L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Frank Black

Au bout du tunnel?

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Depuis le split des Pixies, Frank Black éprouve toutes les peines du monde à faire décoller sa carrière solo. Il a pourtant gravé 'Teenager of the year' en 1993, 'The cult of Ray' en 1996, 'Frank Black & The Catholics' en 1998 et 'Pistolero' en 1999. Des albums de bonne facture, variés, oscillant du punk au métal en passant par le surf et la new wave. Mais dont le succès n'a été que trop confidentiel. En fait, le fantôme des Pixies hante encore la musique de Frank. Un spectre dont il ne parvient d'ailleurs toujours pas à se débarrasser sur les planches. Un passé qui lui est aujourd'hui plus préjudiciable que profitable. Pourtant, si Frank n'est pas encore au bout du tunnel, il faut reconnaître que son nouvel opus embrasse un nouvel horizon sonore. C'est d'ailleurs principalement au sujet de ce 'Dog in the sand' que nous avons eu un long entretien…

" Au départ, le disque devait s'intituler 'Lano del Rio', mais le manager penchait plutôt pour 'The swimmer', alors que le batteur avait un faible pour 'I'll be blue'. Un jour, en me promenant, j'ai vu chien dans le sable, et cela a fait tilt ". Pas d'ordre alphabétique pour enchaîner les titres, cependant, comme sur les précédents opus ; même si au départ Frank en avait l'intention. " Nous avons décidé, après en avoir débattu entre nous, que 'Blast off' entamerait le CD et que le titre maître l'achèverait ". Enfin, à l'intérieur du booklet, des fossiles marins apparaissent en trame de fond, conférant à la pochette un petit aspect arty tellement caractéristique du design 4AD. A propos de son ancien label, la sortie simultanée de 'Complete B sides' des Pixies ne le dérange pas trop. Bien du contraire. " Rien de tel pour attirer plus de monde lors de mes concerts. Et puis pour la santé de mon compte en banque ! " Pour Frank, si les fans incarnent son inspiration, c'est parce que ce sont les mécènes. Il est l'artiste qui donne la représentation, et ils apportent l'argent. Un peu comme jadis…

Frank aime beaucoup la France. Sa cuisine, sa culture. Mais il ne baragouine que quelques mots dans la langue de Molière. Sur 'Blast off', il a ainsi glissé une phrase ('Union pour la promotion de la propulsion photonique') qui méritait bien une explication. " Il s'agit d'une organisation que je connais mal, mais qui s'intéresse à la planète Mars, en développant des arguments pour justifier le voyage pour s'y rendre. Robert Zubran est un personnage qui est beaucoup respecté dans l'industrie aéronautique. Il a travaillé autrefois dans la NASA avant de devenir interlocuteur privilégié chez CNN. En fait c'est un fameux personnage qui a toujours des bonnes idées à propos de ce périple. Il est même allé jusqu'à suggérer la méthode la plus efficace et la moins coûteuse pour réaliser le projet ; mais personne ne l'écoute. Faut dire que la bureaucratie et la lenteur du monde politique ralentissent considérablement les prises de décision ". 'Blast off' s'intéresse donc à ce voyage difficile entre la terre et Mars. Un voyage qui devrait durer entre 6 à 9 mois. " Je me demande ce que les passagers vont pouvoir faire pendant tout ce temps. Du point 'A' au point 'B' ". Mais pourquoi, alors évoquer dans la même chanson Samuel Beckett ? " Personnellement, voyager dans l'espace et vivre sur une autre planète est quelque chose de très abstrait. Et les abstractions me font penser à Samuel Beckett. Il était Irlandais, mais avait fait de la France sa deuxième patrie. Du moins, il avait décidé que sa deuxième culture deviendrait française. Ainsi donc, pour aller de la terre à Mars, tout le monde a son propre programme. Ses propres idées. Qu'elles soient politiques, économiques, financières, religieuses ou autres. Ce qui fait beaucoup d'opinions différentes à propos de ce qu'on devrait faire avec le nouvel espace à découvrir. Donc le sentiment qui circule dans la chanson c'est ma propre façon de voir les choses. Je retrouve ainsi l'Irlandais qui est en moi, le Beckett qui est en moi… "

Sur 'St. Francis Dam Disaster' il évoque un raz-de-marée qui a endeuillé la Californie en 1928. Un événement qui ne date pas d'hier, mais qui semble encore marquer la population de cette région, et surtout celle de Los Angeles. " J'ai vécu et grandi en Californie. On y voit de belles choses, mais aussi d'affreuses. Notamment dans le domaine de l'environnement. L.A. n'est pas une ville type comme on pourrait la connaître en Europe. C'est une métropole. Elle ne s'est pas américanisée. Elle est en quelque sorte futuriste. Et le responsable de cette situation est William O'Land (NDR : orthographe du nom pas garantie !), un ingénieur des eaux qui a imaginé la construction d'un immense barrage pour alimenter la ville en eau. La Californie pour le meilleur ou pour le pire ! Et sans cette alimentation en eau, L.A. serait un désert. L'eau détient donc ici le pouvoir. La métropole est-elle une bonne ou une mauvaise chose ? L'eau, la terre, le feu et l'air sont les quatre éléments fondamentaux de la nature. Ils sont plus puissants que l'être humain. L'eau va de la montagne à la mer. La détourner de son chemin naturel n'est techniquement plus un gros problème. Mais l'accident est toujours possible, car l'eau essaie toujours de trouver son propre chemin. L'eau a sa propre vision de son futur. C'est ce qui s'est produit en 1928. Il y a eu une gigantesque inondation qui a tout emporté sur son passage… et cette situation pourrait survenir un peu partout dans le monde… "

Frank a une aversion profonde pour les spots publicitaires, et il communique ce dégoût sur 'I've seen your picture'. Sympa, il me remercie pour avoir bien compris le sens de la chanson. " Parce qu'il y a beaucoup de monde qui en donne une interprétation erronée. Ce qui m'amuse. Nous sommes bombardés d'images. Je ne veux pas qu'on me prenne pour un socialiste, mais je suis opposé à cette publicité à outrance. J'ignore pourquoi ? Mais elle me rend malade. Tu sais, j'ai lu dans des magazines qu'on envisageait de mettre des panneaux d'affichage dans la stratosphère. Ce serait vraiment un comble ! On verrait la pub dans les cieux. Comme si on allait à la rencontre de la lune ou des étoiles. J'ignore si ce truc va se réaliser, mais j'ai des appréhensions. C'est un peu comme pour l'affaire des immenses panneaux solaires que la Russie imaginait y placer pour rendre la Sibérie plus lumineuse. Au premier instant, tu te dis que c'est génial, mais après mûre réflexion ; c'est une idée horrible et dangereuse… "

Joe Santiago est venu donner un petit coup de guitare sur 'Rober Onion', mais si cette chanson possède un climat proche des Pixies, ce n'est pas parce que l'ex guitariste des Pixies tient la guitare solo ; il s'est juste contenté de jouer de la rythmique. Autre invité de marque, Eric Drew Feldman. Ce vétéran qui a sévi dans le passé chez Captain Beefheart et Pere Ubu, avait déjà travaillé en compagnie de Frank. Mais sur le nouvel album, il y épand généreusement ses notes de clavier et de piano. Pourtant, Frank avait un jour déclaré que le recours à ce type d'instrument ne correspondait pas à l'esprit de sa musique. Il admet avoir changé d'avis, même si Eric avait déjà prodigué un peu de clavier sur 'Teenage of the year'. Et il remercie les Stones pour lui avoir ouvert les oreilles à ce sujet. Notamment à travers la chanson 'Sympathy for the devil'. Des Stones, le groupe a beaucoup écouté l'album 'Exile on main street' dans la camionnette. " Il était chargé dans un lecteur à 10 CD, et c'était toujours le premier qui passait. Parfois on en avait marre de l'écouter, et puis on le laissait quand même parce qu'on se disait qu'il était vraiment bien. "

Influence inattendue sur son nouvel opus : c'est celle de Dylan. Ce qui explique sans doute pourquoi le groupe a eu recours à une steel guitar et une pedal steel. Il faut croire que la formation voulait s'imprégner du climat laissé par le Zim, parce que 'Blonde on blonde' était également dans le fameux chargeur… " J'ai toujours aimé la musique de Dylan, depuis ma tendre jeunesse. Surtout son attitude faite de mystère et d'intellect, qui est intéressante. C'est difficile à comprendre. Il projette des images fortes dans ses chansons. Tu sais dans les années 60, un kid qui écoutait Dylan devait se demander ce qu'il racontait. L'impact politico-culturel d'une chanson comme 'Blowin' in the wind' est considérable, mais il faut avoir une certaine maturité pour comprendre son message… "

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Eric Burdon, un autre mythe des sixties a également exercé une influence sur le nouvel opus de Black. Et on le ressent très fort sur 'The swimmer'. " Exact ! J'ai un jour lu la critique d'un journaliste qui comparait ma voix à celle de Burdon. Et j'en étais fier. Oui, sur cette composition j'ai fait une fixation sur les Animals. Mais c'est particulièrement difficile à réaliser. On était un peu sur le mode de 'The house of the rising sun'. Dans le même style on a longtemps essayé de reprendre 'Sister isabel' de Del Shannon. Mais j'étais obligé de chanter une octave plus basse. Trop difficile, on a abandonné le projet ". Pour 'Stupid me', Frank a utilisé la reverb dans la voix, un peu comme Lennon. " J'allais oublier l'influence qu'il a eu sur moi. Jusqu'au jour ou un journaliste m'a dit que cette chanson lui faisait penser à Lennon. Teenager, j'ai beaucoup écouté ses disques…"

L'album a été enregistré sans retouches, ni overdubs. En prise directe quoi. " Il y a des groupes qui enregistrent en 4 à 5 jours, et d'autres qui campent pendant des semaines. Mixer et tout le bataclan pour ne tirer que le meilleur. Un peu comme si on voulait atteindre la perfection technique de Steely Dan. Après 15 années de route, cela fait du bien de se sentir musicien. S'asseoir près du producteur et discuter avec lui. Faire une prise et s'entendre dire : elle est bonne ! Le timing est là, les notes sont là, tout y est. Et c'est mieux que de toujours créer des fac-similés d'un morceau. On a déjà donné quand on était jeunes. "

Et pour terminer l'entretien, nous avons causé des OVNIS, mais vous ne saurez rien de la conversation, nous risquerions d'être fichés par les aliens…

Merci à Vincent Devos, Danièle (Aéronef) à Alice (Naïve).

(Version originale de l'interview parue dans le n° 91 - mars/avril/mai 2001 - de Mofo)

 

 

 

 

Doves

La scène de Manchester n’a jamais existé…

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Issus de Handforth, dans le Cheshire, les Doves ne sont plus tout jeunes. Même s'ils n'en sont qu'à leur premier album. Ils ont vécu la scène new wave du début des 80's aux côtés des Smiths ou de New Order. A Manchester. Mais c’est en 1991 que leur carrière a vraiment débuté. A l'époque, ils répondaient au patronyme de Sub Sub et avaient même décroché un hit intitulé « Ain't no love, ain't no use ». Outre les frères jumeaux Jez (batterie et chant) et Andy Williams (guitare et chant), le groupe implique Jimi Goodwin. Et ce dernier, préposé au chant et à la basse, n'est sûrement pas un nostalgique de cette époque, car il ne verse même pas une larme sur la mythique ‘Hacienda’, l'endroit de ralliement à l'époque, qui a été transformé en appartements.

« C'est peut-être triste, mais tout a une fin. L'Hacienda n’était pas éternelle et en plus, il ne faut pas s'imaginer que c'était un paradis! Le club était confronté à des problèmes de violence et de drogue. On y a vécu de bons moments, mais aujourd'hui, il faut regarder vers le futur... » Les Doves n’aiment d'ailleurs pas trop les références à leur ville d'origine et encore moins l'évocation de la scène ‘Madchester’... « Ni les Happy Mondays, ni les Charlatans n'ont eu la moindre influence sur nous. On les a adorés, il y a dix ans, mais c'est tout. D'ailleurs, on n'a jamais cru à l'existence de cette scène baggy. Elle a était montée de toutes pièces par la presse. Il n'existe aucun groupe de chez nous qui passe son temps à regarder dans l'assiette de son voisin : New Order ne sonne pas comme les Smiths, les Smiths pas comme les Buzzcocks, les Buzzcocks pas comme The Fall et les Doves n'ont rien à voir avec Joy Division. La scène de Manchester n’a jamais existé… »

Pour en revenir au style du groupe, on dira qu'après avoir digéré des références house, les Doves en sont revenus à une instrumentation rock, influencée par la dance, mais qui va beaucoup plus loin... L'enregistrement de ‘Lost Souls’ a duré trois ans dans un studio... qui ne comportait aucune fenêtre! « Tout simplement pour éviter que les cambrioleurs ne viennent dérober le matériel… » De leurs contemporains, les Doves affirment apprécier Baldly Drawn Boy, avec lesquels ils sont partis en tournée. « On a participé à l'enregistrement de leur album et on est même devenus amis. » Ils estiment également Shack, mais davantage pour des raisons de sensibilité musicale. Enfin Embrace les a beaucoup impressionnés, en ‘live’. Mais Jimi respecte aussi une foule de groupes issus du passé. Il avoue ainsi un faible pour le King Crimson de l'époque ‘Discipline’ et ne s'en cache pas. « Je ne suis pas du style à brûler ce que j'ai adoré. Et tous ceux qui adoptent cette attitude sont des hypocrites… »

(Article paru dans le n° 89 du magazine Mofo de Février 2001)

 

IQ

The Seventh House (b)

Écrit par

Après le fameux concept et double CD « Subterranea », grande réussite artistique et succès critique et public, nous étions perplexes : qu'allait nous proposer IQ ? Le groupe allait-il à nouveau exploiter les mêmes recettes, ou s'écarter radicalement des sentiers déjà empruntés ? Les deux voies n'auraient pas manqué de provoquer pleurs et grincements de dents. Très intelligemment, IQ nous offre « The seventh House », CD tout simplement irréprochable, empreint à la fois de maturité et d'audace. C'est toujours bien du IQ ; les fans ne seront donc pas déroutés. Peut-être auront-ils un peu de mal à appréhender cet opus à cause de sa complexité. Pourtant, dès qu'on lui accorde l'attention qu'il mérite, il révèle toute la richesse et la beauté sophistiquée de ses six plages ; toutes passionnantes, en définitive. On est loin de la fluidité de Subterranea : ici, tout est plutôt grave et mélancolique, voire torturé. Rythmes alambiqués, contrastes, séquences qui semblent ne mener nulle part, sonorités de guitare non dégrossies, sont quelques-uns des ingrédients qui participent à la révolution douce. Chaque musicien semble en pleine forme. On a droit à un peu de saxophone. Les claviers de Martin Orford sont impériaux. Mike Holmes nous délivre plus d'un de ces soli de guitare assassins dont il a le secret. Paul Cook aux fûts et John Jowitt à la basse tissent une rythmique solide et pêchue. Et la belle mais fragile voix de Peter Nicholls n'est ici jamais prise en défaut. Les arrangements sont somptueux, la production étincelante …CD irréprochable, vraiment ! Et la moindre des qualités du groupe n'est sûrement pas cette volonté affichée de continuer à évoluer et à nous surprendre. IQ se pose ainsi en groupe majeur de ce début de millénaire. A nous de ne pas passer à côté !

 

IQ

The Seventh House (a)

Écrit par

Tout comme Arena et Pendragon, IQ est un des groupes les plus représentatifs de la scène anglaise néo-progressive, qu'il engendra dans les années 80 en compagnie d'autres grands noms du style tels que Pallas ou The Enid. Ce nouvel opus n'échappe pas à la règle du rock progressif, dont la particularité se détermine par la conception d'une musique qui se révèle au fur et à mesure des écoutes. "The seventh house". Digne successeur du grandiose "Subterranea", "The seventh house" demeure difficile d'accès pour les non initiés. Breaks, rythmes impairs, envolées aériennes, mélodies superbes, la finesse d'interprétation toute anglaise des six nouvelles compositions à tiroirs, constituent une invitation au voyage. Mike Holmes a toujours ce don pour accoucher de parties de guitares splendides et touchantes ; alors que la voix de Peter Nicholls réussit encore à remplir l'espace sonore avec une rare maestria. Chaque composition repose sur des bases solides et possède cette flamme qui fait toute la différence. IQ demeure la référence en matière de prog, depuis que son frère d'arme Marillion a pris une direction définitivement différente. A découvrir d'urgence!

 

Scumbucket

Finistra

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Désolé pour la carte de visite de Scumbucket, mais ils viennent de me replonger inopinément dans la vague grunge. Post grunge, pour être plus précis ! Encore que je me demande si ce mouvement a vraiment existé. Nanti de qualités mélodiques et de riffs inévitablement bien sentis, leur registre n'évolue pas plus haut que celui des Foo Fighters, mais en un peu moins punk, ou de Weezer, en un peu plus rock. Les membres de Scumbucket ne sont pourtant pas des manchots. Ils ont produit et mixé ce " Finistra ". Et pas de doute, c'est du beau boulot. Ils sont même prêts à passer en division supérieure. Celle qui leur permettrait de les propulser hors de leur Allemagne natale, de les voir s'envoler vers des cieux plus étoilés. En attendant, ils devraient faire les beaux jours des médias ‘alternatifs’ américains. Good luck, guys !

Various Artists

Dealin With The Devil : songs of Robert Johnson

Écrit par
Plus de 60 ans après sa mort, Robert Johnson demeure le plus mythique de tous les bluesmen. Pourtant ce musicien itinérant avait largement moins de 30 ans lorsqu'il fut empoisonné par un mari jaloux. C'est qu'il avait du tempérament le Robert! Disparu trop jeune, je ne lui connaissais que 22 chansons. Ce qui ne l'a pas empêché d'être, très souvent, célébré.

" Dealin' " constitue donc une nouvelle messe à son intention. Douze titres sont interprétés par autant de vocalistes différents. Une seule constante, le trio de base: Corey Harris à la guitare et une section rythmique ‘de luxe’ composée de Mudcat Ward à la basse et de Per Hanson à la batterie.

C'est d'ailleurs Corey qui inaugure la collection par le très célèbre "Walkin' blues". L'homme nous a déjà prouvé tout son savoir-faire sur ses albums parus chez Alligator. Pas moins de trois chanteuses sont présentes. Debbie Davies reprend avec ferveur "When You got a good friend", en s'accompagnant de sa Telecaster discrètement amplifiée. La moins connue, Kris Wiley, chante avec autorité, respect et passion "Ramblin' onmy mind". Enfin, la rouquine Sue Foley prête sa délicieuse voix de fausset pour s'exercer sur "From four until late", tout en nous confessant que c'était là le premier blues qu'elle ait jamais interprété. Quelques seigneurs sont aussi présents. A commencer par le vieux, mais toujours sémillant pianiste, Pinetop Perkins. Il nous propose ce canon du blues, "Sweet home Chicago" (mais qui donc l'a réellement composé?). Kenny Neal a ramené guitare et harmonica pour chanter "I'm a steady rollin' man". Parmi les meilleures apparitions sur cet album, soulignons celle de Josh White Jr. Ce fils d'un des pionniers du Delta s'exerce sur un bottleneck bien subtil, tout au long de "Come on in my kitchen". Guy Davis prête sa voix graveleuse à "Stones in my passway". Eddie Kirkland joue de manière experte de la guitare acoustique sur ce bon vieux "Dust my broom". On se retrouve, au cœur des Appalaches, pour un curieux et peu connu "Last fair deal". Dave Van Ronk y chante et joue du banjo. Et pour conclure, le chanteur guitariste canadien Colin Linden nous flanque le frisson dans sa version minimaliste et dramatique de "Preachin' blues".

 

 

Nøught

Nøught

Écrit par

Fans de Godspeed You! Black Emperor, attention! Tant dans la configuration (10 membres) que par les structures des morceaux, beaucoup de choses nous rappellent notre groupe canadien préféré. Ne nous y trompons pas, il y a des différences, heureusement. Mais arrêtons-nous d'abord aux ressemblances. Mariant le noisy-rock et l'instrumentation classique (violons, trompettes et tutti quanti), les morceaux sont articulés en actes. L'aspect visuel et narratif tient également une place importante dans la philosophie de Nøught. A tel point que certains titres illustreraient à merveille des superproductions hollywoodiennes 70's. Un peu comme Jimi Tenor l'a démontré lors de son concert avec " Ensemble ", accordé Nuits du Botanique cuvée 2000. Richesse de l'instrumentation, surenchère, théâtralité et grandiloquence. Les différences maintenant. D'abord Nøught est un groupe rock, pas éthéré. Le ton est plus dur, moins vaporeux. Alors que GYBE structure son expression sonore un crescendo, Nought rentre frontalement dans le sujet et maintient une pression (quelques breaks jazzy quand même) jusque dans une explosion finale. La place de l'instrumentation classique ensuite. Ici les sections de cuivres et de cordes (violons à la " Dirty Three ") ne servent pas à appuyer, à renforcer un mur du son. Elles sont autonomes et participent activement à la construction des " mélodies ". A tel point que l'on pourrait se demander qui, des instruments classiques ou rock, sont les invités des autres. Assurément une très bonne découverte. Pour ceux qui n'ont pas froid aux oreilles.

 

Marineville

Red path house

A première écoute, la musique de Marineville nous fait penser à The Orb. A cause de ces pulsions électroniques qui font battre le cœur de la solution atmosphérique, pour ne pas dire intergalactique. Mais au fil de l'écoute, on y découvre d'autres perspectives. Jazzyfiantes surtout. Elaborées par un saxophone ou un piano électrique. Hip hop, également, mais ici, elles sont beaucoup moins évidentes. Ce " Realpath house " n'est cependant pas un album studio, mais une sélection d'enregistrements " live ", commis lors d'une tournée américaine qui s'est déroulée entre septembre 96 et juillet 97...

 

Linoleum

The race from the burning building LP

Écrit par

Au moment de lire ces lignes, cet elpee est peut être déjà posthume. En effet, le guitariste et co-compositeur, Paul Jones, est sur le point de rejoindre Elastica. Et je vois très mal comment Linoleum pourrait se remettre d'un tel départ. Ce qui est vraiment dommage, car ce disque est vraiment intéressant. Leur deuxième. Datant de 1996, leur premier avait été enregistré sous la houlette de Paul Kolderie et de Sean Slade (Radiohead, Hole, Pixies). C'est dire si le célèbre duo de producteurs avait beaucoup d'estime pour eux. Mais venons en à cet opus. Qui alterne compositions atmosphériques, vaporeuses, abordées dans l'esprit d'un Mazzy Star, mais en moins sinistre ; chansons angulaires, fouettées par une conjugaison de cordes de guitares bringuebalantes et bourdonnantes, réminiscentes de Drugstore ; et puis titres carrément post new wave, insidieusement contaminés par le virus gothique. Pas pour rien d'ailleurs qu'on y retrouve une cover du célèbre " I'm in love with a german film star " des Passions. Une seule constante : les lyrics de Caroline Finch, qu'elle décrit comme l'antithèse de l'archétype de la chanson d'amour. Des lyrics qui reflètent la paranoïa, la folie et la désillusion…

 

Internal/External

Featuring...

Écrit par

Quel obscur objet. Trip hop, electro, techno pop, indus, on ne sait sur quel pied danser. Enfin un disque intéressant me direz vous, sortant des sentiers battus. Détrompez vous, car même eux ne connaissent apparemment pas le à chemin emprunter pour arriver à leurs fins.

Plus collection de titres rapidement ficelés qu'albums à part entière, on est parfois surpris, souvent agacés. Surpris par la façon où sont amenées les influences, samplées ou imitées pour le plaisir, tel un jeu de pistes pour mélomanes cultivés (guitare Pixies sur « Talk too loud », Nine Inch Nails pour « Stepping up to the mic » ou Quantize, New Order pour  « I knew Them »). Agacés parce que passés l'effet de surprise, elles ne nous permettent pas de décoller, prenant alors des allures de voix sans issues. Bien qu'effectivement l'énergie subsiste, on s'ennuie ferme, sauf sur un ou deux tracks un peu plus surprenants, comme « Quantize », exercice d'expérimentations incongrus, ou le détonnant « I/E », jungle au mélodica qui gagnerait à servir de B.O.F.

Et si leur générosité devait s'accomplir dans cette direction, plutôt que dans le recyclage indélicat de références écrasantes ?

 

Gomez

Machismo (Ep)

Si Gomez a bien l'intention de sortir tout prochainement un box de 25 titres partagés entre inédits, raretés, faces B de singles, prises live et reprises, il a repoussé à l'année prochaine l'idée d'enregistrer un nouvel album. A la place, il nous gratifiera de deux EP ; et ce " Machismo " en est le premier. Découpé en cinq titres, il recèle en " The Dajon song " un psyché blues de plus de 13 minutes digne des trips les plus acides pratiqués sur la West Coast au début des seventies. Et on pense ici plus particulièrement à Grateful Dead, Jefferson Airplane et à Quicksilver Messenger Service. Beaucoup plus étonnant, le titre maître tente une diversion dans la dance, sans pour autant convaincre. Nous lui préférons le groove acoustique de " Do's and Don'ts " et surtout la très jolie et luxuriante ballade, " Touchin' up " qui bénéficie, pour la circonstance, du concours du London Session Orchestra. Seul " Waster " correspond au profil r&b bien spécifique à Gomez. Un titre qui aurait d'ailleurs pu revendiquer un statut de hit, s'il était sorti au cours des sixties...

 

Clover´s Cloe

Fast Fast

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Deuxième maxi CD pour cette formation bruxelloise drivée par Cloé Defossez, chanteuse, guitariste, pianiste et compositrice du groupe qui avoue puiser son inspiration dans ses voyages au bout du monde, ses rencontres et ses nuits blanches partagées avec sa guitare. Ce qui frappe d'abord dans la musique de Clover's Cloé, c'est la structure classique de la chanson qui enrobe le format pop. Il y a bien une batterie, quelques samples et puis deux guitares. Une acoustique et une électrique. Sans oublier la contrebasse aux accès paradoxalement jazzy. Mais la présence du piano, d'une clarinette et surtout d'un violon (NDR : tenu par Jean Richelet, premier prix de conservatoire) balise inévitablement cette structure. Ce qui n'est pas un obstacle en soi. Au contraire. Et se révèle même agréable au contact légèrement new wave de " Fast fast (the lovers of the sky) ", ou encore du mélancolique " Out of time ", réminiscent de l'album intimiste de Kristin Hersh, " Strange angels ". Les deux derniers titres de ce maxi CD épousent, cependant, un profil beaucoup plus minimaliste. Presque lo fi, à l'instar d'une Mary Timony, voire d'Ani DiFranco. Comme sur " Bay-fall ", lorsqu'elle colle sa voix douloureuse aux accords plaqués, écorchés, de sa guitare et aux drums tribaux. Et lorsque pour " No matter ", elle accompagne uniquement sa voix intimiste, chargée d'émotion, de son piano sonore, c'est alors à Tori Amos que l'on se met à penser. Dommage que la production soit un peu terne ; sans quoi, avec un peu plus de maturité, Clover's Cloé pourrait, d'ici quelques mois, devenir la bonne surprise de la scène pop/rock belge…

 

Symphony X

V – The New Mythology Suite

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Sur fond de mythologie consacrée à l'Atlantide et aux légendes puisées dans l'Egypte ancienne, Symphony X dispense une musique technique mais jamais stéréotypée. Un groupe américain conduit par le guitar-hero Michael Roméo qui réalise la parfaite alchimie entre speed métal et rock progressif. On lorgne du côté de chez Dream Theater pour la construction des morceaux, chez Stratovarius pour les arrangements ainsi que chez Rainbow et Malmsteen pour la haute volée guitaristique. Symphony X s'offre tantôt une touche jazzy, tantôt une envolée mélodique arabisante ; et même l'utilisation parcimonieuse de cuivres renforce ses influences néoclassiques. Enchanteresse, magistralement orchestrée, " Rediscovery ", longue plage de plus de douze minutes, vient boucler ce cinquième opus en guise de démonstration parfaite de tout le savoir-faire d'un groupe aujourd'hui au sommet de son art. On ne se lasse pas de " V " ; et chaque écoute révèle son lot de surprises, à l'image du dernier Dream Theater auquel il n'a pas grand chose à envier. Remarquable!

 

Muse

Hanté par le falsetto de Jeff Buckley...

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Depuis la sortie de " Showbiz ", en octobre 1999, album qui a dépassé la barre de 250.000 exemplaires vendus à travers le monde, Muse n'a jamais cessé de tourner. Le trio de Teignmouth, une petite cité balnéaire du sud de l'Angleterre, a bien gravé quelques singles depuis, mais rien de vraiment très neuf à se mettre dans l'oreille. Pourtant, Matthew Bellamy, Dominic Howard et Chris Wolsenholme ont composé un tas de nouvelles chansons au cours de ce long périple, répertoire qui devrait leur permettre de graver un deuxième opus…

Il y a cependant loin de la coupe aux lèvres, puisque depuis leurs débuts, qui remontent officiellement à 1998, le combo s'est fixé une ligne de conduite draconienne. Matt (qui tient le plus souvent le crachoir) s'explique : " Nous n'entrerons pas en studio simplement parce que nous avons trouvé le temps d'enregistrer. C'était clair depuis le départ. Nous nous y rendrons lorsque nous pourrons offrir quelque chose de radicalement différent et de meilleur que le précédent. Si nous devions nous rendre compte que ce n'était pas le cas, même après l'avoir enregistré, nous ne le sortirions pas. Et ce sera chaque fois pareil ! " La barre est donc placée très haute, puisque ‘Showbiz’ était déjà d'excellente facture. Un disque qui leur avait valu moult comparaisons avec Radiohead, dans la presse spécialisée ou non. Ce qui peut s'expliquer en partie, lorsqu'on sait que c'était John Leckie, notamment responsable de la mise en forme de ‘The bends’, qui en avait assuré la production. Des comparaisons que les musiciens ne dérangent pas du tout. Ils les trouvent même flatteuses. Matt pense d'ailleurs que ces réactions sont dues au fait qu'aussi bien Thom (Yorke) que lui-même vouent une grande admiration à l'œuvre de Jeff Buckley ; et surtout à la force émotionnelle qu'elle était capable de libérer. Il considère même que Buckley est une influence majeure pour Muse. Lorsqu'il chante, il a parfois l'impression que son falsetto le hante. Brrr… ! Matt apprécie également beaucoup Tom Waits. A cause de son sens de la mise en scène. D'ailleurs il considère ‘Blue Valentine’ comme la chanson qui le décrit le mieux. En 1994, en assistant à un set de Rage Against The Machine, accordé au Reading, il a eu la confirmation que le rock devait être une expérience corporelle et pas seulement une nourriture pour l'âme. Ce qui explique sans doute pourquoi leurs concerts sont aussi urgents et intuitifs. Il s'intéresse cependant à d'autres courants musicaux. La musique espagnole notamment. Et en particulier les arrangements orchestraux de Villa Lobos. La musique symphonique également. Berlioz en tête de liste ( !?!?) ; parce que sa muse ( ?!?!) libère une intensité et une puissance incomparables. Le blues, par contre, c'est pas trop son truc, même s'il reconnaît que ‘Falling down’ en a des connotations. " En fait, la presse m'a déniché des racines blues, parce que j'ai un jour déclaré que Robert Johnson était un de mes compositeurs favoris ". Paradoxalement le groupe n'est pas tellement attiré par la britpop des Oasis, Blur et consorts. Mais plutôt par la musique américaine. Nirvana et Smashing Punmpkins en particulier. Parce que leur musique est un conducteur idéal pour libérer des émotions.

Fils de musicien qui a sévi au cours des 60's chez les Tornadoes, Matt est incontestablement la figure de proue de la formation. Normal, puisque non seulement il chante et joue de la guitare, mais aussi et surtout écrit les paroles des chansons. " Sur le premier album, il y a des choses qui sont inspirées par des expériences personnelles. Dorénavant, j'écrirai davantage à ce qui ressemble au monde. La face sombre de la nature humaine. Ses angoisses, ses douleurs, enfin tout ce qui appartient au quotidien. En fait, toute cette énergie négative vient de la ville d'où nous sommes originaires. Beaucoup de nos amis sont allés à l'université ou sont devenus des dealers. Si je ne m'étais pas investi chez Muse, je serais probablement devenu une personne détestable et violente. La musique me libère et véhicule mes émotions. " Quelque part, on pourrait imaginer que la frustration est un des thèmes principaux de ses chansons. Et ses chansons reflètent cet état d'esprit. " Il s'agit davantage de confusion que de frustration ", réplique-t-il. " La confusion au sujet de la vie, de l'existence".

Muse possède la particularité de disposer de six contrats différents à travers le monde. Aux USA, ils ont signé chez Maverick, le label de Madonna, en France, chez Naïve, en Allemagne chez Motor et en Grande-Bretagne chez Mushroom. Une situation qui peut paraître assez compliquée au départ, et même devenir à terme un handicap. Mais qui est finalement devenue la force du groupe. " En fait, cela nous permet de choisir où on va. Nous avons le contrôle total de notre production. Cela nous permet de choisir l'endroit où on veut jouer. En outre, si tu n'es signé que par un seul label, s'il te vire tu te retrouves sans rien. Dans notre cas, si un label nous lâche, nous en avons encore cinq de rechange, et on peut continuer. C'est une forme de stratégie. Et ce n'est pas aussi compliqué que tu penses à gérer. Nous avons engagé des managers compétents pour s'occuper de nos affaires… "

 

 

Cradle Of Filth

Moins satanique, mais plus horrifique…

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Même si le soufflé est un peu retombé, le black metal demeure un registre musical fort prisé par un bon nombre de metal freaks. Les hurlements sataniques, les looks démoniaques, ça marche toujours. Et là, Cradle of Filth est bien le leader de la meute...

Depuis leurs débuts en 91, ces Britanniques n'ont cessé de faire monter la sauce et de s'attirer haine et sympathie, jouant avec les mots, thèmes, apparences, images et propos chocs.

Leur slogan ‘Jesus is a cunt’, notamment, ne leur a pas rapporté que des amitiés. Certains organismes de censure et des associations catholiques (NDR : la Catholic League de New York, par exemple), s'en sont donné à cœur joie pour leur rentrer dans le lard. Le groupe leur répond à sa façon : cette année, il entamera sa tournée mondiale en... Israël!

« Il y a aussi là-bas des gens qui ne rentrent pas dans les moules théologiques conventionnels », nous a expliqué le vocaliste Dani Filth, de passage à Bruxelles. « C'est bien sûr ceux-là qui nous tiendront compagnie. On est vraiment impatients de s’y produire, même si la situation politique y est assez inquiétante... »

Toujours un brin provoc’ donc, même si l'on perçoit une certaine ‘évolution’ dans leur attitude. Ainsi, leur nouvel album ‘Midian’ semble moins porté vers le malsain religieux mais plus vers l'atmosphère quasi ‘gore’ qui les a logiquement accompagnés depuis leurs débuts. La formation sortira d'ailleurs d'ici peu un film, ‘Cradle of Fear’, franchement sanguinolent, et dont ils accorderont la primeur à leurs fans, via leur site web officiel.

En fait, il semble assez clair que le groupe a traversé récemment une sorte de période de remise en question. Il a connu quelques changements de line-up et a peut-être réorienté quelque peu son identité, sachant fort bien que dans le registre satanique, un Marilyn Manson a plus d'une longueur d'avance et de plus gros moyens.

A propos de moyens, on peut d'ailleurs se poser la question de savoir si le groupe n'est pas, là aussi, occupé à tenter de ‘faire le break’. ‘Midian’ est produit par John Fryer (Nine Inch Nails, Him...) et le groupe s'est entouré de spécialistes des films d'horreur (‘Nightbreed’, ‘Hellraiser’) pour la partie visuelle de son projet. Il s'est donné les moyens de frapper fort, donc. Evidemment, Dani Filth défend l'approche purement créative. « Pas question pour nous de tourner en rond. Et tant qu'à faire, si c'est pour se lancer dans le bon plan basé sur le roman ‘Nightbreed’ de Clive Barker, autant le faire à l’aide de spécialistes, non ? Bien, c'est sûr, on veut avancer, mais on est aussi conscients de qui on est et de ce qu'on fait. On n’aura jamais les possibilités financières de l'autre nulle qu'on voit derrière moi... »

Quelle nulle? Dani Filth bavarde dans un bureau de Zomba Records, devant un poster grandeur nature de Britney Spears. Et d’ajouter : « Mais on s’en tape évidemment. Par contre, on veut donner le meilleur avec nos moyens et répandre notre bonne parole. »

(Article paru dans le n° 88 du magazine Mofo de novembre/décembre 2000)

 

The Young Gods

Second nature

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Même si l'année 2000 n'a pas vraiment été un cru à la hauteur de nos (énormes) espérances, elle fut pourtant une date charnière chez certains. Pour les Young Gods, notamment. Etaient-ils un peu las après bientôt deux décennies d'activité ou agacés par leur propre formule rock ? Une chose est sûre, ils ne pouvaient raisonnablement repartir de plus belle sans se régénérer ailleurs. Et puis, il leur fallait se repositionner face à l'armada de nouveaux petits prodiges de l'electro. En l'occurrence, ceux qui sont en possession du manuel de savoir faire, écrit par ces mêmes nouveaux dieux. De prime abord, une bonne partie de l'album contient une majorité de morceaux obliques qui manifestent de surprenantes références prouvant, s'il le fallait encore, l'éternelle jeunesse du trio encore au fait de l'actualité pointue. Jugez plutôt. Les nappes minimales et déconstruites d'obédiences ovaliennes procurent une saveur particulière au répétitif " Attends ". " Stick around " malmène nos oreilles avec ses rythmes martiaux empruntés chez Funkstorung. " Toi du monde " convoque Pan Sonic pour une subliminale traversée de paradis séchés. Quant à " Love 2.7 ", il clôture l'album par un subtil gimmick mélancolique pioché chez Future Sound of London. Quoique déstabilisants, ces clins d'œil fournissent à la poésie liquide, teintée d'écologie, de Franz Treichler, un éclairage suffisamment personnel pour qu'on ne l'accuse pas de plagiat éhonté. Pour preuve, leurs guitares abrasives peuplent encore pas mal de morceaux qui, paraissent du coup moins innovants, voire incongrus. Etourdissant morceau d'ouverture, " Lucidogen " garde une superbe ancestrale mais sonne un peu indus vieillot, alors que " Supersonic " évoque vaguement un Prodigy vieillard. La honte ! A cause de ces errements, ma sympathie pour le groupe ne parvient pas à pleinement racheter ces fautes de goût qui, pour la peine, feraient par instant passer nos Young Gods pour des icônes en cours de fossilisation. Dommage, dommage ! Un mini elpee aurait sans doute suffit.

 

Neil Young

Road Rock Vol I / Friends and Relatives

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Bien que grand admirateur de Neil Young, je dois reconnaître que cet album est un des plus dispensables qu'il ait commis à ce jour. Un disque ‘live’ qui réunit des extraits de sa dernière tournée aux States, accomplie en été dernier. Découpé en huit titres, il n'en recèle que deux véritablement intéressants. Soit les 18 minutes de " Cowgirl in the sand ", dans une version tout aussi électrique et vivifiante que celle qui figurait sur " Everybody knows this is nowhere ", et " All along the watchtower ", rehaussé par la présence de Chrissie Hynde, chanteuse des Pretenders. Seul inédit, " Fool for your love " ne passe pas la rampe ; il est beaucoup trop glacial. Et ne me parlez pas de " Tonight the night ", dont l'interprétation sans conviction fait injure à la mouture originale. Il existe même des bootlegs qui sont de meilleure qualité !

 

Neil Young

Silver and gold

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En renouant avec l'introspection acoustique, Neil Young vient donc d'achever une trilogie qu'il avait entamée par " Harvest " en 1972, et étendue à " Harvest moon " en 1992. Pour enregistrer ce " Silver & gold ", Neil a bien reçu le concours de quelques potes. Dont les interventions minimalistes se limitent au piano, à la basse, à la steel, aux drums et aux backing vocaux. Des backing vocaux auxquels participent, tout aussi épisodiquement, Emmylou Harris et Linda Ronstadt ; Neil se réservant, bien sûr, le chant, la gratte sèche et l'harmonica. Agé aujourd'hui de 58 piges et responsable de 32 albums, Neil a voulu, en quelque sorte, faire le point, tout en jetant un regard mélancolique sur son passé. Et les dix nouvelles chansons de cet opus transpirent ce sentiment de nostalgie. Il avait bien reformé Crosby Stills Nash & Young l'an dernier. Le temps d'enregistrer un album et d'envisager une tournée mondiale. Aussi, si son " Buffalo Springfield again " n'est pas un appel du pied à ses anciens camarades, il y ressemble très fort. Neil possède toujours ce timbre vocal gémissant si caractéristique et ce sens mélodique terriblement contagieux. Malheureusement, il manque un petit quelque chose à ce disque pour atteindre le niveau de " Harvest ". Un peu comme si la magie ne parvenait pas à opérer son charme. Un peu comme si les compositions avaient un goût de " déjà entendu ". Pourtant, à mon humble avis, interprétées ‘live’, ces chansons prendraient une toute autre dimension...

 

Rusty Zinn

The Chill

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Tous les amateurs de blues moderne savent que Rusty Zinn est devenu, depuis quelques années, le guitariste attitré de Kim Wilson. Originaire de Long Beach, ce Californien a fini par atterrir à Oakland, où il vit aujourd'hui. Un type hyper doué, nonobstant son jeune âge. A ses débuts, il a été fort influencé par le regretté Luther Tucker, un guitariste noir qui a longtemps milité au sein du groupe de Little Walter avant d'émigrer vers la West Coast.

Rusty comptait déjà deux albums à son actif, "Sittin and waitin" et "Confessin", tous deux sortis sur Black Top. "The chill" marque son passage sur le célèbre label de Chicago, Alligator, dirigé par Bruce Iglauer.

R&B au riff solide et dansant, "Just like a fish" est une ouverture gagnante ; et la Gibson de Zinn n'attend guère avant de décoller vers des sommets. Autre R&B semblant sortir tout droit des 50s, "Meet me halfway" lui va aussi comme un gant. Une composition qui porte l'empreinte de Leiber et Stoller. La partie de cordes soulève l'enthousiasme. "Fallin' rain" a été écrit par Luther Tucker. Rusty lui rend un hommage poignant en adaptant ce blues lent. Il trace des lignes mélodiques très intenses, avec un feeling déchirant. Zinn a écrit plusieurs plages. Certaines en compagnie de Rick Estrin des Nightcats. "She's got style", un rocker bien nerveux. "The big eye", un merveilleux blues rythmé. Sa guitare est créative et l'économie de notes rappele le meilleur de Peter Green (époque "Mr Wonderful"). Ballade douce et pleureuse, "Ladies choice" est évitable. Imprimé sur un rythme sobre mais assez menaçant, "Dying on the vine" repose une nouvelle fois sur un solo dépouillé, véhiculé dans une atmosphère bien ombragée. A plus d'une reprise, Rusty peut nous faire penser à Magic Sam. Comme sur "I played the game". Une composition écrite par Ronnie Weber (de Little Charlie & the Nightcats). Bob Welsh y joue efficacement de son piano! Côté reprises, Zinn s'attaque de manière paresseuse au "Moonlighht blues" de John Brim, avec l'appui de la slide d'un pilier d'Alligator, Mr Elvin Bishop. L'album se referme sur une version musclée du "Looking back" de Johnny "Guitar" Watson. Et pour ne rien vous cacher, sachez que j'adore la plage titulaire : "The chill". D'ailleurs, tout au long de cette composition, Rusty évoque à nouveau le Peter Green de la fin des 60s. Ou plus exactement de l'époque "Then play on". Parce que la guitare y est vraiment fabuleuse ; et puis ce blues teinté de rock possède un sens mélodique imparable. Excellent !

 

Zion Train

Secrets of the animal kingdom in dub

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Cette semaine on est gâté niveau dub, avec pas moins de deux albums de bonne facture mais aux orientations légèrement divergentes.

Zion Train, on ne les présente plus, continue de nous fournir des disques rondement fignolés sur Universal Egg. Pour Secret in the animal Kingdom in dub, aucun sons agressifs ne vient troubler le délicieux climat langoureux qui s'instaure au fil de basses et d'échos flottants révélateurs de leur ancestral savoir faire. On plane au sein d'une musique saine, positive, respectueuse des anciens. Peut être trop, d'ailleurs. Fidèles au piano dilaté, aux percussions organiques, ils restent les maîtres du genre, on n'en doute plus. Cependant, par instants, manque peut être un peu de fantaisie pour nous accrocher sur la longueur. Méfiez vous les gars, ça commence à tourner en rond, on ne vous suivra peut être plus les yeux fermés.

 

Yo La Tengo

And then nothing turned itself inside-out

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En rangeant les guitares au placard, nos joyeux lurons nous livrent un album de sérénité et de profondeur : histoires à se raconter dans la pénombre, chuchotements et regards complices, rires à peines étouffés. " And then... " nous raconte comment l'humain peut mettre en musique ses moments les plus intimes. Arrêts sur image, ralentis sur une complicité qui unit le groupe depuis des années... Echos d'une compréhension et d'un bien être à vivre ensemble, cet album marque l'acceptation totale, amorcée depuis longtemps mais enfin arrivée à maturité, de la vitalité de leur expression sonore. En accord avec eux-mêmes, les membres de Yo La Tengo rendent ici hommage, de la plus belle façon qui soit, à la musique. Paisible.