Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Scott Garth

Scott Garth

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Scott Garth est un type particulièrement cultivé. Il s'intéresse ainsi, aussi bien à la théologie, la mythologie, la psychologie que la littérature. Et voue un grand intérêt aux œuvres de Shakespeare, Kafka et Pierre Klossowski. Une culture qui influe inévitablement sur ses lyrics. Empreints de poésie, ils traitent de la condition humaine, de ses incertitudes des iniquités qui rongent notre vie quotidienne. Et il les reproduit à travers des chansons vaporeuses, mélancoliques, qu'il interprète d'une voix légèrement éraillée, mais bourrée de feeling, en s'accompagnant d'une six cordes acoustique. Pourtant, Scott n'est pas un adepte du folk pur et dur. Non, pour enrichir sa solution sonore, et surtout pour la rendre plus pop, il a pris le soin de s'entourer de musiciens de studio. Qui se partagent avec parcimonie, piano, guitare électrique, percussions orientales, drums, violoncelle et basse. Et le résultat ne manque pas d'allure, rappelant même parfois Elliott Smith voire Cat Stevens…

 

Mary Gauthier

Drag queens in limousines

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Outre-Atlantique, Mary Gauthier (prononcé Go-Shay) est relativement connue. Surtout pour sa participation aux différents festivals country et folk. Vous ne serez donc pas étonnés d'apprendre que cet opus flâne au cœur de la musique country, dans la plus pure tradition. " Drag queens in limousine " constitue déjà le deuxième opus de Mary Gauthier ; bien que j'ignorais, ignore et ignorerai, certainement encore longtemps, ce que valait le premier… Elle désirait explorer la noirceur de l'âme humaine en parlant de sa propre expérience (décrochage scolaire, vol de voiture, séjours en cellules et autres petites bêtises de ce genre). Sa voix nasillarde est un fameux atout pour créer une ambiance très particulière et retenir toute notre attention sur la condition humaine et ses distorsions. Mais la country exige une certaine volonté et plusieurs écoutes pour être appréciée à sa juste valeur. Il en va donc de même pour l'album. Il faut laisser notre audition appréhender progressivement les guitares sèches, les violons et harmonicas pour se mettre dans l'ambiance cow-boy, affublés de bottes et de chapeaux ! Passé ce délai, l'album devient intéressant par son originalité musicale mais également par la voix particulière de Mary Gauthier. Une bonne occasion pour élargir votre esprit ainsi que vos oreilles, à d'autres horizons sonores !

 

Giant Sand

Selections circa 1990-2000

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Les compositions retenues pour figurer sur cette compile ne reflètent pas exactement l'identité du Giant Sand de cette dernière décennie. En fait, si on y retrouve bien des extraits de " Ramp ", de " Purge & slouch " et de " Centre of the universe ", les extraits choisis sont les plus accessibles. Maintenant, il est vrai que depuis 1993, le profil mélodique a pris le pas sur les élucubrations expérimentales. Des expérimentations qui, soit dit en passant, ont influencé un tas d'artistes contemporains. Et en particulier Dinosaur Jr, Vic Chesnutt, les Lemonheads ou encore Smog. Maintenant, il ne faut pas imaginer que cet opus ne soit pas intéressant. Que du contraire ! Parce qu'il épingle également des fragments réservés à des " Tribute ", des inédits et des raretés dont une reprise du " Music arcade " de Neil Young et une autre du " Sand " de Lee Hazlewood, par le projet alternatif de Gelb, OP8. En outre, ce recueil réunit toute une série de duos, voire de trios échangés par Howe Gelb avec Juliana Hatfield, Evan Dando, Lisa Geramno, Trina Shoemaker, Lucinda Williams et quelques autres. Bref, à défaut de définir l'œuvre de Giant Sand, ce recueil est surtout très agréable à écouter…

 

Paul Gilbert & Jimi Kidd

Raw blues power

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Le catalogue de Provogue réunit un tas de formations qui pratiquent le rockin' blues, sous une forme particulièrement hard. A l'instar de ce duo de guitaristes.

Paul Brandon Gilbert est âgé de 35 ans. Il est originaire de l'Illinois. Il était le leader du groupe Mr Big. Il revendique pour influences majeures: Led Zeppelin, Pat Travers, Robin Trower, Van Halen et Aerosmith. Ce qui permet immédiatement de cerner la dégaine du bonhomme, propice à libérer un rockin' blues bien dur, agressif et saturé d'électricité. Il compte, et vous pouvez me croire, une multitude d'albums à son actif, dont plusieurs rendent hommage à Jimi Hendrix.

Pour enregistrer " Raw blues power ", Paul a reçu le concours de son oncle, Jimi Kidd. Originaire de Chicago, Kidd cite plus volontiers, John Lee Hooker, Taj Mahal et Muddy Waters, comme maîtres. Il est surtout connu pour avoir drivé la formation DeLuxury. Les amateurs de blues doivent savoir que le neveu l'emporte sur le tonton. Autrement dit, le rock dur prend ici le pas sur les 12 mesures, si douces à nos oreilles.

"12 days of the blues", le calme "Freedom", le très rock "Play guitar", et la reprise de "Sookie Sookie" de Don Covay, découpée dans le style que Steppenwolf lui avait conféré, constituent les meilleurs moments de cet album. Et il faut attendre la dernière plage, "Blues power", pour enfin hériter d'un blues électrique de près de 10', un fragment plus conventionnel ; mais auquel le duo aurait bien fait de penser plus tôt…

 

Girls Against Boys

Serie 7

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Bande originale d'un film-docu-soap-fiction-reality-show-real-world américain (qui l'eût cru ?), "Serie 7" est essentiellement composé par les troublions noisy/pop Girls Against Boys. Selon les dires du réalisateur, le groupe était parfait pour illustrer son film musicalement. Au delà des ces simples considérations contextuelles, pas de quoi se taper la tête contre les murs avec ce faux album. Les fans retrouveront leurs petits; les autres risquent de découvrir quelques morceaux relativement bien sentis. Comme il se doit, des interludes dispensables, quoique censés rappeler le caractère filmique de l'objet, ponctuent l'ensemble. De ce qu'il reste, la moitié est composée d'instrumentaux, de "collaborations" (les acteurs y vont de leur chansonnette) ou encore d'une reprise (Joy Division, "Love Will Tear Us Apart"). A ce sujet, il est intéressant de noter l'influence très nette de la new wave sur les compos. A plusieurs reprises, j'ai même espéré me mettre dans le tuyau acoustique un (bon) vieux Cure ("Kiss me" surtout). Mais il n'est jamais arrivé… Résultat des courses, cet opus peut être qualifié d'honnête mais pas indispensable ; surtout si c'est un prix plein.

 

Gitbox!

Steering by the stars

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Au sein de cet ensemble néerlandais, on retrouve un certain Roeland Van Niele. Un chanteur/compositeur/guitariste/claviériste qui a sévi chez les ensembles protopunk et noisy pop Moonies et Shanks. Un personnage qui a aussi beaucoup bourlingué et surtout séjourné aux States un bon bout de temps. Ce qui explique sans doute pourquoi il a été particulièrement marqué par la culture américaine. La country et le folk, en particulier. Même les lyrics de ses chansons sont hantés par l'histoire de l'Ouest des Etats-Unis d'Amérique. Pourtant, sur son second album, il a injecté davantage de sensibilité pop dans ses compositions. On a même droit sur " The low road " à une conjugaison particulièrement réussie d'harmonies vocales brianwilsonesques. Sans quoi, hormis le vivifiant, sauvage et surtout excellent " Call off the day ", qui aurait pu figurer au répertoire des Commotions, le reste de l'opus navigue paisiblement dans une mélancolie douce, paisible, moelleuse, dont s'est extrait Lloyd Cole depuis qu'il s'est entouré des Negatives. Faudra peut-être que Roeland pense à lui emboîter le pas…

 

Gitbox!

The low road (Ep)

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Quatre fragments sur le nouveau single de cet ensemble batave, de Nimègue très exactement, dont l'inévitable "The low road". Une composition issue du dernier opus, qui conjugue avec beaucoup de bonheur les harmonies vocales ‘brianwilsonesques’. Si " When you come from home from the rodeo " et " Primrose " auraient pu figurer sur " Steering by the stars ", baignant au sein d'un univers pop mélancolique, doux, paisible, moelleux, légèrement électrifié, un univers que Lloyd Cole avait longuement traversé, juste après avoir quitté les Commotions, " I know just what she'll say " épouse un profil beaucoup plus minimaliste. Une chanson qu'il interprète avec le feeling d'un Will Oldham, d'un Kurt Wagner, voire d'un Bill Callahan…

 

GodGory

Way Beyond

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Quelques mois après la réédition de ses deux premiers méfaits, GodGory nous revient avec un quatrième opus. Un disque de death mélodique particulièrement séduisant commis par une formation atypique, qui nous permet ainsi de mieux juger son l'évolution. Puissant et technique, GodGory fusionne les prouesses d'un Fates Warning à travers un death mélancolique à souhait, et un sens de la mélodie à faire pâlir de jalousie les défunts teutons de Crematory. Désormais réduit à un duo, le combo n'en est que plus cohérent et se lance sur les traces des derniers Amorphis ou In Flames. La tendance dance-gothique se révèle également au fil de l'écoute de " Way Beyond ", mais les arrangements, lorgnant parfois subtilement vers la FM, poussent les frontières encore plus loin que bon nombre de groupes affiliés à cette scène. GodGory est en passe de décrocher quelques hits bien sentis. Il s'inscrit dans une tradition initiée au cours des années 90 par Paradise Lost, un zeste de classe en moins. Hautement recommandable, la plaque qui s'écoute en boucle sans lassitude, place le groupe en première division de sa catégorie. Mais une tournée des clubs s'impose, car le nom est loin d'être familier au sein de la grande confrérie du métal contemporain.

 

Gorillaz

Gorillaz

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Gorillaz a tout pour plaire : un visuel ‘cool’ décalé, soigné mais surtout calibré, une petite histoire pleine de mystère et une belle brochette de guests ( parmi lesquels on retrouve quand même le chanteur de Blur, Damon Albarn et le rapper Del the Funky Homosapien) qui crédibilise le tout. Je ne m'amuserai pas à décortiquer chaque titre de cet album. Sachez seulement que potentiellement n’on est pas prêt de ne plus entendre parler de Gorillaz. Jamais franchement désagréable, ce premier album éponyme ratisse large : hip hop à la Beastie Boys, fausse lo-fi, bidouillages et scratches maîtrisés. Bien dans l'air du métissage et du mariage des genres improbables ou tout au moins anachroniques, je demande à voir ce qui restera de cette hype une fois le soufflet retombé. Car tout me laisse à penser que c'en est une. Et je me méfie toujours un peu des hypes. Le rendez-vous est donc pris pour le deuxième album…

 

Green Day

International superhits !

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Bien que fondé en 1989, ce trio californien (NDR: de Bekerley, très exactement), a dû attendre la sortie de " Dookie " pour décrocher la timbale. Et l'année suivante, il récidivait en commettant " Insomniac ". Depuis, l'étoile de Green Day a fortement pâli. Une impression corroborée par la sortie de ses deux derniers opus. Leur hardcore juvénile, fougueux et enthousiaste, qui naviguait à la croisée des chemins des Ramones, de Jam et de Hüsker Dü n'est plus dans l'air du temps. Et les nouvelles perspectives musicales qui hésitent entre la ballade et les orchestrations cuivrées font un peu tâche d'huile dans l'ensemble. Bref, il ne nous reste plus qu'à réécouter leurs hits. Qu'on retrouve sur cette compile. Vingt et un fragments dont les inévitables " Basketcase ", " Brain stew ", " Time of your life ", " Minority ", " Hitchin' a ride " ou encore " Geek stink breath ", répertoriés par ordre chronologique, ainsi que deux inédits, " Maria " et " Poprocks and coke ". Dommage que la période antérieure à 1994 n'ait pas été revisitée. On aurait ainsi pu hériter d'un double album ; et en même temps se rendre compte qu'à contrario de leur période post " Insomniac ", la formation a connu une évolution plus qu'intéressante, au cours de ses cinq premières années d'existence…

 

Groove Armada

Goodbye Country (Hello Nightclub)

Le troisième album de ce duo briton, à qui l'on doit déjà quelques perles house, est décevant. D'abord parce que Tom Findlay et Andy Cato ont tenté de se départir de l'étiquette baléaric qui leur collait à la peau en proposant des morceaux plus downtempo (mais n'est pas 4 Hero qui veut). Ensuite parce que les morceaux qui justement leur ressemblent, sont moins bons qu'avant : le premier single, " Superstylin' ", s'emmêle ainsi les pinceaux dans un ragga- 2 step un peu lourdingue, tandis que des titres comme " Healing " hésitent entre la furie du dance-floor et le repos du chill out. Seuls quelques titres nous rappellent leurs débuts alors prometteurs, comme " My Friend ", comptine soul-électro tout en finesse où la voix radieuse de Celetia Martin fait des miracles, ou encore " Little By Little ", mariage réussi du groove de Spearhead et du spleen de, au hasard, Zero 7. En fait, ces titres appartiennent à la première partie du CD, qui se gâte surtout par la suite, avec comme seul phare dans ce brouillard le dernier morceau, " Join Hands ", au cours duquel Tim Hutton chante avec une rare élégance. " I see you baby, shaking that ass ", nous disaient-ils il y a deux ans… Mais depuis, Groove Armada a pris du bide et ça s'entend.

 

Grubby

Grubby

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Quintet Breton, Grubby interpelle. Enregistré grâce au tremplin Rock n' solex de Rennes, ce maxi 4 titres nous propose une musique plutôt calme, évoluant entre pop et post rock (NDR : selon la bio). Partagé entre 2 titres instrumentaux et 2 chantés, ce disque nous offre un large panorama de la culture rock que nous balayons. Et en particulier la new wave (Cure) et le noisy rock (Ride, Mogwai). Pourtant, toutes ces influences semblent parfaitement digérées. D'ailleurs, la formation ne s'en tient pas aux classiques guitare-basse-batterie : un piano vient souligner, enrichir la mélodie de manière fort à propos, alors que l'un ou l'autre bruitage électro pénètre tout aussi facilement cet univers sonore. J'ai quand même un faible pour le titre final, " Madame sait tout ". Un fragment de 8 minutes construit sur un schéma lancinant et hypnotique. Un morceau qui conclut en beauté le maxi et qui devrait causer tout autant de dégâts sur scène.

 

Buddy Guy

Sweet tea

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Aussi surprenant qu'excitant, ce dernier opus de Buddy Guy manifeste son retour vers le Sud profond ; et plus précisément vers le pays des collines du Nord du Mississippi. La ville d'Oxford doit bien vous dire quelque chose… Fat Possum, vous connaissez? "Sweet Tea" aurait pu s'intituler "Buddy Guy chante Fat Possum". Sept des neuf plages émanent de la plume d'artistes appartenant à ce label. Et en particulier Junior Kimbrough, Robert Cage, T-Model Ford et Cedell Davis.

Personnellement, j'estime que cet album est remarquable. Probablement un des meilleurs de Buddy depuis bien longtemps. Il est entouré du guitariste rythmique Jim Mathus, des Squirrel Nut Zippers, et d'un bassiste d'Oxford qui répond au nom de Davey Faragher. Les percussions sont partagées entre le vétéran Sam Carr, Spam du T-Model Band et l'ex-Attractions d'Elvis Costello, Pete Thomas. Nous assistons bien à un retour de Buddy vers le Sud. Et pas seulement parce qu'il est né en 1936, en Louisiane.

"Sweet Tea" s'ouvre par le "Done got old" de Jr Kimbrough. Une plage acoustique au cours de laquelle la voix de Buddy est bien mise en avant. Un peu comme s'il voulait nous mettre dans la confidence. Même si elles appartiennent au répertoire de Kimbrough, les 1ères notes de "Baby please don't leave me" nous plongent dans l'univers de Fat Possum. Les percussions sont lourdes, mises à l'avant plan ; mais la guitare est bien celle de Mr Guy. Elle vit, bouge et se trémousse. Il est incontestable que Buddy a largement influencé Jimi Hendrix, au cours des 60s. Il revisite encore 2 autres plages de Junior. "Stay all night" tout d'abord. Et puis "I gotta try you girl". Un long trip hendrixien entouré de mille démons. Les percussions constituent un pilier majeur de cet album. Sèches, implacables, elles édifient une rampe de lancement rêvée pour l'artiste. Quelques moments superbes et décapants défilent. : "Look what all you got" et le shuffle extraterrestre, "She's got the devil in her". Sa vision du "Tramp" de Lowell Fulsom est terrifiante. Les cordes sont en perpétuel dérapage contrôlé. Buddy maîtrise la manœuvre et réalise un travail extraordinaire sur le sujet! "Sweet tea" s'achève par "It's a jungle out there". Une compo de Guy dont les cordes dialoguent avec le piano de Bobby Whitlock ; une compo qui me donne des frissons dans le dos... Géant!

 

Tony Galla

ASAP

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Tony Galla est originaire de l'Etat de New York, dans la bonne ville de Buffalo. Au cours des 60s, il monte sa formation, the Rising Sons, puis rejoint un peu plus tard Raven, un groupe talentueux qui attirera l'attention de deux grands de la musique rock, Jimi Hendrix et George Harrison. Raven a sorti à l'époque deux albums "Live at the Inferno" sur Discovery et le mythique "Raven" sur Columbia. A la dissolution du groupe, Galla a entrepris une carrière plus personnelle quoique discrète. Il commet successivement les albums "For all the right reasons" (Orchard), "Doin' it" (Mark) et "From my heart to you". Amateur de blues, mais aussi de chanson italienne et d'opéra, Galla a plus d'une corde à son arc. Le dernier album cité était chanté en italien et recèle quelques canons comme "O sole mio" ou "Volare".

"ASAP" constitue donc le 1er album sérieux pour les amateurs de blues. Merci à Provogue d'en avoir assuré une distribution internationale. Ce sigle signifie bien entendu "As soon as possible" (NDR : traduction, aussi vite que possible). Tony aborde "The blues would slip right in" sur un rythme exotique, proche du mambo. Il possède une voix chaude et volontaire. Sa guitare est allègre. La plage générique est un blues au tempo enlevé. Mark Le Vang est au piano, Galla reste autoritaire au chant. Sa voix, en moins ravagée, fait d'ailleurs penser à celle de Joe Cocker, sur les plages lentes. Et notamment sur "The jealous kind" et un She's all I'll ever need", appuyé par une superbe guitare. Ou même à celle de Gary Brooker sur "Take a giant step". Pour être complet, sachez que cet opus recèle un slow blues chatoyant intitulé "Worried mind blues". Si " Asap " se révèle un bon petit album sans grande ambition, il parvient quand même à mettre en exergue la voix envoûtante de Tony Galla.

 

Garbage

Beautiful Garbage

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On a beau avoir beaucoup de sympathie pour un groupe, avoir été un des premiers à chroniquer leur opus éponyme (25.08.95) et louer les vertus rafraîchissantes de leur mélange de noisy de pop et de hip hop ; il faut se rendre à l'évidence, leur nouvel opus est décevant. Première raison : la voix de Shirley. Son timbre autrefois gouailleur, chargé de nuances et de feeling, est devenu terne, comme aseptisé. Et si le disque avait été uniquement constitué de chansons comme le single (" Androginy "), l'inconsistant " Cherry lips (Go baby go !) " ou encore l'insipide " Untouchable ", nous aurions pu le ranger dans le bac des Destiny's Child, Aqua, All Saints et pourquoi pas Madonna. Seuls, cinq fragments tentent de sauver les meubles. En l'occurrence " " Til the day I die " et " Silence is golden ", tramés sur un schéma proche de Boss Hog, le noisy, réminiscent de Curve, " Parade ", l'indolent, hanté par Mazzy Star, " So like a rose " et le fragment pop, presque prog, mais abordé dans l'esprit de Propaganda (NDR : Hooverphonic me rétorqueront ceux qui pratiquent un langage plus contemporain), " Nobody loves you ", que je considère comme le meilleur titre de l'elpee. Pour le reste, rideau. Un an pour pondre un tel album me paraît quelque peu indécent. Ce qui n'empêchera pas ce disque de bien se vendre. La machine promotionnelle est en route. Bien huilée, elle a déjà réussi à soudoyer une bonne partie de la presse non spécialisée. Et si vous êtes tombé dans le panneau avant de prendre la peine de lire ces lignes, tant pis pour vous…

 

Terry Garland

Trouble in mind / The one to blame

Écrit par

Terry est originaire du Tennessee, de Johnson City très exactement. Il y est né en 53. Il a joué, pendant vingt ans, dans des groupes locaux de R&B et de rock avant de tomber sous le charme du blues le plus pur. Celui de Robert Johnson, de Blind Willie McTell et de Lightnin' Hopkins. Il chante virilement en s'accompagnement d'une guitare. Il impose sa dextérité sur la slide et aime taper du pied au même moment.

Ces albums étaient sortis voici une dizaine d'années sous la forme de 33 tours, sur le label First Warning. Nous retrouvons ce remarquable chanteur de country blues en duo avec le leader harmoniciste des Nighthawks, Mark Wenner. Pour les deux albums, Terry mêle reprises de classiques avec des compositions personnelles.

Je retiendrai surtout du premier, les excellents traitements apportés à "Wand dang doodle" de Willie Dixon, "Upside your head" de Jimmy Reed, "Forty-four" de Howlin' Wolf, et au merveilleux "Trouble in Mind" de Sam Hopkins. Trois inédits figurent en bonus tracks :"Aberdeen" de Bukka White, une reprise tonique et acoustique du "Bad luck & trouble" de Johnny Winter et "Spoonful".

L'introduction du second album est très réussie. Garland attaque d'une voix rocailleuse et ravagée son "Good time blues", que ponctue le travail de Mark Wenner, à l'harmonica. Le son est sale. La tonalité de Terry sur le bottleneck est très bien rendue. A l'instar de la plage titulaire ou du "Phonograph blues" de Robert Johnson. Mes plages favorites sont cependant "Nasty boogie woogie" de Champion Jack Dupree, "A closer walk with tee", caractérisé par la pureté métallique de la National steel, sur fond de dixieland, "Rollin' and tumblin" et "It'll be me".

 

For Stars

We are all beautiful people

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For Stars nous vient de Californie. De San Francisco très exactement. Une formation drivée par un certain Carlos Forster, responsable des parties vocales et des lyrics. Des lyrics visionnaires, introspectifs qui embrassent une perspective inhabituelle de la vie, de l'amour et de la mort. Des lyrics qui lui ont valu de flatteuses comparaisons avec la muse de Mark Eitzel et de Mark Kozelek. Des lyrics qu'il chante d'une voix gémissante, tendre, presque falsetto sur une musique cependant beaucoup plus éclectique que celle de feu American Music Club ou de Red House Painters. Bien sûr, il y a de l'électricité. Mise en exergue à travers l'une ou l'autre chanson chargée d'intensité blanche, incandescente, ténébreuse. A l'instar de " I got connected " ou de l'indolent " Beautifully… " Et puis deux fragments sculptés dans le folk intimiste, " Back in France " et " Only star ". Ou encore un fragment de lo fi particulièrement capricieuse, " Wires ". Faut dire que le drumming de Michael Young, aussi jazzyfiant que celui de Bob Nastanovich, y est pour quelque chose. Mais sur son troisième opus, For Stars a fait une utilisation généreuse de claviers : moog, piano, orgue, xylophone et synthés. Sans oublier les bruitages empruntés à la technologie moderne. Ce qui apporte un certain parfum, une certaine coloration progressive aux compositions. Mais progressive dans l'esprit de Grandaddy. Surtout sur les deux derniers titres du disque, " There was a river " et " If I could ". Hymniques, hypnotiques, ils me rappellent même parfois le Genesis de l'Archange Gabriel. Une excellente surprise !

 

Robben Ford

A tribute to Paul Butterfield

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Tout comme son ami Charlie Musselwhite, Paul Butterfield a sans doute été un des musiciens blancs qui a le plus marqué le blues des années 60. Deux musiciens qui ont préfiguré l'arrivée d'un phénomène qui allait sacrer le retour de cette musique comme musique populaire. Il n'a que 23 ans lorsque son 1er album sort en 65. Un disque qu'il commet en compagnie de Mike Bloomfield, Elvin Bishop, Jerome Arnold, Sam Lay et Mark Naftalin. Patrick Ford a eu le nez creux en réunissant ses deux frères, Robben et Mark, pour rendre un hommage commun au légendaire Paul Butterfield.

Les Ford Brothers ont rassemblé des titres issus des sept premiers albums du célèbre Butterfield Blues Band. Et pour réaliser ce travail, le Ford Blues Band réunit une superbe brochette de musiciens ; en l'occurrence Pat Ford à la batterie, Dewayne Pater à la basse, deux harmonicistes, Mark Ford et Andy Just, ainsi que deux guitaristes, Robben Ford et Volker Strifler.

L'opus s'ouvre par "Screamin", un instrumental composé Bloomfield. Si les 2 guitaristes se partagent les soli, c'est surtout Andy Just qui se signale par une intervention lumineuse. "One more heartache" opère un changement de style. Un extrait de "The resurrection of Pigboy Crabshaw", au cours duquel Mark Ford chante et souffle dans l'harmo, au milieu de cuivres, dont la présence faisait la saveur de cet album paru en 67. Flûte et sax circulent dans un courant jazz pour l'interprétation absolument superbe de "Last hope"s gone". La basse de Dewayne ainsi que le chant et la guitare de Robben sont au top. Ce titre ouvrait l'album "In my own dream", paru en 1968. Robben chante très bien le R&B mélodique "No amount of loving", pendant que Mark souffle avec une clarté remarquable. Tout comme l'instrumental "Work song", "Mary Mary" figurait sur le second album et très aventureux "East West", paru en 66. Andy Just démontre sa puissance naturelle, proche de Butterfield, à l'harmo. A charge de Robben, de mettre à la sauce 2001, les parties de guitare délirantes de Bloomfield! Et dans le registre jazz, il est tout à fait impressionnant. Enfin, soulignons la présence de deux canons issus du répertoire des débuts de PBBB. Tout d'abord, "Good morning little schoolgirl", caractérisé par le concours du pianiste originel, Mark Naftalin ; et ensuite "Everything's gonna be alright". Ces deux compositions étaient sorties sur l'album "The original lost Elektra sessions", chez Rhino. Le 4 mai 1987, Paul Butterfield s'éteignait, victime d'une overdose…

 

Paula Frazer

Indoor Universe

Écrit par

En 1992, Paula Frazer entame sa carrière en créant Tarnation. Une formation californienne (NDR : de San Francisco, pour être plus précis), responsable d'une musique country alternative, qui commettra trois albums avant de se séparer. Mais une aventure qui va surtout permettre à Paula de se faire une place dans le monde du folk et de la country. En grande partie grâce à ses textes et à son chant. " Indoor Universe " est un album hétéroclite oscillant de la folk à la pop en passant par la country. C'est son premier album sous son vrai nom, depuis qu'elle a abandonné " Tarnation ", en 1998. La première composition nous plonge directement dans l'univers du folk. Elle n'est pas sans rappeler le groupe belge Vaya Con Dios. Mais Paula Frazer semble avoir ce petit plus qui peut faire des émules et dynamiser sa création (puisqu'elle est auteur/interprète). Son instrument le plus percutant est sa voix. Qui pourrait être comparée à celle de Dido : pleine, chaleureuse et soutenant les différentes compositions. Sans prétention, Paul Frazer fait son petit bonhomme de chemin dans un genre peu connu chez nous : le country/folk au rythme enjoué et tonique. A écouter, uniquement comme remède à la mauvaise humeur.

 

Fred & The Healers

Electerrified

Écrit par

Troisième album pour Fred Lani et ses guérisseurs. Très populaire, surtout dans notre espace francophone, le groupe remplit aisément les salles ; ce qui n'est pas chose évidente. Il est clair que ce nombreux public n'est pas uniquement constitué d'amateurs de blues et nous ne lui en tiendrons certainement pas rigueur. Bien distribué, l'album passe en radio et ne peut que bien se vendre. Inspiré d'un excellent jeu de mots, "Electerrified" est pour sûr bien électrique, mais surtout bien produit.

Le line up est identique : Fred gratte et chante, Jérome Boquet le seconde aux cordes, Papy X tient la basse et Axel Muller, les percussions. Les guitares rythmiques ouvrent le feu par "Stayin' out", un rockin' blues sans surprises. "Walkin' down town" poursuit avec un accent plus blues, dû en partie à l'introduction de l'harmonica de Dave Reniers. A ce stade, nous sentons bien que la production s'est concentrée sur les parties vocales. "The wrong side" est sans doute mal titré car cette plage nous propose ce que les Healers font de mieux. Le boogie rock furieux, taillé au couteau par la guitare est proche de celui d'un célèbre Irlandais aujourd'hui disparu. Définitivement ‘the best side’ of the band. Fred nous signe un superbe solo, démontrant au passage son habileté sur la slide. Fred se montre tout aussi à l'aise sur les phrases nous rappelant Albert King. Nous les retrouvons sur l'excellent "At home last night". Ralentissement forcé pour la reprise de "Sacred ground" de Sonny Landreth. La slide se fait rurale, tempérée et colorée. A mi parcours, l'atmosphère devient délibérément bluesy. Et se manifeste tout au long de l'indolent "Thanks for the snack", du blues lent et impeccable, "The devil's cry", ainsi que du boogie blues rockabilly, "I'm back", caractérisé par une imparable partie de guitares. Inspiré par les grands guitaristes du jazz, Fred démontre l'étendue de ses possibilités et de sa palette de styles sur le véloce "Tell me". Epicé par un soupçon de funk, le très réussi "Watcha wanna do" agrège les phrases musicales d'Albert King et l'orgue de Pieter van Bogaert. "Electerrified" est sans aucun doute l'album le plus accompli des Healers. Le plus personnel aussi. Mais osons aussi souligner ce qui est perfectible. En l'occurrence les percussions. Elles sonnent parfois creuses et n'ont pas cette densité qui ressort des sections rythmiques américaines. Enfin, pourquoi avoir placé la plage la plus faible en ouverture?

 

Fridge

Happiness

Écrit par

Quatrième album pour ce trio londonien responsable d'une solution sonore hybride, instrumentale, fruit d'une parfaite symbiose entre instrumentation basique (basse, batterie, claviers) et technologie moderne (samples, boîtes à rythmes et tout le Saint Tremblement !). Une musique visionnaire propice à communiquer des sensations, des émotions. Mélancolie, calme, compassion et résignation contaminent tout à tour notre matière grise, d'une manière, ma foi, fort insidieuse. Un peu comme si notre esprit était bercé, hypnotisé par ces vagues sonores. Et lorsqu'un groove ténébreux commence à se dessiner, on frôle même l'envoûtement. Pourtant, les 9 titres de cet opus se réfèrent systématiquement à l'instrumentation consommée. Enfin, à celle qui donne le ton. A cet égard, des titres tels que " Melodica and trombone ", " Drum machines and glockenspiels ", " Cut up piano and xylophone " sont suffisamment explicites. Bienvenue dans l'univers de l’électro post rock ou du post rock électro, selon…