’un univers à la fois surf et métallique…  

 

Grégory Lemarchal

Rêves

Écrit par

En général, je n’apprécie pas trop la variété franchouillarde. On y trouve trop souvent tout et n’importe quoi. Je n’aime pas trop non plus, en particulier, ce qui provient de TF1. On nage en pleine médiocrité, racolage, peoplisation (si ça se dit), exagération et vulgarité. Mais ce que j’exècre le plus, c’est le système mis en place par différentes chaînes de télévision : la fabrication en quelques semaines d’une star de la chanson ! N’importe quoi ! A part Julien Doré, rien, le néant. Mais avait-il réellement besoin de passer sur M6 pour se faire connaître, pour percer ? Bah, on s’en fout après tout.

« Rêves » est un album posthume dédié au vainqueur de la Star Academy 2004, Grégory Lemarchal. Il me semblait bien avoir entendu son nom à l’une ou l’autre occasion. La première à l’issue de sa ‘consécration’. Dans la foulée, il enregistre un album intitulé « Je deviens moi ». Il en est récompensé par un double disque d’or dans l’Hexagone. Ben tiens ! La deuxième fois que j’ai entendu parler de lui, c’était suite à son décès ; à 24 ans à peine, suite à une maladie pulmonaire incurable.

En sortant le best of ( !) d’un ‘artiste’ ne comptant qu’un seul album à son actif, on tombe dans l’exagération et la sur-commercialisation à outrance ! Décidée par ses parents et sa maison de disques, la sortie de ce Cd n’a qu’une seule fonction : ‘faire de la tune’. Il paraît que c’est pour la bonne cause : financer la recherche et le combat contre la mucoviscidose. J’ose espérer que c’est vrai.

Musicalement, rien à dire. Des petites chansonnettes sans intérêt, banales et médiocres. Rien de bien excitant. Deux inédits « Tu prends » et « Je rêve » écrits par Grégory Lemarchal lui-même, une reprise de Daniel Balavoine « SOS d’un terrien en détresse », des fonds de tiroirs et 6 titres qui figuraient déjà sur son premier recueil. Un point positif, une jolie voix. C’est tout.


 

Shawn Pittman

Meridian

Écrit par

Shawn est originaire de l'Oklahoma. Il vient de fêter ses 35 ans. Il rejoint la liste de cette jeune génération qui se réclame de l’héritage laissé par feu Stevie Ray Vaughan. A l’instar de Sean Costello, Nick Curran, Joni Lang ou encore Mike Welch. Très jeune, il prend goût au blues à l'écoute de maîtres comme John Lee Hooker, Jimmy Reed, Lightnin' Hopkins et Elmore James. Puis tombe sous le charme des exploits forgés par Anson Funderburgh et Mike Morgan. Il part s'établir à Dallas pour y assouvir sa nouvelle passion. Il perfectionne sa technique au contact de Hash Brown. Il transite par les Icemen, auprès de Jason Moeller (Fabulous Thunderbirds) et Paul Size (ex-Red Devils). En 97, il sort son premier album : "Burnin' up". Puis embraie par "Something's gotta give". Deux opus édités chez Cannonball. En 99, il se fixe à Austin. En 2001, il édite "Full circle", un disque pour lequel il reçoit le concours de Double Trouble et des frères Moeller. En 2005, il concocte "Stay", avant de se retirer de la scène musicale, afin d’exercer un job dans le privé. Mais en 2007, il participe à un projet collectif baptisé "Texas Northside Kings" (Dialtone). Il s’y réserve quatre plages. Depuis, il a repris goût au blues. Et pour cause, il vient d’enregistrer un nouvel elpee. Onze nouvelles compos sculptées dans un Texas blues parfaitement assimilé. Une œuvre autoproduite, dénuée de la moindre sophistication : la voix et les cordes de Shawn sont uniquement secondées par une section rythmique classique, basse/batterie.

"Edge of the world" ouvre la plaque. L’effervescence est bien palpable. Un blues saignant, percutant. Le jeu aux cordes de Shawn est nerveux, franc, direct. Digne des meilleurs moments de Jimmie Vaughan. La voix est en retrait, mais demeure très musicale. C'est manifestement du vécu. Du ‘live’! La rythmique est lancinante. A l’instar du "Spoonful" de Dixon revus et corrigés par Howlin' Wolf et Cream (NDR : c’était il y a une éternité) ; mais en y incorporant des cordes bien plus éloquentes. Et cette approche aux cordes reste très personnelle tout au long de la ballade quasi éthérée, ‘hendrixienne’, "Fortune and fame". Le style rugueux et contemporain de Pittman colle parfaitement au blues venu du Mississippi voisin. Et "Make the world stop turnin'" en est une belle illustration. Les percussions sont placées bien à l'avant. Les accords de gratte sont très réverbérés. Répétitive, la rythmique produit ses effets hypnotiques escomptés. En fermant les yeux, on imagine facilement être transporté au cœur d’un de ces juke joints poisseux, dans les collines du Nord du Mississippi. Shawn nous entraîne alors vers Chicago. Celui du blues urbain des fifties. Primaire, mais parfait, le riff de slide est emprunté à Elmore James, tout au long du contagieux "My luck has changed". Shuffle saturé de groove, "No such of a thing" est imprimé sur un rythme proche du géant Howlin' Wolf! Les différents éléments de l'ensemble s'emboîtent à la perfection. Autre shuffle par excellence, mais texan, "Mr Dime Dropper" lorgne manifestement vers Mike Morgan & the Crawl. Blues rocker à la Chuck Berry, "Make people dance" nous invite à roller sur la piste de danse. Transpiration garantie ! Le tempo adopté sur "Let's blow this joint" est plus intense encore. Très T-Birds de la grande époque. Sur rails, la machine est alors propulsée à plein régime. Blues indolent, généreux, très downhome, "High maintenance woman" épouse une tonalité de guitare proche de Lightnin' Hopkins. On croirait presque entendre celle du vieux Texan. Son fantôme, peut-être ! De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Hurricane", une plage instrumentale très électrique, impitoyable. Sachant l’épilogue proche, Pittman s'y libère. Shawn a également commis une autre galette cette année, "Movin' & groovin'", sur le label italien Feelin' Good.

 

Les ‘Tops’ 2009 de Musiczine

Écrit par

Vous trouverez ci-dessous les différents ‘tops’ confectionnés par les différents collaborateurs de Musiczine. Au fil des semaines et jusque fin janvier, ce listing s’enrichira des avis de celles et ceux (rédacteurs et photographes) qui ne se sont pas encore prononcés à ce sujet. En attendant, toute l’équipe vous souhaite déjà une Bonne Fête de Noël et vous présente ses meilleurs vœux musicaux pour l’année 2010.

Antoine Verhoeven

Top 20 albums (sans ordre particulier)

Das Pop : Das Pop
The Juan Maclean :  he Future Will Come

DJ Koze : Reincarnations – The Remix Chapter 2001-2009
Phoenix : Wolfgang Amadeus Phoenix
Moderat : Moderat
Damian Lazarus : Smoke The Monster Out
YACHT : See Mystery Lights
Black Meteoric Star : Black Meteoric Star
Subway : Subway II
Fuck Buttons : Tarot Sport
LCD Soundsystem : 45 :33 Remixes
Pylon : Chomp More (réédition)
The Black Lips : 200 Million Thousand
Yura Yura Teikoku : Hollow Me/Beautiful  (réédition)
Woolfy : If You Know What's Good for Ya!!
Andrew Weatherall : A Pox On The Pioneers
Various Artists : Can You Dig It ? : The Music and Politics of Black Action Films 1968-75
Various Artists : Warp20 Chosen & Recreated
Gui Boratto : Take My Breath Away
Disko Drunkards : The Glimmers Present Disko Drunkards

Michel Serry

Top 10 Concerts :

1. Metallica - Sportpaleis Anvers
2. Ultra Vomit - Raismefest
3. The Lucifer Principle - Alcatraz Metal Festival
4. Abinaya - Raismefest
5. Saxon - Ancienne Belgique
6. Deep Purple - Lotto Arena Anvers
7. Nightwish - Forest National
8. Killer - Alcatraz Metal Festival

9. Grave Digger - Biebob Vosselaar
10. UnExpect - Progressive Nation Tour

Top 20 albums internationaux 'Metal/Prog/Noise) :

1. Iris Corporation : A New Saint Session
2. Abinaya : Corps
3. LastDayHere : From Pieces Created
4. Fuzz Manta : Smokerings
5. Epica : The Classical Conspiracy
6. Banane Metalik : Nice to meat you
7. Pithia : Beneath The Veiled Embrace
8. The Booze Brothers : Rock’n’Roll Mutiny
9. Strawberry Blondes : Fight Back
10. Farther Paint : Lose Control
11. Ian Gillan : Live in Anaheim
12. Gallows : Grey Britain
13. Infinity Overture : Kingdom of Utopia
14. Black Bomb A : From Chaos
15. Killing Touch : One of a kind
16. Chickenfoot : Chickenfoot
17. Nova Art : Follow Yourself
18. Mastodon : Crack The Skye
19. Spiritus Mortis : The God Behind The God
20. Astra : From Within

Top 5 albums belges :

1. HTK : Haircut That Kill
2. Sludge Phenomenon + Helldozer : Split CD
3. Pignition : Pig Brother
4. Frozen Rain : Frozen Rain
5. Loadead : Taste The Power

Sébastien Leclercq

Top 20 albums

1. Royksskop : Junior
2. Prodigy : Invaders must die
3. Condo Fucks : Fuckbook
4. Mastodon : Crack the skye
5. Florence & the Machine : Lungs
6. Fever ray : Fever ray
7. The XX : The XX
8. Bat for Lashes : Two suns
9. Anni Rossi : Rockwell
10. Isis : Wavering Radiant
11. Converge : Axe to fall
12. Future of the Left : travels with myself and another
13. Sonic Youth : The eternal
13. 65daysofstatic : Escape from New:York
14. The Thermals : Now we can see
15. Project Pitchfork : Dream, theresias!
16. Benjamin Biolay : La superbe
17. Dinosaur Jr : Farm
18. White Lies : To lose my life
19. The Horrors : Primary colours
20. Kings of Leon : Only by night

Top 5 concerts

1. O’Death : Dour Festival
2. Prodigy : Forest National
3. Florence & the Machine : Inrocks Lille
4. Yeah Yeah Yeahs : Werchter
5. Black Tartan Clan : Park rock Baudour

Jowell

Top 20 albums

1. Jamie T : Kings & Queens
2. Iron & Wine : Around The Well
3. Fredo Viola : The Turn
4. Powersolo : Bloodskinbones
5. Cold Cave : Love Come Close
6. tUnE:YarDs : BiRd BrAiNs
7. General Elektriks : Good City for Dreamers
8. Peter Bjorn & John  : Living Thing
9. N.A.S.A. : The Spirit of Appollo
10. The Black Lips : 200 Million Thousand
11. Kasabian : West Ryder Pauper Lunatic Asylum
12. Depeche Mode : Sounds Of The Universe
13. Yura Yura Teikoku : Hollow Me
14. Little Dragon : Machine Dreams
15. Arctic Monkeys : Humbug
16. Alava Noto & Ryuichi Sakamoto : Ensemble Modern
17. Action Dead Mouse : Revenge of doormats and Coasters
18. Them Crooked Vultures : Them Crooked Vultures

19. Oxmo Puccino : L’arme de Paix
20. Just Jack : All Night Cinema

+ Mention spéciale hors catégorie (EP) Red Mass : EP eponyme

Top 10 Concerts 2009

1. Holy Fuck : Ancienne Belgique / AB Club
2. Just Jack : Botanique / Orangerie
3. Peter bjorn & John : Botanique / Orangerie
4. Bertrand Burgalat : Botanique / Orangerie
5. We Have Band : Botanique / Orangerie

6. Oxmo Puccino : Botanique / Orangerie
7. Puppetmastaz : Botanique / Orangerie
8. Les Wampas : Botanique / Orangerie
9. Friendly Fire : Botanique / Orangerie 
10. Vive la Fête : Ancienne Belgique

Eric Ferrante

Poll 2009 - My 20 winners of this really shitty shitty musical year are :

Top 20 albums internationaux (œuvres aléatoires) :

1. Soap & Skin : Lovetune For Vacuum.
2. The Pains of Being Pure at Heart :  The Pains of Being Pure at Heart.
3. The Big Pink : A Brief History of Love.
4. The Low Frequency In Stereo : Futuro.
5. Peter Doherty : Grace/Wastelands.
6. The xx : xx.
7. The Horrors : Primary Colours.
8. Roberto y Gabriela : 11:11.
9. Benjamin Biolay : La Superbe.
10. Animal Collective : Animal Crack Box.
11. Gossip : Music For Men.
12. Kings Of Convenience : Declaration of Dependence.
13. The Raveonettes : In And Out Of Control.
14. múm : Sing Along To Song.
15. Dead Weather : Horehound.
16. Florence & The Machine : Lungs.
17. Akron/Family : Set’em Wild: Set’em Free.
18. Julian Casablancas : Phrazes for the Young.
19. Artic Monkeys : Humburg.
20. Camera Obscura : My Maudlin Career.

Top 10 albums belges (œuvres aléatoires) :

1. Sharko : Dance on the Beast.
2. Disko Drunkards : The Glimmers Present Disko Drunkards
3. Yuko : For Times When Ears Are Sore
4. Ghinzu : Mirror Mirror.
5. Sukilove : Static Moves.
6. The Germans : Grote Meneren/Straffe Madammen.
7. The Experimental Tropic Blues Band : Captain Boogie.
8. The Bony King Of Nowhere : Alas My Love.
9.  Zita Swoon : To Play To Dream To Drift, An Anthology.

10. Pas de dix : une année de grande sécheresse sur la scène belge !!! (Ou Daan uniquement pour combler le grand vide !).

Redouane Sbaï

Top 20 albums:

01. The Flaming Lips "Embryonic"
02. Dead Man's Bones "Dead Man's Bones"
03. Grizzly Bear "Veckatimest"
04. Le Loup "Family"
05. Volcano Choir "Unmap"
06. Phoenix "Wolfganag Amadeus Phoenix"
07. Fuck Buttons "Tarot Sport"
08. Yo La Tengo "Popular Songs"
09. Vitalic "Flashmob"
10. William Fitzsimmons "Goodnight"
11. Franz Ferdinand "Tonight"
12. HEALTH "Get Color"
13. Future Of The Left "Travels With Myself And Another"
14. Kings Of Convenience "Declaration Of Dependence"
15. Peaches "I Feel Cream"
16. Animal Collective "Merriweather Post Pavillion"
17. Fever Ray "Fever Ray"
18. James Yuill "Turning Down Water For Air"
19. Scott Matthew "There Is An Ocean That Divides..."
20. The Dead Weather "Horehound"

Top 15 concerts:

01. !!! (Festival Les Ardentes)
02. The Prodigy (FN)
03. Holy Fuck (AB)
04. Girl Talk (Bota)
05. Simian Mobile Disco (Festival I Love Techno)
06. Franz Ferdinand (AB)
07. Crookers + Fever Ray + Shearwater (Festival Polsslag)
08. Melody Gardot (CR)

09. Mi Ami + HEALTH (Festival Domino)
10. Kings Of convenience (CR)
11. Fuck Buttons (Bota)
12. Shantel & Bucovina Club Orkestar (AB)
13. Pj Harvey & John Parish (AB)
14. Ray LaMontagne (CR)
15. Future Of The Left (Bota)

Bernard Dagnies

Top 20 international

1. Robyn Hitchcock & The Venus 3 :  Goodnight Oslo
2. Graham Coxon : The spinning top
3. Peter Doherty : Grace/Wastelands
4. The Drones : Havilah
5. Animal Collective : Merriweather Post Pavilion
6. Peter Fox : Stadtaffe
7. Michael J Sheehy & The Hired Mourners : With these hands
8. Liben : Tout doit disparaître
9. The Dodos :  Time to die

10. Yo La Tengo : Popular songs
11. Wye Oak : The Knot
12. The Raveonettes : In and out of control
13. The Dead Weather : Horehound
14. And Also The Trees : When the rain comes
15. Obits : I blame you
16. Dominique A : La musique
17. Jack Beauregard : Everyone is having fun
18. Grizzly Bear : Veckatimest
19. The Alexandra Quartet : The Alexandra Quartet
20. The Big Pink : A brief history of love

Hors catégorie : The Flaming Lips : Embryonic 

Top 5 concerts

1. Calexico : Festival Cactus (Bruges)
2. L’Enfance Rouge : Festival D’Hiver Rock (Tournai)
3. O’Death : Aéronef (club)
4. Florence & The Machine : Inrocks (Lille)
5. Triggerfinger : Riffs n’ bips (Mons)

Top 10 belge

1. Liben : Tout doit disparaître
2. Jeronimo : Mélodies démolies
3. Phantom feat. Lio : Phantom feat. Lio 
4. Lionel Solveigh : Home
5. Ghinzu : Mirror Mirror
6. The Sedan Vault : Vanguard
7. Sukilove : Static Moves
8. The Experimental Tropic Blues Band : Captain Boogie
9. Absynthe Minded : Absynthe Minded
10. Creature With The Atom Brain : Transylvania

Flop 5

1. Animal Collective à l’Aéronef de Lille (concert)
2. Morrissey : Years of Refusal (album)
3. U2 : No Line On The Horizon (album)
4. Editors : In This Light and On This Evening (album)
5. Tortoise : Beacons of Ancestorship (album)

Béber

Top 20 international

1. Animal Collective : Merriweather Post Pavilion
2. Tartufi : Nest of Waves and Wires
3. The Antlers : Hospice
4. The XX : The XX
5. Japandroids : Post-Nothing
6. Dan Deacon : Bromst
7.
Harlem Shakes : Technicolor shakes
8. Mogwai : The hawk is howling
9. Apse : Climb up
10. And you will know us by the trail of dead : The century of self

11. Port O'Brien : Threadbare
12. Isis : Wavering Radiant
13. Mono : Hymn to the immortal wind
14. The pains of being pure at heart : The pains of being pure at heart
15. Wild Beast : Two Dancers
16. Health : Get Color
17. Future of the Left : Travels with myself and another
18. Sunset Rubdown : Dragonslayer
19. Grizzly Bear : Veckatimest

20. Bobio : Ambivalence avenue

Top 5 belge :

1. Casse brique : Glumor
2. Tóman : Where wolves were wolf wear
3. aMute : Infernal Heights for a drama
4. Hickey Underworld : Hickey Underworld
5.
Das Pop : Das Pop

Top 5 concerts:

1. Faith No More: Pukkelpop
2. Elvins Perkins : AB
3. And you will know us by the trail of dead : Louvain

4. Of Montreal : Botanique
5. Akron/Family : Nuits du Botanique

Taï 

Top 25 international

 

1. The XX : The XX
2. Dinosaur Jr. : Farm
3. Coming Soon : Ghost Train Tragedy
4. Phoenix : Wolfgang Amadeus Phoenix
5. King Creosote : Flick the VS
6. Harlem Shakes : Technicolor Shakes
7. Emily Jane White : Victorian America
8. YACHT : See Mystery Lights
9. Montgomery : Stromboli
10. Finn. : Heartbreakers you can own
11. Miossec : Finistères
12. Hockey : Mind Chaos
13. Daan : Manhay
14. Sonic Youth : The Eternal
15. The Thermals : Now we can see

16. M. Ward : Hold time
17. Dead Man's Bones : Dead Man's Bones
18. Bill Callahan : Sometimes I wish we were an eagle
19. Cristal Antlers : Tentacles
20. Jeffrey Lewis &The Junkyard : 'Em Are I
21. Julian Casablancas : Phrazes For The Young
22. The Phantom Band : Checkmate savage
23. Jay Reatard : Watch me fall
24. Bowerbirds : Upper Air
25. Bonaparte : Too Much

 

Top 5 concerts

1. Faith No More - Pukkelop
2. Trail of Death - Leuven
3. Of Montreal - Aeronef Lille
4. Sébastien Tellier - AB
5. Phoenix - Botanique

Stéphane Deroubaix

Top 20 international (Metal/Prog/Noise)

1. Riverside : Anno Domini High Definition
2. Alice In Chains : Black Gives Way To Blue
3. Anvil : Live, Past and Present (réédition)
4. Heaven And Hell : The Devil You Know
5. Immortal : All Shall Fall
6. Chickenfoot : Chickenfoot
7. Diablo Boulevard : The Greater God
8. W.E.T. : W.E.T.
9. Peter Bjärgö (Arcana. : A Wave of Bitterness)
10.  Devin Townsend : Addicted
11.  Drive Like Maria : Elmwood
12.  Shining : VI Klagopsalmer
13.  QNTAL : Purpurea
14.  Diablo Swing Orchestra : Sing Along Song
15.  The Gathering : The West pole
16.  Mastodon : Crack The Sky
17.  Anvil : This is Thirteen
18.  The Devil’s Blood : The Time of no Time Evermore
19.  Killing Joke : The Gathering part One

20.  Kiss : Sonic Boom

 

Top 10 Concerts

1. The Cult - Ancienne Belgique
2. Satyricon - Hof Ter Lo
3. D.A.D. - Handelsbeurs
4. Warrior Soul - Negasonic
5. The Breath of Life - OJC Het Kompas
6. Manilla Road - La Mare aux Diables
7. Rosa Crux - Expo Waregem
8. Judas Priest - Forest National
9. Unexpect - Zenith Arena
10.  King’s X - Biebob

Flop 3

1) Nightwish à Forest National
2) Le clip « Pussy » de Rammstein
3) Le Split officiel de Celtic Frost

Bernard Hulet (photographe)

Top 5 concerts

1. Archive - Halles de Schaerbeek
2. The White Lies - Ancienne Belgique
3. Faith No More - Pukkelpop

4. The Lucifer Principle - Festival Alcatraz
5. Marianne Faithfull - Ancienne Belgique

 

 

Tiësto

Kaleidoscope

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Je l’avoue de but en blanc, je n’ai jamais compris l’engouement pour Tiësto. Dans mon esprit, ce dernier a toujours été un Dj de seconde zone, tout juste bon à produire des banalités destinées aux kermesses et autres fêtes de village. Ensuite, il y a eu ce remix du « Papillon » des Britons d’Editors, presque plus excitante que la version originale. Mais pas de quoi fouetter un chat(on). Ma curiosité a pourtant été particulièrement aiguisée, après avoir pris connaissance de la liste des guests que le Dj hollandais est parvenu à rassembler. Nelly Furtado, Emily Haines (Metric), Jónsi (Sigur Ròs), Tegan & Sara, Calvin Harris, etc. Du beau monde, en somme. Le sacrifice s’imposait. « Kaleidoscope » a donc glissé dans ma platine, non sans appréhension.

Le titre maître, interprété par Jònsi, s’échappe alors des baffles. Pas dégueulasse. Une plage atmosphérique de plus de sept minutes, se mariant parfaitement aux vocalises du leader de Sigur Ròs. Le morceau se transforme en bombe trance à deux minutes de la fin avant de laisser place au bondissant « Escape Me », mené tambour battant par CC Sheffield, relative inconnue. Un bon départ mais les quelques titres suivants sont, pour leur part, assez anecdotiques, malgré la présence de Kianna (Tilly & The Wall) et autres Priscilla Ahn. Après un interlude dispensable (« Always Near »), Tiësto invite Kele Okere (Bloc Party) au micro le temps d’un « It’s Not The Things You Say » aux allures de morne plaine. Le Dj se reprend un minimum sur des « Fresh Fruit », « Century » (en compagnie de Calvin Harris) et « Feel It in My Bones » (avec Tegan & Sara),  Ce n’est pas encore la ‘totale éclate’ mais au moins on secoue un peu la tête en rythme. Et l’electro-r’n’b « Who Wants To Be Alone » aurait pu changer la donne s’il ne souffrait pas de la surabondance d’effets sur les vocalises de Nelly Furtado.

Le salut (très relatif) provient du menaçant « Bend It Like You Don’t Care » et du très 8-bit « Louder Than Boom », deux rares morceaux assurés par Tiësto en solo. Comme quoi, mec, pas besoin de rassembler le bottin mondain de la hype pour convaincre un minimum. Verdict : « Kaleidoscope » sera sans nul doute ma première et dernière incursion dans l’univers Trance de Tiësto.

 

Why ?

Eskimo Snow

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A l’écoute d’« Eskimo Snow », on est en droit de se demander ce qui est passé par la tête de Yoni Wolf et sa meute. Why?, figure de proue du label Anticon, propose un quatrième ouvrage à mille lieues de la qualité à laquelle la formation nous avait habitués. Que les fans ne s’attendent surtout pas à un condensé jouissif d’abstract hip-hop tel que dispensé sur les excellents « Oaklandazulasylum » ou « Elephant Eyelash ». Ici Wolf propose dix morceaux à tendance pop, dans la continuité du virage pop d’« Alopecia » et au sein duquel seuls les véritables inconditionnels trouveront leur bonheur.

En lieu et place d’un véritable recueil, « Eskimo Snow » est en fait une suite de chutes tirées des sessions d’enregistrement d’« Alopecia ». Ce qui explique peut-être le manque de cohérence et de particularité de cette plaque. Why? explore ses fonds de tiroirs sans la moindre finesse. Sur dix morceaux, un seul fait la différence : « This Blackest Purse ». « Eskimo Snow » est une offense au label Anticon qui doit certainement y reconnaître un intérêt beaucoup plus financier qu’artistique…

 

Chicks On Speed

Cutting The Edge

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Non contentes d’exécuter l’une des pires prestations ‘live’ lorsqu’elles sont sur les planches, les Chicks On Speed continuent le massacre. Le quatuor, pourtant responsable de quelques pépites electroclash (« We Don’t Play Guitars », « Fashion Rules »,…), déboule armé d’un quatrième ouvrage doublement dispensable.

« Cutting The Edge » est un cortège de 23 morceaux partagé en deux disques submergés d’idées pseudo-expérimentales, brouillonnes, mal exploitées et/ou faussement délirantes. Anat, Kathi, Melissa et Alex tentent désespérément d’allier musique et mode sans parvenir à transposer adéquatement leur intention. « Cutting The Edge » n’est ni élégant, ni excitant. La formation n’est d’ailleurs pas très loin de la vérité lorsqu’elle intitule l’un de ses morceaux « Worst Band In The World ». Les quatre filles dans le vent se sont manifestement pris une tempête dans la gueule…

 

Cobra Killer

Uppers & Downers

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Cobra Killer ou la formation au nom qui fait peur. Gina V. D’Orio et Annika Line Trost, deux anciennes disciples d’Alec Empire, n’en sont pas à leur coup d’essai. Actives depuis 1998, les deux Berlinoises inscrivent « Uppers & Downers » sur la cinquième ligne de leur discographie. Intrigante, parfois surprenante, l’œuvre du duo divague entre metal et pop/rock des sixties. Cobra Killer se paie un délire trois étoiles, rassemblant ‘la haute’ de la scène alternative. J. Mascis (Dinosaur Jr.), Thurston Moore (Sonic Youth) et Jon Spencer donnent un sacré coup de main aux Teutonnes qui, sans l’intervention de ces invités, seraient à nouveau passées sous le radar.

« Uppers & Downers » est un recueil efficace. Il perd cependant un peu de sa superbe, à cause de son côté trop répétitif et donc lassant. Un peu comme si les idées bourgeonnaient dans la tête de Trost et D’Orio mais qu’elles exploitaient celles-ci avant même qu’elles ne parviennent à maturité. Les deux filles se sont manifestement fait plaisir. « Uppers & Downers » aurait eu davantage d’impact si elles n’avaient pas oublié l’auditeur en chemin.

 

Mattias Hellberg

Out Of The Frying Pan, Into The Woods

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Mattias Hellberg et son élan blanc font la paire. Juché sur son animal de compagnie, Hellberg procède à une cueillette de champignons au bord d’une mer (!) magnifiée par un joli coucher de soleil et surplombé de nuages aux formes de sirènes. Le Suédois, sosie parfait de Devendra Banhart, joue la carte du psychédélisme et de la dérision au sein d e « Out Of The Frying Pan, Into The Woods », un premier essai délirant. Mattias Hellberg et son backing band, au sein duquel on retrouve Ludwig Dahlberg de The (International) Noise Conspiracy, ne se prennent pas au sérieux et cela s’entend.

L’ensemble bouillonne d’idées exécutées de façon assez décousue. Et malgré ce manque de cohérence, le disque parvient à capter l’attention pour ne pas la relâcher. Le beatnik joue de ses influences sans pour autant tomber dans le piège de l’imitation. Au-delà de la voix plutôt banale de l’interprète, ce sont essentiellement les envolées électriques de morceaux tels que « Foggy Day » ou « Why Is It So ? » et les mélodies hallucinées et hallucinogènes de « Final Call », « Love In Need » et « White Moose XXX-Mas » qui font de ce « Out Of The Frying Pan, Into The Woods » une galette à écouter de toute urgence, sous influence. Ou pas…

 

 

Joker’s Daughter

The Last Laugh

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Où et quand s’arrêtera-t-il ? L’infatigable Brian Burton, plus connu sous le nom de Danger Mouse, poursuit tranquillement sa ronde musicale. Après des travaux solos (le fameux « Grey Album ») ou au sein de Gnarls Barkley, des productions pour le compte de Beck, Gorillaz, The Black Keys, et autres collaborations opérées en compagnie de Sparklehorse, Burton s’associe à la musicienne et chanteuse anglo-grecque Helena Costas pour former Joker’s Daughter. « The Last Laugh » est le résultat d’une association entamée en 2003, lorsque Costas avait refilé au producteur quelques démos qui avaient provoqué leur petit effet sur ce dernier. 

Six ans plus tard, le projet a enfin pris forme. Le duo délivre une première série de quatorze ritournelles à la production inévitablement bien léchée. D’ailleurs, c’est essentiellement sur la mise en forme que repose tout l’intérêt de la plaque. La voix de Costas, à priori plutôt banale, prend tout sens lorsque les premiers bidouillages de Danger Mouse font leur apparition. La combinaison de ces deux sources débouche alors dans un univers folk on ne peut plus décalé. Les mélodies sont ultra-fouillées et peuvent parfois emprunter une tournure surprenante (« Chasing Ticking Crocodile », « The Running Goblin », « Jessie the Goat »). En attendant la concrétisation de son projet en compagnie de James Rercer (The Shins), le désespérément talentueux Danger Mouse, dont le Cv s’enrichit d’une réussite de plus, peut dormir sur ses deux oreilles.

 

Jeniferever

Spring tides

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Imaginez le chaînon manquant entre Mogwai et Cure (NDR : circa « Pornography »), et… oui, j’admets, c’est un peu réducteur, mais au moins l’expression sonore dispensée par cette formation suédoise vous sera déjà un peu plus familière. Un quartet fondé en 1996 et dont le « Spring tides » constitue seulement le second elpee, leur parcours recensant quand même quelques singles et Eps. Kristofer Jönson en est le chanteur/guitariste (parfois aussi claviériste). Et son timbre vocal campe un hybride entre Robert Smith et Peter Gabriel. Une voix qui colle à merveille à ce style musical mélancolique, parfois emphatique, souvent luxuriant qui puise aussi probablement ses sources chez Sigur Rós, Mew, The Appleseed Cast voire même Okkervil River (« Sparrow hills »). Mais trêve de références, passons au contenu de cet opus.

Partagé en dix plages, dont certaines sont particulièrement longues, il baigne dans un climat le plus souvent languissant, atmosphérique, propice aux flux et reflux. Des compos régulièrement construites en crescendo. Sur un mid tempo ou alors carrément slowcore. Encore que parfois ce faux rythme peut virer vers le tumulte voire le chaos. Aux guitares bringuebalantes, sinueuses, reverb, shoegaze ou frénétiques, viennent se greffer tour à tour une ligne de basse palpitante, des arrangements symphoniques, des claviers fluides, des chœurs diaphanes ou des accords de piano sonore ainsi que circonstanciellement des cuivres (NDR : et en particulier sur la plage centrale, « Nangilaja », un morceau de plus de neuf minutes, inspiré par le conte pour enfants d’Astrid Lindgren, qui traite paradoxalement de thèmes aussi douloureux que la maladie, la mort, la tyrannie, la trahison et la rébellion). Certaines chansons s’abandonnent néanmoins dans la mélancolie douce, alors que d’autres communiquent un certain sentiment d’angoisse. Bref, une œuvre de toute bonne facture qui aurait mérité une mention particulière, si certains morceaux ne tiraient pas trop en longueur…

 

Kings Of Convenience

Declaration of Dependence

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« Declaration of Dependence » illustre parfaitement l’histoire qui lie les deux Norvégiens de Kings of Convenience. Deux amis d’enfance nés près des majestueux fjords de Bergen et, surtout, intrinsèquement atteints de connivence et de complémentarité. Binôme où chacun trouve sa place, où nul ne s’empare du territoire musical de l’autre. Issus d’influences singulières, ils parviennent néanmoins à créer un univers sonore commun et cohérent. Alchimie parfaite qui se fait délicieusement sentir sur leur troisième elpee.

« Kings of Convenience », c’est d’abord l’excentrique Erlend Øye (chant/guitare/clavier), artiste atypique à la silhouette d’adolescent dégingandé, au visage flanqué de lunettes époque Brejnev et fan absolu de ‘Data Pop’. Jeune extraverti qui arpente volontiers le monde blasé de l’électronique et de la culture club. Ensuite, l’introverti Eirik Glambek Bøe (chant/guitare) affiche un charme scandinave plus discret. Douce fragilité qui caractérise la remarquable voix douce et chaleureuse du chanteur norvégien.

Une union sacrée qui s’imprime de sensibilité et de suavité naturelles sur les microsillons de la galette. Album aux arrangements musicaux de velours à l’image du titre de leur intemporel premier opus sorti en 2001, « Quiet is the New Loud » : guitares acoustiques et inspiration puisées chez Nick Drake sur un voile transparent derrière lequel on pourrait apercevoir les silhouettes de Simon & Garfunkel. Un folk à la fois classique et contemporain qui marque le renouveau d’un genre éternel. La légèreté des guitares acoustiques, la finesse et la limpidité des mélodies chagrinées s’enlacent sur des voix en surimpression. La voix plus frêle d’Erlend s’imprime naturellement sur le timbre chaleureux d’Eirik qui sublime les textes et, ensemble, construisent un folk harmonieux et cristallin. Pop/folk romantique aux apparences parfois simplistes et mielleuses mais jamais mièvre. Au contraire. On observe une facilité mélodique innée chez ces deux artistes. Antithèse parfaite d’un indietronica contemporain saturé d’electronica ou d’IDM.

« Mrs Cold » incarne joliment l’esprit ‘Kings of Convenience’ 2009. Un morceau qui dessine des fjords majestueux dont les vagues de brume se briseraient mystérieusement sur le sable ensoleillé et chaud de Copacabana. Une sorte de voyage intérieur et intimiste qui partirait de Norvège pour croiser l’Angleterre de Nick Drake et se poser enfin sur le sol brésilien de João Gilberto. 

Treize pistes qui globalement nous transportent au cœur d’un convivial chalet norvégien habité de douceurs mélodiques folk caressant l’âme autour d’un feu de bois qui ne s’embrase jamais.

Incontestablement l’un des meilleurs albums pop-rock de cette année 2009 à l’atmosphère parfaite pour réchauffer vos longues soirées qui frissonnent d’hiver.

 

Kings of Leon

Live at the O2 (Dvd)

Écrit par

Considéré comme le pendant sudiste des Strokes, Kings of Leon est une histoire de famille ; celle des Followill. Nathan, Caleb et Jared sont frères. Respectivement drummer, chanteur/rythmique et bassiste/pianiste, ils constituent le trio de base. Matthew, le guitariste soliste, est un de leurs cousins. Et lors de leurs tournées, un autre cousin, Christopher se charge de la technique. Fondé en 2000, le groupe a dû attendre 7 ans, avant de rencontrer le succès planétaire. Après avoir sorti l’elpee « Because of the times ». A partir de cet instant, la formation va décrocher toute une série d’Awards, moissonner moult albums d’or et de platine (NDR : notamment suite à leur quatrième opus, « Only by the night »), et surtout se faire inviter parmi les plus grands festivals d’Europe.

Immortalisé au O2 de Londres le 30 juin 2009, ce Dvd est le premier qui leur est consacré. Il réunit 22 titres, dont les mega hits « Use somedody », « Sex on fire » et les incontournables « Notion », « Molly’s chambers », « One call » ou encore « The bucket », interprétés devant 18 000 personnes. Le pied pour les fans de Kings of Leon, d’autant plus que la qualité du son, en dolby Digital 5.1 Surround, est tout simplement exceptionnelle.

Petit détail qui a son importance, leur site officiel est disponible dans la lanque de votre choix. Impressionnant !

 

Krissy Matthews

Allen in reverse

Écrit par

Mi-anglais, mi-norvégien, Krissy Matthews est né en mai 1992. Son père, Keith, est également musicien. Et se débrouille tant à la quatre qu’à la six cordes. Mais il détient toujours la nationalité britannique. A  l’âge de 12 ans, soit en 2004, Krissy monte déjà sur les planches du fameux Notodden Blues Festival, en compagnie de John Mayall et ses BluesBreakers. Il crée ensuite son band aux Iles Britanniques, le Krissy's Blues Boys, impliquant son paternel à la seconde gratte. Un an plus tard, la line up est réduit à trio, son papa passant à la basse. Et un premier elpee paraît en 2005 : "Influences". Deux ans plus tard, ils se rendent en Norvège pour concocter leur second long playing : "No age limit", avant de rejoindre la France pour se produire au Blues Autour du Zinc. Janvier 2009, père et fils entrent aux studios Mars de Chesham, en compagnie du bassiste Chris Sharley (NDR : un ex-Mick Clarke Band) et du claviériste Mike Smith. Et y concoctent leur troisième opus, « Allen in reverse »…

La plage éponyme ouvre le disque. Un démarrage en force hanté par l’esprit de Jimi Hendrix. Du rockin' blues plutôt percutant, bien construit, caractérisé par des changements de rythme. Les accords de guitare sont bien sculptés. Krissy adore appuyer sur ses pédales. Sa voix est fluette. Pas étonnant, vu son jeune âge. L'intro de "When times were hard" libère une intensité dramatique. La guitare est très amplifiée, réverbérée, acide. Les sonorités dispensées par les cordes me rappellent Tony McPhee, le gratteur des Groundhogs, à ses débuts  (NDR : c’était, il y a bien longtemps…) Une plage aventureuse, bourrée d’effets ; mais surtout très réussie. Il adapte l’"Iceman" d'Albert Collins sur une rythmique funky. Il reproduit parfaitement le pincement de cordes caractéristique du grand Albert, pendant que l'orgue s’infiltre dans l’ensemble… Très rythmé, "What more could you want – Part 2" permet au talentueux gamin de montrer toute sa dextérité sur le manche. Il chante dans un  registre très rock, plus proche d'un Iggy Pop que du blues. Secondé par la voix féminine de Holly Petrie, Krissy chante à la manière de Mick Jagger, "Last young love", une jolie ballade lente et fort dépouillée. Son intervention à la six cordes est excellente. L'orgue Hammond communique sa chaleur naturelle. Très rock'n'roll, "Lonely on the road" déménage ; un blues rock parcouru par le piano acoustique de Smith. Au sein du tracklisting, "What more could you want – Part 1" est paradoxalement postérieur à la seconde partie. Une version bien plus consistante et ravagée. Krissy souffle judicieusement dans un harmonica pour apporter davantage de densité à son expression sonore. "Girl of yesterday" est un autre rockin' blues. La tonalité des cordes me fait alors penser à un certain Wishbone Ash. Celui de la fin des 60’s, début des seventies. Une époque à laquelle, il excellait dans le style. Récréatif, "Stone cold pizza" nous replonge dans l’univers des Stones, un rock'n'roll balayé par une slide comme à la belle époque marquée par la présence de Mick Taylor. Puissant et très électrique, "The soul will never die" est un slow blues bien ficelé ; une plage écrite pour BB King. Krissy démontre ici que soin doigté est aussi habile que celui de bon nombre de jeunes guitaristes yankees. C’est du côté de la voix, qu’il devrait encore progresser. Il attaque ensuite "Hug you squeeze me", un boogie shuffle signé John Lee Hooker. L’opus s’achève par "World", une ballade légère, mais sans grand intérêt.

 

Daniel Norgren

Outskirt

Écrit par

Chanteur/compositeur/interprète suédois, Daniel Norgren est un artiste talentueux. Pour créer son propre style roots, il mêle ainsi le folk, le blues primaire et le vieux jazz ‘old school’ auquel il ajoute un soupçon de country et de musique populaire. En général, il se produit comme un homme-orchestre. Il chante ou souffle dans un harmonica ou encore un kazoo en s’accompagnant, en même temps, de sa guitare tout en se chargeant des percussions. Il est très populaire chez lui ; mais également, semble-t-il, chez nos voisins néerlandais. Son premier album solo est paru en 2007. Expérimental, "Kerosene dream" lui avait valu d’être comparé à Tom Waits. "Outskirt" est sorti dans son pays en avril 2008. Il fait aujourd’hui l’objet d’une distribution internationale via le label batave (NDR : et très blues !) Cool Buzz! Pour la circonstance, Daniel a reçu le concours d'excellents musiciens locaux. En outre, il signe les quinze pages de cette œuvre.

"Who's knocking" ouvre l’elpee. Une compo captée ‘live’ en studio. Et en une seule prise ! Norgren reconnaît pour influence majeure le blues d'avant-guerre. Celui des pionniers comme Blind Willie Johnson ou Son House. Les percussions sont rudimentaires. Les cordes véhiculent des accents métalliques. La voix de Daniel est mordante, brute. Il me fait un peu penser aux débuts de feu l'Anglais Kevin Coyne. La guitare est torturée. Il tire le maximum de son instrument. Les cordes sont lacérées et gémissent tel un animal blessé. Cette entrée en matière interpelle ; et pourtant elle ne reflète pas exactement le climat entretenu tout au long de cet elpee. D’ailleurs, "Let me go" est une plage plus paisible. Il mêle son blues à du gospel (NDR : un style qu’il apprécie), en balisant sa voix de légers chœurs. "The comedian" nous entraîne dans le monde du jazz, mais un jazz suranné et dépouillé, un tantinet manouche. Autobiographique, ce morceau est enrichi par les sonorités feutrées de la trompette de David Lindroth. Tom Waits n’est pas loin. Daniel se prend pour un matelot errant dans un vieux port (NDR : peut-être celui d’Amsterdam) pour chanter "Prettiest world". Une scie musicale talonne sa voix. Un orgue colore délicatement cette chanson folk mélancolique. Norgren ne respire pas la joie de vivre. C’est même plutôt un type au bord du désespoir. Mais ce désenchantement fait aussi sa personnalité. Un spleen qu’il épanche sur "Purse" et tout au long de "Poor heart's avenue", une ballade dont le profil country est dessiné par sa steel guitare ; ou encore lors de la complainte "Saddle my heart", caractérisée par ses violons larmoyants. Fort heureusement, le blues refait régulièrement surface. A l’instar de l’intense "Fivestringed crooked Red Clara". Si l’harmo transparaît en filigrane, le bottleneck entretient ce climat. Il s’accompagne au piano (NDR : tolérant néanmoins quelques artifices électroniques), pour interpréter "Mean old devil got on". Sa voix est très triste pour chanter cette compo traitant du monde plongé dans le désordre et le chaos. Apaisé, il nous livre une plage de toute beauté : "Before I go". Valse débridée, "No one wants you as you are" conjugue ses cordes électriques et le saxophone loquace de Mats Walson. Et finale, Daniel démontre qu’il a quand même le sens de l’humour. "I couldn’t even grow a moustache for you" est même une plage récréative. Et je dois avouer que c’est même celle qui me botte le plus.

Norgren est un artiste dont la sensibilité à fleur de peau est surprenante. Il peut se montrer paisible un instant et complètement ravagé le suivant. Respecter l’héritage d’un maître du passé ou emprunter un format résolument contemporain. A découvrir de toute urgence !

Vanessa Paradis

Best of

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Vanessa Paradis sort son premier ‘best of’ après 23 années de carrière. Hé oui, « Joe le taxi » date de 1987, déjà… Enfant-star à l’âge de 14 ans, la ‘fillette’ a depuis lors vendu plus de 4 millions de disques et attiré plus de 7 millions de spectateurs dans les salles. Et dire qu’elle s’était fait connaître à l’Ecole des fans de Jacques Martin en interprétant « Emilie Jolie » de Philippe Chatel. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts ; et la jolie Parisienne a accumulé les rencontres et les collaborations avec des auteurs et des compositeurs de tous bords. Etienne Roda-Gill, Franck Langloff, Serge Gainsbourg, Lenny Kravitz, Alain Bashung et Matthieu Chédid se sont ainsi succédé pour assurer à la belle, qualité et notoriété.

Entretemps, l'enfant star, chanteuse, actrice (on retiendra ses débuts dans ‘Noce Blanche’ de Jean-Claude Brisseau), a épousé Johnny Depp, est devenue maman de deux enfants et a appris à protéger sa vie privée au profit de ses seuls talents artistiques.

Ce double album « Best of » réunit donc en 33 titres tous les moments forts de la carrière de la ‘petite sirène’ de la chanson française, dont des raretés, des duos et 4 inédits, parmi lesquels on épinglera le superbe tube « Il y a », signé par son dernier maître d’œuvre, le chanteur/guitariste/compositeur de Louise Attaque, Gaëtan Roussel.

Dans un premier temps, sur le premier volume du box, toute la carrière de Vanessa est revisitée en 16 compositions dans un ordre aléatoire : des prémices de « Joe le Taxi » à son dernier hit, en passant par « Maryline et John », « Tandem », et bien d’autres…

Si ce premier volet a été dicté par des impératifs commerciaux émanant de sa firme de disques, le second a été entièrement concocté par Vanessa elle-même. Elle a choisi de revisiter ses caves d’archives. Grand bien lui a pris car c’est ici que se cachent toutes les raisons de faire l’achat de ce coffret (à bijoux). Des duos surprenants (NDR : en compagnie de M, Jane Birkin, Alain Souchon), des archives secrètes (Marylin & John et Scarabée, chansons de son premier album qu’elle revisite en tenue acoustique), des morceaux jamais enregistrés à ce jour (des reprises live de Charles Aznavour ou du bouleversant « This will be our year » des Zombies) et même un titre enregistré pour une pub (« I Love Paris » de Cole Porter) ! La griffe d’une artiste, incontestablement…

C’est surtout pour ce deuxième volume que l’achat de ce coffret se justifie pleinement. Nous sommes bien en présence d’une artiste qui ‘connaît la musique’ ; plus à une jeune dinde écervelée comme on la considérait à l’époque de ses 14 printemps, il y a longtemps, tellement longtemps !

 

Prefab Sprout

Let’s change the world with music

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Paddy Mc Alloon est presque sourd, quasi-aveugle et s’accroche à la force de la musique. C’est le message qu’il essaie de faire passer tout au long du nouvel opus de Prefab Sprout. Enfin, en lui conférant une signification religieuse. Il s’agit du premier long playing signé par le combo depuis 8 ans. Mais en vérité, on est en présence d’une œuvre solo. Des démos datant de 1992, qui devaient donner une suite à l’elpee « Jordan: The Comeback ». Elles ont été récupérées et remises en forme par l’ingénieur du son Calum MacColl, pas par Thomas Dolby, faut-il le préciser. Tout a été passé à la moulinette synthétique. Les arrangements (souvent somptueux, luxuriants et sophistiqués), l’instrumentation et même les chœurs. Pas la voix de Paddy heureusement. Aucune trace de Wendy Smith ni de son frère Martin. Les mélodies sont superbes, contagieuses et hyper radiophoniques, les harmonies fluides ; mais au bout de quatre ou cinq morceaux, une certaine lassitude a commencé à m’envahir. Pas que les compos soient déprimantes, mais elles sont trop prévisibles, parfois stéréotypées, et adoptent un profil beaucoup trop linéaire à mon goût. Elles ne sortent jamais des sentiers battus, si vous préférez. Et au fil de l’écoute, elles finissent par m’agacer. Un peu comme si McAloon avait le souci permanent de flatter l’oreille de l’auditeur. Conclusion, l’intégralité des chansons de ce disque est essentiellement destinée à la bande Fort Molle… Pour info, le natif de Durham continue de composer et a l’intention de sortir de nouveaux disques. Paddy que le résultat sera supérieur à ce « Let’s change the world with music », c’est ce que je crains le plus…

 

Soap&Skin

Marche Funèbre (Ep)

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Tout comme Mozart, elle est autrichienne. Et c’est également une surdouée de la musique. Son nom ? Anja Franziska Plaschg. Elle n’a que 19 ans et a adopté pour pseudonyme, Soap & Skin. Etudiante en art, cette jeune pianiste, malgré le titre de son Ep (NDR : « Marche funèbre » est une œuvre qui a figuré tant au répertoire de Mozart, de Chopin et même de Beethoven), lorgne davantage vers la musique gothique que classique. 

« Marche funèbre » est également un extrait de son album « Lovetune For Vacuum », un disque paru en mars 2009. Les accords de piano sonore dispensés par Anja semblent résonner au cœur de la nef d’une cathédrale. Son timbre de voix est aussi ténébreux qu’envoûtant. La presse spécialisée la compare tantôt à Chan Marshall alias Cat Power ou encore Feist ; mais une chose est sûre, la « Marche funèbre » de Soap & Skin fait l’objet d’un véritable hype en Autriche. Personnellement, le climat glauque et monocorde entretenu tout au long de cette plage ne me botte pas trop. Il correspond davantage aux aspirations des âmes déchirées et des corps meurtris. L’Ep est enrichi de deux remixes. Le premier a été manipulé par Yrasor, un traitement aux beats électros traversé par des cris de violons stridents. Le second a été opéré par l’excellent DJ Koze ; qui lui, semble avoir tout compris de l’univers de la jeune fille. L’ambiance ‘burtonienne’ y est presque magique. Le potentiel de ce talent à l’état pur est considérable. C’est incontestable. Néanmoins, à mon humble avis, Soap & Skin aurait tout intérêt à ne pas trop s’attarder dans cet univers crépusculaire. Sinon, elle risque de ne plus cibler qu’un public marginal et à l’esprit parfois détraqué. Ce qui n’est pas toujours bon pour sa réputation.