Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Idlewild

The remote part

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Nonobstant des prestations scéniques toujours aussi dévastatrices, cet ensemble écossais commet des disques de plus en plus pop, de plus en plus clean. On avait d'ailleurs déjà pu le constater sur l'une ou l'autre composition de son deuxième opus, " 100 broken windows ". Et à l'issue de l'écoute de son troisième, " The remote part ", le doute n'est plus permis. En fait, toute l'adrénaline punk, toute l'énergie pure, est ici canalisée à travers des mélodies contagieuses que ne désavouerait pas un REM du début des 90's. Et c'est tout à fait évident chez de nombreux fragments de cette plaque. A l'instar de " Life in a hiding place ", de " Century after century " ou encore de " Tell me ten words ". Même les plages les plus agitées adoptent un profil hymnique. Comme sur le post grunge, 'cobainesque', " A modern way of letting go ", du nouveau single potentiel " (I am) what I am not ", du fiévreux " Stay the same ", de " You held the world in your arms ", un morceau irrésistible traversé par un violon emphatique, ou encore du final " In remote part/Scottish fiction ", un final qui s'ébroue sur un profil acoustique avant de glisser vers la noisy. On a même droit avec " American english " à une ballade qui se consume lentement. En fait, toutes les chansons ont été écrites sur des guitares acoustiques, avant de prendre leur forme définitive. Ce qui explique, sans doute, pourquoi un feeling si délicat hante toutes les mélodies, mais peut paraître étonnant, lorsqu'on sait que les lyrics sont toujours aussi critiques et lucides, ne se contentant pas de poser des questions, mais également d'y répondre... Personnellement, j'ai un petit faible pour " I never wanted ", surtout à cause de ce refrain lancinant qui me rappelle tellement le Psychedelic Furs. Et ça, c'est un compliment ! Un chouette album.

 

Immortal

Sons of Northern Darkness

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Septième œuvre du trio norvégien, "Sons of Northern Darkness" est également la première plaque du groupe pour l'écurie Nuclear Blast. Produit par Peter Tatgren, l'album perpétue la tradition du black métal pure souche. Sobre, froid et insidieux, il parvient à transcender un style rendu trop populaire, pour les puristes, par les stars de Cradle Of Filth. Sans sombrer dans le mauvais goût et l'imagerie tape à l'œil de ses frères d'armes, Immortal démontre ici parfaitement à quel point ce style, qui nous est si cher, est bien une musique de passionnés. Inutile de chercher un hit quelconque ou une tentative d'approche pour séduire un public plus large, Immortal demeure le groupe authentique vénéré par ses fans. Pourtant, si certaines plages épousent des rythmes plus lents et des tempos inhabituels, l'identité du trio infernal reste reconnaissable dès le premier riff. Le virage amorcé par "At the heart of the Winter" a assis Immortal dans la cour des grands. "Sons of Northern Darkness" est sans nul doute son album le plus abouti.

 

Impact

Rêve obscur

Ce groupe d'amateurs de la région de Saint-Vith n'a pas peur du ridicule : lyrics simplistes aux rimes éculées sur fond de riffs poisseux et sans attrait, batterie sourde et mélodies pompettes de midinettes, leurs morceaux n'auront guère d'impact, si ce n'est auprès des ados en pleine crise de puberté (et encore !). Mais pardonnons à ces jeunes gens (en moyenne 20 ans) leurs grosses fautes de goût, puisqu'ils y mettent tout leur cœur. Elise, chanteuse à la voix de (Vanessa) Paradis, a d'ailleurs l'air fort charmante : dommage que ses textes sur le viol (" Blessée "), les drogues (" Fuite ") ou le suicide (" Lui, l'enfant ") ressemblent à une dissertation de classe primaire, ou paraissent s'adresser à son doudou ou son journal intime. Sorte d'exorcismes d'une fille en mal d'amour et de compréhension (le lot de toute ado de18 ans, en somme), les chansons d'Impact ne nous touchent donc guère, d'autant plus que l'ingénieur du son semble lui aussi avoir l'âge de jouer au papa et à la maman dans la cour de récréation. Le son est très approximatif et la voix, déjà peu assurée, se noie sans cesse dans le vrombissement des guitares et le bourdonnement de la batterie ; bref c'est du gros cafouillis. Le clou du CD : une chanson sur Kenny (si, si, le gamin de South Park !), et même une chanson en anglais, histoire de prouver aux copains et au prof de langue que l'excursion à Douvres, c'était chouette et instructif … Résultat du bulletin : 14/20 pour l'application, 17/20 pour la sincérité, 10/20 pour la musique. Oh, pas cool, une balance !

 

Indochine

Paradize

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Les aficionados d'Indochine seraient-il d'éternels teenagers ? Possible, mais une chose est sûre, ces ‘teenagers’ sont d'une fidélité exemplaire. A un tel point que le groupe peut se targuer de cumuler quatre décennies de fans. Difficile d'en expliquer la raison. Peut-être parce que la musique du groupe est intemporelle. Symbolisant une forme d'adolescence éternelle. Et en puisant tour à tour dans le rock, la new wave, la pop, la chanson française et parfois dans la variété, elle essaie en quelque sorte de jouer sur les ambiguïtés.

L'ambiguïté a d'ailleurs toujours été un des fils conducteurs de la musique d'Indochine. Pourtant, après les départs de Bodianski en 84, de Dominique Nicolas, qui était alors le principal compositeur, en 94, et le décès de Stéphane Sirkis en 99, la formation aurait pu disparaître. Il faut croire que les épreuves ont renforcé la popularité du groupe. Si Nicola est le seul survivant du line up initial, il a pris soin aujourd'hui de s'entourer de redoutables collaborateurs. Et tout d'abord de celui d'Olivier de Sat, qui est devenu le compositeur principal de la formation.

Pour enregistrer " Paradize ", la formation a également reçu le concours de Garreth Jones (Depeche Mode) à la coproduction. Des chansons sont même signées par des compositeurs de premier choix, tels que Gérard Manset, Ann Scott ou Valérie Rouzeau. Melissa Auf der Maur (Hole) partage même un duo avec Nicola sur l'intimiste " Le grand secret ". Une chanson à vous flanquer des frissons partout. Indochine n'a pas oublié ses compositions classiques de type hymnique. Et je pense tout particulièrement à " Mao boy ! ", qui mêle synthés organiques et arrangements de cordes, " La nuit des fées ", abordée davantage dans l'esprit de " Dancetaria ", ou encore " Posptitute ". Mais le plus intéressant procède des morceaux les moins habituels. A l'instar du percutant titre maître. Fruit de la rencontre du métal et du synthé pop, ce fragment est finalement plus proche de Paradise Lost ( ?!?!?) que de Depeche Mode. De métal il en est encore question sur " Marilyn ". Si vous pensez à Marilyn Manson, vous n'avez pas tout à fait tort. Le tempo de ce fragment est même très glam. Mais les lyrics incitent à la vie, pas à la mort. Nuance ! Des guitares, beaucoup de guitares sur cet elpee. Ténébreuses, spasmodiques, sur fond noisy, elles sculptent " Electrastar " sur un mode post punk digne de Placebo. Cold, atmosphériques, gémissantes, elles hantent " Le manoir ", du spectre de Cure. Tout comme sur l'incantatoire " Dark ", d'ailleurs. La new wave n'a pas été oubliée. Single potentiel réminiscent de l' " Aventurier " ou de " Canary bay ", " Punker " en est la plus belle illustration. Même le motif de guitare est légèrement reverb. Atmosphérique, énigmatique, cette new wave devient même parfois complexe, comme chez " Comateen I ". A cause des flambées d'électricité entrecoupées d'envolées mélodiques, un peu comme le pratiquait le trop méconnu Berlin Blondes, début des eighties. Tout aussi complexe, infesté d'accès de moog, " Dunkerque " opère d'incessants changements de rythmes. Sur fond de claviers caverneux, la ballade " Like a monster " permet à Nicola de stigmatiser… " Star Academy " (NDR : Bien vu !). Et si en final (" Un singe en hiver "), Indochine jette un coup d'œil dans le rétroviseur, la plus belle chanson demeure à mes oreilles, " J'ai demandé la lune ", une composition déjà sortie en single, qui deviendra, c'est une certitude un classique. Une mauvaise nouvelle quand même, une édition limitée de ce CD propose deux titres supplémentaires et un Dvd. Mais la quantité est limitée. Faudra se grouiller…

 

George Harrison

Brainwashed

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George Harrison est décédé le 29 novembre 2001. Deux mois plus tôt, il travaillait encore sur les sessions d'enregistrement de nouvelles chansons, destinées à la confection de ce " Brainwashed ". Peu de temps avant sa mort, il avait chargé son fils Dhani et son ami et producteur Jeff Lynne, de mettre en forme cet opus. Précisant qu'il souhaitait en conserver le son brut, proche de ses démos. On ne peut pas dire que le message soit bien passé. Jeff a bien réussi à mettre en valeur les accords gémissants de sa guitare solo (NDR : pensez à " While my guitar gently sweeps "), ses parties de slide et puis la voix tellement fragile, bouleversante de George. Malheureusement le son est surproduit. Conséquence : l'aspect émotionnel est totalement dilapidé au profit de la forme des compositions. Parfois on a l'impression de retrouver le son lissé des Travelling Wilburys,que Lynne a fréquenté. On ne voit donc pas trop l'intérêt. D'autant plus qu'il n'y a plus la participation de Dylan, de Roy Orbinson, ou encore de Tom Petty. Faut croire que l'ex ELO en avait encore la nostalgie. A mon avis faudrait peut-être demander à un Rick Rubin de recommencer le travail. Le résultat serait beaucoup plus intéressant. Maigre consolation, cet elpee devrait constituer un cadeau de Noël idéal, à offrir à vos grands-parents.

 

Juliana Hatfield

The Juliana Hatfield Collection (Gold Stars / 1992-2002)

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Honnêtement, je dois avouer avoir été surpris de voir atterrir une compilation consacrée à Juliana Hatfield. Tout simplement parce que j'imaginais qu'elle était disparue du circuit musical. Mea culpa ! En fait, après avoir vécu une expérience underground fort intéressante chez les Blake Babies, enregistré un formidable premier album en 1992 (" Hey babe "), en compagnie notamment d'Evan Dando des Lemonheads, puis un tout aussi excellent second opus (" Become what you are ") l'année suivante (NDR : sur lequel figurait le single épatant " My sister "), Juliana a embrayé par un album d'honnête facture (" Only everything ") en 1994, mais beaucoup trop prévisible. Résultat des courses, le label major sur lequel elle avait été signée n'a pas voulu sortir le suivant (" God's foot "). Il n'est d'ailleurs jamais paru. Deux fragments de ce disque figurent sur ce recueil : le somptueux " Mountains of love ", enrichi d'arrangements de cordes ; et le percutant " Fade away ". Ah oui, pour ceux qui l'ignoreraient, Juliana Hatfield appartenaient au mouvement " riot grrrrl ", qui a accouché de groupes féminins lorsqu'il n'était pas drivé par des filles. Parmi lesquels les plus illustres répond(ai)ent au nom de Breeders, Veruca Salt ou encore L7 (NDR : encore que ce dernier était plus riot que grrrrl...). C'est à dire des formations responsables d'une musique capable de passer de la tendresse au fanatisme, de libérer un groove viscéral irrésistible et dont les lyrics cryptiques ou caustiques reflétaient un engagement certain pour les droits de la femme. Bref, après les déboires connus au cours de l'année 96, Juliana est retournée dans la marge de l'underground. Ce qui ne l'a pas empêchée de continuer à graver des albums. A ce jour, elle en a même commis sept, sans tenir compte de ceux qu'elle avait réalisés chez les Blake Babies. Et à travers cette compile, on se rend compte que ses chansons ont toujours la même pêche. Seuls les quatre dernières chansons, enregistrées en 2001 et pas encore sorties me paraissent un peu fades. C'est peut-être la raison pour laquelle elles sont demeurées à l'état de démo. Le recueil épingle également une cover de Police (" Every breath you take ") et une autre de Neil Young (" Only love can break your heart "). Deux adaptations, ma foi, fort bien réussies. Mais le fragment que j'ai le plus apprécié s'intitule " My protégée ". Un morceau digne du meilleur Lynyrd Skynyrd, qui figurait sur l'album " Juliana's pony ". A quand une reprise de " Sweet Alabama " ?

 

Haven

Between the senses

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Ce quatuor insulaire nous vient de Cornwall, en Angleterre. " Between the senses " constitue son premier album. Un disque qui a bénéficié de la production de l'ex guitariste des Smiths, Johnny Marr. Ce qui explique sans doute pourquoi, les vocaux et les guitares tissent alternativement les mélodies et les contre-mélodies. Des vocaux assurés par un certain Gary Briggs, dont le falsetto éthéré évoque tantôt Thom Yorke, Matthew Bellamy et bien sûr feu Jeff Buckley. Et des six cordes conjuguées par le tandem Briggs/Watson, sur un mode britpop. Vous pensez à Muse et au Radiohead de la moitié des nineties ? Vous avez raison. A cause de cette intensité électrique luxuriante communiquée par ces cordes de guitares tour à tour bringuebalantes, sauvages, torturées, vivifiantes, houleuses, tempétueuses, mais toujours savoureuses. Et puis de ce sens hymnique particulièrement contagieux, mélancolique et tellement britannique. Pourtant, les dernières compositions de l'opus évoluent sur un mode semi-acoustique. Elles sont même parfois même tapissées de légers motifs psychédéliques. A l'instar de la superbe ballade " Is this bliss ". Un psychédélisme qui hante également le superbe denier morceau de l'elpee, " Holding on " ; mais un psychédélisme atmosphérique, tourmenté, raffiné, réminiscent du Verve de " A storm in heaven ". Bref, si cette plaque n'apporte pas grand chose de neuf, elle ne manque ni de charme, ni de fraîcheur…

 

Blake Hazard

Little Airplane

Blake Hazard est l'arrière-petite-fille de l'écrivain Francis Scott Fitzgerald : sa musique devrait donc dégager un parfum de préciosité, bien ancré dans l'Amérique profonde. Et c'est vrai qu'à l'écoute d'" Everybody Knows ", la chanson qui ouvre son album, difficile de ne pas penser à l'atmosphère langoureuse de Mazzy Star ou d'Elysian Fields, autres groupes de filles qui font rimer mélodies avec poésie. Pourtant, la voix de Blake, malgré ses accents sadiens, ressemble davantage à celle de Tanya Donelly que de Jennifer Charles, tandis que les notes sur lesquelles elle fredonne renvoient à une pop tout aussi doucereuse mais moins docile. Sur certains morceaux, c'est même Saint Etienne qui pointe le bout de son nez, sans doute à cause des retouches électro de Jack Dragonetti (alias Jack Drag), venu en renfort comme homme à tout faire. Quelques chansons devraient titiller les oreilles friandes de groupes à rockeuses, genre Eden ou Belly, mais dans l'ensemble, cela reste très gentil, peut-être même un peu trop.

 

Maximilian Hecker

Infinite Love Songs

Ce disque fait partie de ceux qu'une fois écouté, on ne quitte plus, persuadé de tenir là le Saint-Graal acoustique, l'œuvre pop ultime. Maximilian Hecker est pourtant un parfait inconnu : il y a deux ans encore, il faisait la manche dans les rues de Berlin, reprenant du Oasis sur sa guitare en bois. Aujourd'hui signé sur le label Kitty-Yo (d'habitude spécialisé en électro bien décalée), il rejoint au firmament pop des songwriters comme Tom McRae et Ed Harcourt, dont l'excellence mélodique n'est plus à prouver. L'album s'intitule " Infinite Love Songs ", et ce n'est pas pour rien : dès les premiers arpèges, on dirait que Maximilian nous susurre à l'oreille des mots d'amour ; sa voix cristalline s'immisçant dans notre cœur pour ne plus le lâcher. A un seul moment (" Cold Wind Blowing "), le vent se lève, et les guitares se fâchent, mais c'est pour mieux savourer l'accalmie qui suit, avec le splendide " Over ". Ce disque d'amour n'est pas à mettre entre toutes les mains : il se doit d'être apprécié à sa juste valeur, lentement, précieusement. Sans doute que seules les âmes au cœur tendre le comprendront, les autres ne prêtant à cette pop acoustique que des vertus lacrymales. Possible. Il ne vous reste dès lors qu'à choisir votre camp.

 

Martin Hederos & Mattias Hellberg

Together in the darkness

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Deuxième album pour ce duo constitué du claviériste de Soundrack Of Our Lives et du guitariste des Hellacopters ainsi que de Diamond Dogs. Et à l'instar de leur premier opus, les compositions sont partagées entre écriture personnelle et reprises. Non plus de Lou Reed, de Dylan, ni de Tom Waits, mais de Neil Young, Bob Marley, Kris Kristofferson, Jagger/Richards ; sans oublier la cover exceptionnelle du " Hang on to a dream " de Tim Hardin et une autre paradoxalement apaisante du " Non fun " des Stooges. En fait, les onze chansons de cet opus sont tramées dans la ballade mélancolique. Même les adaptations de titres les plus sauvages. Et le résultat est plutôt réussi. Surtout à cause du talent conjugué par les deux artistes. Martin, au piano. Un piano dont la pureté des sonorités vous donne des frissons dans le dos. Et puis Mattias à la guitare, à l'harmonica, et surtout au chant. Son timbre légèrement voilé, fragile, aux inflexions teintées de gospel et de blues, ne peut laisser indifférent. L'émotion à fleur de peau!

 

Richard Hell

Time

Richard Hell est l'une des figures les plus importantes du punk : Television, les Heartbreakers, les Voivoids sont autant de groupes entrés dans la légende grâce à la hargne et au talent de quelques allumés notoires, Hell en tête. Avec ses amis Tom Verlaine et Johnny Thunders, il portera le punk aux nues, puis au pinacle, hérauts d'une " blank generation " érigeant le " no future " en slogan dévastateur mais salvateur. Aujourd'hui, Queen Mum est morte, Johnny Rotten joue au fonctionnaire du show-business et les plus jeunes ne jurent plus que par Blink 182 : le punk est mort, les jeans Carhartt ont remplacé les épingles à nourrice. Heureusement, Hell est toujours là, et s'il ne sort plus de disques, il écrit des romans et des recueils de poésie, avec au centre les mêmes préoccupations qu'il y a 25 ans : le bitume, l'amour, les laissés-pour-compte. Cette double compilation propose des enregistrements inédits de " Chinese Rocks ", " Love Comes In Spurts " (l'une des premières chansons punk, composée avec Verlaine sous l'étiquette des Neon Boys) et des morceaux captés live au CBGB et à Londres en 77 et 78 (dont un duo, " You Gotta Love ", en compagnie d'Elvis Costello). Deux morceaux totalement inédits (" Time " et " Funhunt ") complètent la liste, de quoi faire de ce double CD un achat indispensable pour tout fan de punk qui se respecte. Seul bémol à cette entreprise d'intronisation bien méritée (Hell, LE premier punk) : la qualité exécrable des titres enregistrés au Music Machine de Londres. Mais comme on dit en terrain conquis : on est punk où on ne l'est pas.

 

His Name Is Alive

Last Night

Voilà un album de soul moderne qui vaut le détour, mais qui s'apprivoise seulement après plusieurs écoutes attentives. La musique d'His Name Is Alive naviguerait ainsi dans les eaux troubles du jazz et du trip-hop les plus aventureux, à contre-courant des dernières tendances lounge et nu-jazz, chimères marketing bonnes pour la poubelle. Pourtant, le précédent opus du groupe, " Someday My Blues Will Cover Your Heart ", en avait laissé plus d'un de marbre, sans doute à cause de sa couleur r'n'b " à poil commercial ", et de la voix de Karin Olivier. Cette fois, Warn Defever s'est adjoint les services de Lovetta Pippen, dont la teinte vocale n'est pas sans rappeler celles des plus grandes divas de la musique noire. " Last Night " charrie ainsi son trop-plein d'âme sur les rives enchanteresses de la soul, avec quelques escapades en terrain jazz (" Someday My Prince Will Come ", " Train "), voire rock (" Storm ", hommage élégant au Voodoo Child). Vous l'aurez compris : difficile de ne pas succomber à ce disque aux charmes lents mais tenaces... Laissez-vous tenter !

 

The Hives

Veni Vidi Vicious

Écrit par

Cet album était déjà paru en 1999 ; mais vu le succès récolté l'an dernier par le 'best of' " Your new favourite band ", en Angleterre, Burning Heart a décidé de rééditer ce " Veni Vidi Vicious ". Le deuxième elpee du groupe, puisqu'en 1997, il avait commis " Barely legal ". Les Hives nous viennent de Suède, et non pas de Detroit ou de New York, comme cet opus aurait pu le laisser croire. Parce que leur musique surfe sur la même vague néo/punk/garage que celle des Strokes ou des White Stripes. Hormis le tropical et hawaïen " Find another girl ", les 11 autres fragments déboulent à une cadence infernale. Et ne dépassent jamais les 2'30. Ca déménage. Les refrains sont accrocheurs. L'énergie pure, rafraîchissante, sauvage. Les riffs de guitare abrasifs, décapants, jubilatoires. Mes coups de cœur vont cependant à l'hymnique " Main offender ", à " Hate to say I told you so ", dont la frénésie semble héritée en ligne droite de " Sticky fingers " des Stones, et au plus pop " Statecontrol ", que n'aurait pas renié les Fleshtones. Bref, du revivalisme bien dans l'air du temps…

 

Rick Holmstrom

Hydraulic groove

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Rick Holmstrom est né en 1965. A Fairbanks, dans l'Alaska. A 20 ans, il émigre du côté de Los Angeles. Et se met à écouter Smokey Wilson et Junior Watson. De 85 à 88, il tourne en compagnie de William Clarke. Puis de Johnny Dyer. Avec lequel il enregistre les albums "Listen up!" en 94 et "Shake it!" en 95. Il remplace ensuite le guitariste Alex Schultz, chez les Mighty Flyers. Ce qui ne l'empêche pas d'enregistrer son album solo. Intitulé "Look out!", il paraît chez Black Top en 96.

"Hydraulic groove" est un album très surprenant. Surtout lorsqu'on sait qu'il a été concocté par le guitariste des Mighty Flyers. A cause du recours à la technologie moderne, et en particulier à l'électronique et aux samples. Dès la plage d'ouverture, "These roads", on est d'ailleurs immédiatement mis au parfum. Il faut croire que le dénommé Genome (?) y est pour quelque chose, et même pour beaucoup. Pas parce qu'il assure les parties d'orgue, mais parce qu'il est responsable de la production. Très soignée cependant, il faut le reconnaître. Instrumental balisé par un riff exotique, "Bobo the Hobo" adopte un format reggae. La guitare magique de Rick est épaulée par les drums de Steve Mugalian et la basse de Jeff Turmes, pendant que l'orgue de Genome densifie l'univers sonore de cette plage. "Last to know" adopte une profil plus classique. Le chant de Rick est bien en place. Les percussions de Mugalian sont placées tout en avant de la toile sonore. La prise de son est signée Rob Schnapf, personnage qui a notamment bossé pour Beck, les Foo Fighters ou encore R.L Burnside. Eclatante, la guitare de Holmstrom affiche toujours ce côté vintage omniprésent. La pilule est plus difficile à avaler chez "Pee Wee's nightmare". Un cauchemar instrumental enregistré dans le garage de Mugalian. Exécuté par Turmes, mixé par Schnapf et produit par Genome, il souffre du trafic intense d'une guitare démesurée. Et ils remettent le couvert sur "Shake it". Le fragment démarre par un sample de la voix de Rufus Thomas, piqué lors d'une remise des WC Handy Awards ; et pourtant, croyez-moi, la guitare est de qualité! Rick chante le latino "My Maria", un morceau à la fois séduisant mais encore bien trafiqué. Toujours placées devant les autres instruments, les percussions de Mugalian accueillent "Back it up" dans un ballet de cuivres orchestrés par Jeff Turmes et Ronald Dziubla. La sonorité devient sourde pour introduire les nouveaux gadgets électroniques qui envahissent "Gravy". Cette compo aurait dû être un des sommets de l'album. Ce n'est pas le cas ! Dommage, car la guitare décolle progressivement vers des sommets. "Tell me" est une bonne composition agressive. La guitare est lacérée, hypertendue à l'excès. Le tracklisting de l'album se termine par l'excellent "I'm gone". Un shuffle qui semble sorti tout droit des 50s. Il aurait d'ailleurs pu garnir n'importe quel juke-box de l'époque, s'il n'y avait quelques artifices-maison et une panoplie de gadgets électroniques. Mais ce Cd nous réserve encore des surprises. Car il cache encore quelques bonus tracks. D'une durée de vingt bonnes minutes, s'il vous plait. L'orgue jazz de John Medeski improvise sur une base franchement funky tout au long de "Roll tape", ne cédant le relais qu'au sax très free de Ronald Dziubla. C'est le moment choisi pour relancer le "Shake it Part 2" afin d'abandonner le DJ Logix à son travail de remix. Pourquoi pas? "Knock yourself out" est un autre remix signé Genome. Et pour clôturer le tout, l'elpee s'achève par un fragment de 8 minutes intitulé "Hamp's hump". Honnêtmeent je préférais l'album précédent de Rick Holstrom. Sculpté dans le blues du futur, il est un peu trop expérimental à mon goût. Je vous conseille d'ailleurs de l'écouter avant de l'acheter…

 

Homelife

Flying Wonders

Drôle de zigoto que ce Paddy Steer, alias Homelife : en mélangeant allègrement beats funky, cuivres et cordes, pop psychédélique et trip-hop déjanté, ce musicien touche-à-tout (déjà croisé chez Lionrock et Yargo) réussit à concocter un sacré cocktail, certes parfois pesant, mais toujours explosif. On pense alors à Michael Kandel, cet autre hurluberlu à l'origine d'un album tout aussi fourre-tout, sorti il y a de ça cinq ans, sous le pseudo de Tranquility Bass. A l'époque, on n'osait pas trop s'avancer sur l'état de santé de Kandel… Toujours est-il que l'ermite baba-cool semble avoir bel et bien disparu, sans doute emporté par le tourbillon de références (‘Jefferson Airplane meets Wall of sound’, ce genre…) que suscitait à l'esprit l'écoute de son album… On souhaite moins de soucis à Paddy Steer, qui connaît mieux le showbiz et semble un peu moins frappadingue… Reste à voir si cet " Homelife Wonders ", déjà son troisième album (après " Homelife " et " Cho Cho "), sortira du cercle fermé des aficionados de musiques de traverse, d'autant plus que Ninja Tune n'est plus la vitrine promotionnelle d'il y a cinq ans… Cela dit, celui qui prendra la peine d'écouter cet album de bout en bout, malgré ses quelques baisses de régime, devrait rapidement l'adopter. Comme le disait notre ami Jules, ‘Alea Jacta Est’.

 

Hood

Cold house

Écrit par

Quelque part entre Auterchre et Mogwai, Hood pratique un electro post rock, qui intègre des éléments dub, jazz, rock, et même folk. Depuis, " Cold house ", faudra ajouter hip hop. A cause de la participation des rappeurs Dose et Why ?, qui dévissent habituellement chez Clouddead. Autrefois constitué d'un quartette, Hood est aujourd'hui réduit à un duo. Les frères Adams. Et si dans leur musique, ils ont encore recours à l'instrumentation basique (guitare électrique et acoustique, piano, drums, cuivres, basse, etc.), il faut reconnaître que la technologie moderne y est plus présente. Bidouillages électroniques, bourdonnements synthétiques, crépitements organiques, arrangements brumeux aboutissent à la confection de mélopées hybrides, filtrées dans les harmonies vocales frêles et cristallines. Des mélopées qui puisent dans la désolation et le dépouillement pour nous projeter dans un univers glacé, propice aux rêveries mélancoliques. Une œuvre qui au fil du temps se veut de plus en plus expérimentale, le tandem de Leeds justifiant ainsi sa volonté, son art et sa capacité à marier les contraires…

 

Jay Hooks

Red line

Écrit par

Né à Houston, dans le Texas, Jay est à peine âgé de trente ans. Avant d'entamer sa carrière solo, il a beaucoup tourné dans le backing band de la chanteuse Lavelle White. Son aventure en solitaire a commencé en 1997. Il commet alors l'album "Hooked up", chez Sunburst. Ce qui va attirer l'attention du label hollandais Maskot, pour lequel il sort alors en 2000, l'elpee "Jay Hooks". Pour enregistrer ce nouvel opus, il s'est entouré d'une section rythmique composée de la bassiste Maria Delprete et du batteur Jerry Gaskill. Il a, en outre, reçu le concours de Hadden Sayers à la production. Sur l'elpee précédent, nous avions déjà pu détecter l'influence majeure exercée par Jimi Hendrix. Elle se confirme sur "Red line". Jay joue sur une Gibson de couleur rouge, coloris reproduit sur la pochette de ce CD. On navigue ici au sein d'un rock blues d'une grande pureté ; et la formule du trio est idéale pour la pratique de ce style musical.

Jay entre dans le vif du sujet par "Burnin' up". Un rock shuffle solide. La guitare est saturée d'électricité. L'esprit hendrixien envahit "Last stand". Le travail est bien fait, comme à la belle époque de l'Experience. Mais il ne se limite pas à de la pure copie. Le ton est bluesy. La guitare en pyrotechnie contrôlée. Une plage qui devrait plaire aux fans du blues électrique! Partagé entre la voix sauvage à la Johnny Winter, les riffs lourds des guitares circa Z.Z Top et l'attaque toute en puissance d'un Leslie West à son meilleur niveau (NDR : pensez à "Mississippi queen"), "Once around the moon" libère un rockin' blues à la texane. Lancé à vive allure, "Cold natured thang" campe un boogie métallique. La slide qui remplit l'espace sonore me rappelle une nouvelle fois Winter. "Strong love" consume en son cœur un Memphis blues à la Albert King ; et lorsque la guitare se libère, elle assimile King à la manière d'Hendrix ou de Stevie Ray Vaughan. "Wicked wayward son" est un intermède roots acoustique. La machine repart de plus belle avec "Across the pond". Un morceau très Z.Z Top. A l'instar de "Lowlands". Un boogie mené comme le bon ZZ des années 70. En fin d'album, Hooks se rappelle son maître Hendrix, en sortant son blues lent chargé d'électrons? "Half hell & half voodoo" ressemble furieusement au "Red House blues" du maître. Et la reprise de "Freedom" d'Hendrix achève l'opus. Excellent dans le genre!

 

Hot Hot Heat

Knock Knock Knock (Ep)

En éditant cet Ep 5 titres, les Américains de Hot Hot Heat continuent dans leur lancée eighties, tendance new wave/disco pop. D'une fraîcheur instantanée rappelant à bien des égards (la voix, les mélodies) les Cure du tout début (" Three Imaginary Boys "), leurs chansons tape-à-l'œil feront le bonheur des amateurs de petites ritournelles pop bien enlevées. Robert Smith shooté à la cortisone et ses apparitions (fantômes) se faisant rare, il se pourrait que ces Hot Hot Heat (une référence à " Hot Hot Hot " ?) reprennent le flambeau… mais sans le côté corbeau cher aux curistes de tous bords.

 

Hot Rod Circuit

Sorry about tomorrow

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Découpé en 11 morceaux, "Sorry about tomorrow" est un bon petit album dynamique de pop/rock teinté de quelques légers accents punk. Un style que HRC maîtrise relativement bien, même si " Sorry about tomorrow " n'a pas la prétention de revendiquer le statut de l'album de l'année. Un style qui ne brille pas davantage par son originalité, mais qui a au moins le mérite de conjuguer efficacité et simplicité. Un style étiqueté " poppy emo music " versant dans le rock ! Autrement dit : 'poppy' pour son aspect pop et sucré ou encore parce les chansons sont diffusées sur toutes les ondes radios ; 'emo' pour émotions (bien sûr), mais éclaboussées de coloris plus durs, plus rock. Il faut donc déduire que leur musique est légère, joyeuse et riche en émotions ; mais à la différence de NSYNC ou des Backstreet boys, elle a davantage de pêche. Mais bon, nonobstant ces termes grandiloquents, il ne faut tout de même pas s'attendre à une révolution. Il n'y a d'ailleurs pas grand chose à dire sur le troisième elpee de cette bande venue du Connecticut. Ils sont 4 mecs qui se complaisent dans l'adolescence n'aiment pas trop se prendre la tête. Leur musique me fait même parfois penser à celle de Baby Chaos (NDR : encore que ces derniers privilégient l'aspect punk plutôt que pop ; ce qui n'est pas pour me déplaire). Bref, guère innovateur, " Sorry about tomorrow " démontre quand même que ce Hot Rod Circuit possède un certain " goût " musical, pour ne pas employer le terme 'talent'.

 

The House Of Destructo

Destructo Are Go !

Apparemment, il s'agit d'une bande originale d'un film de Sonny Weissmuller. Un inconnu au bataillon des cinéastes qui est sans doute sorti tout droit de la cervelle cramoisie de ces punks en salopette. A l'écoute de ce " Destructo Are Go ! ", il est pourtant facile de s'imaginer le film : du gore italien bien seventies avec des bimbos à poil (Argento ? Bava ? Jess Franco ?). Une bleuette pour motards amateurs de gros calibre et de gros seins (Supervixen ?). Un porno soft sur fond d'Easy Rider de série Z (starring Linda Lovelace ?). Tout cela à la fois, bien évidemment… Destructo are go ! Go pour en mettre plein les oreilles, go pour se la jouer sexe, drogues et rock'n'roll, go go go ! 25 minutes avec les turbines à plein régime : The House of Destructo fait rugir le Motör(head), sans jamais lâcher les gaz.

 

Houwitser

Rage From Inside The Womb

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A l'instar de Lock Up, qui rassemble des musiciens de Napalm Death et de Dimmu Borgir, Houwitser est le side-project de quelques membres de Sinister. Un projet dont la musique évolue quelque part entre death brutal et grind core. Outre l'aspect particulièrement grossier de sa solution sonore, piège dans lequel n'est pas tombé Lock Up, le combo pousse le bouchon vraiment très loin dans le style "goût douteux". Il introduit ainsi chacune des plages de cette nouvelle plaque par le speech d'un serial-killer, histoire de mettre l'auditeur au diapason ! C'est gore, sans relief, graveleux, mal produit, et ennuyeux. Tout le monde ne peut pas avoir la classe d'un Morbid Angel ou d'un Hypocrisy.