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Pat Travers

P.T Power Trio

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Ce Canadien est né à Toronto. En 1954, très exactement. Inspiré, dans sa jeunesse, par Jimi Hendrix, Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, il roule sa bosse sur les pistes du hard rockin' blues, depuis bien longtemps. A l'âge de 20 ans, il se fixe à Londres. Il y enregistre un premier elpee. Eponyme, il ne sort qu'en 1976. Il embraie par "Makin' magic" en 77, puis par "Putting it straight", avant de retraverser l'Atlantique devant la vague punk qui envahit l'Angleterre. Il fonde un nouveau band en compagnie d'un second guitariste : Pat Thrall. Sous cette formule, il aligne quelques albums, dont plusieurs live : "Go for what you know" en 79 (son premier !), "Boom Boom Live at the Diamond Club" en 90, et "BBC Live in Concert" en 92. En 1993, il signe chez Blues Bureau. Un label américain pour lequel, il va multiplier les opus dans son style rockin' blues bien dur. Paru la même année, "Blues tracks" ouvrira la voie à sept autres albums, dont "Don't feed the alligators", en 2000.

Il nous revient flanqué d'une solide section rythmique : Gunter Nezhoda à la basse et le vieil Aynsley Dunbar (NDR : cet ex Bluesbreaker à sévi chez John Mayall, il y a fort longtemps), à la batterie. Pour votre information, sachez qu'en tourné, le line up du groupe est totalement différent, puisqu'il implique Rick Navarro à la basse et Eric Frates aux drums. "PT. Power Trio" est, en fait, consacré à des titres popularisés par d'autres musiciens au cours des années 60 et 70. Dix plages en tout. Si certaines méritent le détour, d'autres sont à verser dans le chapitre du hard rock.

Le disque débute plutôt difficilement pour les oreilles bluesy. Et pour cause la version de " Tramp " manifeste une forte propension pour le hard rock. Mais elle n'est cependant pas signée Lowell Fulsom, mais par le trio anglais du début des 70s : Stray Dog. Pat s'attaque alors à "White room" : un des meilleurs titres du Cream de la grande époque. Curieusement, il y chante comme Jack Bruce et joue de la guitare à la manière de Clapton. Curieux disais-je! Il concède alors quelques reprises sans grand intérêt ; à l'instar du "Day of the eagle" de Robin Trower (NDR : cet ersatz de Jimi Hendrix fut, à une certaine époque, membre de Procol Harum), d'"Inside looking out" des Animals, mais dans la version du Grand Funk Railroad, "Free man" de Pointblank et "Nasty dogs and funky kings" de ZZ Top. Heureusement, il nous réserve également quelques covers réussies. Et je pense tout d'abord à "Dreams of milk and honey" de Mountain. Surtout pour son aptitude à recréer la manière de chanter et à reproduire le jeu de guitare. Au "Fire and water" de Free. Excellent, je l'avoue! Au "Young man blues" de Mose Allison, dans la version des Who circa "Live at Leeds" et au "Highway 61 revisited" de Dylan, version Johnny Winter. Exclusivement pour les fans de rockin' blues façon 70's.

Towersound

Demo

Écrit par

Formé par trois jeunes français, Jean-Christophe, Laurent et Florian Lecomte, Towersound pratique un hard-rock fort sympathique teinté d'influences seventies. La rythmique bien grasse, les épiques soli de guitare, l'omniprésence des claviers et leur sonorité évoquent plus particulièrement Rainbow voire Uriah Heep. Grave et puissante, la voix de Jean-Christophe rappelle d'ailleurs celle de Bernie Shaw, actuel frontman du Heep. Les compositions sont accrocheuses, fluides et faciles à fredonner. L'interprétation est de bonne facture et témoigne d'un solide bagage technique. Enfin, pour un CD enregistré 'at home' avec les moyens du bord, le son est fort correct. Ici, point de grosse caisse à double pédale, de grognements, de duel clavier/guitare à la vitesse de la lumière… Juste un bon hard rock pêchu mais pas agressif, plutôt calibré Rock FM. Une mention spéciale pour 'March of War', titre auquel les claviers confèrent une belle emphase symphonique. Il y a bien quelques imperfections, comme l'une ou l'autre transition un peu laborieuse. Et certains morceaux apparaissent un peu amidonnés, mais ce sont de petits défauts de jeunesse ; et les musiciens, à l'enthousiasme palpable, apprendront vite à se lâcher un peu. Si le métal estampillé seventies fait vos délices, vous pouvez, en toute confiance prêter une oreille attentive à Towersound. Un CD 12 titres est d'ailleurs en vente sur leur site http://www.towersound.net .

Torpid

lmnop

Écrit par

Installé depuis peu à Bruxelles (pour nos lecteurs américains, la capitale belge), Torpid devrait assurément écumer les salles, dans un futur proche, tant nous voyons mal comment résister à leur poprock. Régulier dans leur production (troisième album depuis 1999), ce trio originellement basé au Luxembourg (pour nos lecteurs américains, heu....) traîne une multitude d’influences derrière lui. N’ayant pas eu le loisir d’écouter (NDR : ni d’entendre) leurs précédentes galettes, et après avoir pris le soin de consulter quelques reviews à droite et à gauche, il apparaît que le son du groupe s’oriente dorénavant vers un mélange rock/électro à défaut d’explosion noise plus marquée que par le passé. Intéressant dans le principe, le procédé s’avère hélas ennuyeux sur la longueur. Le décrochage auditif survenant sans crier gare. Comme si les morceaux étaient artificiellement gonflés. Dommage ! Du reste, les parties purement rock mêlent efficacement tension et mélodies, alchimie souvent réussie en son temps par Pavement. L’aspect plus expérimental et la variété des styles me font par contre penser à ce génialissime groupe sous estimé et inconnu de tous, les Thinking Fellers Union Local 282. Mais là, je ne vous apprends rien.

Amon Tobin

Out From Out Where

Le quatrième album d'Amon Tobin semble marquer un tournant dans sa carrière : finie la drum'n'bossa, cette chimère de breakbeats et d'airs exotiques devenue la marque de fabrique du Brésilien depuis " Bricolage "… Place désormais au versant plus expérimental du maître, loin de cette texture organique qui faisait le charme de ses précédents albums. C'est que le bricolage prend ici des allures monstrueuses et inattendues, Tobin n'hésitant pas à lâcher la bride de ses samples et de ses laptops et les laisser, comme fous, ruer dans les brancards. Cette nouvelle spontanéité, sauvage et destructrice, permet ainsi d'étendre la palette musicale du Brésilien : en rendant sa musique plus abstraite, pleine de clicks et de cuts, il s'ouvre des horizons nouveaux donc excitants. En osant sculpter la matière sonore et samplée à grands coups de scalpel électronique (ces beats concassés, malmenés, rayés), Amon Tobin réussit la gageure de se renouveler et de nous impressionner. Le tout à la fois ! Comme le disait notre philosophe situationniste Raoul Vaneigem, ‘le détournement est le seul langage, le seul geste qui porte en soi sa propre critique’ : à travers cet album encore innovant, Tobin prouve qu'il faut sans cesse repousser ses limites pour avancer et surprendre. " Verbal ", avec le flow de MC Decimal utilisé comme percussion, incarne à merveille le fruit de cet enseignement. C'est aussi vrai pour le reste de l'album, d'une sophistication exemplaire, jamais hermétique.

Titan Clash

The Good Vs Evil (Ep)

Le ‘clash des titans’ : avec pareil nom de scène, on est en droit d’attendre du rap qui pète, façon Godzilla contre Puff Daddy sur les toits de New York. Heureusement, Icon, Michelangelo et Mr. Justice, les trois gaillards qui se cachent derrière ce patronyme, n’ont rien de la tête à claques à Jennifer Lopez (ou plutôt l’ex-). Leur rap a beau suer de grosses gouttes, ce n’est pas du cinéma : même si c’est plutôt gangsta, Titan Clash sait aussi se la jouer profil bas, bref tout en nuances, un peu à la manière de ces MCs underground qui ne s’embarrassent pas de tout ce décorum façon MTV. Des noms ? Techno Animal, Dälek, Alias, les regrettés One Inch Punch, etc. Des types qui savent ce que le côté obscur veut dire, sans se faire des films à longueur de journée. En quatre titres sombres et bien ciselés, parfois graveleux (mais pas cucul la praline), Titan Clash impose le respect. Reste à savoir si la suite sera du même tonneau, mais on n’en est pas encore là.

Tindersticks

Waiting for the moon

Il y a deux ans, les Tindersticks prenaient la tangente soul avec " Can Our Love… ", une collection magique de chansons brouillées et mélancoliques, plus proches des Temptations que de Lee Hazlewood. Ce nouvel album célèbre un retour aux sources pour Stuart Staples et ses cinq fidèles destriers : avec ses pluies de cordes et ses voix empruntées, ses atmosphères enfumées et ses histoires d'amour déchu, " Waiting for the moon " lorgne ainsi du côté des trois premiers albums du groupe. Seule différence, mais elle est de taille : cette lumière caressante qui donne à plusieurs titres (" Until the morning comes ", " Sweet memory ", " Just a dog ") une patine presque estivale. Les Tindersticks, nouveaux bourreaux des cœurs de nos après-midi d'été ? Presque, s'il ne fallait compter sur les textes de Stuart, encore plongés dans la pénombre… Sa voix, elle, n'a jamais été si claire et précieuse : à cet égard, " Until the morning comes ", " Trying to find a home ", " Sometimes it hurts " (avec la chanteuse québecquoise Lhasa de Sala) et " My oblivion " sont de véritables perles. De la dernière période (" Simple Pleasure " et " Can Our Love… "), les Anglais n'ont retenu que les chœurs (" Say goodbye to the city ", " Trying to find a home ", " My oblivion "), ainsi que quelques cuivres discrets, voire du xylophone (la comptine éponyme, artisanale mais touchante) et du banjo (" Just a dog ", presque country). Mais le véritable tour de force de ce disque est atteint par la prestation étonnante de Stuart sur " 4.48 Psychosis ", en fait un texte de Sarah Kane, une jeune auteur de théâtre qui s'est suicidée il y a quelques années. Sur un déluge sonique lascif et rampant à la Velvet Underground, Stuart récite d'une voix douce mais quasi-monocorde, une litanie féroce et dépressive, dont lui seul semble percer les secrets. Du grand Tindersticks, ni boursouflé (" Curtains ") ni trop hanté (" Simple Pleasure "). En fin de compte, que le meilleur du groupe.

Timesbold

Timesbold

Triste comme un jour sans soleil, la musique de Timesbold s'écoute en sourdine. Pour éviter les réveils en sursauts. Pas que Jason Merritt (alias Whip), Dan Goebel et Max Lichtenstein jouent comme des marchands de sable : juste parce que leur folk-country brumeux réveilleraient les morts (ou affiliés), de Johnny Cash à Syd Barrett en passant par Nick Drake. Ca commence pourtant dans l'allégresse presque pop avec " Gin I Win ", le hit que Jason Molina (Songs : Ohia) rêverait encore d'écrire. Après, évidemment, ça se corse : " Sewn In Seems " clopine d'avoir trop forcé sur le Valium et " Sin(g) " donne juste envie de se taire, malgré l'harmonica fauché à Neil Young. Mais le banjo de " House Demands " redonne un peu de couleur à nos joues, comme si 16 Horsepower avait prêté ses chevaux rutilants au moteur en panne de ces New-Yorkais pas très drôles. Sur " Word ", une scie musicale et un accordéon continuent le labeur, pendant que le banjo joue les prolongations sur le titre suivant, " Some Awful Men ", d'une gaieté surprenante. Mais le cœur, à nouveau, n'y est plus, et Timesbold de repiquer du nez, les bras ballants et la gorge serrée : " The sky, it is huge and it's frightening/and fear digs its holes in the ground " (" Van Gogh ")… Si la peur nous tenaille à l'écoute de ce disque, c'est sans doute parce qu'il parvient à traduire comme nul autre le désespoir et la perte. Impressionnant, mais déprimant.

Tico All Stars

Descargas at the village gate live

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Produit par Pancho Crystal, "Descargas at the village gate live" est un album extraordinaire. Tout d'abord, parce qu'il est parvenu à réunir les morceaux de ces musiciens latinos au DJ Symphony Sid (Sid Torin). Magnifique parce que cet album immortalise l'enregistrement d'un set live de 1966, au cours duquel se sont succédés Morris Pelsman, Charlie Palmieri ou encore Ricardo Ray. Si on ne trouve que six morceaux sur "Descargas", chacun d'entre eux est absolument enivrant et nous en prenons plein les oreilles. Le premier évolue dans la pure tradition de la musique cubaine. Nous avons adoré la nostalgie qui se dégageait de "Guajira controversial". "Cargas y descargas" est quant à lui beaucoup plus jazzy, et nous envoûte de ces cuivres accompagnés de rythmes fabuleux. "Descarguas en cueros", aux percussions infinies et lancinantes (presque 14 minutes de rythmes endiablés), et à la basse sous jacente qui ajoute à l'ambiance envoûtante, nous a littéralement impressionnés, tant il relève de la prouesse musicale. La salsa est évidemment au rendez-vous sur "Descargas de contrabajos". Ce sont donc six morceaux radicalement différents mais très entraînants qui s'enchaînent sur cet album vraiment riche de sons parfois imperceptibles, et d'instruments invitant à la fête jusqu'au bout de la nuit. Ponctué d'un boogaloo très enthousiasmant, cet elpee suit la mouvance latino qui sévit sur l'Europe depuis quelques années. Ce qui n'empêche pas de savourer ce pur moment de bonheur !

Throwing Muses

Throwing Muses

Écrit par

En 1996, Throwing Muses commettait "Limbo", un album qui allait se révéler le chant du cygne pour la formation. Faute de succès, le groupe décidait donc de splitter. Kristin Hersh allait alors se lancer dans une carrière solo. Avec un certain succès, il faut le reconnaître. Mais dans un style totalement différent, plus intimiste, plus minimaliste, plus dépouillé. Faut croire que l'électricité lui manquait, puisqu'elle vient de remonter le combo. En compagnie de son fidèle drummer David Narcizo. Et puis du bassiste Bernard George, impliqué au sein du line up depuis 1995. Mais la meilleure surprise nous vient de la présence de Tanya Donelly. En guest. Elle ne joue pas de la guitare. Mais participe au chant sur la moitié des morceaux. Apportant cette contre voix à celle de Kristin, suivant une formule qui faisait merveille sur les premiers opus ; et en particulier sur " The real ramona ". Un elpee qui date déjà de 1991, il faut le préciser. Habillé d'une pochette au digipack exceptionnel, cet album éponyme consomme une énergie punk/pop rafraîchissante. Un disque enregistré en 3 week-ends et grevé d'un minimum d'overdubs, histoire de communiquer aux chansons le son le plus 'live' possible. Pas de morceaux acoustiques ni de ballades lentes ou atmosphériques, mais des titres âpres, nerveux, stimulants, vivifiants, hantés par les lyrics sinistres, surréalistes, maléfiques et toujours aussi imprévisibles de Kristin. Autant j'avais été déçu par le dernier opus des Breeders, autant celui des Muses m'a épaté…

Peter Thomas

Moonflowers & Mini-skirts

Compositeur allemand de musiques de films et de séries tv des Swinging Sixties, Peter Thomas n'a jamais récolté les lauriers d'une gloire pourtant amplement méritée. Ses œuvres pour le grand et petit écran (Edgar Wallace Mysteries, Jerry Cotton, Space Patrol,…) n'ont de fait pas à rougir face aux standards illustres de ses collègues, Burt Bacharach (" Casino Royale ") et Henri Mancini (" The Party ") en tête. Cette compilation devrait donc remettre les pendules à l'heure. Dès l'ouverture, " Opium " donne le ton : psychédélique et colorée, la musique de Thomas se savoure à la petite cuillère, sans aucune modération. Trompettes enchanteresses, soupirs féminins lascifs, gimmicks jazzy oniriques : l'immersion dans la culture pop des années soixante est totale. Même l'égérie disco Donna Summer est de la fête, déroulant sa voix câline sur une rythmique culottée, pleine de flûte et de d'arrangements félins (" Black Power "). Fort de ses origines teutonnes, Thomas fait aussi la cour à deux stars d'outre-Rhin, Senta Berger et Uschi Glas : imaginez Brigitte Bardot ou Claudine Longet susurrer avec panache des mots d'amour dans la langue de Goethe. Exquis ! A l'instar d'un Michel Legrand, Peter Thomas ose donc le format chanson, mais aussi les incartades plus délirantes, genre SF (" Malaparte Sinus ", à la Manfred Hübler, un compatriote). Entre easy-listening jazzy et fusion sophistiquée, Thomas étonne encore, trente ans plus tard. A (re)découvrir au plus vite, le temps de ressortir les mini-jupes et les chemises cintrées façon Austin Powers.

They Might Be Giants

They got lost / A compilation of rarities from T.M.B.G.

Écrit par

Le sous-titre de cette compile est suffisamment significatif. Pas besoin d'en rajouter, donc, pour ce recueil qui réunit 21 fragments. Parmi lesquels, il y a à boire et à manger. Mais dont la valeur est surtout et inévitablement importante pour les aficionados. Qui ne doivent quand même pas courir les rues ! Pourtant, ce duo new-yorkais est célèbre pour être parvenu à réaliser les mélanges de styles les plus improbables. Héritiers du dadaïsme, à l'instar des Residents, T.M.B.G. opérait un subtil mariage entre esprit et harmonie. Entre humour et mélodie, si vous préférez, tirant parti de tout ce qui lui tombe sous la main. Conventionnel et non conventionnel. Basique et technologique. Avec pour résultat une discographie dont l'éclectisme est le maître-mot. En 1994, John Flansburgh et John Linnell en sont revenus à une formule moins insolite, en engageant des musiciens extérieurs, parmi lesquels John Maby (Joe Jackson Band), les ex membres de Pere Ubu, Tony Maimone et Brian Doherty, seront les plus sollicités. Depuis 1996, le tandem s'est cependant montré très discret. John Linnell a bien signé un elpee solo et T.M.B.G. fait l'objet d'un 'live'; mais toujours pas question de nouveau disque studio. "They got lost" est sans doute destiné à nous faire patienter. Mais 8 ans, ça fait un peu long à attendre…

The Thermals

More Parts Per Million

Ces derniers mois, Sub Pop revient joliment à la charge, alors qu'on croyait le label en perte de vitesse depuis la fin des 90's : Hot Hot Heat, Kinski, Fruit Bats, Pleasure Forever, et maintenant ces quatre rockeurs de Portland, déjà nos amis. The Thermals qu'ils s'appellent, et leur musique est chouette : du garage-punk DIY enregistré sur un quatre-pistes dans la cuisine du chanteur. Eux préfèrent qu'on décrive leur rock vintage comme du " No-fi " : d'accord, mais paraît qu'il faut les contacter pour employer leur vocabulaire… Et si c'était de l'antigarage ? Ces distorsions constantes, du chant (entre John Lyndon et Jeffrey Lee Pierce), des guitares et de la batterie (une casserole ?) : on croirait presque entendre les Moldy Peaches jouer du punk ou les Buzzcocks répéter dans un tambour de séchoir (qui tourne vite). En à peine une demi-heure, The Thermals saccagent le rock, salissent le punk et tabassent le grunge : une vraie tuerie. Tout cela, n'empêche les maux de tête et les baffles qui grésillent, se déguste avec joie. ‘Very fucking listenable’, comme ils le disent eux-mêmes.

 

Therapy?

High Anxiety

D'accord, Therapy ? n'a plus rien à prouver… Depuis leur séminal " Troublegum ", les Irlandais ont essuyé pas mal de plâtres : changement de batteur (Fyfe Ewing, puis Graham Hopkins, et maintenant Neil Cooper), bides retentissants (" Semi-Detached ", trop propret), relégation en seconde division rock'n'roll,… Mais Andy Cairns et sa bande n'ont que faire des changements de mode : leur sous-estimé " Suicide Pact - You First " (1999) annonçait d'ailleurs le garage-punk revival de ces derniers mois, sans que personne n'y ait pourtant jeté une seule oreille. Therapy ? a beau être une affaire de nostalgiques, c'est toujours avec joie qu'on retrouve leur power-rock bien troussé, aux refrains imparables et à l'énergie débordante. D'autant que ce nouvel album pourrait bien renouer avec le succès d'antan, à cette époque bénie où " Nowhere " et " Die Laughing " squattaient les charts et faisaient trembler les pâturages de nos festivals d'été. C'était peut-être vite dit, mais pour toute une cohorte de fans de rock sympa et accrocheur, Therapy ? était alors le meilleur groupe du monde. 2003 : tout ça sent un peu le moisi. Ce que l'on trouvait burné en 1995 passe aujourd'hui, chez les ados, pour de gentilles berceuses. Qu'à cela ne tienne, Therapy ? n'a pas dévié de son obsession originelle, celle de composer le tube pop-rock ultime, qu'on chantonne sous la douche en moulinant des bras. Les nouvelles claques signées Therapy ? s'appellent ainsi " Stand In Line ", " If It Kills Me ", " Nobody Here But Us ",… Il y en a d'autres, aux influences revendiquées (les Ramones, les Buzzcocks, voire Joy Division), et même un titre de plus de cinq minutes, carrément diabolique (" Rust "). Therapy ? se marre, comme toujours, et nous aussi. D'accord : Cairns et Co. ne se réinventent guère, pas plus qu'ils ne s'intéressent aux nouvelles technologies et à ses genres dérivés (l'électro n'est pas encore au programme), mais là n'est pas la question. La seule chose qui compte, c'est qu'on s'amuse pendant quarante minutes, en se foutant pas mal des tendances et du reste… Et dans ce domaine, Therapy ? reste une valeur sûre.

Hans Theessink

Next morning at Sunrise

Écrit par

Inspiré depuis toujours par Big Bill Broonzy, Brownie McGhee et Leadbelly, Hank bourlingue depuis fort longtemps sur la route de blues. Son premier disque date d'ailleurs de 1970. Un Ep intitulé "Next morning at Sunrise". En 1986, il rencontre Jon Sass à la Nouvelle Orleans. Un joueur de tuba en compagnie duquel il enregistre "Baby wants to boogie". L'originalité de ce duo va enchanter les milieux du blues. A ce jour, Hans a commis un nombre important d'elpees, parmi lesquels il faut surtout retenir "Hard road blues" (94), "Crazy moon" (95) et "Lifeline" (98), ce dernier flanqué des Holmes Brothers. "Songs from the Southland" constitue un hommage aux bluesmen d'hier qui l'ont tant marqué dans sa peau de chantre. A ses influences, si vous préférez. Hans possède un registre vocal particulièrement ample. Grave sa voix est en permanence chargée de vécu. Claire, elle peut sans aucune difficulté s'élever dans la tonalité et la sensibilité. Tout au long de ce répertoire issu du sud des Etats-Unis, il veut nous faire revivre une large part de l'histoire du blues.

L'opus s'ouvre par "St James infirmary". Une interprétation limitée à sa voix et ses cordes. Signé Leadbelly, "My girl" libère une fameuse dose d'émotion. Le dobro est clair. Les voix féminines arrivent à propos. L'effet est très réussi. L'artiste a fort bien assimilé les différentes techniques de l'épopée du blues d'avant-guerre, mais aussi d'aujourd'hui. Il le démontre tout au long du fameux "Mercury Blues" de KC Douglas. Mais aussi de "A hundred and ten in the shade" signé John Fogerty, l'imparable leader du Creedence Clearwater Revival. La basse de Danny Thompson est omniprésente. Les voix féminines répondent au ton grave de Hans. Une cover vraiment étonnante ! "From four til late" de Robert Johnson et "61 Highway" de Fred McDowell, tout au long duquel il prouve qu'il a assimilé parfaitement la technique du maître du bottleneck, témoignent de son admiration pour les deux grands. Nous pouvons distinguer le timbre particulier du tuba de Jon Sass sur "He was a friend of mine" et "Green green rocky road". Par les vertus du rerecording, la densité sonore est souvent amplifiée. Celle procurée par les deux guitares atteint même des sommets sur le "Hard time killing floor" de Skip James. Theessink continue d'entretenir ce tribut, jusqu'aux dernières notes de l'album. A l'instar de "M&O Blues" de Willie Brown, "Hesitation blues" de Rev Gary Davis, ainsi que de "Frankie & Albert" de Mississippi John Hurt. Nonobstant une voix quelque peu lassante, cet elpee demeure de bonne facture. Mais il est vrai que ce travail a été opéré avec tellement de passion. Et puis, il met en valeur la musique qui a séduit l'artiste…

Tes

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Tout au long de ce premier album solo, Tes compile le meilleur du hip hop actuel : samples inventifs, ambiances cinématiques, phrasé percutant et incisif, paroles tranchantes, beats old school, rythmes incendiaires,… Ce natif de Brooklyn réussit l'énorme gageure d'à la fois sonner pop et underground, de réconcilier tous les clans, des fans de rap noceur aux tenanciers de l'avant-garde sous-terrain (l'axe Anticon/Def Jux/Mush). L'entreprise Lex commence donc à porter ses fruits : après la compile " Lexoleum ", brillant faire-valoir du hip hop le moins putassier (voir chronique), la succursale de Warp lâche ses premiers poulains dans l'arène. On parierait bien 100 contre 1 sur Tes, un sacré bon cheval : sans baisse de régime, l'animal franchit tous les obstacles avec une aisance d'outsider qui n'a rien à perdre. Sur " In The City ", le New-Yorkais donne ainsi sa version du 11 septembre, étonnamment frivole : des samples joyeux, des cuivres dansants, et cette voix, tendue, nasillarde, comme si Mike Skinner (The Streets) avait déménagé à Brooklyn. Après ça se corse, avec trois titres plus sombres, dans la veine du label d'El-P : les (gros) sons plombent l'ambiance, qui n'est plus à la fête… On se croirait presque dans la quatrième dimension (l'excellent " Fool Time "). Le plus surprenant chez Tes, c'est cette habileté à jongler avec les styles, à nous plonger d'un titre à l'autre dans de nouvelles atmosphères, soit futuristes (" Trigga Da Whistla ", à la Beans), soit old school (" Late To Work ", feat. LoDeck). D'une profondeur insoupçonnée, son rap accroche dès les starting-blocks : en 30 minutes top chrono, Tes aligne ainsi douze petites bombes. Record à battre, les paris sont ouverts.

Terraplane

Bound by love

Écrit par

Drivée par le chanteur harmoniciste Foster Willey Jr depuis sa création, en 1995, Terraplane est une formation issue de la scène bien vivante des "Twin Cities", Minneapolis et St-Paul. Foster est un fervent admirateur de la scène du Chicago blues ; et en particulier de Sonny Boy Williamson, Little Walter et Paul Butterfield. "Bound by love" constitue le tout premier album de Terraplane.

La plage titulaire ouvre l'opus. L’harmonica est bien tonique. Proche du style de Slim Harpo, ce style adopte la même trame funky que "Scratch my back". Appuyée sur le riff progressif de "Help me", "Don't lie" est une très bonne plage. Mark Vandermyde marque le rythme de son orgue Hammond B3 à la tonalité envoûtante. Foster n'a pas une voix bien puissante ; un rien chevrotante, elle convient cependant bien à ce "Don't lie". Instrumental, "Everything's uptight" swingue à souhait. L'empreinte est très jazz. Les différents solistes viennent, tour à tour, se présenter : Foster à l’harmo (NDR : son jeu est fortement influencé par Little Walter), Mark au piano électrique et Dave Hofgren à la guitare. Autre instrumental, "Come-n-home baby" trempe dans un jazz assez exotique. Le leader souffle dans l'harmonica chromatique pendant que l'orgue Hammond évolue dans un registre proche de grands claviéristes tels que Mc Griff et McDuff. Hofgren, qui reconnaît également pour influences majeures le jazzman Scott Henderson et Frank Zappa, s'en sort avec tous les honneurs. L’elpee recèle trois covers incontournables. Tout d’abord le "Hardway" de T-Bone Walker". Souligné d’arrangements particulièrement chatoyants, il permet à chaque soliste de se manifester brillamment sur le devant de la scène. "Little Angel (precious)", ensuite. Signé Annie Lennox (Eurythmics), ce fragment a subi un traitement légèrement funky. Constituée de Jon D Donovan à la basse et de Rey Rivera à la batterie et aux percussions, la section rythmique soutient bien l'ensemble. Ce qui n’empêche pas le morceau de s’achever au rythme du calypso. Le "Tilt-a-whirl" de Jimmie Vaughan enfin, un track enregistré ‘live. La machine est parfaitement huilée. La cohésion entre les musiciens est irréprochable. "She takes my love" est une ballade bien délicate. "We tumbled down", un boogie classique tout au long duquel l'harmonica arrache fiévreusement. Cet opus est d’excellente facture et son niveau musical particulièrement élevé. Nonobstant ces incontestables qualités, la voix de Foster manque encore de maîtrise pour conférer une véritable personnalité à ce Terraplane.

Terranova

Peace Is Tough

Pas exactement un nouvel album, ni une compile, " Peace is Tough " se veut en fait un parfait condensé de ce que Terranova fait de mieux, à savoir de l'électro pour danser sans paraître trop bête, bref de la techno pas gogo, qui s'écoute aussi bien chez soi qu'en discothèque. Conçu comme un album à destination des néophytes (les pauvres !), " Peace is Tough " rassemble donc tous les ingrédients qui ont forgé l'image et la réputation du groupe de Berlin : des beats incendiaires, des invités de marque (Cath Coffey des Stereo MC's et Ari-Up des Slits) et des gimmicks funky, le tout bien secoué pour faire péter l'ambiance. " No Peace ", le titre d'ouverture, démarre pourtant dans la soie, par ses chœurs languides et ses cuivres chaloupés… Juste le temps que le moteur chauffe et lâche enfin les gaz, sur " Rhythm Without a Pause " et les frénétiques " Addict " et " Get It On ". De toute façon, Terranova n'a pas peur des contrastes : un morceau comme " Rockmongirl ", plein de guitares rock, précède un " Walk With Me " presque chill out, avant le retour des grosses basses et des BPMs à plein régime. Cinq inédits et six remixes : il n'en faut pas plus pour devenir fan de Terranova, dès la première écoute. Quant aux autres, ils dansent déjà depuis belle lurette. Il serait bien dommage de ne pas les rejoindre.

Jimi Tenor

Higher Planes

On connaît Jimi Tenor comme un musicien hors normes, sorte de Dr. Funkestein un peu foldingue qui manie orchestres, BPMs et humour potache avec une certaine dose de talent… et de kitscherie. Depuis le jazz-électro bon marché (mais très gai) d'" Intervision " en 1996, le Finlandais s'est essayé, avec plus ou moins de bonheur, au funk (" Organism ", 1999), au bazar à cordes et à cuivres (" Out of Nowhere ", 2000), bref à tout et n'importe quoi. Après un bref retour à la maison-mère (Säkhö, le label électro de ses débuts), Jimi Tenor a quitté Warp (les trois albums cités plus haut) pour Kitty-Yo, refuge allemand de Peaches et de Gonzales. Pas étonnant quand on sait l'amour que porte Tenor pour le décalé, le sexy, les capes à paillettes et les pitreries en tous genres. Pour son nouvel album, " Higher Planes ", Jimi se la joue tout à la fois Frank Zappa, Caravan, Georges Clinton, Lalo Schifrin (" Dirty Jimi "…) et Weather Report - traduisez : funk, prog, soul, free jazz et musique de film. En ayant convoqué, une fois n'est pas coutume, tout un orchestre déjanté, Jimi Tenor ne donc s'est refusé aucun caprice… Ou comment ressusciter l'esprit ‘big band’ seventies, cette époque tant bénie où l'on osait encore toutes les fusions, même celles les moins fréquentables. Peu taillé pour les radios, cet " Higher Planes " sonnerait donc comme du Hawkwind revu et corrigé par Chick Corea en pleine descente d'acides. Une chose est sûre : hors des modes et des diktats FM, Jimi reste toujours aussi largué. Et c'est pour ça qu'on l'aime.

Tena

Vivant

Tena vient de chez nous, existe depuis 1995 et a déjà donné plus de 200 concerts, dont les premières parties de Jeff Bodart, PPZ30 et Machiavel. Bref, que du beau monde ! Autant vous prévenir de suite : le groupe pratique un rock variet'. Non pas de la pire espèce, mais juste d'un intérêt limité. Des guitares grandiloquentes, des mélodies bateau, des paroles pleines de jeux de mots douteux (" Laissons Lucie Faire " : elle est bonne), un accent irritant, et une pochette bien laide. En plus s'appeler Tena, ce n'est pas très joli : ne manque plus qu'un " i ", et bonjour le ver solitaire.

 

Telefunk

You´re the driver, I´m the singer

Avant Telefunk, Simon Pieters-Holsbeek et Arnoudt D. Pieters jouaient du rock sous le nom de Cords. Depuis 1999, ils ont troqué les guitares contre des samplers et des synthés, sans pour autant devenir plus perfectionnistes. Le lo-fi, ici, a la vie dure : Simone, moins gueularde qu'Anouk ou Krezip (ils sont Hollandais), tente de singer Louise Rhodes et Roisin Murphy, avec un filet de voix bien approximatif. A vrai dire, elle chante bien faux (" Atlantic City ", " Goodbye Tiger "), et ce n'est pas les samples, simplets et clichés, qui la soutiennent dans ses jérémiades… En ce sens, le trip-hop de Telefunk est à l'image de la pochette signée Arnoudt : fade, amateur et bon marché. Mais surtout, honteusement peu inspiré : " Sleepy Time " sonne comme du Broadcast de série Z, " My Lazy Ears " (tu parles !) tente de copier, avec ses accordéons, le " I Miss You " de Björk, " Light In My Hand " voudrait piétiner les plates-bandes drum'n'jazzy de Lamb,… Seul " Transformation of Time ", sous ses airs de Mazzy Star/PJ Harvey plongé dans un bain de BPMs cotonneux, sauve la mise. Le dernier morceau, " Wishingwell ", une complainte à la slide guitar assez pelante, nous endort pour de bon. " It's sleepy time, just one more song ", susurrait déjà la Simone au début de l'album… Euh, ça ira comme ça, merci.

South San Gabriel

Welcome convalescence

Écrit par

South San Gabriel est le projet de Will Johnson, le leader de Centro Matic. Il y consacre ses chansons les plus calmes, les plus mélancoliques. A sein du line up, on y retrouve, bien sûr, ses fidèles musiciens. C'est à dire Matt Pence, Scott Danbom et Mark Hedman ; mais également quelques invités de marque. Chris Pladival, le percussionniste/bruitiste de Stumptone qui avait participé à l'enregistrement du précédent opus, a cédé le relais au joueur de pedal steel Joe Butcher (Pleasant Groove), à celui de slide Brent Bent (Slobberbone), ainsi qu'au guitariste Bryan Vandivier (Wiring Prank). Première constatation, la technologie moderne y est plus présente. Un peu comme sur le fameux album de Wilco, " Yankee hotel foxtrot ". Et la comparaison n'est pas usurpée ! Des pépiements électroniques parsèment ainsi l'opus. Et en particulier sur l'angélique " New Brookland ". Ensuite, chez " Everglades ", une compo de plus de 8 minutes qui parvient à conjuguer vibraphone et steel. Des pépiements qui me font penser au clapotis de l'eau qui caresse le rivage avant de se transformer en battements de cœur. Epique, subtile, la mélodie de cette chanson me fait, en outre, penser à un Neil Young circa " Heart Of gold ". " Smelling medicinal " et de " The splinter angelic " constituent cependant, et à mon goût, les deux meilleures compositions de l'elpee. La première parce qu'elle est à la fois belle et contagieuse. La seconde parce que, tout en épousant la formule du crescendo, elle parvient à trouver le parfait équilibre entre violon grinçant et guitare acoustique, sur fond de bruitages, palabres et de feedback. Un crescendo qui balise également " Saint Augustin ", une plage hantée par un piano tellement limpide. " Ariza/184 " constitue le titre le plus curieux. Will y chante a cappella sur crachotements sonores. Tout au long de ces chansons spectrales, déchirantes, visionnaires, dont les lyrics parlent de séparation, de désolation, de désespoir et de mort, on a l'impression que Will chante dans son sommeil. Des mélodies aux lyrics sombres, poétiques, qui se consument lentement au cœur de paysages claustrophobiques et poussiéreux. Un bien bel album !