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We Were Promised Jetpacks

L’Ecosse, une terre promise ?

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Pour un concert de rentrée au Bota, We Were Promised Jetpacks constituait une véritable attraction. Raison pour laquelle je m’étais déplacé afin d’assister leur set. Cette formation écossaise s’est d’ailleurs forgé une excellente réputation. Surtout depuis la sortie de leur premier elpee, « These Four Walls », paru le 15 juin dernier. Le combo accomplit aujourd’hui la dernière date de sa tournée. Et Adam Thompson, le leader, promet que la soirée sera réussie. Il tiendra parole…

Rendez-vous donc au Witloof Bar. Une salle de petite taille, mais qui accueille un parterre bien garni. Etonnant pour un groupe aussi peu notoire tant en Belgique qu’à travers le monde. Les quatre musicos débarquent vers 20h30. Ils sont très jeunes mais semblent très à l’aise. Sculpté dans le rock, le début de leur set est tendu et hanté. Mais je ne connais guère leurs compos. Pourtant, les chansons séduisent d’emblée. A cause des mélodies qui libèrent une belle dose d’énergie et d’émotion. Et puis du drumming particulièrement impressionnant de Darren. La plupart des morceaux débutent en mode mineur avant d’exploser sous de véritables déflagrations soniques. A l’instar de « It’s Thunder And It’s Lightning », « Quiet Little Voices » ou encore, « The Conductor » ; manifestement des sommets de leur prestation.

La formation avoue pour influences majeures Frightened Rabbit, The Twilight Sad et le Biffy Clyro originel. C’est indéniable. J’ajouterai Futureheads et Arcade Fire, à des degrés divers. Ce qui explique pourquoi leur power-rock teinté de post-punk, responsable de petits hymnes très efficaces, est susceptible de séduire un public bien plus large. Véritable source de talents, l’Ecosse n’en finit plus de surprendre. Agréablement, bien sûr ! Après Mogwai, Franz Ferdinand, Belle And Sebastian ou encore The Phantom Band, il faudra compter sur We Were Promised Jetpacks…

(Organisation Botanique)

 

The Dodos

Guerriers apprivoisés

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Pour bien démarrer la saison, le Botanique a eu la bonne idée de dépoussiérer la Rotonde en y conviant The Dodos. Et pour cause, la popularité de cette formation issue de San Francisco est en phase ascendante. Le line up a été élargi depuis l’arrivée d’un troisième membre ; une occasion idéale pour découvrir son troisième rejeton devant une salle pleine à craquer.

La soirée s’est ouverte par un set tout en délicatesse de Wye Oak, duo originaire de Baltimore. Petits protégés du label Merge, Jenn Wasner et Andy Stack présentent leur deuxième recueil, « The Knot », dont les compos sentent bon l’indie des années 90, sans le côté dépassé. Tout n’est pas parfait mais le duo parvient à tenir une bonne partie du public en haleine pendant près d’une quarantaine de minutes.

Exit les barriques. The Dodos jouent toujours aussi fort mais privilégient la carte de la subtilité en additionnant Keaton Snyder et son vibraphone géant à leur configuration. Le duo, devenu depuis trio, avait déjà soufflé ses fans belges lors de sa visite au Pukkelpop en 2008, avant de remettre le couvert un peu plus tard cette année-là au VK. Mais leur prestation accordée à Dour cet été n’a manifestement pas emballé grand monde, alors que le nouvel ouvrage de la bande n’a, jusqu’à présent, reçu qu’un accueil assez mitigé. L’appréhension était donc au rendez-vous avant la montée sur scène de la formation.

Premier constat : Logan Kroeber à switché ses instruments rustiques contre de grosses caisses plus belles et plus chères. La formule est tout de suite moins excitante mais le gars joue avec tant de classe et de passion qu’on ne peut pas vraiment lui reprocher grand-chose. Meric Long a une petite gueule d’ado attendrissant. Ce qui ne l’empêche pas de se déchaîner sur sa gratte. Il balance au micro quelques uns des morceaux de « Time To Die ». Joe Haener, le discret, mais terrible percussionniste de la tournée précédente à cédé sa place au tout aussi circonspect Keaton Snyder à qui il aura fallu quelques titres avant d’être complètement en phase avec ses camarades. Ses coups de vibraphones sont certes intéressants mais n’apportent, à mon humble avis, pas plus de substance aux compos de la formation.

The Dodos parcourent essentiellement leur dernier né ; mais entrecoupent le tracklisting de  quelques extraits inévitables de « Visiter ». Les petits gars livrent un set captivant mais peut-être un trop formel par rapport à ceux auxquels ils avaient habitués leur public. Ils se rattraperont néanmoins en offrant au public deux rappels vibrants. Au bout d’une heure et demie, le trio se retire. On suit le mouvement, un sourire ravi aux lèvres.

(Organisation : Botanique)

(voir aussi notre section photos) 

Phantom featuring Lio

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Il y a une vie à côté de la Nouvelle Star pour Lio ! Elle a en effet rejoint le mystérieux backing-band Phantom pour enregistrer un nouvel album. Y figurent des titres aussi évocateurs que « Ma cervelle est en grève » ou « Mon Jules marche sur l’eau », de quoi renforcer l’aspect énigmatique du projet, même si l’on sait que Miam Monster Miam se réserve la guitare et la mise en forme, Jacques Duvall les textes et Gilles Martin les manettes. La curiosité n’en est que plus aiguisée… L’album sera disponible le 12 octobre prochain. Et si c’était Lio qui se présentait à M6 cette année ?

En concert le 26 septembre au NAB festival à Paris et le 13 novembre au Botanique.

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/phantomfeatlio

 

Du Bowl ?

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Figure mythique de la scène underground new-yorkaise (NDR : c’est le fondateur de King Missile), Dogbowl a également enregistré plusieurs albums en compagnie de Kramer (MC5). Et bien, cet artiste incontournable (NDR : il est également peintre) se produira en concert très bientôt en Belgique. Il n’y était plus venu depuis 1998. Stephen Tunney (alias Dogbowl) est en effet à l’affiche de l'Inside à Liège, ce 12 octobre. Le prix d’entrée est fixé à seulement 7 euros. A ne pas rater ?

Susanna Wallumrød

3

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Susanna And The Magical Orchestra nous démontre à nouveau que la scène norvégienne peut voyager sur de multiples lieux musicaux.

Après un premier elpee plutôt discret (« List of Lights and Buoys »), le duo scandinave sort publiquement de l’ombre en 2006 en concoctant « Melody Mountain ». Album présentant une série de covers aux interprétations atypiques et glaciaires où « Susanna And The Magical Orchestra » s’amuse à réinventer « Hallelujah » de Leonard Cohen, « Love Will Tear Us Apart » de Joy Division, « Enjoy The Silence » de Depeche Mode ou encore « Crazy, Crazy, Nights » de Kiss et « It’s All Right » de Bob Dylan. Reprises qui seront saluées par la presse et le public pour leur originalité.

Sur « 3 », Suzanna Wallumrød (chant) et Morten Qvenild (claviers) reviennent à des compositions plus personnelles. Des textes et des airs éthérés invitent à s’évader des profondeurs des bois pour survoler les fjords majestueux du Grand Nord. Les mots se prêtent  à de sombres mélodies minimalistes et tragiques qui s’irritent d’electronica, de jazz et de pop. Ceux qui parlent de conflits internes (« An Other Day »), de relations humaines (« Recall ») mais aussi de l’incommensurable espace, des étoiles, des planètes et de voyages galactiques (« Someday »). Belle perspective ouverte par ces deux musiciens.

Seul détail d’importance, à force de vouloir dénoter, on passe parfois à côté de l’essentiel : la musique. On oublie que le minimalisme ne s’entend pas au sens d’une absence totale de matière sonore. Cette volonté de frisson et de pureté glaciale gomme l’orchestration retro-futuriste et se transforme en jolie carte postale pour la Norvège. Rythmes qui feraient penser que la dérive des continents est un volcan actif. La structure repose sur un champ impressionniste qui ne tremble que trop rarement. L’essence musicale est plus exsangue, plus épuisée que tragique. Elle nous offre un electronica-pop narcotique (« Deer Eyed Lady ») qui pourrait résonner dans un ascenseur de centre commercial. Mélodies et arrangements en ombre d’où émergent, fort heureusement, l’intimité paisible et la puissance émotive de la voix cristalline de Suzanna Wallumrød qui nous grise par instants. Très jolie voix qui coule comme un ruisseau de montagne norvégienne ; mais qui, comme le murmure perceptible de ces eaux magiques, ne charrie aucune signification, car elle n’a rien à dire !

L’album est découpé en dix titres. Suzanna et Morten se partagent équitablement la composition de huit d’entre eux. Le reste est consacré aux reprises, un exercice de style dans lequel le groupe excelle. Tout d’abord le « Subdivisions » de Rush, moins inspiré que « Melody Mountain » et puis « Another Day » de Roy Harper. Espace fugitif illuminé par sa beauté fragile où la voix limpide de la chanteuse peut totalement s’exprimer.

L’album se déverrouille sur deux titres de Wallumrød. D’abord, « Recall », méditation sur la mémoire et la perte, s’ouvre à une ambiance feutrée qui ressemblerait à un Kraftwerk minimaliste teinté d’électro-pop accompagné d’un surprenant final aux percussions 80’s. Ensuite, « Guiding Star » qui prendrait la voie d’une Björk electronica. Chemin sur lequel la talentueuse Islandaise aurait rencontré Lou Rhodes (Lamb). L’esprit de Lamb plane d’ailleurs sur plusieurs morceaux de l’album.

Ces deux premières pistes cèdent ensuite le relais aux compositions de Morten Qvenild. Le « Game » au vibraphone obsédant et le single « Palpatine’s Dream ». Le reste de l’album se fond et se confond dans une linéarité angoissante.

Album formellement interdit à toute personne souffrant de narcose.

Racky Thomas Band

Hard travelin'

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Le RTB est une formation établie à Boston, dans le Massachussetts. Sa naissance remonte à 1995. Deux ans plus tard, elle remportait le ‘Battle of the Bands’ dans son propre fief. Le groupe se produit régulièrement dans le nord-est des States, concédant plus de 150 apparitions par an. Racky Thomas en est le leader. Chanteur/harmoniciste, il lui arrive de glisser à la steel guitare. Né en 1969 dans le New Hampshire, il a émigré à Boston, en 87. Pour compléter le line up, Nick Adams se consacre à la guitare, Todd Carson à la basse et Michael Avery à la batterie. Si habituellement, Jeremy Berlin (NDR : également impliqué chez Johnny Hoy & the Bluefish) se réserve le piano, pour cet elpee, c’est le talentueux Matt McCabe qui est préposé aux ivoires. De son côté, McCabe a longtemps rempli ce rôle chez le Roomful of Blues ; en outre, il a tourné en compagnie d’Anson Funderburgh & the Rockets, de Duke Robillard et de Sugar Ray Norcia. Le groupe comptait déjà trois elpees à son actif : "Last of the big spenders" en 98, "Troubled all the time" (NDR : auquel le guitariste Troy Gonyea avait participé) en 2000 ainsi que "Live at the Yardrock", enregistré à Quincy en 2001 et paru l’année suivante.

L’opus s’ouvre par "Ain't gonna do it". Nick pose les premiers accords. Le tempo est bien enlevé. Les cuivres sont à la fête et en particulier ceux des frères Aruda ; c'est-à-dire Scott à la trompette et John au saxophone ténor. Pourtant, c’est Matt qui se réserve un envol remarqué au piano. La plage affiche une coloration très New-Orleans. Faut dire qu’elle est signée Danny Bartholomew. "Someone to keep me satisfied" est issu de la plume de Racky. Un Chicago shuffle inspiré du blues urbain des années 50. Il souffle dans un registre proche de Sonny Boy Williamson. Pendant que Nick assure comme Jimmy Rogers, McCabe est à nouveau intenable. Ses interventions sont proches d'Otis Spann voire de Sunnyland Slim. Thomas a une très belle voix. Il la met en valeur sur le délicat "If my luck don't change", un morceau au cours duquel le champ libre est laissé au sax ténor de John. Mais son intervention est aussitôt suivie par de celle de son frère à la trompette. Un bottleneck acoustique colore bien l’ensemble, alors que l'harmonica sort enfin de sa réserve. Excellent! "Break it to me easy" est un tout bon slow blues que prélude les accords d’une six cordes inspirés par le grand BB King. On est plongé au sein d’une délicieuse ambiance fin de soirée. Les cuivres tapissent discrètement l'ensemble. Disciple de Ronnie Earl (NDR : un concitoyen), Nick Adams s’autorise un envol tout en nuances sur sa gratte. Nous sommes alors immergés dans l'ambiance des meilleurs moments de Roomful of Blues. "Dance with your daddy" réactive le rythme. Une invitation à la danse plus proche du style des Fabulous Thunderbirds de Kim Wilson. Ravi, Racky souffle de bonheur dans son harmonica tandis que Nick sculpte son instrument en rythmique, à la manière d'un certain Jimmie Vaughan. "Goin' away baby" opère un changement radical. Un country blues acoustique qui barbote dans le Delta du Mississippi. La palette sonore de cet opus est très ample. Et le "Junker's blues" de Champion Jack Dupree en est une autre illustration. Racky a parfaitement assimilé le style vocal de l'ancien champion de boxe néo-orléanais pendant que McCabe se révèle impérial sur les ivoires. Un duo magique ! Les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans envahissent "She's all right". Avery excelle derrière ses fûts. Retour à Chicago pour une reprise empreinte de douceur du "Louise" de Howlin' Wolf. Racky se force un peu la voix tandis que Nick se prend pour Hubert Sumlin. Instrumental, "Racketeering" est un terreau favorable aux échanges entre les cordes et l'harmonica. Adams est passé à la slide, lors de cover irréprochable du célèbre "Honey bee" de Muddy Waters. Largement cuivré, le titre maître est imprimé sur un tempo vivace, un morceau au cours duquel McCabe en profite pour sortir en boogie woogie. L’album s’achève par le "Ride with your daddy tonight" de Slim Harpo, une excellente cover qui ponctue un elpee très bien ficelé et particulièrement plaisant…

Piwiz Trio

Piwiz Trio

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Alors là, pour une surprise, c’est une surprise…

Un album tout à fait hors du commun, indéfinissable. Rien à voir avec la chanson française proprement dite, ce projet réunit le pianiste Pirly Zurstrassen, le guitariste Jacques Pirotton et la chanteuse Barbara Wiernik.

Un concept mi-classique, mi-jazz, traversé épisodiquement de paroles ou de ‘chabadabada’ et incluant quelques morceaux totalement instrumentaux.

On reste sans voix (comme Barbara dans quelques titres) face à une telle production. Propice à la méditation, ce ‘voyage musical’ est une invitation au calme, à la relaxation. Un opus destiné aux amateurs du genre… et aux curieux…

 

Obits

I Blame you

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Chez Obits on retrouve plusieurs vétérans de la scène rock indépendante américaine ; et en particulier le chanteur/guitariste Rick Froberg (NDR: ex-Pitchfork, Drive Like Jehu et Hot Snakes) le guitariste Sohrab Habibion (NDR: ex-Edsel) et le drummer Scott Gursky (NDR: également impliqué au sein de Shortstack). Greg Simpson, le bassiste, complétant le line up.

Fondé en 2006 à Brooklyn, la formation vient donc d’enregistrer son premier elpee. Un disque découpé en 12 morceaux qui font la part belle aux guitares. Encore que régulièrement, la ligne de basse ondulatoire, pulsante (NDR : sur le morceau d’entrée, « Widow of my dreams », on a parfois l’impression d’entendre le doigté de Waters sculptant « Lucifer Sam ») confère une coloration plus souple aux compos. Duales, les six cordes réverbèrent des sonorités tour à tour caustiques, furieuses, vibrantes, effilées, urgentes sur un tempo solide, implacable, parfois tribal. Punk, rockabilly, surf, garage, power pop et blues alimentent cette solution sonore abrasée par les vocaux décapants de Froberg, dont les lyrics cyniques, malveillants accentuent cette sensation de sauvagerie et de menace. Deux exceptions confirment la règle. Tout d’abord « Run », une plage dont la frénésie est largement atténuée par le timbre diaphane quoique sinistre d’Habibion, alors préposé aux vocaux. Et puis en final « Back and Forth », une ballade mid tempo dont le refrain hymnique évoque les Stones de la mi-sixties. L’opus recèle, en outre, une cover de Kokomo Arnold. Intitulé « Milk cow blues », ce standard des années 30, avait été déjà été repris en son temps par Elvis Presley et Aerosmith. Mais cette version déchiquetée, reptilienne, est digne de Radio Birdman. Et puis si vous aimez les références, chez Obits, on retrouve l’une ou l’autre trace des Pixies, de Dick Dale, de Gun Club, de Sonic Youth, de Mission of Burma, des Sonics, et la liste est loin d’être exhaustive. Bref, cet opus devrait plaire à celles et ceux qui se branchent exclusivement sur l’intensité électrique alternative… mais mélodique…

The New York Dolls

Coz I Sez So

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Le retour des New York Dolls, initié par Morrissey en 2006, constituait un affront pour de nombreux fans des premières heures. Quelle idée pour un groupe de glam-punk de se reformer ! Les concerts accordés par la suite avaient néanmoins prouvé que la bande à David Johansen et Sylvain Sylvain méritait cet inattendu come-back. L’album qui avait suivi la tournée (« One Day It Will Please Us Remeber Even This ») était cependant à la hauteur des attentes sans être inoubliable. Mais difficile de passer outre des ‘défections’ successives de trois membre du groupe : Johnny Thunders (NDR : mort en 2001 dans de troubles circonstances), Athur ‘Killer’ Kane (NDR : décédé en 2004 suite à une leucémie foudroyante) et Jerry Nolan (NDR : disparu en 1992). 

Malgré la longévité du groupe, « Cause I Sez So » constitue seulement le 4ème elpee des New-York Dolls, depuis 1973. Il vrai que le combo s’est séparé pendant plus de 28 ans (NDR : de 1976 à 2004 !) Produit par Todd Rundgren qui avait également mis en forme leur premier long playing, « Cause I Sez So » contient d’ailleurs une nouvelle version de « Trash » (NDR : en reggae), titre qui figurait déjà sur ce disque. Et il s’agit d’un des meilleurs morceaux de l’album. Pas forcément un bon signe ! La première écoute ne laisse pas de souvenir impérissable, mais passe honnêtement la rampe ; même si parmi les 12 morceaux du tracklisting, certains ne semblent pas toujours très inspirés. A l’instar du titre maître qui ouvre l’opus. Du rock d’un autre âge maladroitement remis au goût du jour. Et si les influences sont respectables, oscillant souvent entre les Who et les Stones, les mélodies sont trop souvent cadavériques. Tout n’est cependant pas à jeter. Et je pense tout particulièrement à « Temptation To Exist », véritable (petit) sommet de l’album. Une chanson que n’auraient pas reniée Nick Cave et ses Bad Seeds. Et puis « Better Than You », une bal(l)ade qui mérite également le détour. Un maigre bilan pour des compositeurs de la trempe de Sylvain et Johansen. Une question me traverse d’ailleurs l’esprit : Johnny Thunders était-il le véritable génie du groupe ? 

Les fans seront probablement déçus. Le reste du public difficilement convaincu. Un retour en demi-teinte pour un groupe qui aurait gagné à se limiter à ses deux mythiques premiers albums ! D’ailleurs soyons réalistes, le groupe n’atteindra plus jamais la dimension de ses débuts. Notamment sur disque. Mais restons positifs ! C’est une bonne nouvelle en soit que des cinquantenaires comme les musiciens des New York Dolls puissent encore injecter une bonne dose d’esprit rock n’roll malsain dans un univers musical contemporain un peu trop formaté…

 

My Latest Novel

Death and Entrances

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My Latest Novel avait surpris en 2006, en concoctant un bel album indie, lyrique et déconstruit à souhait, que l’incroyable morceau « When we were wolves » élevait vers les cimes. La suite est moins heureuse pour « Death and Entrances ». Rien ne manque pourtant à l’appel ; le timbre profond qui rappelle Matt Berninger (The National), les nappes embrumées, un violon langoureux et ces chœurs en crescendo qui font les merveilles d’Arcade Fire. Malheureusement, ici la grandiloquence ne prend pas son envol. Beaucoup de bruit pour rien. C’est toujours quelque part trop ou trop peu. La voix trop émo, le son trop saturé, la ballade trop lente, les chœurs trop poussés. Ca sonne faussement romantique. On se délaye dans l’attente de quelque chose qui n’aboutit jamais. L’ennui prend le pas et c’est irrécupérable.

 

Hugh Masekela

Phola

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Pour célébrer son 70ème anniversaire, le trompettiste sud-africain s’est efforcé de composer de la musique pour ‘guérir et se sentir bien’. Un 35ème album concocté sous la houlette du producteur Erik Paliani et dont le titre est judicieux, puisque « Phola » signifie guérir. L’ambiance est au calme et à la simplicité alors que le swing oscille entre funk et jazz de salon. Hugh délaisse souvent son bugle pour pousser la chansonnette sur des titres doux-amers qui ne manquent pas de charme, comme « Ghana », « Sonnyboy » ou encore « Bring It Back Home ». Les fans de jazz sans concession risquent sûrement de faire la fine bouche devant ces titres qui lorgnent beaucoup vers la variété et les musiques africaines. Les autres apprécieront les quelques mélodies satinées qui ponctuent le disque (« Mwanayu Wakula », « Malungelo »). « Phola » n’est sûrement pas un chef d’œuvre mais ces neuf titres se révèlent être d’agréables moments musicaux, des petites oasis de calme. Une partie de la mission de départ (‘guérir et se sentir bien’) semble donc atteinte. Ce n’est déjà pas si mal !

 

Barbeque Bob Maglinte

Live at the Waterfront

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Chanteur/harmoniciste, Bob Maglinte vit à Boston. Atteint d’une grave affection hépatique, il a subi une transplantation d'organe, il y a peu ; et apparemment cette opération a entièrement réussi, puisqu’il semble avoir retrouvé un dynamisme nouveau. Ce jeune vétéran a joué en compagnie de bluesmen aussi notoires que Jimmy Rogers, Sunnyland Slim, Luther ‘Guitar Junior’ Johnson ou encore Louisiana Red. Dans le passé, il a milité dans plusieurs groupes locaux comme le Bobby Watson Band, Blues Express et Two Bones & A Pick. Comme souffleur, il reconnaît pour influences majeures des mythes tels que Little Walter, Sonny Boy Williamson, James Cotton et Walter Horton. C’est également l'ami de Jerry Portnoy, un concitoyen impliqué naguère au sein du Muddy Waters Band. Boston est également célèbre pour ses harmonicistes. Une réputation assise par des souffleurs comme Jerry, Magic Dick, Annie Raines, Sugar Ray Norcia et… Bob. Qui se produit sur les planches depuis 1973 et drive depuis longtemps sa propre formation : les Rythm Aces. En 1992, il avait décroché le Boston Blues Challenge.

Cet elpee a été enregistré ‘live’, en 1995. Au festival Waterfront de Providence, à Rhode Island. Il vient seulement de sortir. Bob est soutenu par un trio de musiciens dont l'excellent (et alors prometteur) Troy Goynea (futur Fabulous Thunderbirds) à la guitare, Gary Burgin à la contrebasse et Dan Bunge à la batterie.

Dès le morceau d’ouverture, "Chrono jump", Maglinte se révèle impressionnant sur l'instrument chromatique. Il me rappelle même le regretté William Clarke, au sommet de son art. Son jeu est à la fois fin, délicat, incisif et puissant. La prise de son est impeccable. Bob chante "Honey". Son timbre me rappelle le grand Kim Wilson. Un compliment, vous vous en doutez. L’équipe est homogène. Le jeune Gonyea y étale tout son talent. Et on se rend compte qu’il a bien assimilé le style des grands de la West Coast. Entièrement conquis, Maglinte le suit pour rejoindre les sommets. Et un pic est d'ailleurs atteint lors du "Same old blues" de Little Milton, une compo dont le traitement énergique est accentué par un tempo soutenu, réminiscent du Chicago westside sound de Magic Sam. Troy s’y révèle impérial. Son intervention est remarquable. Et c’est dans ce style qu’il va briller, quelques années plus tard, au sein des Fabulous Thunderbirds. Le set embraie par "Walk with my baby" sur un rythme très New Orleans, subtilement exotique, contaminé par la rumba. A cet instant du show, les musiciens sont chauds comme la braise. Leur version accélérée du "Goin' down slow" de St Louis Jimmy Oden décoiffe littéralement. Habituellement traitée sous la forme d’un blues lent, cette compo génère un swing omniprésent ; en outre, la lutte fraternelle livrée entre Troy et Bob est sidérante. Lorsque Maglinte a composé "Tramp groovin", il était hanté par le classique "Tramp". Il le mijote à sa sauce. Son intervention est inspirée de Georges ‘Harmonica’ Smith mais aussi du saxophoniste Junior Walker. Troy sature l’ensemble de groove ; un groove dispensé dans l’esprit de Magic Sam Maghett. Signé Sonny Boy Williamson II, "Sad to be alone" est un slow blues au cours duquel Bob souffle dans les aigus à la manière de son maître. Les Rhythm Aces embraient par "Love you baby" et "Loner". Cette dernière plage déménage littéralement. Et pour cause, pendant que la rythmique adopte un profil familier à Jimmy Reed, Troy se met dans la peau d'Eddie Taylor! Lors de la cover du "Beautician blues" de Roy Brown, c’est Gonyea qui cherche à réincarner Johnny Guitar Watson. Le titre final est particulièrement long. Intitulé "Shufflin", il s’étale sur près de 12', un morceau au cours duquel Bob nous réserve un long exploit instrumental sur sa musique à bouche, une performance susceptible de rappeler celle de son concitoyen Magic Dick, du J Geils Band, dans son "Whammer Jammer". Un excellent concert, impeccablement restitué sur ce cd…

 

Magic Arm

Make Lists Do Something

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C’est sous le pseudonyme de Magic Arm que le troubadour électro-folk, Mark Rigelsford nous propose son premier elpee. Mark serait-il un débutant ? Difficile à croire, tant sa maîtrise est manifeste dès les premières notes de la plaque. Il est quasiment impossible qu’une musique aussi aboutie et indépendante d’évidentes influences soit l’œuvre d’un novice ! Notre alchimiste, à l’image de Beck ou du Beta Band, se balade aisément entre le rock, le folk ou l’électro foutraque tout au long des 12 morceaux de ce « Make Lists Do Something »

Magic Arm est né à Rustington dans le Sussex mais habite aujourd’hui à Manchester. Certains ports d’attache ne trompent pas ! L’artiste déclare avoir commencé à composer afin d’aider un ami à la recherche d’une bande son pour son film. Il cite Gwen Stefani, Dizzie Rascal, Peaches et Gnarls Barkley comme influences majeures ; mais sa musique évolue habilement entre celles de Richard Swift, Beck et Iron & Wine ! Un bémol ? Son timbre vocal un peu limite. Mais Mark compense cette lacune par une créativité constante.

Parmi les plages les plus créatives, j’épinglerai le très paisible « Outdoor Games » et l’instrumental « The Coach House ». Les pieds dans la bonne humeur… et la tête l’obscurité. Car si chaque compo nous transporte dans un petit univers personnel, elles reflètent également l’esprit un peu torturé de l’artiste. Surtout à cause des lyrics qui révèlent leur part d’ombre : ‘Inside everyone, I hear the end, and that’s ominous’ sur « Bootsy Bootsy », encore une excellente composition, très proche du Beck d’« Odelay », paradoxalement à la fois dansante et amusante. La comparaison avec Gnarls Barkley est peut-être à chercher de ce côté, d’ailleurs. Si la reprise du « Daft Punk Is Playing At My House » des LCD Soundsystem est un peu mollassonne, celle du « Six Cold Feet Of Ground » de Leroy Carr (NDR : un bluesman !) baigne dans un climat mélancolique, désespéré, mais surtout est très réussie.

Peu de déchets sur cet elpee. Publié sur Switchflicker, le label des Ting Tings, ce disque concocté par un artiste en devenir est à découvrir absolument. Un nouveau songwriter de talent vient probablement de naître ; mais rencontrera-t-il le même succès que ses compagnons d’écurie ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

 

Lunabee

Prenez garde aux flots bleus

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Ils sont cinq : Lunabee (NDR : ben oui, ce n’est pas que le nom du groupe), Pacale Vervloet, Pierre Vervloesem, Pierre Louis, Brigitte Thiriart et Thierry Mondelaers. Italiens, Anglais, Australiens ??? Non !!!… Des patronymes pareils, ça ne vous dit rien ? Et oui, évidemment, ils sont belges.

Seule au départ avec ses claviers et ses envies électroniques, Lunabee s’amuse en samplant et en produisant des sons bizarres comme elle les qualifie. Elle compose quelques chansons, s’essaie à les chanter mais très insatisfaite du résultat, décide de ne plus la jouer perso et s’entoure de quelques comparses.

Sur ses musiques, Pierre et Brigitte ajoutent leurs textes. Rarement belles, de temps en temps drôles mais très (trop) souvent glauques, les paroles sont tristes, noires, désespérantes. Un assemblage original… si l’on aime le genre ; mais un peu lugubre, caustique et parfois avec un goût ‘chargé’ !

La voix n’est plus celle de Lunabee, mais de Pascale. Une voix fluette, enfantine, pure, cristalline qui tente de porter à bout de bras les compositions de la formation. Découpé en quinze titres, l’album est assez inégal. Le meilleur (« Les rats », « Poupée de chair », « Un petit peu ») côtoie le pire (« Quand maman n’est pas là » et… les onze autres).

Les lyrics sont souvent à prendre au second degré, voire même davantage. Poelvoorde fait rire ou sourire dans « C’est arrivé près de chez vous ». Lunabee s’essaie dans un style très proche ; mais hélas, le glauque reste glauque et les musiques répétitives et ‘dépressives’ finissent par lasser. Et là, on ne rit plus du tout. On déprime, on se retrouve dans les pages de faits divers des journaux à sensation. Bref, en un mot, on s’ennuie. Alors je dis ‘Stop’ !!!

Trois morceaux sur quinze, c’est un peu maigre pour se satisfaire d’un premier essai. A revoir… sachant que ce premier Cd date déjà de 2005 et qu’il contient malgré tout trois titres de bonne facture.

Cependant, une lueur d’espoir pointe à l’horizon. ‘Coupable’ d’une reprise heureuse du « Nationale 7 » de Charles Trenet, le combo belge a eu sa minute de gloire dans la revue des Inrockuptibles de juillet 2008. Amplement méritée, cette récompense devrait donner des envies plus ‘dansantes’ à Lunabee. On attend la suite, et surtout des flots bleus...

 

Emmanuel Louis

Play some music about your garden

Écrit par

- Salut p’pa, t’écoutes quoi ?

- Un truc que je ne connais pas du tout, c’est belge.

- Spécial, non ?

- Oui, j’avoue que ça sort de l’ordinaire

- Mais ils chantent en français ou en anglais ?

- Les deux, quelques-unes dans chaque langue et même quelques morceaux instrumentaux.

- Mouais ! Mais leur style, c’est quoi exactement ?

- Folk, jazz, un peu de musique de chambre, un mélange de plusieurs courants. Ils la définissent eux-mêmes comme du ‘progressif acoustique’ ou de la ‘musique de jardin’

- Mmmm. Je pige pas trop. Mais tu sais à quoi ça me fait penser ?

- Non, dis pour voir.

- ‘Alice au Pays des merveilles’. Les textes sont vraiment ressemblants. On s’attend à voir arriver le Lapin blanc à tout moment ! C’est trop bizarre !

- C’est vrai que c’est assez original, j’avoue.

- Original ? C’est peu dire. Et ils sortent d’où ces gars ?

- De Liège. Emmanuel Louis, chanteur et guitariste, âme du groupe. L’accompagnent une flûtiste, un violoniste et un joueur de cello.

- Cello, kekséksa ?

- Un violoncelle. A quatre on obtient un quatuor. Ici en l’occurrence, à cordes, comme les petits orchestres de musique de chambre.

- Ok. En tout cas, on risque pas d’entendre ça à la radio hein !

- Vrai, c’est pas un style très ‘écoutable’ comme dirait l’autre.

- Tu m’étonnes… Ça fait 10 minutes que je suis là avec toi et je commence à fatiguer.

- T’es pas très patiente. Si ça ne bouge pas, tu trouves tout de suite ça nul.

- Tu m’diras quand-même pas que toi tu aimes !!!

- Heu… J’peux pas vraiment dire que j’aime. Mais ça a le mérite de surprendre.

- Bon ben j’te laisse à tes surprises, moi j’en ai assez entendu. Et pour ta critique, personnellement, j’irais pas plus haut que 1. Et c’est bien payé…

- Ah là, tu es dure. Et la créativité, tu en fais quoi, tu oublies ? Tu ne trouves pas qu’il y a de la recherche ? Chanter le jardin, la nature, les papillons, les poissons rouges et puis courir les pieds nus dans l’herbe, c’est pas joli tout ça ?

- Ok ok, l’intention est bonne, originale, tout ce que tu voudras. Mais tout ça ne fait pas un bon disque. La musique est lente, trop axée sur le classique, mièvre, manquant de rythme. Tu m’excuseras mais non, j’aime pas trop. Mais bon, chacun ses goûts comme on dit. Y’en aura toujours un pour aimer. Et puis quand on voit le logo de la Communauté française au verso de la pochette (très belle, elle ma foi), on se dit qu’il y a encore un illuminé au ministère qui a du fumer la moquette pour sponsoriser un truc pareil !

- Oui, finalement tu n’as peut-être pas tout à fait tort. C’est vrai que ce Cd s’adresse à un public un peu spécial, branché musique progressive. J’ai écouté trois fois et j’ai du mal à accrocher.

- A ne pas mettre entre toutes les oreilles donc.

- Exactement !

 

Kartasan

Faces In The Dark (single)

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C’est en 2007 que Jan Vandecasteele décide de réaliser son rêve et se lance dans l’écriture de son premier album. Année également où le chanteur, pianiste, compositeur rencontre Frederik Segers (guitare), Simon Segers (batterie) et Mathias Debusschere (basse et contrebasse) pour former Kartasan.

Suite à une série de concerts rehaussée par le concours d’une impressionnante équipe de cuivres et de cordes, et marquée par la présence exceptionnelle de Jereon Baert (dEUS, Zita Swoon…), le quatuor  gantois décide de rentrer en studio en 2008 pour concocter son premier elpee « Another Profile ». Enregistré à Gand dans le studio ‘On the Moon’, l’album sera ultérieurement mixé par Werner Pensaert (Hooverphonic, Rammstein, K’s Choice…) chez Audioworkx au Pays-Bas et prendra la direction des bacs le 21 septembre 2009.

Le single « Faces in the Dark » présente un titre aux arrangements soignés mais un peu lisses. Malgré la jolie voix du leader, Kartasan nous offre un morceau pop rock classique. Une pop imprégnée d’influences jazz qui manque cruellement de caractère.

Grâce à un imposant casting de musiciens, l’enregistrement du premier elpee de la formation gantoise s’étoffe d’une section de cuivres (The Killer Horns, Marc De Maeseneer…) et de cordes (Paul Klinck, Jeroen Baert…) Ajoutons-y un nombre important d’instruments (contrebasses, orgue Hammond, banjo, percussions) et « Another Profile » devrait se revêtir de couleurs chatoyantes et faire oublier le bien trop pâle « Faces in The Dark ».        

 

Fractional

Still Life ? (Ep)

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Parfois, l’entraide au sein d’un magazine est nécessaire, surtout lorsque l’on doute sur l’identité sexuelle d’un artiste. C’est le cas chez Fractional qui se décline sous le patronyme d’Eugénie sur son site internet, alors qu’en réalité, il s’agit d’un Liégeois répondant au nom de Pierre Rémy. S’il s’agit d’une technique médiatique afin de susciter l’intérêt, il faut reconnaître que ça marche !

Penchons-nous maintenant sur le style musical que l’homme issu de la Cité Ardente qualifie de ‘gothic erotica’. Ne nous attardons cependant pas trop sur le graphisme de la pochette de son nouvel Ep, « Still Life ? ». Une image rebutante qui nous donnerait envie de passer son chemin. Or, après avoir écouté les quatre titres de ce disque, on se rend compte que Pierrot le Fou est un artiste fort créatif. Les sonorités synthétiques libérées sur ce disque sont très aventureuses, mais s’écoutent assez facilement. Et les beats à la fois ténébreux, énervés et astucieux évoluent au sein d’un univers sis quelque part entre drum’n bass et indus. Un univers bien personnel au sein duquel, il faut le reconnaître, Fractional excelle…

 

Eve-r

Organique

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« Organique » est le titre du premier album d’un trio strasbourgeois pour l’instant inconnu au bataillon… Mais cette situation ne saurait durer. 

Figure principale d’Eve-r, Céline Clerget, la voix du groupe est également auteur, compositeur et pianiste dans le quatuor. Ses acolytes, Nicolas Klinghammer à la basse et Bastiaan Sluis aux percussions sont issus de la scène rock (NDR : très active) qui sévit à l’est de la France. Pour enregistrer cet elpee, le combo a reçu la collaboration de Marie Longenfeld et Laurent Signolet qui soulignent élégamment le rock d’Eve-r d’une présence discrète mais néanmoins remarquée au violon et violoncelle.

Rock ? Oui, résolument. Mais un rock élégant et tout en finesse. Ce qui n’empêche pas une approche dynamique et bien ‘carrée’. S’appuyant sur une percussion puissante mais jamais envahissante, le tempo est soutenu. Les guitares, toutes les cordes –violon et violoncelle compris– sont bien présentes et apportent une touche très personnelle à l’album.

Le disque s’ouvre par « Ça te passera », une excellente mise en bouche au refrain accrocheur et facilement mémorisable.

Le titre maître est de la même veine. Un texte qui de façon très posée, très accessible nous renvoie aux problèmes des grandes cités.

« Belle de nuit » et ses carillons calment un peu les ardeurs tout en restant dans la lignée des morceaux qui le précèdent.

La suite de l’album qui en comporte dix au total est du même acabit. Une alternance de titres bien balancés (NDR : outre les précités, « Boucle d’or », « Dans mes gènes », « A l’envers »), et quelques ballades plus raffinées dont « Belle de nuit », « Descendre », « Instant Love » (NDR : vraiment excellent) et « Je me manque ».

Cependant, un titre s’impose : « Les remparts ». Texte ‘puissant’, qui nous parle sans concession de la violence dans le couple mais de jamais de façon vulgaire. Le tout sur un rythme qui nous rappelle un peu les chansons engagées des Cranberries.

En conclusion, un album frais aux musiques soignées pour une formation à découvrir ou si vous préférez, une révélation. A écouter d’urgence !

 

The Church

Untitled #23

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Lorsqu’on évoque The Church, on pense immédiatement au hit single, paru en 1988, « Under the milky way ». Et pourtant, cette formation issue de Canberra, en Australie, possède une toute autre carte de visite. Elle fêtera d’ailleurs son trentième anniversaire l’an prochain et compte à ce jour… 23 elpees studio à son actif. Ce qui explique le titre de leur nouvel opus. En outre, trois des membres fondateurs sont toujours au poste, c’est-à-dire Steve Kilbey, Marty Willson-Piper et Peter Koppes. New wave à l’origine, leur style a glissé peu à peu vers le psychédélisme avant de se fixer dans une forme de prog atmosphérique. Un écart de conduite : « Parallel Universes », une double compilation consacrée à des remixes et destinée à la piste de danse…

Mais venons-en au dernier long playing. Très riche, luxuriant même. Pour vous faire une petite idée, mettez dans un shaker des doses identiques de Barclay James Harvest (NDR : des débuts), de Beatles circa « Magical Mystery Tour », de Luna, de Mercury Rev, de Sophia, de Coldplay, de Bowie originel (NDR : pensez à « Space Oddity ») et de Pink Floyd post « Dark side of the Moon ». Secouez bien fort, puis vérifiez le résultat. Il reste encore des grumeaux. Passez le tout à la moulinette jusqu’au moment où la solution sonore deviendra parfaitement onctueuse. Parfumez le tout de mélancolie douce et vous obtiendrez une solution sonore proche de cet « Untitled #23 ». Un disque partagé en 10 morceaux dont la durée oscille entre 4 et 5 minutes.

Les chansons sont mélodieuses, mais aussi majestueuses. Une texture tramée par une foultitude d’instruments dont le mellotron, les pianos, les harpes, les violoncelles et tutti quanti. Les échanges opérés entre Marty et Peter aux six cordes (aussi bien électriques qu’acoustiques) sont toujours aussi magiques. Chatoyantes, scintillantes et bringuebalantes, ces sonorités de guitares sont cependant fluidifiées de claviers éthérés (NDR : plus présents sur cet album). Steve continue de chanter d’un timbre velouté, envoûtant, ses lyrics empreints de poésie, presque spirituels, souvent obscurs. Enfin, lorsque les vocaux se conjuguent en harmonie, ils sont absolument superbes. Un titre s’écarte cependant de cette règle, « Space saviour » ; pour ma part le sommet de l’elpee. Imprimé sur un mid tempo vivace, il est construit sur un crescendo épique, à la manière de « Heroin » du Velvet Underground, et baigne dans des claviers vintage. Bref, un superbe album, mais pas du tout dans l’air du temps…

 

Chrome Hoof

Pre-emtive False Capture

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Chez les métalleux, on connaît très bien Leo Smee, puisqu’il est le bassiste de Cathedral, le  groupe Doom Métal anglais le plus célèbre après Black Sabbath. Par contre, son frère Milo jouit d’une moins grande notoriété. Drummer, il est davantage porté sur le Hip Hop, l’Acid House et le Disco que sur la lourdeur pachydermique de la musique de son frangin. C’est en 2000, probablement lors d’une fête de famille un peu trop arrosée, que les deux rejetons du père Smee décident d’associer leurs styles de prédilection (le doom et le disco) pour essayer de créer un mix sortant des sentiers battus. Oui, je sais, moi aussi, le résultat m’a un peu retourné l’estomac au départ. L’idée d’associer Black Sabbath et Boney M. peut donner la nausée aux plus endurcis. Pourtant, force est d’admettre, à l’écoute de « Pre-emptive False Capture », que la mixture n’est pas aussi nauséabonde qu’il y paraît. Le duo de départ s’est un peu étoffé durant les 7 premières années d’existence de Chrome Hoof et ce n’est pas moins de huit musiciens qui sont venus ajouter leur talent à l’incroyable aventure musicale des frères Smee. Brassez basse, batterie, trompette, saxophone, claviers, basson, violon, violoncelle, percussions, guitares, vocaux féminins et masculins variés, samples et une bonne dose de folie et vous obtiendrez cet album hautement indescriptible mais tout à fait recommandable.

Dès « Nordic Curse », le titre d’introduction, on sait que l’on ne va pas s’ennuyer. Des guitares lourdes et des chœurs barbares se fondent ensuite dans une ligne de basse disco et des claviers spatiaux. On ne sait plus s’il faut danser, headbanger ou rigoler. Le chant est principalement féminin, mais ne fait pas pour autant dans la dentelle. Sur « Circus 9000 » les vocaux déjantés et les cuivres barrés ‘ambiance musique de cirque’ font immanquablement penser au premier album de Mr Bungle. Le style outrageant de Mike Patton plane d’ailleurs beaucoup sur « Pre-emptive False Capture ». « Moss Covered Obelisk » s’ouvre par de la musique de chambre (NDR : un quatuor à cordes), vire au jazz rock truffé de cuivres dissonants, passe par la violence d’une guitare presque punk avant de revenir au jazz, le tout en à peine 4 minutes. Décoiffant ! Sur « Death is Certain » nous sommes carrément en présence de doom death metal. Chrome Hoof mélange ‘à sa sauce’ tous les styles musicaux et arrive pourtant à garder une étonnante homogénéité. Pour coller une image à leur musique, les Londoniens apparaissent sur la pochette dans un accoutrement mélangeant les styles du chanteur de Boney M à celui des « Cochons dans l’espace » du Muppet Show.

Chrome Hoof est un groupe unique. Une expérience à part. La preuve que la musique est universelle et qu’avec du talent, tous les brassages sont possibles. « Pre-emptive False Capture » est un disque à écouter l’esprit ouvert et dans la bonne humeur.

 

Axwell, Ingrosso, Angello, Laidback Luke feat Deborah Cox

Leave The World Behind

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Est-il vraiment utile de s’attarder sur un tel single ? Qui ne vaut pas tripette. Même s’il s’agit d’un tube qui cartonne sur les dance-floors. Ce « Leave The World Behind » mériterait bien qu’on lui colle une étiquette de ‘looser’. Une étiquette que les responsables de cette grosse daube méritent assurément, même s’il s’agit d’une équipe de producteurs. Pas étonnant quand on sait qu’elle réunit Axwell, Ingrosso, Angello et Laidback Luke, c'est-à-dire des suiveurs mal inspirés qui ne jurent que par David Guetta ou encore Bob Sinclar. Comment ne pas avoir les pieds de plomb après avoir écouté ce hit imprimé sur des beats déplorables et altéré par des claviers infects? Un morceau destiné aux soirées ringardes où minettes et pseudo playboys s’agitent prétentieusement. Et ce n’est pas le timbre de voix catastrophique de la Canadienne Deborah Cox qui risque de limiter les dégâts. Bref, on est ici en présence d’un exemple de la pire électro qui puisse exister !