Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Rachel Goswell

Waves are universal

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Parfaite inconnue pour bon nombre de continentaux, Rachel Goswell n'est pourtant pas une nouvelle venue sur la vaste scène anglo-saxonne de ce début de siècle. Chanteuse du groupe Slowdive au début des années nonante, elle fonda Mojave3 en compagnie de deux autres membres de cette première incarnation. Et ensemble, ils ont déjà 4 albums à leur actif. Au fil de ces années, Rachel a accumulé des créations personnelles au point de se lancer, enfin, dans l'aventure d'un CD en solo, sans pour autant remettre en question l'existence de son groupe, qui planche déjà sur le cinquième opus. Rachel pratique un folk-rock parfois teinté des couleurs du terroir. Ses affinités et la qualité de ses chansons la situent dans la même pension de famille que Joan Amartrading, Tracy Chapman ou un Cat Stevens féminin. Sans jamais trop en faire, Rachel propose une douzaine de chansons attachantes, souvent intimistes et acoustiques. Elles sont agrémentées, ici d'un break celtique, là d'une percussion ethnique ou d'un banjo... Et sur deux titres ('No Substitute' et surtout 'Save Yourself') elle adopte ce son un peu crade typé 'grange' (rien à voir avec grunge) et les guitares saturées chères à Neil Young. La voix de Rachel est un délice de douceur friable et la production, soucieuse du détail, emballe avantageusement la matière organique sans la dénaturer. Certaines parties vocales, par exemple, ont été diffusées dans une grotte pour y être réenregistrées afin d'obtenir un écho naturel. Cet album est donc loin d'être un gadget nombriliste. Inspiration, sensibilité et maturité s'y côtoient au point que plus de la moitié des titres pourraient faire une carrière radiophonique fort honorable. On ne peut que lui souhaiter de faire des vagues…

Gravenhurst

Flashlight Seasons

Du folk crépusculaire et cotonneux, d’une beauté sourde, presque gothique : Gravenhurst, alias Nick Talbot, rappelle l’époque où John Martyn, Bert Jansch et Colin Blunstone traduisaient notre mal être en quelques notes balayées par le vent, s’accrochant tant bien que mal aux branches pourries de nos incertitudes. Le cœur fragile et les doigts bleuis par le froid hivernal, ces ménestrels d’une cause perdue (l’amour, l’espoir, la vie) charriaient avec eux leur lot de malheurs, mais ne baissaient jamais vraiment la garde : il fallait se battre, coûte que coûte, contre ses propres fantômes. Gravenhurst est le fils cadet de cette lignée de songwriters, dépressifs mais en quête d’absolu. Que son disque (le deuxième) sorte sur Warp, label parangon de l’électro nineties (Aphex Twin, Autechre, Sqaurepusher,…), prouve que sa musique dépasse tous les clivages… tellement elle est puissante. Mâtiné en ses coins obscurs de nappes ambient et d’arpèges sibyllins (= post-rock bristolien), ce folk lunaire, comme en apesanteur, sonne quasi comme une prière. En cela « Flashlight Seasons » est notre nouvelle église : nous en serons à jamais les fidèles, délivrés de tout mal. Amen.

The Great Crusades

Welcome to the Hiawatha Inn

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“Welcome to the Hiawatha Inn” constitue déjà le quatrième opus de ce quatuor issu de Champaign, dans l’Illinois. Une formation fondée sur les cendres du groupe The Suede Chain. Ce qui ne doit pas beaucoup vous aider. Et moi non plus. Brian Krumm en est le chanteur et le lyriciste. Son timbre vocal éraillé, rocailleux, unique en son genre, a été qualifié par le magazine Rolling Stone d’enfant naturel de Tom Waits et d’Axl Rose. Et de cette voix graveleuse, il conte des histoires spirituelles (NDR : qui a dit spiritueuses ?) et dérangeantes qui parlent de cimetières, d’amour, de trahison et de bière (NDR : fameux cocktail !). Pour vous donner une petite idée du style pratiqué par The Great Crusades, imaginez une rencontre entre Disneyland After Dark et Bruce Springsteen, renforcée ponctuellement par la présence de Neil Young, Gallon Drunk, Jayhawks, Leon Redbone, Morphine, Richard Thompson, Tea Party, Nick Cave ou Replacements. Autrement dit du folk/punk/country/blues/rock qui n’exclut aucune influence extérieure. Une instrumentation basique enrichie épisodiquement par un banjo, un violon, un harmonica, un orgue ou un violoncelle. Il en émane une énergie âpre, perturbante entretenue par des guitares torturées, distordues, parfois aux sonorités inhabituelles. Pour enregistrer cet elpee, le combo a notamment reçu le concours de Blaise Barton et de Brian Leach. Respectivement à la console et au mixing. Pas n’importe qui, puisque si le premier s’est forgé une carte de visite en travaillant pour Bob Dylan et Liz Phair, le second possède une solide réputation comme écrivain. Pour la circonstance, cet ami de longue date n’a pas prêté sa plume, mais outre la mise en forme, joué un peu de six cordes, de claviers et de backing vocaux. Un seul raté sur l’opus, « Elizabeth », un slow ringard à la sauce Scorpions. Une exception qui confirme la règle, si vous préférez. Bref, un chouette album qui mériterait un prolongement sur les planches. D’autant que d’après les infos recueillies, leurs prestations scéniques seraient dévastatrices…

Great Lake Swimmers

Great lake swimmers

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Great Lake Swimmers est avant tout le projet d’un seul homme: Tony Dekker. Un chanteur/compositeur/multi-instrumentiste canadien (NDR : de Toronto, très exactement), dont le premier elpee, éponyme, a été enregistré dans un silo abandonné, près de Port Colborne. Un disque pour lequel il a quand même reçu le concours de l’ingénieur du son Victor Szabo. A l’écoute des chansons de cet opus, on a souvent l’impression d’être couché à la belle étoile, dans un sac de couchage, à contempler les astres. Parce que légèrement teintée par quelques accents de piano, d’accordéon, de lap steel, et même fréquentée par des grillons, la musique de G.L.S. opère une symbiose parfaite entre la voix veloutée, délicate, gémissante, légèrement reverb de Tony, et sa six cordes acoustique, tellement fragile et vulnérable. Quelque part entre folk dépouillé et country alternative, ses chansons exhalent une beauté pure. Une beauté poétique, esthétique, lo fi, hantée par les spectres de Wil Oldham, Gordon Lightfoot, Cowboy Junkies (NDR : les deux premiers albums), un Neil Young ‘unplugged’ ou encore feu Nick Drake...

Adam Green

Gemstones

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Mais qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête d’Adam Green pour nous pondre ce « Gemstones » à embarrasser le fan que je suis (ou j’étais) ? Boursouflé, sur-arrangé, multi-instrumenté, ce 3ème album solo de l’ex-leader de The Moldy Peaches décevra tous ceux qui avaient adoré l’amusante légèreté du précédent « Friends of Mine ». Pour un « He’s the Brat » réussi (petit chou à la crème folky), combien d’autres titres aussi lourdingues qu’un merveilleux proposé en fin de repas de communion (« Over the Sunrise », « Down On the Street », « Carolina » et j’en passe). Un vrai gaspillage de notes et d’instrumentations alors qu’Adam Green n’a pourtant rien perdu de son humour décalé (« Choke On a Cock » par exemple, où Bush et Blair sont tournés en dérision). Bon là-dessus je m’en vais recommander à l’ami Adam l’écoute de « Back To Life » du fabuleux conteur Jonathan Richman ou comment allier économie de moyen et magie mélodique.

Al Green

I Can´t Stop

Jusqu'aux dernières nouvelles, Al Green prêchait la parole divine dans son église à Memphis. Depuis ce jour fatidique en 1976 où, touché par le doigt de Dieu, le " soulman " troqua son costume de crooner magnifique pour la soutane, jurant fidélité au Seigneur au grand dam des amateurs de roucoulements funky et de feulements bien moites. Mais on ne change pas un homme, fût-ce même par la foi céleste, surtout s'il s'appelle Al Green et qu'il chante comme un lion en rut. Trente ans plus tard donc, Al Green is back : les femmes peuvent à nouveau s'évanouir, et les hommes passer son nouveau disque pour plus facilement les séduire. Tout est là, certifié d'époque : le producteur (Willie Mitchell), les musiciens, les choristes, et bien sûr l'organe chaud et puissant du révérend ; cette voix à la fois sauvage et câline qui coule comme du miel dans les oreilles. Evidemment, ces violons en cascade, ces cuivres glorieux et cette basse démoniaque n'ont d'autres vertus que donner l'envie de danser ou/et de faire l'amour… C'est pourtant souvent poussif, comme si Al Green - même lui ! - prenait du Viagra (NDR : que Dieu le pardonne !) Al Green a beau sourire comme un beau diable sur la pochette, on reste plutôt de marbre face à ces ululements de vieux crooner sur le retour. En 2004, sa soul sent un peu sous les bras, le genre de tue-l'amour qu'on préfère éviter pour s'emballer des gonzesses.

Green Day

American Idiot

Il est temps, à l’heure des tops de fin d’année et des cadeaux sous la cheminée, de marteler ce constat : Green Day n’est pas ce groupe de punk-rock mainstream prépubère, qui parade sur MTV en faisant des grimaces. Non : la bande à Billie Joe fait partie de ces groupes populaires qui savent trousser de bonnes mélodies pour les « kids », sans tomber dans l’entertainment putassier ; cette entreprise de décervelage marketé, qui brasse beaucoup d’argent mais surtout beaucoup de vide. La preuve par ce septième album, un petit chef-d’œuvre de chansons power pop à écouter en regardant les films de Michael Moore, et sans doute le meilleur disque du trio californien. Le meilleur, parce que le plus ambitieux, le plus éclectique, le plus mélodique, et le plus épique. En avril dernier le magazine Mojo proposait son top 100 des titres les plus épiques de l’histoire du rock : avec « « Jesus of Suburbia » et « Homecoming », 5 mouvements et 9 minutes chacune au compteur, Green Day aurait pu très bien y faire une entrée fracassante, entre le « Paranoid Android » de Radiohead et le « Child in Time » de Deep Purple (cité d’ailleurs pendant « Homecoming », lors d’un fameux roulement de batterie). Deux titres d’une incroyable complexité, cathédrales punk-rock bâties à mains nues sur les cendres d’un Ground Zero socio-politique : l’Amérique de Bush, cette idiote. Parce que ce disque, en plus d’être une arme de destruction massive pour nos tympans et nos a priori à la ‘Basket Case’, se révèle un brûlot anti-Bush des plus intelligents, que n’auraient sans doute pas renié les RATM… En somme une sorte d’opéra-punk (selon les propres dires du groupe) dont l’objectif serait de faire voler en éclats les petites certitudes évangélistes de monsieur le président du monde. Quant aux autres morceaux, ils valent aussi leur lot de saines louanges : des super ballades « Bld of Broken Dreams » et « Wake Me Up When September Ends » aux tubesques « Holiday » et « St. Jimmy » (plus punk, comme avant), « American Idiot » n’en finira pas de surprendre le quidam encore persuadé que Green Day, c’est de la daube de petits cons boutonneux. Un grand disque, qui ébauche plusieurs pistes quant à l’avenir du punk FM de qualité, plus mature et moins poli, bref un peu plus sophistiqué.

Peter Green

Blues don´t change

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Bluesbreaker entre Clapton et Taylor, Peter fut longtemps mon favori. A l’époque où il fonda son groupe, le Fleetwood Mac, il était le meilleur chanteur guitariste de blues blanc. Enfin, c’est mon avis. Trois ans plus tard, il quittait le Mac, navigua quelque temps à vue, avant de sombrer. On le croyait perdu pour la musique et en particulier pour le blues. Enfin, pas tout à fait ; car si lors de ses quelques come-back, il n’était plus que l’ombre du grand qu'il avait été, il faut reconnaître qu’il n’a jamais perdu sa sensibilité et sa capacité à communiquer ses émotions personnelles. Son dernier retour chez le Splinter Group prouve qu'il a été repris en main de manière plus professionnelle. Et son ami Nigel Watson n’est pas étranger à cette situation. J’ignore si Nigel l’a pris sous son aile pour faire revivre musicalement Peter ou s'il exploite un filon lucratif. Une chose est sûre, le Splinter se produit régulièrement et certainement pas pour des cacahuètes. En outre, le contrat qui le lie au label major Eagle semble au beau fixe. Enfin, les albums se succèdent à une telle cadence, qu’il est difficile de s'y retrouver. D’autant plus qu’ils sont parsemés d’une multitude de reprises du mythique Robert Johnson.
 
Enregistré en 2001, cet opus se révèle cependant assez particulier. En fait, les musiciens sont entrés en studio, sans avoir répété et sans s’être souciés de la production, pour signer un hommage aux grands du blues. L'album n’est disponible qu'auprès du site internet du groupe. Un disque que j’apprécie tout particulièrement. La formule est électrique et très naturelle. On a l’impression que le groupe est juste devant vous.
 
L’elpee s’ouvre par "I believe my time ain't long", c'est-à-dire l'arrangement de Jeremy Spencer du "Dust my broom" de Robert Johnson. La version est sympa, mais sans faille. Le piano de Roger Cotton est bien planté dans le décor. Peter chante d'une voix assurée et avec beaucoup de profondeur "Take out some insurance". Peter ne se débrouille pas trop mal à l’harmonica. Le côté laidback et nonchalant de "When it all comes down" est très agréable. Les voix de Peter et Nigel y conversent. L’œuvre épingle inévitablement quelques classiques. Le "Honey bee" de Muddy Waters manifeste beaucoup de présence, de retenue et d'émotion à fleur de peau. Le bottleneck est minimaliste. De sa voix puissante et abrupte Watson chante un "Honey bee" bien plus électrique et agressif. Peter sort ses tripes pour attaquer le "Don't start me talking" de Sonny Boy Williamson. Watson revient chanter "Nobody knows you when you're down and out'. Les interventions au piano et à la basse sont parcimonieuses. Celle de Peter à la guitare, acoustique et judicieuse. Le sommet de l'album est atteint par "Help me through the day", une plage que j’apprécie beaucoup et qui ressemble curieusement au "Thrill is gone" de BB King. La tonalité reverb de la guitare est très reconnaissable. Le chant transpire le vécu. Que le monde est beau ! Peter se met alors à chanter - que dis-je ! - à susurrer "Honest I do" de Jimmy Reed. Très soul, la plage titulaire se démarque de l’ensemble. En finale, "Crawlin' king snake" constitue un hommage à John Lee Hooker, un fragment très roots qui montre beaucoup de respect pour le père de la boogie music. Les admirateurs de Peter Green ne peuvent passer à côté d’un tel opus...

The Gris Gris

The Gris Gris

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The Gris Gris est un trio drivé par le jeune Greg Ashley. Chanteur, guitariste et compositeur, ce Texan vit à Oakland, en Californie. Ce qui explique sans doute pourquoi sa section rythmique est issue de la baie de San Francisco. Une chose est sûre, la musique des Gris Gris est influencée par le psychédélisme. Et en particulier par le 16th Floor Elevators de Rocky Erickson. A cause de ce climat spectral, presque vaudou, qui règne tout au long de cet opus. Et « Best regards » qui tressaille et siffle tel un exorcisme en est la plus belle démonstration. Un climat qu’il parvient à entretenir sur les compositions acoustiques ou semi acoustiques. Un peu à la manière d’un Syd Barrett. A l’instar de « Mary #38 » ou de « Medication #3, plages au cours desquelles on a l’impression qu’il vient d’exhumer la guitare de Woodie Guthrie. Du final « Winter weather » également. Un blues countryfié, soutenu de backing vocals falsetto, réminiscent du « Let it bleed » des Stones. Ou encore de la ballade « Me queda um bejou », nonobstant son début plus expérimental. Une face expérimentale qu’il développe sur l’instrumental « Plain Vanilla », un peu dans l’esprit de « More » du Floyd. Ou encore de « Raygun », synthèse de toutes ses références, qu’il sature de feedback. L’opus éponyme laisse bien évidemment une place au garage. « Necessary separation » aurait ainsi pu figurer sur des compiles « Nuggets » aux côtés des Standells. Tout comme « Everytime », un fragment rogné de claviers poussiéreux, caverneux et imprimé sur un tempo tribal. Encore que cette exploration ténébreuse s’achève dans un délire électrique que n’aurait pas renié un certain Erik Braunn, lorsqu’il sévissait chez Iron Butterfly.

Shaun Guerin

Shaun

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Imaginez- vous dans le grenier de votre grand-mère, face à un coffre. Un de ces objets magiques dont la seule vue vous rappelle des instants lumineux de votre passé, des coins de bonheur oubliés, des souvenirs bénis. Et puis, en l'ouvrant, miracle! Vous retrouvez avec émotion de véritables joyaux d'enfance, des trésors futiles, de ces vénérables jouets qui bâtirent votre âme, de ces photos que l’on ne peut revoir sans s'asseoir d'émotion. 'The Epic Quality of Life', c’est un peu de tout cela. La pochette, dont le superbe digipack est dû au talent de l'illustre Paul Whitehead, n'est autre qu'un superbe développement de celle qu’il réalisa pour le féerique 'Nursery Cryme' de Genesis. C'est notre coffre ! Puis vient le contenu. Et le miracle se produit. Shaun Guerin a vraiment plus d'un talent (NDLR : dans son sac ? Dans son coffre ?). Entre autres, il peut chanter comme Peter Gabriel (c'est parfois hallucinant) et jouer de la batterie aussi bien que Phil Collins, dont il retient aussi parfois les intonations vocales. Parfois, Genesis et le Gab ne sont donc pas très loin. Mais Shaun est aussi et avant tout un compositeur talentueux et passionnant. C'est pourquoi le CD, à l’instar de sa pochette, offre bien plus qu’un nième plagiat/clonage/cover (NDR : biffez la mention inutile). Plutôt une évolution, un développement, intégrant aussi l’inspiration d’autres muses. Toujours avec bonheur. Toujours avec une émotion naturelle et authentique. On retrouve pêle-mêle des influences prog, jazz-rock, pop, métal, saupoudrées de Yes, voire d'un zeste d'Emerson. L'album ne sacrifie rien au XXIe siècle, mais bénéficie d'une très bonne production. Il s'écoute d'une seule traite dans une joie et un étonnement permanents. Certes, un des incontournables de cette année. D'autant qu'un événement malheureux en fait un objet encore plus rare. Shaun est en effet décédé peu après la sortie de cet elpee. Une œuvre hautement recommandable, donc. Exceptionnelle, troublante, magique. Et dont la conclusion vous surprend, rêveur et enchanté, hors du temps, assis à côté d' un coffre ouvert, dans le grenier de votre grand-mère…

David Guetta

Blaster

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L’organisateur d’événements le plus médiatique du moment a plus d’un tour dans son sac. Au delà de son activité de DJ, il se consacre également à la musique ; « Blaster » constituant d’ailleurs son deuxième album. Une œuvre calibrée pour les radios et les pistes de danse, qui ne restera sûrement pas dans les annales mais fera sûrement un malheur dans les « charts ». Accompagné de plusieurs chanteurs (dont les Stereo MC’s), l’ami David s’amuse à singer Depeche Mode, Frankie Goes To Hollywood, Eurythmics et d’autres gloires des eighties. D’autres compos sont plus ouvertement disco-house et sont interprétées par un chanteur hilarant dont les chœurs rappellent fortement les vocalises qu’on entendait jadis sur les morceaux d’aérobic de Véronique et Davina. Totalement putassier, ce « Blaster » est d’une vacuité navrante. Le professionnalisme et la roublardise qui ont dû présider à sa confection n’arrivent pas à masquer sa faiblesse d’inspiration.

Burton Gaar

Burton Gaar

Écrit par
Burton Gaar possède un look pas possible : un géant blanc, la boule à zéro, les lunettes solaires vissées en permanence sur son visage. Il est né à Baton Rouge, en Louisiane. Il y a soixante ans, la nuit d'Halloween. L'homme sait tout faire : jouer de la guitare, de la basse, de l'harmonica, chanter, composer et produire. Ne parvenant pas à dénicher un bassiste à son goût, il a décidé de se concentrer sur l'instrument aux quatre cordes épaisses. Ce fils de laitier a contracté très tôt le virus du blues. Dans sa jeunesse, il a fréquenté Slim Harpo, en compagnie duquel il a d’ailleurs parfois joué. Il écrit ses propres compositions depuis les seventies. Son premier elpee, "Still singing the blues", est paru 1990. Son frère John l’épaulait alors à la guitare. A l'époque, il est très proche d’un des princes du zydeco : Rockin Sidney. Sa musique tape alors dans l’oreille de Detlev Hoegen qui le signe sur son label, Crosscut. Il y commet alors "100 pounds of trouble" et accomplit de conséquentes tournées européennes. En 2000, il grave encore "Mighty long road", chez Louisiana Red Hot Charlie Musselwhite tombe même sous le charme de cet opus.
 
En février 2003, Burton s'enferme dans les studios Colemine de son ami bassiste Randy Coleman. A Nashville. Et y met en boîte le présent morceau de plastique. Pour la circonstance, il est épaulé par Johnny Neel (Allman Brothers Band et Govt Mule) aux claviers, ainsi que Shane Theriot (Neville Brothers Band) et Danny Hamblin aux guitares. En outre, une imposante section de cuivres s'est intégrée à l'ensemble.
 
Burton a un faible pour le R&B teinté de soul ; et c’est dans cet univers qu’il nous plonge du début à la fin de cette œuvre. Un disque qui s’ouvre par le titre maître. Très Memphis R&B, ce fragment surprend immédiatement par la voix puissante, claire et très expressive. Soutenu par l’harmonica de Tim Gonzales, "Blow wine blow" est un blues au tempo enlevé. Shane Theriot sort de sa réserve sur ses six cordes et la voix de Mr Gaar se fait dévastatrice. "Repoman" consomme du pur funk blues, très cuivré. Constitué de Randy et du batteur Floyd Saizon, la section rythmique soutient le tout avec un maximum de cohésion. L'orgue Hammond de Johnny Neel fluidifie "Hall of fame", une jolie ballade country soul. Shane y dispense un solo réservé mais décisif. "Stone cold blues" est une nouvelle réussite, proche du meilleur Greg Allman. Aussi bien pour la voix que l'orgue. Les musiciens impriment une rythmique exotique. Les cuivres soutiennent l’ensemble. Tout au long de "Rainbow" tous les instrumentistes se complètent à merveille, une composition alliant puissance et mélodie, dans un contexte subtilement gospel. Et je pense tout particulièrement au sax ténor de Marty Ojeda, au piano de Neel et à la guitare très pure de Theriot. Signé Neel, "My little feel good" trempe dans le Memphis blues ; un plage susceptible de vous entraîner sur la piste de danse pour vous déhancher. Shane s’y sent inspiré par Albert King. Excellent ! Blues très nerveux, "Mississippi water" met en exergue l'harmonica de Gonzales et la voix remarquable de Burton. Nous sommes toujours proches des frères Allman pour "Wonderland", un chant gospel rapide au cours duquel Danny Hamblin se réserve la guitare. Dans le style, cet elpee est vraiment d’excellente facture…

The Gathering

Sleepy Buildings

Écrit par
Pour achever son contrat chez Century Media, les Hollandais de The Gathering ont préféré étonner leurs fans plutôt que de sortir vite fait le traditionnel Best of de rupture. Au lieu de réentendre des titres dans leurs versions originales, les fidèles du combo vont les redécouvrir dans des interprétations semi-acoustiques enregistrées live. Dépouillés d'effets superflus, les plus grands tubes de la formation se voient revisités par la douceur d'un piano, d'une guitare sèche, d'une batterie timide, et surtout par l'extraordinaire organe vocal de la charmante Anneke. En délaissant son heavy gothique et parfois doom dès l'album "How to measure a Planet?", au profit d'une pop mélancolique aux accents trip hop, The Gathering a perdu une bonne partie de sa fan base, et s'est constitué son nouveau petit monde. Du côté des métalleux, certains espéraient encore voir le groupe retrouver le droit chemin en sortant un album bien lourd à la Mandylion. Ce live semi-acoustique ne laisse plus aucun espoir. The Gathering n'appartient désormais plus vraiment au monde du métal. Les versions "unplugged" des titres les plus anciens provoqueront des grincements de dents chez les puristes, mais des compositions plus intimistes comme " Amity ", " Saturnine " ou " You learn about it " (en duo avec Liv Kristine) ont une réelle force émotionnelle et gagne encore en onirisme. Cette relecture d'une carrière incontestablement riche est aussi la preuve que le groupe a toujours été capable de construire des chansons qui tiennent la route. Uniquement pour les inconditionnels de heavenly voices.

Fuck-Off Machete

My First Machete

Pourtant la pochette n’augurait pas du meilleur : « Pfff, encore un groupe rock de troisième zone qui se croit drôle ». Mais dès « Minority Gang », c’est la surprise : Fuck-Off Machete est un trio post-Sonic Youth (la voix de la fille) qui pourrait bien être le secret le mieux gardé d’Angleterre. Rythmiques pesantes qui parfois s’emballent (Blonde Redhead, aussi), voix écorchée d’une lancinante turpitude, murs de bruits (noisy) fracassés à coups de guitares : Fuck-Off Machete, c’est de la balle. Comme si PJ Harvey et Scott McCloud se roulaient une pelle sur un slow vicieux de Cat Power. Le plus fort avec ce disque, c’est qu’il plaît dès la première écoute : même pas besoin de faire un douloureux effort pour capter qu’on est ici en face d’un très bon groupe. Sûr qu’à la fin de l’année, en faisant nos tops 100 de l’année 2004, on se souviendra bien de « notre premier Fuck-Off Machete » : « Aaah, cette pochette, c’était quand même bien drôle… Mais la musique à l’intérieur, mon vieux, ça vaut bien le dernier Sonic Youth ! ».

Friends Of Dean Martinez

Random Harvest

Écrit par
Malgré un rythme alerte et tourmenté, 'So well remembered' (NDR : la première plage) trahit rapidement ses références. Lesquelles se confirment par un 'Ripcord' (NDR : le second titre) apaisé et griffé de longues notes de guitare aériennes chères à David Gilmour. La troisième plage assoit définitivement la filiation. A contrario de RPWL, Friends of Dean Martinez marche sur les traces du grand Floyd. Mais le résultat est très différent, il faut le reconnaître. D'abord parce que le groupe cible une période très précise, dans la carrière du géant. Celle qui se clôture par ‘Meddle’. Ensuite parce qu'il s'attache à restituer les sonorités des sixties. Hormis quelques bruitages, tout semble d'époque! Du coup, quelques passages évoquent d'autres souvenirs de cette même période. C'est le cas de 'Dusk', qui concède un petit air de famille avec 'Dragonfly' de Fleetwood Mac ; alors qu’à d'autres moments, Popol Vuh ou les proto-progs allemands ne sont pas loin. Les compositions sont plaisantes, parfois agrémentées 'd'exotisme', que traduisent la harpe sur 'Nowhere to go' et la guitare espagnole sur 'Lost Horizon'. De quoi éviter toute lassitude à l'écoute. Intégralement instrumental, ce CD est assez court (NDR : moins de 40 minutes, encore un détail d'époque !), mais se révèle d’excellente facture. Un elpee qui fera à bien des quinquas l'effet d'une madeleine proustienne. Pourtant, il y manque peut-être un grain de folie pour faire la différence…

The Fucking Am

Gold

Écrit par
Originaire de la côte Est des Etats-Unis, ce groupe nous livre une galette assez hybride et globalement orientée seventies, mais plutôt sympathique. Le CD démarre en force par « Bad Legs », un instrumental à la rythmique puissante très Crimsonienne, période « Red » ; mais en plus joyeux. A cause de la mélodie tracée par la guitare. Digne d'un Gary Numan vitaminé et caractérisé par une voix trafiquée comme Steve Hackett les affectionne, « The Gauntlet » est une grosse surprise. Un instrumental embraie. Véloce, emmené par une guitare enjouée et entrecoupé d'un break combinant orgue d’église et batterie logorrhéique. « Taking Liberties » ose ensuite un nouveau cocktail : chant haut perché et nasal à la Scritti Politti et guitare Hackettienne sur lit de rythmique lourde et grasse à souhait façon Black Sabbath. Après un nouvel instrumental évoquant à nouveau un King Crimson de bonne humeur, la suite finale s'articule en trois volets. Le premier est dominé par des arpèges consentis par la guitare acoustique. Le second campe une ballade baba-cool/kraut/psyché à la Amon Düül, une compo parfumée d'Orient et fourbie d'une lente montée en puissance ; tandis que la dernière est plus sauvage. L'interprétation est enthousiaste, la production correcte et chacun les musiciens sont techniquement très au point. On passe donc un bon moment en compagnie de ce CD, auquel il manque peut-être juste une ou deux compositions marquantes pour sortir du lot.

Tony Furtado

Live Gypy

Écrit par
Tony Furtado et ses American Gypsies ne jouent pas du blues mais de la roots ; c'est-à-dire une musique aux racines très diversifiées et au panorama sonore beaucoup plus ample. Tous les musiciens sont talentueux : Tony à la slide, Myron Dove à la basse, Tom Brechtlein aux drums, John R. Burr aux claviers et Paul McCandless au saxophone, à la clarinette et à la flûte.
 
Les percussions entament les débats, avant l’arrivée d’une slide qui rugit déjà l'espace de quelques notes. L'orgue Hammond vient se fondre dans la rythmique. Une flûte timide filtre dans le lointain. La musique baigne au sein d’un climat délicieux, au parfum d'Orient. Puis progressivement, l’ensemble embrasse une jam allègre, de laquelle s'évade un saxophone très free. L'atmosphère est assez planante, féerique, exaltante. Elle me fait même parfois penser au Kaleidoscope de Chris Darrow et de David Lindey ou encore à Ry Cooder. Le bottleneck glisse furtivement sur les cordes amplifiées. On y distingue le son métallique. Tony introduit ainsi "The ghost of Blind Willie Johnson", un instrumental qui évolue au coeur du Delta. Mais à l’arrière, la richesse sonore est intense et la section rythmique impériale. Avec pour fil conducteur le piano. Les Gypsies adaptent "Rueben's train", un morceau traditionnel de country. Et c'est à nouveau la fête. La country se fait même raga. Furtado est un musicien assez exceptionnel. Il est capable d’extraire des sons inhabituels de sa slide. Très jolie ballade instrumentale, "Hartford" appartient au folklore américain. Cette musique si simple à la base, avec banjo, piano, violon et clarinette, nous permet de revenir au temps des pionniers. Autre ballade à la douce mélodie, "Some of Shelly's dream" est signé par l’ex Monkees, Michael Nesmith. L'introduction à la slide, opéré sur "Far fry on the Hog farm", me rappelle le grand Lowell George. Et la suite confirme cette sensation. A cause des percussions, du piano et du saxophone qui s'articulent au sein d’une démarche musicale familière à Little Feat. Furtado empoigne le banjo pour attaquer "St John's fire", un fragment qui glisse vers une nouvelle jam ; une jam conduite d’abord par le piano jazzyfiant de John Burr. Juste avant que le banjo ne se mette à délirer face à l'orgue Hammond et au saxophone ! "Oh Berta Berta" nous replonge d’abord dans un univers proche de Santana, époque "Abraxas". Et, suivant la bonne habitude, la solution sonore dérive dans une nouvelle jam. Les percussions y font un véritable tabac, tandis que Paul se prend pour Greg Rolie, à l’orgue. La mélodie de "Bottle of hope" est étincelante. Elle semble avoir été héritée en ligne droite de la vieille tradition américaine, comme "Amazing grace". Les interventions au saxophone et du piano y sont véritablement émouvantes. Le traitement du traditionnel "Stagerlee" est de la même trempe. Et en finale, pour "Waiting for Guiteau", le banjo bluegrass atteint le sommet de la folie pure. Je vous recommande chaudement cet opus de roots fusion. Enregistré live, dans le Nord Ouest et l'Ouest des Etats-Unis, en 2002, il devrait vous permettre de mieux faire la différence entre des styles aussi classiques que la country, le bluegrass, le blues, le jazz et le folk.

Future Pilot Aka

Salute Your Soul

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Le disque étrange de la semaine ! Une curieuse fusion de reggae, de soul, de musique indienne et de pop psychédélique concoctée par Sushil K Dade, un habitant de Glasgow d’origine indienne. L’ami Sushil a su s’entourer pour mener à bien ce second album. Le légendaire animateur radio/dj jamaïcain Mikey Dread, connu pour ses collaborations accordées au Clash (« Sandinista ») et à Lee Perry, y a participé. Mais aussi deux membres de Teenage Fan Club ainsi que Vic Godard (NDR : chanteur des Subway Sect). Une collection de morceaux parmi lesquels se détache « Dear Lord », réminiscent de Primal Scream dans ses moments élégiaques. Citons aussi la reprise des Staple Singers, « If you’re ready », les très pop « Love of the Land », « Salute the Divine Within You » et le groovy « Ravi Shankar » où le compositeur Philip Glass relate sa première rencontre avec le maître indien. Bref, un disque totalement inclassable et surprenant que je conseille vivement à tous ceux qui ont les oreilles grandes ouvertes.

The Fuzztones

Salt for zombies

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Oui cet album est sorti l’an dernier. Et il n’a jamais bénéficié d’une distribution officielle chez nous. Alors pourquoi en parler ? Parce qu’il le mérite tout simplement. « Salt for zombies » est le premier opus studio du mythique groupe garage depuis 13 ans. Il y a bien eu un album ‘live’ (« Lysergic ejaculations ») paru en 1994. Et une compile ainsi que quelques projets parallèles menés par Rudi Protrudi. Mais rien de bien consistant à se mettre sous la dent. C’est donc chose faite avec « Salt for zombies ». Un disque pour lequel il a reçu le concours de James Lowe des Electric Prunes et Sky Saxon des Seeds. En fait, Rudi les a surtout persuadé de revenir à la musique. Dans la foulée, les Seeds se sont d’ailleurs remis à tourner. Et pour rendre hommage à feu son ami Screamin’ Jay Hawkins, entre la plupart des compos, on entend la voix du vieux bluesman, un peu comme s’il se manifestait d’outre-tombe. Sans quoi, partagé entre reprises d’obscurs groupes psyché/garage (We the People, The Plague, Boss Tweads, Shy Guys, etc.) et originaux, le combo nous entraîne dans un tourbillon sonore qui fleure bon les sixties. Guitares bourdonnantes, vibrantes, hammond aux sonorités pourries, groove, section rythmique implacable, drums tribaux, bongos, sitar et j’en passe : tout y est ! Le tout épicé par le baryton profond, sensuel de Rudi. Et si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à lire la longue interview que Protrudi nous a accordée, il y a quelques mois…
 

The Faint

Wet From Birth

On avait découvert The Faint danser la Saint Glin-Glin sur de l’EBM-cold wave à la Front 242 : macabre, comme le titre de leur deuxième album sorti il y a deux ans. Sur ce nouveau disque, The Faint ose ralentir la cadence, en ponctuant même ses morceaux de violons… gothiques, forcément. Curieux mélange qu’entendre ces résidus de folk industriel s’acoquiner de gros beats sudatoires : pour la première fois The Faint dévoile sa face cachée, plus féminine, moins militaire. Les parkas remisés au placard, c’est au tour du rimel de couler pour de bon, en même temps que les larmes (« Desperate Guys », « Southern Belles in London Sing »). Mais qu’on ne s’y trompe pas : derrière ce sentimentalisme de façade se cachent encore cinq types qui aiment faire péter les gros riffs, la drum machine et la basse (« Phone Call », presque dub, « Paranoiattack », bourin comme il faut). Il n’empêche que pour la circonstance, l’organique prend presque le pas sur l’électronique : sur « Erection » on croise ainsi Depeche Mode, tendance « The Dead of Night » (« Exciter », justement)… « Wet From Birth » : un titre à prendre comme une renaissance, de la part de tels puristes eighties ? Quasiment… Mais il leur reste encore à mieux négocier ce virage, casse-gueule parce qu’à 90°.

Marianne Faithfull

Before the poison

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Pour enregistrer “Kissin Time”, son précédent opus, Sister Morphine avait reçu le concours de Beck et de Billy Corgan. Deux ans plus tard, elle nous revient avec « Before the poison ». Son 21ème elpee studio. Mais pour la circonstance, elle a notamment bénéficié de la contribution de Damon Albarn (NDR : le chanteur de Blur !), du compositeur de musiques de film Jon Brion, de PJ Harvey ainsi que de Nick Cave et de ses Bad Seeds. Et le résultat va au-delà de toutes les espérances. Parce que les dix fragments de cet album collent parfaitement à son style vocal empreint de sensibilité, de fièvre, de grâce et de douleur ; une voix nicotinée, monochrome que certains n’ont pas hésité à situer à mi-chemin entre celle de Nico et de Janis Joplin. Une voix hantée, hantant ces textes à la beauté sombre. Une voix qui vous fige, vous glace et vous transperce l’âme. Polly Jean Harvey s’est investie pour cinq plages. Les plus arides, punkysantes, obliques, gothiques et dépouillées. Cave pour trois morceaux. Les plus mélancoliques, ténébreux. Encore que le tempétueux « Desperanto » trempe dans un funk sauvage (Beck ?), pendant que Marianne s’exprime sur un mode presque rap, souligné par des chœurs angéliques (Chumbawamba ?). Et si en finale, l’étonnante berceuse « City of Quartz » évolue au gré des instruments insolites, la meilleure chanson de l’opus demeure « Last song », la composition signée Albarn. Une compo élégiaque, enrichie d’orchestrations somptueuses, au cours de laquelle on entend les doigts glisser sur les cordes de la guitare. A vous flanquer des frissons partout. Un bien bel album !