La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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The Jesus Lizard

Blue

Pour enregistrer son septième album studio, le combo de Chicago a reçu le concours d’Andy Gill, membre fondateur du mythique Gang of Four. Des conditions idéales pour raffiner la malveillance et la sauvagerie de leur alchimie sonore. Pourtant, l’aspect mélodique de " Blue " est ici beaucoup plus châtié. On a même droit sur le mystérieux " Horse doctor man ", au fruit d’une rencontre hypothétique entre Hunters & Collector et And Also the Trees. Mais si le Lizard a quelque peu mué, flirtant même parfois avec l’électronique, la voix ‘lydonesque’ (par référence aux Pistols), voire ‘jeffreyleepiercienne’" (voir Gun Club), de David Yow continue à cracher sa bile sur un trash/blues/punk marécageux, psychotique hérité en ligne droite de Captain Beefheart et bien sûr des Stooges…

 

Journey

Greatest hits live

Les seize prises ‘live’ reproduites sur cet elpee sont issues de concerts accordés entre 1981 et 1983 à Houston (Texas), Norma (Oklahoma) et Tokyo (Japon). Des enregistrements remasterisés, puis remixés par Kevin Shirley, personnage qui était déjà intervenu pour mettre en forme " Trial by fire ", en 1996, c’est à dire à l’occasion de la réunion du groupe. Un come-back qui nous semble davantage causé par un besoin de liquidités que par pure passion, la musique de Journey n’ayant toujours pas, malgré un quart de siècle de bouteille, évolué d’un pouce. Un morceau de plastique qui ne s’adresse donc qu’aux nostalgiques du hard rock sophistiqué, pour ne pas dire FM, des Foreigner, Boston et consorts… Ah oui, la pochette est quand même réussie !

 

Joy Division

Heart and soul (Box 350’)

Écrit par

Le 18 mai 1980, Ian Curtis se suicide. Un acte désespéré qui met fin à l’histoire d’une formation mancunienne pas ordinaire, mais dont l’importance ne sera vraiment mesurée que beaucoup plus tard….

Flashback. 1977, Bernard Albrecht, Stephen Morris, Peter Hook et Ian Curtis assistent à un set des Sex Pistols. C’est le déclic. Ils décident de monter un nouveau groupe : Warsaw. Après quelques concerts, ils gravent un Ep : " An ideal for living ", vinyle devenu aujourd’hui quasi introuvable. Quatre titres qui figurent sur le troisième volume de ce box, en compagnie de plusieurs inédits, de ‘Peel sessions’, de démos et de raretés. Le disque n’a guère de succès et le quatuor adopte un autre nom : Joy Division. Un patronyme qui ne fait pas l’unanimité au sein de la vox populi. Parce qu’il évoque implicitement un quartier de prostituées réservé aux gardiens des camps de concentration, durant la deuxième guerre mondiale. Le combo cultive, en outre une image noire, décadente, ambiguïté qui lui vaudra d’être assimilé à l’extrême droite. Ce que les musiciens réfuteront toujours, expliquant que leur attitude est destinée à faire passer une certaine idée de l’angoisse et du désespoir. Plus qu’une idée, un sentiment ! Partagé par leur environnement direct. Faut dire, qu’à l’époque, tout comme Liverpool et Birmingham, Manchester est sinistre et sordide. Peuplée de chômeurs, d’alcooliques invétérés. Tous victimes de la récession économique. Un tableau si bien illustré par ces détestables usines désaffectées. On comprend mieux pourquoi le ton d’" Unknown pleasures " est aussi désespéré, tellement amer. " Glass ", " She’s lost control " et " Interzone " reflétant particulièrement ce climat froid comme le marbre…  Cette œuvre est ici intégralement reproduite sur le premier tome de ce box ; mais enrichie, pour la circonstance, de titres posthumes, certains remasterisés, et puis du single " Transmission ", réponse au nihilisme d’ " Anarchy in UK " des Pistols.

Ensuite les événements vont se bousculer. Joy Division sort son premier chef d’œuvre, " Love will tear us apart ", une chanson qui paradoxalement n’entrera dans les charts qu’après la mort de Curtis. C’est à peu près à cette époque que le label Factory lance le second album studio, " Closer ". Un journal intime partagé entre incantations lourdes d’angoisse et de sensibilité (" The eternal ") et poussées de fièvre, d’agressivité (" Atrocity exhibition "). Un épisode retracé sur le deuxième volume de ce box et étendu à d’autres inédits, le fameux flexi-disque " Komakino-Incubation ", pressé à l’origine, à seulement 25.000 exemplaires, ainsi qu’à sept extraits de " Substance ", compile parue en 1988.

Ian Curtis, leader charismatique, écrivain talentueux, torturé par les visions pessimistes de Kafka sur le XXème siècle, de plus en plus souvent en proie à des crises d’épilepsie, met un terme à son existence, et en même temps à celle du groupe. Il entre ainsi dans la légende de l’histoire du rock’n’roll, à l’instar de Jim Morrison, Hendrix et bien d’autres ; avant d’être imité près d’un quart de siècle plus tard par un certain Kurt Cobain. Mais était-il indispensable de couper le cordon ombilical avec la vie pour assurer sa pérennité ? Nous en doutons. Pire, en général, ce genre d’acte n’a jamais profité qu’aux nécrophages…

Bonne initiative, le box évite de revenir sur " Still ", document " live " aussi brouillon que dispensable. Mais n’oublie pas les prestations en public de l’ensemble. Immortalisant sur le quatrième CD des prestations accordées tantôt au " Factory " de Hulme, au " YMCA " et au " Lyceum " de Londres, et enfin au " Winter garden " de Bournemouth. Des témoignages beaucoup plus intéressants et surtout enregistrés dans de meilleures conditions. En outre, Peter Hook y a ajouté une bande démo, qu’il a retrouvé tout récemment, recelant " Ceremony ", et " I’m in a lonely place ", interprétés par Joy Division, compositions qui seront ensuite gravées par New Order. Mais là, c’est une autre histoire…

 

Jud

Chasing California

Du bon et du moins bon sur le deuxième album de cette formation californienne. Peu à son affaire dans sa tentative de ‘gothification’ du hardcore, Jud montre d’évidentes qualités de créativité et de sens mélodique, dès qu’il parvient à se dépêtrer de cette autosuffisance claustrophobe. Sans pour autant mettre son intégrité underground en péril. Comme sur le blues urbain, " Hip kat ", que ne désavouerait pas Girls Against Boys, ou encore sur le sulfureux " Spam ", composition énigmatique, qui avant de s’enfoncer dans une forme d’exorcisme ténébreux, prend plaisir à se laisser caresser par une voix féminine, tellement sensuelle… Produit par Joe Floyd, cet opus épingle quand même deux titres plus pop. Tout d’abord, la superbe ballade, " The hands ", et puis, le cosmique, presque floydien, " Thing ", deux morceaux paradoxalement enrichis par la présence d’un violon spectral…

 

Jack

The jazz age

Si Jack partage des influences communes avec Divine Comedy et les Tindersticks, il faut admettre qu’il ne possède ni la même perspective du music-hall propre à la bande à Neil Hannon, ni le spleen cultivé par le duo Stuart Staples/Dickon Hinchcliffe. D’ailleurs le tempo est, en général beaucoup plus enlevé. Ce qui ne veut pas dire que leur musique ne soit ni mélancolique, ni romantique. Mais repose sur une texture pop/rock plus basique, quoique déchirée entre lyrisme baroque, électricité capricieuse et orchestrations majestueuses. Des orchestrations assurées, tout au long de " The jazz age ", par une section à cordes composée d’une dizaine de violonistes et de violoncellistes. Le deuxième album de Jack s’inscrit dans la lignée du précédent, " Pioneer soundtracks ". Dispensant une même sensibilité à l’esthétisme désuet et un même éclectisme insolent, qu’amplifie le baryton ample d’Anthony Reynolds. Personnellement, nous aurions espéré que le groupe fasse preuve d’un peu plus d’originalité. Ce sera peut-être lors du prochain épisode des aventures de Jack…

 

James

The best of

Écrit par

Depuis ses débuts, le groupe James a continuellement frôlé la consécration internationale, sans jamais réellement l’atteindre. Déjà, en 1985, la presse britannique voyait en ce jeune combo, l’avenir de la pop anglaise. Mais un conflit avec la firme Sire freinera sa lente ascension pendant près de 3 ans. Résultat des courses, les deux premiers albums " Stutter " et " Strip mine " passent inaperçus. Fin 88, ruinée, désabusée, la formation est au bord de la séparation. Par bonheur, l’année suivante, James parvient enfin à sortir de l’anonymat. En publiant un album ‘live’, " One man clapping ", et un symbole: une fleur multicolore plaquée sur des T-shirts à l’effigie du groupe. L’image devient alors l’emblème de la scène de Manchester. Une école dont fait également partie Happy Mondays et les Stone Roses. En 1991, " Sit down " atteint la deuxième place des hit-parades britanniques. On pense alors que la formation est sur le chemin de la gloire. " Gold Mother ", " Seven " et " Laid ", les trois disques majeurs du groupe rencontrent un énorme succès au Royaume-Uni, où James est considéré comme ‘stadium band’. Mais curieusement, ne suscitent pas le même engouement en Europe et aux USA. Avec l’avènement de la britpop en 1995, et la mort des derniers pionniers de la ‘Madchester school’ (Stone Roses, Happy Mondays), on en déduit que James arrive également au terme de son histoire. Pourtant, en 1997, après 2 années de pause, un disque expérimental " Wah wah ", et une escapade en solitaire du chanteur et leader Tim Booth, le groupe enregistre un 6ème opus, " Whiplash ". James s’y montre sous un angle tout à fait différent. Plus électrique, plus plastique mais toujours aussi mélodique. Un nouveau son qui se confirme lors de la sortie du dernier single extrait de ce " Best of ", " Destiny calling " ; clin d’œil aux journalistes qui n’ont jamais cru en eux. Le plus drôle, c’est que la compile a atteint, le mois dernier, la première place des charts insulaires, détrônant Titanic, Céline Dion, Madonna et toute la clique. Un boom commercial inattendu. Mais, surtout une nouvelle chance, peut-être, accordée à cet éternel espoir, d’entrer dans la cour des super stars. Enfin, pour revenir à des repères plus musicaux, sachez que James opère un flirt entre la grandiloquence d’un Simple Minds inspiré et l’intimisme d’un Neil Young dans sa période acoustique ; l’énergie d’un U2 version plus humaine et la fraîcheur de Wonderstuff ; le groove d’Inspirals Carpet voire des Smiths et l’électricité de la britpop actuelle (Suede, Oasis et tous les autres). Ajoutez-y un peu d’innocence et vous obtiendrez le contenu d’un " Best of " qui mériterait tout à fait son nom si les deux premiers albums avaient pu faire partie de la sélection…mais la perfection n’existe pas. Indispensable dans votre collection !

 

Jane’s Addiction

Kettle Whistle

On ne sait pas trop si Jane’s Addcition a l’intention de reprendre du service. Au départ, Perry Farrell en était totalement convaincu. Aujourd’hui, il ne semble plus aussi catégorique dans se propos. En fait, si Flea a accepté de reprendre la basse d’Eric A, il n’a pas pour autant décidé de lâcher le Red Hot Chili Peppers. Enfin pas tout de suite. Et comme Red Hot et l’Addiction sont des groupes de scène par excellence, on ne voit pas très bien comment ils vont faire pour se partager le même musicien au même moment. Bref, revenons à ce " Kettle whistle ". Qui réunit des versions ‘live’, des démos et des raretés commises entre 86 et 91, par la première incarnation d’un des groupes les plus influents de la scène post punk de LA. Mais en surplus, ce recueil réserve deux compositions enregistrées par le nouveau line up. Soit Farrell, Navarro, Perkins et Flea. Pour le titre maître et " So what ". Aussi percutantes que celles du naturellement défunt Porno For Pyros (NDR : quoique !). Une compile que nous pourrions qualifier d’indispensable. Aussi bien pour ceux qui ne juraient que par les Pyros que pour ceux de Jane’s Addiction…

 

Jason & The Scorchers

Midnight roads & stages seen

Double ‘live’ pour cet ensemble mythique yankee fondé en 1981 qui, après avoir connu un bref hiatus au début des nineties, semble être revenu au sommet de sa forme. Les enregistrements destinés à " Midnight roads & stages seen " ont été réalisés les 6, 7 et 8 novembre 1997, à Nashville, bien sûr dans le Tennessee. On y retrouve cependant aussi, pour le plus grand plaisir des collectionneurs, quatre faces ‘B’ de singles, introuvables aujourd’hui. En outre, réputés pour leurs sets en public saignants, colorés et dévastateurs, dignes de ceux de Jethro Tull et de Ted Nugent, mais en plus yankee (NDR : encore qu’on aurait du mal à imaginer un de ces deux artistes se lancer dans un stage-diving), ils réalisaient la fusion du style de Johnny Cash, des Pistols et de Lynyrd Skynyrd. Ce qui explique sans doute pourquoi, ils sont considérés aujourd’hui comme les précurseurs du country punk…

Idaho

Alas

Red House Painters en panne d’inspiration et American Music Club dissout il ne reste pratiquement plus aujourd’hui que Mark Eitzel, leader du défunt AMC, et Idaho pour veiller sur la flemme du pop/rock crépusculaire. Issu de Los Angeles, Idaho c’est avant tout Jeff Martin, même si Dan Seta a remplacé John Berry, à la ‘six cordes’, depuis 1996. Sur cet album, Jeff cumule ainsi les fonctions de bassiste, de guitariste, de compositeur, de producteur et de chanteur. Sa voix languide, fatiguée, aspire littéralement votre âme dans une morosité blafarde, alimentée par l’électricité paisible et monochrome des accords symbiotiques de sa guitare. Pour enregistrer cet album, Idaho s’est entouré d’un minimum de collaborateurs. Claudia Parducci donne un petit coup de violon sur " Jump up ", et Ron Jannelli du basson sur " Only in the desert ". Seuls Joey Waronker pour les drums et Melissa Auf der Maur (Hole), aux backing vocaux, sont impliqués sur les neufs titres d’" Alas "…

 

James Iha

Let it come down

Toutes celles et tous ceux qui s’imaginaient que le premier album solo du guitariste de Smashing Pumpkins épouserait un profil grunge ou post grunge en seront pour leurs frais. Plus étonnant encore, les onze chansons de ce " Let it come down " sont sculptées dans une sorte de country/pop/folk intimiste, tendre et optimiste à la fois. Attention, pas dans la tradition des Robbie Robertson, Jackson Browne, James Taylor et consorts ; mais plutôt dans l’esprit de Matthew Sweet. Parce que les arrangements sont particulièrement soignés, parfois enrichis d’orchestrations symphoniques, un peu comme à la belle époque de Simon & Gardfunkel ; et puis, les sonorités moelleuses raffinées par le timbre vocal chaud, ‘lennonesque’ de James. Enfin, pour enregistrer ce disque, le Chicagolais a reçu le concours de toute une pléiade de collaborateurs. Notamment Adam Schlesinger (Fountains of Wayne), Matt Walker (ex-tour drummer de Smashing Pumpkins), Nina Gordon (Veruca Salt) et puis surtout du spécialiste de la pedal steel guitar, Greg Leisz (Matthew Sweet, K.d. Lang). Un bien bel album !

 

Natalie Imbruglia

Left of the middle

Il y a quelques semaines, nous avions succombé au charme du CD single " Torn ", composition empreinte de fraîcheur, de subtilité, d’émotion, caressée par la voix douce et sensuelle de Nathalie, et dont le final incorporait un solo de guitare steel, tellement proche de celui que nous réservait habituellement la formation mancunienne James. Après avoir écouté l’album, il a fallu bien vite déchanter. D’abord, les autres compositions n’atteignent jamais le niveau du titre maître. A défaut de mer bleue des tropiques, on s’enlise dans les marécages impersonnels déjà empruntés par Alanis Morissette et Meredith Brooks. La somme des arrangements et des clichés ne permettent pas aux chansons de décoller. Néanmoins, Nathalie ne s’est pas laissé dévorer par les crocodiles. Il reste des choses intéressantes. Comme " Leave me now " au parfum trip hop, les très tendres, langoureux " Smoke " et " Pigeons and crumbs ", agrémentés de violons et hydratés d’orgue, ainsi que le remuant " Don’t you think ". Mais pour le reste, c’est vraiment pas la joie. Limitez vous au single… à moins qu’à force de l’entendre sur les ondes radios, vous n’ayez déjà atteint le stade de la saturation…

 

Chris Isaak

Speak of the devil

En nette perte de vitesse depuis quelques années, Chris Isaak nous revient en pleine forme, avec un album plus musclé, plus énergique, plus enthousiaste. Si cette figure culte californienne, aussi bien contaminée par le virus de la musique que par celui du cinéma (Chris a notamment joué pour Bernardo Bertolucci et David Lynch), continue à perpétuer la mélancolie des chansons de Roy Orbison et de Ricky Nelson, il faut admettre que lors de l’enregistrement de ce " Speak of the devil ", il a ajouté une bonne dose d’électricité, dans son indécrottable culture de la nostalgie des sixties. Bien sûr, on y retrouve quelques rengaines sentimentales, mais en général ses guitares sont bien affûtées, parfois mêmes sudistes (Creedence Clearwater Revival ?), le rythme plus allègre et le climat redoutablement rock’n rollien. Avec pour résultat de superbes compositions dignes des hits " Dancin’ " ou de " Wicked games ", telles que le single " Please ", " Wanderin’ ", " Black flower ", et bien sûr le titre maître. Produit par son inséparable pote Eric Jacobsen, le disque réserve également une place aux racines de son inspiration. Tout d’abord sur le rockabilly " I’m not sleepy " (NDR : c’est le cas de le dire !) ; et puis en final l’instrumental " Super magic 2000 ", amphétaminé de riffs typiquement surf…

 

Janis Ian

Hunger

Née en 1951, cette chanteuse/compositrice new-yorkaise, réputée pour ses lyrics mordants, a surtout connu ses heures de gloire au cours des seventies. Notamment en 1975, lorsqu’elle décrocha un n°1 dans les charts US avec son single " At seventeen ". Depuis le début des eighties, on ne peut pas dire que Janis se soit montrée particulièrement prolixe. Faut dire que son timbre vocal, dans la lignée des Judy Collins, Joan Baez et Buffy Sainte-Marie, prête plutôt, dans le contexte contemporain, à sourire. D’autant plus qu’à contrario de Joni Mitchell, elle ne s’est jamais entourée de musiciens susceptibles de donner de la profondeur à sa musique. Et c’est à nouveau le cas sur " Hunger ", un album hyper-léché, surproduit, qui ne parvient jamais à s’extraire d’un climat de morosité générale; et ce, nonobstant le concours d’Ani di Francoà la basse et à la coproduction du titre le moins insipide de l’album, " Searching for America "…

 

Helium

The magic city

Bien qu’issue de Boston, cette formation n’émarge ni à la popcore, ni au punkcore, ni au procore ou autre xcore, à l’instar de la scène post Pixies qui n’en finit plus de faire des émules. Helium embrasse un style beaucoup plus éclectique, généralement atmosphérique, parfois à la limite du symphonique ; mais sans pour autant tomber dans le prog rock. Imaginez un peu le résultat d’une rencontre entre Heather Nova et Brian Eno, et vous ne seriez pas loin du compte. Surtout à cause de la voix éthérée, mélancolique de Mary Timony, dont le timbre rappelle Kim Deal, mais les inflexions, Louise Wener de Sleeper. Et puis, du recours assez généreux aux claviers. Hammond, xylophone, piano électrique et même mellotron. Le superbe instrumental " March 4 ", en est d’ailleurs la plus belle illustration. La touche d’originalité procède cependant des quelques compositions qui concèdent une plus grande participation aux guitares ; des guitares écorchées, velvetiennes, mais dont la présence est trop peu fréquente à notre goût…

 

Hole

Celebrity skin

Il faut avouer que si Courtney Love n’avait pas été l’épouse de feu Kurt Cobain, elle en serait toujours à végéter dans le monde crépusculaire de l’underground. Et pourtant, la veuve du leader de Nirvana se prend pour une star. Bien sûr, elle est entrée dans le monde du cinéma. Et puis s’est fait refaire le pif. Mais de là à multiplier les caprices et de prendre les médias pour des moutons, il y a un fossé (NDR : qui a dit un trou ?), dans lequel, il est préférable de ne pas tomber. Serait quand même temps de parler de l’album. Le troisième de Hole, si on ne tient pas compte de la compile, " My body, the hand grenade ". Son titre ? " Celebrity skin ". Courtney a voulu tenter d’y retrouver l’esprit de la pop la plus pure de Fleetwood Mac. Non, non, pas le Fleetwood Mac de Peter Green. D’ailleurs, à l’époque, le combo trempait dans le blues. Mais celui de " Go your own way ". Enfin, c’est ce que Courtney raconte. Mais en plus grungey, bien sûr. C’est ce que nous avons constaté. Et le résultat n’est pas mauvais du tout. Surtout les cinq compositions issues de la plume de son ex boyfriend, Billy Corgan, dont le titre maître sorti en single. En outre, Hole a reçu le concours de Craig Armstong, pour deux autres fragments, ce qui n’est pas rien. Dans ces conditions, difficile d’admettre que Courtney mérite le statut de star…

 

The House Of Love

Best of

5 albums sortis en 8 ans d’histoire. House of Love restera l’un des secrets les mieux gardés de l’histoire du rock. Créé en 1986 par l’incontournable Guy Chadwick, le groupe nous aura offert, jusqu’à sa séparation, tout ce dont un amateur de musique pop rêve d’avoir. Et cela, sur disque comme sur scène. La fraîcheur, la finesse, la tendresse, les mélodies mélancoliques, poignantes, l’énergie, l’aura, la recherche. Rien ne manquait pour que le quatuor grave son nom en lettres d’or sur le parvis de la maison rock. Pourtant, House of Love est resté dans l’anonymat. Victime du temps et de la mode, ils sont à nos yeux les pionniers de la noisy et surtout de la britpop contemporaine, plantant dès 1986, les racines d’un arbre dont ils ne pourront jamais cueillir les fruits. Nous sommes à ce moment là à la fin de l’air " postcard " des Smiths et au début de la vague " indie dance " des Stone Roses et Happy Mondays. Les fruits ont été récoltés, la saison dernière, par Oasis et, malgré notre admiration pour Richard Ashcroft, par The Verve. Ce " Best of " rassemble donc le meilleur d’un des meilleurs. Du pétillant " Shine on " au savoureux " Crush me ", en passant par le nostalgique " Beatles and the Stones ", le déchirant " Christine " et le tendre " Loneliness is a gun ". Petite imperfection (NDR : décidément, rien est parfait), on se demande pourquoi le dernier opus du combo est passé sous silence. Une histoire de business certainement… Une compile qui reste cependant indispensable.

 

Half Film

East of monument

Si vous aimez Red House Painters, American Music Club et Idaho, Half Film devrait vous plaire. Constitué de deux Irlandais et d’une ressortissante du New Hampshire, ce trio fondé en 1996, s’est cependant fixé à San Francisco. Une excellente initiative au vu du style atmosphérique, minimaliste, quoique impressionniste et surtout mélancolique dans l’esprit d’un Léonard Cohen, mais lo-fi(lisé), pratiqué par le groupe tout au long de leur premier album. Encore, que parfois, on y retrouve certaines traces d’" I am a camera " d’REM, voire d’" If I could only rember my name " de David Crosby. Ce qui explique sans doute pourquoi, leur musique est moins ténébreuse que vous pourriez l’imaginer…

 

The Hangovers

Slow dirty tears

A la tête de ces Hangovers, on retrouve Gina Birch, membre du défunt et légendaire groupe féminin, Raincoats. Une fille qui possède une voix assez particulière, pour ne pas dire hors de l’ordinaire. Capable d’épouser des inflexions ou des timbres aussi différents que ceux de Janis Joplin, Mélanie, Maria Mc Kee (Lone Justice), Joan Baez, Marianne Faithfull ou même de Nina Hagen. Excusez du peu ! Tout ceci sur une musique expérimentale, atmosphérique, qui évoque tour à tour Rollerskate Skinny et Mercury Rev. Laika aussi. Pas étonnant, lorsqu’on sait que son bassiste a participé à l’enregistrement de ce " Slow dirty tears ". Un album qui ne néglige aucune piste. S’aventurant même dans la lo fi, le minimalisme et se payant même un pastiche disco de " Sweetest pain " des mêmes Raincoats. Mais les deux titres qui nous ont le plus fait flasher s’écartent totalement de ces critères éthérés. Il y a tout d’abord, le franchement agressif, " Sorry ", et puis le noisy, nébuleux, mais dans l’esprit de Sweverdriver, " We had a really smashing time ". Etonnant !

 

Heliogabale

The full mind is alone the clear

Très long cet album. Peut-être trop. Sans doute parce que la plupart des chansons de ce groupe français, de La Norville très exactement, près de Paris, sont entrecoupées d’interminables intermèdes instrumentaux que nous pourrions qualifier d’‘ambient’. Quant à l’essentiel du répertoire, il a été enregistré à Chicago. Sous la houlette de l’ingénieur du son Steve Albini. Un disque dont le climat tantôt atmosphérique mais luxuriant (King Crimson ? Mahavishnu Orchestra ?), tantôt filandreux et claustrophobe (Sonic Youth ?) est déchiré par les inflexions vocales menaçantes, courroucées de Sasha Andrès, dont le timbre navigue quelque part entre celui de Björk et de Polley Harvey. Dommage d’ailleurs qu’elle ne chante pas plus souvent !

 

Sue Garner

To run more smoothly

Pour enregistrer son premier album solo, la chanteuse/violoniste de Run On a bénéficié de la collaboration de ses meilleurs amis. En particulier Rick Brown et Katie Gentile (à qui elle a cédé son archet), partenaires au sein du groupe new-yorkais, Georgie Hubley, drummer de Yo La Tengo, et surtout l’ex db’s Chris Stamey ; ce dernier se chargeant, en outre, du mixing et de la production. " To run more smoothly " alterne compositions climatiques, sombres, expérimentales dans l’esprit de Laurie Anderson voire de Nico, et chansons plus pop, intimistes, minimalistes, compositions où Sue peut mettre en évidence l’étendue de son registre vocal, registre capable d’atteindre la hauteur du timbre de Kristin Hersh, mais également la profondeur de celui de Patti Smith. Déconcertant !

 

Girls Against Boys

Freak*on* ica

Dans le monde de la pop et du rock, peu de formations sont capables d’insuffler autant de sensualité dans leur musique. Est-ce dû à l’ossature de la section rythmique, composée de deux basses et d’une batterie ? De la voix d’Eli, aussi rocailleuse et passionnée que celle de Richard Butler (Psychedelic Furs, Love Split Love) ? Des riffs de guitares malsains, funkysants, qui se lovent lascivement dans les claviers ? De la nature des lyrics, empreints de désir et d’interdit ? Enfin, du patronyme du groupe ? Produit par Nick Launey (PIL, Killing Joke, Birthday Party) " Freak*on* ica" semble en tout cas, viscéralement attaché à ces critères, libérant un groove hypnotique, obsessionnel, sur un lit de bruitages électroniques…