Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Keeley Forsyth

Debris

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Keeley Forsyth est surtout connue pour son rôle dans les séries de la télévision anglaise, ‘The Biz ‘ et ‘Guardians of the Galaxy’. Mais c’est également une artiste multidisciplinaire, exerçant ainsi ses talents aussi bien dans l’univers de la danse que de la musique.

Cette Mancunienne a publié son premier elpee, « Debris », en 2020, une œuvre qui navigue entre folk et avant-gardisme. Mais sa carrière musicale n’a débuté qu’en 2017, à l’âge de 40 ans. Suite à une paralysie de la langue (rien que ça !), elle se lance dans l’aventure en compagnie de Matthew Bourne, actif dans l’univers du jazz expérimental. Elle se sert de ce challenge comme une thérapie. 

Dans ces conditions, il n’est pas trop difficile d’imaginer les compositions habitées, chargées d’intensité et peu pudiques que l’Anglaise est capable d’élaborer pour exorciser ses traumas. Une belle expérience immersive à travers les tourments d’une artiste particulièrement douée…

Graham Nash

Nous n'avons qu'une planète…. et nous sommes occupés de la détruire…

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Ex-membre de Crosby, Stills, Nash & Young, Graham Nash sort son premier album ‘live’… à 80 ans !

Fondateur des Hollies dans les sixties, membre CS&N puis de CSN&Y, il peut se targuer d’une carrière impressionnante de musicien, mais aussi de photographe, voire d'auteur ; et bien que Britannique, il n'a jamais cessé de s'engager aux Etats-Unis pour la paix, la dénucléarisation ainsi que la justice sociale, et ce, jusqu'à aujourd'hui.

Jeune… octogénaire, il sort aujourd'hui un live qui reprend intégralement ses deux premiers elpees solos, assurément les meilleurs…

C'est votre premier LP ‘live’ depuis le début de votre carrière solo : pourquoi maintenant ?

L'explication tient en deux mots : mon épouse ! (rires)

Elle souhaitait absolument que j’interprète les morceaux de mes deux premiers albums solos dans leur intégralité. Vu cette pression maritale, j'ai monté ce projet.

Des titres comme "Military Madness" ou "Be Yourself" résonnent malheureusement toujours de façon très actuelle…

En effet. Je viens de terminer une tournée de 22 dates, et d'habitude je commence le concert par une chanson classique de mon répertoire, afin que les spectateurs s'installent tranquillement, rejoignent leur fauteuil, tombent la veste….

Mais à cause de la guerre en Ukraine, j’ouvre désormais mon set par "Find The Cost of Freedom" de Crosby, Stills, Nash and Young pour ensuite embrayer par "Military Madness", en parlant de l'Ukraine et de Poutine.

Comme cofondateur de MUSE (Musicians United for Safe Energy) en 79, une organisation qui luttait contre le développement des installations nucléaires, continuer encore et toujours à vous battre pour la dénucléarisation de la planète doit vous paraître insensé ?

Le reste du monde est complètement terrifié par la perspective que quelqu'un comme Poutine, dont beaucoup aujourd'hui pensent qu'il est actuellement une sorte d'handicapé mental, a le doigt sur le bouton de cinq mille têtes nucléaires. Chacune d'elles sont mille fois plus puissantes que les bombes qui ont détruit Hiroshima et Nagasaki.

Si Poutine est poussé dans ses derniers retranchements, il ne fait nul doute dans mon esprit qu'il appuiera sur le bouton.

Cette forme de ‘protest songs’ est donc toujours d'actualité ?

C'est certain, et pour d'autres sujets comme l'immigration ("Immigration Man", enregistré en compagnie de David Crosby), "Oh ! Camil", chanson que j'ai écrite au sujet du Vietnam…

Toutes ses compos prennent encore sens aujourd'hui. Rien n'a changé…

Et même lorsque vous avez participé à ‘Occupy Wall Street’ en compagnie de David Crosby ?

Absolument, et pourquoi pas ? A mon âge, j'essaie encore de vivre la meilleure existence qui soit.

Seriez-vous une sorte de Bernie Sanders du rock ?

(il rit). J'adore Bernie. J'ai voté pour lui et je l'ai supporté durant sa dernière campagne.

En ce qui concerne "Chicago : We Can Change The World", vous vous référez à Trump, mais en modifiant les paroles. Pourquoi ?

Parce que ce sont toujours les mêmes satanés événements qui se produisent encore et encore. On dirait que nous n'avons rien appris de l'histoire, de l’avènement et la chute des empires…

Je voulais faire comprendre au public que cette folie militaire dure depuis des siècles, et durera encore pour les siècles à venir. Parce que l'humanité, à ces niveaux de pouvoir, est tout à fait stupide.

Vous êtes également un pionnier en matière d'écologie…

Pourquoi pas ? Nous n'avons qu'une planète…. et nous sommes occupés de la détruire.

Qu'allons-nous faire ensuite ?

Déménager sur Mars ou la Lune et commettre les mêmes erreurs ?

Julian Assange peut désormais être extradé de Grande-Bretagne vers les États-Unis. Comme anglo-américain, qu'en pensez-vous ?

Il essayait d’accomplir ce qui était juste. Julian Assange a toujours tenté d’étaler la vérité au grand jour, et malheureusement il s'est retrouvé prisonnier de la politique britannique. Et je réprouve son extradition vers les États-Unis où il sera jugé.

Les journalistes devraient toujours être protégés.

Au cours de votre carrière, vos photographies se sont-elles révélées plus importantes que vos mémoires publiées en 2014 ou est-ce l'inverse ?

Ma musique, la photographie, mes écrits ou mes positions émanent tous de la même énergie. Je supporte l'underdog : je soutiens toujours l'équipe qui n'était pas sensée gagner, mais qui y est parvenue. Aux cow-boys, je préfère les Indiens…

Durant votre période Crosby, Still and Nash, vous aviez hérité du surnom Willy. Pourquoi ?

Parce que mon identité complète est Graham William Nash. C'est ainsi que je devine l'âge de mes amis… S'ils m'appellent Willy, c'est qu'ils me connaissent depuis au moins cinquante ans ! (rires)

Que faisiez-vous de votre ‘englishness’ à l'époque dans un groupe américain ?

Rien. Disons que j'ai juste apporté le savoir acquis chez les Hollies, que j'avais fondés avec Allan Clark, en décembre 62.

Mais vous étiez anglais ?

Oui, je crois (rires). J'ai amené avec moi la faculté d'écrire une chanson que vous ne pouviez oublier si vous l'aviez écoutée deux fois. Faculté que nous possédions chez les Hollies. Il est cependant vrai que nous alignions des tubes dont les mots n'étaient pas d'une profondeur vertigineuse.

Lorsque j'ai déménagé en Amérique pour rejoindre David Crosby et Steven Stills, je me suis rendu compte que si je pouvais mettre davantage de profondeur dans les paroles, je signerais de meilleurs morceaux.

Quelle est l'importance du skiffle dans votre carrière ?

Il est essentiel. Parce qu'il était à la fois facile de pratiquer ce genre musical et de former un groupe lorsque vous saviez en jouer : une guitare acoustique bon marché, la planche à laver sur laquelle votre grand-mère avait l'habitude de préparer la lessive, et des dés à coudre au bout de doigts qui servaient de percussion.

Après la Deuxième Guerre mondiale en Angleterre, la plupart des garçons de 15 ans n'avaient pas grand-chose à faire et manquaient d'argent ; mais si vous pouviez vous offrir une guitare acoustique bon marché, et que vous connaissiez trois accords, vous pouviez pour ainsi dire jouer toutes les chansons que Buddy Holly avait écrites.

Une sorte de musique do-it-your-self ?

Tout à fait.

John Mayall et vous êtes deux survivants d'une époque…

C'est sûr. Mais vous devez bien comprendre qu'il est bien plus âgé que moi ! (rires)

J'ai assisté au concert d’Andrés Segovia, le génie espagnol de la guitare à San Francisco alors qu'il avait 92 ans et il m'avait ébloui.

Si je parviens à vivre jusqu'à cet âge, je voudrais bien continuer à jouer de la musique comme lui.

Il n'y a pas d'âge pour le rock ?

Non, même Mick Jagger a plus de 30 ans ! (rires)

Graham Nash : « Live – Songs for Beginers / Wild Tales » (V2) paru le 6 mai 2022

 

LaSemo 2022 : dimanche 10 juillet

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Dernière journée d'un triptyque haut en couleur. Il est effectivement déjà temps de se dire au revoir.

Si la veille, les températures étaient plus que supportables, ce dimanche, les rayons de soleil ont décidé de cogner dur. Autant dire que les fontaines dispersées sur le site vont avoir une tâche bien ardue. C'est gratuit, alors autant en profiter !

C'est par Fleur que les festivités commencent. Le combo exécute sa prestation sur la scène de la Tour. Une jeune demoiselle est vêtue d'une robe verte à gros motifs ; des fringues probablement empruntées à son arrière-grand-mère.

Elle semble ingénue, baragouine quelques mots en français, mais c'est dans la langue de Shakespeare qu'elle s'exprime le mieux. De ses aveux, elle trouve que le français reste la plus belle langue de l'univers.

Une petite fille de 6 ou 7 ans semble carrément tombée sous le charme de la roussette et de ses trois comparses. En retour, elle recevra un vinyle dédicacé en plein concert sous les applaudissements du public.

L'univers du groupe nous replonge dans les années yéyé, un courant musical qui a sévi en France au début des années 1960. Et un morceau aussi décousu que décalé comme « Mon ami martien », en est un parfait exemple. Un peu gauche, la nymphette s'exerce en flash-back. Sa voix est fragile et posée. Ce petit accent accentue encore un peu plus le charme de cette artiste.

C'est sympa, mais le show s’avère un peu trop linéaire. Les spectateurs sont couchés dans l'herbe, brindille dans la bouche et chapeau de paille sur la tête, dans une ambiance qui rappelle, quelque part, Woodstock…

Ne retenons que le positif, cette brise musicale fraîche est la bienvenue, compte tenu de la température.

Friday Frida se produit à La Guinguette. Il s'agit de neuf gonzesses issues de la région de Liège. Elles reprennent de gros standards de la pop des années 2000 et des morceaux de folk américain.

Pas de musicos sur scène. Une des demoiselles se charge de donner le rythme à l’aide d’un gros tambour tandis que ses comparses se chargent de l'accompagner avec leur corps (elles utilisent leur torse, les doigts ou toute autre partie susceptible de produire du bruit). Bref, un résultat détonnant.

Si musicalement, ce set n'apporte rien de très particulier, la magie opère tout de même. Le public est conquis. Les filles sont satisfaites. Que demander de plus ?

La scène de la Tour accueille son plus fervent invité en la personne de Cédric Gervy. Il est présent au LaSemo depuis des années.

En ce dimanche, il a troqué sa casquette de prof de néerlandais pour revêtir celle de troubadour/chansonnier.

Hormis la présence de sa mascotte favorite (une espèce de peluche déglinguée), il est seul sur les planches.

Alors qu'il y a quelques années, il militait au sein d’un projet collectif : Cedric (et les) Gervy, impliquant Mr Chapeau, le gratteur RenRadio et le drummer Tyler Von Durden (remplacé en 2019 par The Robot), il se produit désormais en solo.

Lors d'une des dernières éditions, il avait invité le collectif à l'accompagner en ‘live’, ce qui avait débouché sur un set très performant.

Armé d'une gratte acoustique (qui elle aussi a déjà bien bourlingué), il revisite des sujets brûlants, dépeignant l'injustice de ce monde en format très second degré.

Lui, ce n’est pas du sang qui coule dans ses veines, mais un savant mélange de bonne humeur et de joie de vivre.

Autant dire que ses concerts sont synonymes de franche rigolade (« George est content », « « Que c'est chiant le reggae, etc.). C’est une thérapie contre la morosité ambiante à lui tout seul.

Bon, on ne peut pas dire que le gars possède un organe vocal très développé. Dès lors, considérez Gervy, n'en déplaise à l'artiste, comme un amuseur et non un chanteur.

Même si Cédric apporte un soin particulier lors de chacune de ses prestations, son set commence doucement à sentir la naphtaline. Ce sont toujours les mêmes carabistouilles, les mêmes jeux de mots, les mêmes sujets à dépeindre. On dirait un vieux sénile qui répète sans cesse les mêmes propos.

Un changement de line-up dans la programmation du festival serait de bon goût, car Gervy une fois, ça va, plusieurs années de suite, bonjour les dégâts.

Bon allez Cédric, ‘Bonne année quand même et à l’année prochaine !’ Enfin, si tu pouvais passer ton tour, quand même ...

Retour à la scène de la Tour pour y découvrir Ladaniva.

Pas question de bagnole, mais du groupe multiculturel fondé par la chanteuse arménienne Jacqueline Baghdasaryan et le multi-instrumentiste français Louis Thomas.

La rencontre tient d'un conte de fée. Baghdasaryan a 19 ans lorsqu'elle débarque en France avec sa mère. Arménienne qui a grandi en Biélorussie, elle est logée dans un foyer à Tourcoing.

Lors d'une jam organisée au bar ‘l’Intervalle’, dans le Vieux-Lille, un de ces endroits miteux où il encore possible de s'exprimer musicalement sans trop de souci, elle rencontre Louis Thomas, enfant de Quesnoy-sur-Deûle, trompettiste touche-à-tout et ouvert sur le monde et ses musiques.

Ladaniva naît ce soir-là. Un mini-concert sur Radio Nova est repéré par la suite par Michka Assayas (ce célèbre dénicheur de talents est également le maître d'œuvre d’une bible du rock, parue en 2000,) les propulsera vers l'autel du succès.

Leur popularité croît encore davantage lorsqu'en 2020, en plein Covid, Ladaniva publie deux vidéos qui vont générer plus d’un million de vues chacune sur YouTube.

La musique de Ladaniva est plurielle. Elle oscille du folk arménien à la musique traditionnelle des Balkans, en passant par le maloya, le jazz et le reggae.

Jacqueline est à l'image de la musique qu'elle produit : joyeuse et évasive, entre histoire, tradition et modernité.

Parfois un brin nostalgique, elle ne peut s'empêcher de revivre son vécu à travers l'une ou l'autre composition.

Direction la scène du Château pour le dernier concert de cette édition 2022.

Il s'agit de Ben Mazué. Promis à une carrière de médecin, Benjamin Mazuet à l'état-civil, opte pour la musique alors qu'il n'a que 25 ans.

Il est accompagné de deux musiciens multi-instrumentistes. Lui se réservera la sèche sur l'un ou l'autre titre.

Un écran blanc géant trône sur le podium qui permettra d'habiller en images le show qui s'annonce excellent.

D'emblée, amis des mots et de l’émotion, Ben Mazué aime se dévoiler à travers ses compostions. Ses joies, ses peines, ses émotions, ses états d'âme, ses paroles retentissent au gré de ses maux.

Auteur-compositeur-interprète, Benji couche ses sentiments sur le papier pour en construire des mélodies qui ont du sens. Pour lui et pour les autres. Ses récits sont tout simplement familiers, sincères et véritables.

L'amour est au centre des débats. Celui qu'on a perdu. Celui que l'on va retrouver aussi. Il parle ouvertement de la femme qui l'a quitté. Les chansons de son album « Paradis » ont été directement inspirées de cette période lorsque sur l'Ile à la Réunion, il se levait à 4 heures du matin faire son jogging, histoire d'évacuer toutes ces histoires obsédantes, tandis que son ex dormait paisiblement.

Mais à en croire ses propres propos, il vaut mieux une belle histoire qui se termine trop tôt, qu'une médiocre qui dure toute une vie (« Le cœur nous anime »).

Intellectuellement trituré (« Quand je marche »), Mazué reste un artiste qui rend à la chanson française ses véritables lettres de noblesse.

Agé de 41 ans, en pleine crise, l'homme se cherche et tente de se réinventer pour mieux se retrouver. Et si cette crise avait commencé plus tôt pour ne jamais prendre fin ?

Quoi qu'il en soit, Mazué s’épanouit dans ses chansons qui content la vraie vie. Fondamentalement curieux, la nature humaine le rend interrogateur. Mais les questions fusent, sans nécessairement trouver de réponse.

Durant toute sa prestation, il ne cessera de prendre le public à partie sur des sujets qui lui tiennent à cœur : la vie, la mort, les rencontres, les amis, etc.

Après plus de 10 ans de carrière, Ben Mazué est l’un des artisans de la chanson française. Un enfant aussi en quête de réponse.

Il est 22 heures 15 lorsque le show se termine. Une bien belle édition. Un site formidable. Des jeux. Des concerts. Une ambiance bon enfant. Un soleil radieux. De quoi attendre impatiemment l'édition 2023…

(Organisation LaSemo)

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Hooveriii

Des applaudissements pour Hooveriii

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« A Round of Applause », c’est le titre du nouvel opus de Hooveriii (prononcez ‘Hoover Three’) qui paraîtra ce 29 juillet 2022. Baptisé « A round of applause », il devrait être son album le plus ‘pop’. Il est même annoncé comme rendant hommage à la scène de Canterbury. Le titre de cet LP s’inspire de "Click Your Fingers Applauding the Play", une compo de Roky Erickson datant de la fin des années 80. Mais comme il était trop long, il a été raccourci. Hoover a même ajouté qu’il s’agissait d’un disque dont la musique ressemble à celle de Gentle Giant".

En attendant, le groupe de psycho-rock issu de de Los Angeles nous propose un avant-goût de ce futur long playing, à travers le clip de "The Pearl" à découvrir là

La vidéo met en scène une princesse (interprétée par Foster James) courtisée par chaque membre du groupe. Il a été écrit et réalisé par Vanessa Pla et tourné sur un film 16mm par Andy Hoffman.

 

Wet Satin

Des crustacés pour Wet Satin…

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Wet Satin Wet Satin est un duo californien réunissant des anciens membres de Lumerians, Jason Miller et Marc Melzer. Il nous propose son nouveau single « Golden Prawn », un extrait de son premier elpee éponyme qui paraîtra ce 12 août 2022.

Miller a déclaré au sujet de ce nouveau morceau : ‘Nous l'avons enregistré l'été dernier dans un sous-sol à Grass Valley, en Californie. Il capture le sentiment d'un été surréaliste, recadré comme une sorte d'odyssée de science-fiction de cumbia psychédélique qui se déroule au fond d'une piscine…’

Pour écouter « Golden Prawn », c’est là

 

 

Pilod

L’avenir s’annonce radieux pour Pilod…

Écrit par

Pilod est donc passé d’un trio à un quatuor et pour l’instant, il bosse sur de nouvelles compos. Donc on suppose qu’un troisième elpee est en préparation. Ce sera le troisième et il fera suite à "Sunny Forecast" (2013), et "Black Swan" (2016). Guitares grinçantes ou vagabondes, urgence sombre, explosivité menaçante ou rythme hypnotique, la formation louvaniste nous propose son nouveau single "The Future looks bright", dont le clip est disponible ici

 

 

The Vacant Lots

On boucle chez The Vacant Lots

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Issu de Brooklyn, The Vacant Lots, est un duo post-punk/synth-pop réunissant Jared Artaud et Brian MacFadyen. Son quatrième elpee paraîtra ce 30 septembre. Intitulé "Closure", il fera suite à "Interzone", paru en 2020. En attendant, il nous propose son single, "Chase". Composé à l’aide d’une boîte à rythmes Synsonics et d’un synthétiseur Yamaha CS-10, ce titre démontre que le tandem est capable de faire le maximum avec le moins d'éléments possible.

Non seulement Jared Artaud a coproduit les derniers opus d’Alan Vega, "IT" et l’album perdu "Mutator", mais il a publié un recueil de poèmes (‘Empty Spaces’) en 2014. Pas étonnant que certains médias ont qualifié The Vacant Lost comme un duo de synthétiseurs new-yorkais qui réalise la fusion entre Suicide et Burroughs...

Pour écouter "Chase", c’est ici

 

 

Tess Parks

Tess Parks regarde les anges danser…

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Tess Parks est une chanteuse de rock psychédélique originaire de Toronto au Canada. Originaire de Toronto et établie depuis à Londres, Tess Parks vient de publier un extrait de son nouvel album "And Those Who Were Seen Dancing", sorti ce 22 juin 2022. Intitulé "I See Angels", il bénéficie d’un clip vidéo disponible ici

A ce jour, elle a gravé un opus solo en 2013, "Bloodhot" et deux elpees en collaboration avec le chanteur du Brian Jonestown Massacre, Anton Newcombe, "I declare nothing" en 2015 et "Tess Parks & Anton Newcombe" en 2018.

Pour "I See Angels", elle a déclaré : ‘Cette chanson a été écrite en quittant New York et pour la vidéo, j'ai toujours eu cette vision de ballerines dansant dans toute la ville... J'ai découvert le travail de Joe Bressler et je l'ai adoré. Comme il vivait à New York, nous avons décidé de collaborer. Nous avons vaguement discuté des lieux, mais sans le savoir, il a fini par choisir des endroits qui avaient une grande signification sentimentale pour moi. J'adore la façon dont la vidéo se termine, avec cette belle ballerine enfin libre et dansant dans la nature. Toute cette dernière séquence de danse est encadrée comme un véritable tableau de la Renaissance…’

Pour découvrir le clip de "I See Angels", c’est ici

 

 

Flying Moon in Space

Et de deux pour Flying Moon in Space

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Etablie à Leipzig, en Allemagne, Flying Moon in Space est une formation qui pratique une musique expérimentale, à la croisée des chemins du krautrock, du psychédélisme et du space rock. Son deuxième elpee, « ZWEI », est paru ce 24 juin 2022. Le single qui en est extrait, « Traum Für Alle ('Dream for Everyone') » est en écoute là.

Dans l’ensemble « ZWEI » a un côté plus structuré et plus pop par rapport aux débuts du band, même si l’expression sonore demeure instrumentale, en utilisant des synthétiseurs pour la première fois, ainsi que des boucles et des enregistrements captés à l'église et au sein de la forêt environnante.

Au sujet de « Traum Für Alle ('Dream for Everyone') », le chanteur Parks a déclaré : ‘Le rêve de tout le monde, c'est plus. Plus d'argent. Plus de temps. Plus de tout et n'importe quoi. On n'en a jamais assez. Notre seul but semble être de courir après une satisfaction qui ne vient jamais…’

LaSemo 2022 : samedi 9 juillet

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Depuis 2013, le Parc d'Enghien, domaine de 182 hectares situé sur les communes belges d'Enghien et de Silly, accueille le LaSemo.

Caractérisé par ses espaces verts exceptionnels, ses pièces d'eau, ses jardins et des bâtiments qui couvrent près de 400 ans d'histoire, le site est propice à la découverte ainsi qu’au lâcher-prise et convient donc parfaitement bien à ce type de festival.

Après avoir traversé plusieurs crises sanitaires successives, le LaSemo revient sous sa version originale. Suite à la pandémie, les organisateurs avaient dû se contenter de versions épurées baptisées ‘Ceci n'est pas le LaSemo’ en 2020 et ‘Ceci n'est pas encore le LaSemo’, l'année suivante.

Contrairement aux deux années précitées, les masques ont totalement disparu reléguant au passé (?!), les vicissitudes atroces causées par les incertitudes épidémiologiques. Situation paradoxale puisque à l'heure d'écrire ces lignes, les contaminations reprennent de plus belle ...

Quoi qu'il en soit, pour cette nouvelle édition, tout y est : le Château est magnifiquement mis en évidence et on y retrouve les jeux pour les têtes blondes, les spectacles pour les plus grands enfants ou encore un espace ‘Amusoir’ basé sur le modèle intergénérationnel. Et cerise sur le gâteau, le temps est de la partie.

Autant de détails faisant du LaSemo un événement unique en son genre. Mais pas que, puisque ce festival mise aussi sur le développement durable. Vous cherchez du neuf ? Rebroussez votre chemin, vous n'y trouverez rien ! Tout est recyclé ! De vieilles bécanes qui permettent de recharger son portable à la force des guibolles, les chaises de mamy dispersées ici et là, histoire de poser son popotin, des casquettes faites de boîte en carton, sans oublier les toilettes sèches, évidemment. Inutile de préciser que cette liste est loin d'être exhaustive.

La vraie seule grosse déception sera l’absence de Jean-Jean, l’habituel géant givré de service chargé d’introniser avec humour, décadence et légèreté les artistes. Ce n'est pas sa première défection. Déjà en 2018, il avait été remplacé au pied levé par une Schtroumpfette qui ne lui arrivait pas à sa cheville (au sens propre comme au figuré).

Le festival se déroule à nouveau sur trois jours. Votre serviteur n'a malheureusement pu se rendre à temps sur le site le vendredi, là même où se sont produits notamment Fugu Mango et Girls In Hawaii.

Les hostilités débutent donc ce samedi par Barcella sur l’estrade de la Tour.

Homme de scène, il a décroché plusieurs prix émérites : championnats de France de ‘Slam Poésie’, prix ‘Jacques Brel de Vesoul’, récompense auprès de l'académie ‘Charles Cros’ pour son spectacle ‘Charabia’, etc.

Très à l’aise sur les planches, il jouit d’une longue expérience, puisqu’il a notamment assuré le supporting act de Jacques Higelin, Francis Cabrel, Sanseverino, Cali, Tryo, Zebda ou encore Thomas Dutronc.

Mathieu Ladevèze, à l’état civil, est un amoureux de la langue de Voltaire. Il aime le mot, le détourne de son contexte, l’utilise comme matière première, le façonne, l’envie, l’élève, le fait grandir, trie le bon grain de l’ivraie, avant qu’il ne renaisse dans chacun de ses textes, sur une musique dont la poésie moderne colle parfaitement à la chanson française.

Une évidence ! Il propose un ‘live’ où n’ont droit de cité que l’humour et la joie de vivre. Le gaillard rend festif ses propos, les malmène, les triture, les enjolive parfois, mais sans tomber dans la mièvrerie. Les seuls maîtres mots : bonheur et onirisme !

Cataloguer cet artiste de bouffon serait lui faire honte. C’est plus que ça. Bien plus ! Toujours en recherche d’exigence et d’inédit, sa conception musicale est concise et précise, entourant des jeux de mots percutants et réfléchis, tout au long d’un flow soutenu par des textes rageurs et affûtés, qu’il dispense en manifestant une autodérision majeure et éphémère.

Moment fort du spectacle, lorsque dans un élan de courage, il adresse un message au public féminin venu en masse. Lors d’un discours éloquent, il rend hommage aux… ‘salopes’.

Mesdames, ne le prenez pas pour vous ! Il sous-entend derrière cet idiome, les maladies, les catastrophes, etc. Bref, toutes ces saloperies qui nous empoisonnent la vie et qu’il qualifie ainsi…

Le public, pris au jeu, scande de plus en plus fort, cette expression rendue vulgaire aux oreilles des plus jeunes, présents eux aussi. Que les parents ne s'offusquent pas, c'est pour la bonne cause !

Autre scène, autre genre. Les membres de What The Funk se pressent à la Guinguette.

C'est sans doute l'endroit le plus atypique. La scène est constituée de palettes de bois. De vieux vinyles ont été cloués sur le pourtour du site, histoire de feindre un espace cosy. Si l'objectif final n'est peut-être pas atteint à cent pour cent, l'idée est originale en tout cas.

Ce podium bénéficie d’un bel espace ombragé car il se situe au milieu d'un espace arboré. Les spectateurs se sont installés au centre de l'hémicycle et attendent patiemment, une chope à la main.

Énergiques et passionnés, les membres de What the Funk sont au nombre de neuf. Leur truc, ce sont les reprises qui s’étalent des années 60 à aujourd'hui.

S’inspirant du meilleur de la black music, WTFunk mêle rythmes groovy et vibrations brûlantes : un cocktail bien frappé qui balance du lourd !

S’appuyant sur un répertoire judicieux et intergénérationnel, le groupe a offert un spectacle complet en visitant les gros standards du genre, le tout dans une bonne humeur contagieuse. Fallait voir le public se déhancher au gré de la basse syncopée et des guitares triturées par les pédales wah wah.

Bien que les formations de reprises soient dans l'air du temps, on peut quand même regretter l'absence de compos originales pour un festival de cette trempe.

Quoi qu'il en soit, le combo n'avait qu'un seul objectif : réveiller la pulsion rythmique qui sommeillait au plus profond de chacun de nous. Pari plutôt réussi et définitivement funky.

Retour à la scène de la Tour pour faire connaissance avec un jeune gaillard qui répond au nom de Tim Dup. Il est venu présenter les couleurs d'un nouvel album « La course folle ».

A vrai dire, cet artiste constitue la première belle surprise de la journée.

Agé de seulement 26 ans, ce garçon a tout d'un grand.

Il embrasse un univers où se marient volupté et mélancolie, le tout aiguisé par des textes empruntés à la langue de Molière.

En se servant de mots puissants, modernes et intimes à la fois, Tim brasse des thématiques vives et ensoleillées sur un lit de sonorités variées et audacieuses.

Des chansons qui invitent à l'évasion, tantôt avec légèreté, tantôt avec cette pointe d'autodérision. Il y parle de ses soirées d'apéros, de copains ou encore de l'Italie. Bref, une fraîcheur qui sent bon la jeunesse insouciante.

Devenu aujourd'hui une figure marquante de la scène française, le gaillard est aussi bien à l'aise devant le piano que le micro ; et il impressionne par la maturité de ses compos.

Si vous appréciez l'univers d'un Dominique A, vous devriez assez naturellement succomber au charme de Tim Dup.

L'heure est à la prestation de Patrice maintenant. L'artiste avait marqué les esprits en 1999 en publiant un elpee intitulé « Lions ». Pas étonnant donc que les groupies se soient pressées en masse devant le podium du Château.

L'homme dispose d'une large palette musicale. On passe de la soul au reggae et du blues au folk mélancolique en un tour de main.

Objectivement intéressant, l'homme ne parvient cependant pas à attirer l’attention de votre serviteur qui préfère remplir une fonction physiologique en se rendant au stand food.

Ce sera le dernier concert ‘organique’ de la journée, le reste étant consacré à la musique électronique. Un genre aux antipodes de ce que votre serviteur se met dans les portugaises. Curieux de nature, il prend la peine de jeter œil et une oreille au set de Thylacine.

Si dernière ce nom barbare se cache le loup de Tasmanie, ici, il en est tout autre puisqu'il s'agit de William Rezé, un musicien et compositeur français de musique électronique.

Issu du conservatoire, il prête ses talents de saxophoniste dans divers groupes et devient véritablement actif dans le milieu électronique, en 2012.

Si l'artiste se dit proche artistiquement de Fakear, Superpoze, Massive Attack, Four Tet ou Moderat, il s'inspire surtout de ses voyages pour composer sa musique qu'il façonne comme de la pâte à modeler.

La nuit vient de tomber. Des néons d'un bleu profond viennent s'immiscer subrepticement, faisant de ce moment de grâce, une parenthèse inattendue.

Planté au milieu de tout ce bidouillage électronique, Rezé est soutenu, sur certains morceaux, par un préposé aux ivoires. Et ses interventions sont subtiles. D’un noir étincelant, le piano à queue est planté au milieu de l'estrade.

Le jeune Français et son comparse sont d'une précision impressionnante. Tout est millimétré et calibré. Pourtant, par moments, lorsque l'on y est attentif, il semble que cette rigueur s’estompe pour laisser place à l'improvisation ; ce qui leur permet à la fois de revisiter, mais aussi de se forger un style unique.

Cette approche artistique permet au moins à Thylacine de renouer avec son passé de musicien du conservatoire.

Un vrai régal pour les yeux et les tympans.

Il est temps maintenant de regagner ses pénates, la dernière journée du LaSemo s'annonçant, elle aussi, très riche en découvertes et en surprises.

(Organisation : LaSemo)

(Voir aussi notre section photos ici)

And Also The Trees

And Also The Trees et le magicien d’Os.

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Le nouvel album d’And Also The Trees paraîtra ce 9 septembre 2022. Intitulé « The bone carver », il fera suite à « Born into the waves », gravé en 2016.

Simon et Justin Jones ont travaillé sur cet opus pendant 3 longues années, à Londres, en Suisse et dans une grange sise dans les Midlands, non loin de leurs racines. Outre le fidèle drummer Paul Hill, en poste derrière ses fûts depuis 1998, Grant Gordon et Colin Ozanne, arrivés en 2015, sont toujours présents au sein du line up. Le premier se consacre à la basse et le second aux claviers, à la seconde guitare, mais aussi à la clarinette.  

And Also The Trees se produira le 15 juin au Botanique de Bruxelles.

https://www.andalsothetrees.co.uk/

Anwar

Anwar est à suivre…

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Après avoir sorti un premier single intitulé "Follow Me (Jamy Ben Rework)", Anwar nous revient avec un superbe clip. L’auteur compositeur interprète belge nous entraîne autour du monde dans un road trip onirique. Tourné à la pellicule dans de magnifiques décors, on ne peut s’empêcher de suivre Anwar…

En 2022, à l’ère du speed dating, du revenge porn et de l’amour désacralisé, un troubadour bruxello-marocain à la voix androgyne prend la peine de cultiver des ‘love songs’ à l’ancienne à l’aide du meilleur engrais possible : la sincérité. Le remix, réalisé par Jamy Ben du duo Diva Faune, apporte une nouvelle dimension à la compo sur des rythmes electro.

« Lights », le second album d'Anwar, paraîtra à la rentrée 2022 !

Le clip de « Follow Me » (Jamy Ben Rework), est à découvrir ici

 

King Hannah

I’m not sorry, I was just being me

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Premier album pour King Hannah, un duo établi à Liverpool réunissant Hannah Merrick et Craig Whittle. Galloise, elle chante et joue parfois de la sèche. Multi-instrumentiste, Il se réserve la plupart des parties de guitare et parfois la basse. Lors des sessions, la paire a reçu le concours d‘un préposé au synthé, d’un drummer et de quelques invités.

« I’m not sorry, I was just being me » baigne au sein d’un climat particulièrement sombre, un peu comme si le groupe évoluait au croisement de chemins tracés par Portishead, PJ Harvey et Mazzy Star. La voix d’Hannah est lancinante, nonchalante, langoureuse, sulfureuse, mais bien timbrée. Electrique, éraillée, la guitare communique des sentiments d’angoisse, de torpeur et de mystère. La section rythmique est parfois d’une intensité folle, le drumming se révélant même, suivant les circonstances spasmodique ou implacable.

Pour alléger quelque peu l’ambiance, le disque recèle l’un ou l’autre interlude et une ballade americana (« Ants crawling on an apple stork »), mais on ne sort pas indemne après avoir écouté un tel album. Soit on le déteste pour cette atmosphère cafardeuse, soit on l’adore pour la présence de morceaux tout bonnement remarquables. Et en particulier « A well-made woman » amorcé par un intro labyrinthique, « All being fine » et les incursions avant-blues de Whittle à la six cordes, le vaporeux « Go-Kart Kid (Hell No !) » dont l’intensité électrique s’enflamme à mi-parcours, l’instrumental « Berenson » réminiscent du Red House Painters, le titre maître, abordé dans l’esprit ‘west coast’ de l’album « If I only could remember my name » de David Crosby, le semi-crazyhorsien semi-floydien « The moods that I get in » ainsi que la plage finale, « It’s me and you kid » ; imprimée sur un mid tempo, elle est abrasée de cordes de guitare filandreuses et torturées…

Un must !

Kee Avil

Crease

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Vicky Mettle, alias Kee Avil, n’est clairement pas l’artiste la plus notoire du mythique label montréalais Constellation. Elle appartient à cette catégorie d’artistes expérimentaux qui gravitent autour de locomotives telles que Gospeed You ! Black Emperor ou A Silver Mount Zion. Pourtant, la jeune guitariste et productrice est parvenue à se forger un nom au sein de la scène locale, notamment grâce à un premier Ep paru en 2018. Ce qui lui a permis de jouer en compagnie de Land of Kush et d’assurer les premières parties de Pere Ubu, Marc Ribot ou encore Suuns.

« Crease » constitue son premier album. L’univers de Kee Avil se distingue par son originalité, car tout en se révélant expérimental, il s’avère accessible. Un challenge plutôt difficile à accomplir, il faut le reconnaître. Le spectre d‘influences de la Canadienne est plutôt large. Du moins sur cet opus. Parmi les plus marquantes, on citera Fiona Apple, Juana Molina, Gastr Del Sol et même Björk. Enfin, c’est ce que l’artiste a déclaré.

Elle chante ou plus exactement chuchote, en se servant d’une gratte électro-acoustique. Son jeu de guitare est atypique, intuitif, tout en nuance et délicatesse. Minimaliste, sa musique est subtilement teintée d’électronique. Mais manifestement, le climat qui règne tout au long de cet elpee n’est clairement pas propice à la joie. De ses compos, il émane même une forme de mal-être ; un peu comme chez Jenny Hval.

En outre, plusieurs écoutes de cet LP sont nécessaires avant de pouvoir s’en imprégner. Et même si l’atmosphère qui y règne est manifestement sombre, sa singularité mérite une attention particulière...

Imarhan

Aboogi

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D’origine touareg, Imarhan est un une formation algérienne qui, à l’instar de Tinarriwen, puise son inspiration dans la musique traditionnelle berbère, le rock et le blues, un style baptisé par les médias de blues du désert.

« Aboogi » constitue son troisième elpee. Son titre fait référence aux premières structures semi-permanentes construites par leurs ancêtres, lors de l’implantation de colonies et de villages, mais c’est également celui que les musicos ont choisi pour leur studio qu’ils ont construit à Tamanrasset, au sud de l’Algérie.

Lors des sessions, le groupe a reçu le concours de quelques invités. Tout d’abord la chanteuse soudanaise Sulafa Elyas sur « Taghadart », qui se charge des couplets. Puis Geoff Rhys (Super Fury Animals) qui chante en gallois sur « Adar newlan », une plage au cours de laquelle s’invite une guitare flamenco, et enfin, Abdamah Ag Alhousseyni de Tinariwen et le poète Mohamed Ag Itale, mieux connu sous le pseudo Japonais, sur « Tindjatan ». Sans oublier la communauté locale pour assurer les chœurs et les percus. Et notamment tout au long de « Assossam », une compo qui dépeint les frustrations du peuple touareg face à l’omnipotence du pouvoir central.

Si « Temet » s’autorise quelques accords de gratte psychédéliques, on retrouve ici chez Imarhan ce groove irrésistiblement communicatif et lancinant, même si le disque recèle l’une ou l’autre plage plus mélancolique voire contemplative…

Parquet Courts

Sympathy for life

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« Sympathy for life » (un clin d’œil adressé aux Stones ?), le sixième long playing de Parquet Courts, a été enregistré dans les Catskill Mountains, sis au nord de l’Etat de New York, sous la houlette de John Parish et de Rodaidh McDonald (The XX, Hot Chip, David Byrne).

Au cours des mois précédant les sessions, les leaders du band, Austin Brown et Andrew Savage, se sont intéressés à la musique de danse, et tout particulièrement la techno, la house et le funk. Une recherche qui inévitablement a influé sur les compos du nouvel opus, mais dans l’esprit du « Screamadelica » de Primal Scream et du label DFA (Black Dice, Hot Chip, LCD Soundsystem, Liquid Liquid). Et dans ce contexte, les deux comparses sont passés par la case drogue acide…

L’opus recèle quand même des morceaux plus conventionnels. A l’instar de « Just shadows », dont le tempo lorgne vers Pavement, du garage punk corrosif « Homo sapien », réminiscent du « Fun house » des Stooges ou du venimeux « Black widow spider ».

Evoquant la mort de George Floyd et la montée du mouvement ‘Black live matter’, « Marathon of anger » est sculpté dans l’électro/funk alors que le chanteur emprunte les inflexions vocales de feu Andy Gill, le chanteur de Gang of Four.

« Plant life » constitue certainement la plage la plus curieuse. Imprimée sur un rythme latino, elle laisse la voix de Brown s’égarer, mais aussi s’infiltrer de l’orgue manzarekien alors que le climat rappelle plutôt « Oye com oba » de Santana, sans la guitare. Un orgue vintage qui rogne carrément « Zoom out », autre piste funk. Tout comme « Sympathy for life », mais l’orgue est ici remplacé par le piano électrique. Ou encore « Trullo », un morceau qui aurait pu figurer au répertoire de Tom Tom Club, voire de Talking Heads.

Deux titres s‘écartent quand même du climat général ; tout d’abord le krautrock « Application / Apparatus » et puis en final, « Pulcinella », une ballade bluesy de 7 bonnes minutes…

Foals

Life is yours

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Si Arcade Fire s’est englué dans le disco (NDR : son dernier elpee, « We », le confirme), Foals a décidé de se frotter au funk et à l’afro-beat. D’ailleurs, il a fallu se pincer deux fois plutôt qu’une avant d’admettre qu’il s’agissait du même groupe. Parce que les synthés ont pris une place de plus en plus importante. Tout comme les lignes de basse. On retrouve, heureusement, la voix haut-perchée de Yannis Philippakis. Et puis, quand même, des riffs de gratte, mais le plus souvent dispensés à la manière d’un Nile Rodgers.

Les compos sont donc particulièrement dansantes. Qu’elles soient découpées dans la new wave synthétique (« Under the radar »), émargent au punk funk (« 2001 »), libèrent un groove rafraîchissant à la LCD Soundsystem (« The sound »), s’inspirent des rythmes de l’Afrique de l’Ouest, dans un contexte plus expérimental, un peu comme lors d’une rencontre hypothétique entre Talking Heads et Animal Collective (« Flutter ») ou réveillent en notre fors intérieur le souvenir de Prince (« Looking high »), à moins que ce ne soit celui de Michael Jackson… Et ce ne sont pas les morceaux d’ouverture (le titre maître et ses synthés staccato) ainsi que le final « Wild green » dont les accents électro sont très prononcés, qui risquent de modifier l’impression générale. D’autant plus que la production est soignée aux petits oignons. Pas la tasse de thé de votre serviteur, mais dans le style, il faut admettre que les morceaux seront irrésistibles sur le dancefloor…

Amy Lee & the Loco Project Band

Lost in Confusion

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Amy Lee and the Loco Project Band est une formation nantaise dont le patronyme s’inspire de l’histoire d’Amy Lee, chanteuse folk, décédée au cours des 80’s, suite à un accident d’avion, et dont on a retrouvé le journal intime, 40 ans plus tard.

Accompagné par l’illustrateur Maxime Brugnon, le quatuor nous entraîne au sein d’un univers sonore à la rencontre d’une multitude de styles musicaux. Depuis le noisy rock au folk, en passant par le post rock et la pop. On y croise ainsi Guns’N’Roses (« Make It Happen », « Chemical Love ») les White Stripes (« Crossroads »), Arctic Monkeys (« The Messiah ») et dans un registre plus pop, The Jam (« The Stalemate ») ou encore Guided By Voices (« You Might »). Et même en finale, une pépite qui navigue entre néo-soul et hip hop (« Losing You Again »). Deux compos illustrent parfaitement les deux tendances principales rencontrées sur ce long playing : le rock instinctif et énergique (« Deaf Blind ») et la face pop des années 2000 (le titre éponyme).

Bref, un tracklist plutôt éclectique partagé entre plages sucrées et morceaux sauvages, parfois même punk. Et sous leur forme la plus rock, les pistes reprennent à merveille les codes classiques du rock : de bons grooves de batterie, des guitares très présentes et inventives ainsi qu’un bon mix entre acoustique et électrique.

Enregistré et mixé au Garage Hermétique (Libertines, Dominique A) et masterisé par Graeme Durham (U2, B52’s) « Lost in confusion » peut donc paraître parfois brouillon. Vu son titre, on pourrait facilement l’imaginer. D’autant plus que parmi les thèmes développés dans les textes, figurent des morceaux engagés, des chansons d’amour ou des histoires fictives. Cependant, il y a bien un fil rouge dans l’écriture : faire passer un message avec une forme de dérision qui est bien propre au groupe…

Follow Me Not

Away

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A l’origine, Follow Me Not était le projet solo de Nicolas Guerroué. C’est en mars 2016 que Mik Chevalier a débarqué, pour s’y consacrer à la basse. « Away » constitue déjà le huitième long playing de FMN, dont la musique est manifestement influencée par la new et la cold wave.

Et tout au long de cet opus, le spectre de The Cure plane. Tout d’abord à cause des inflexions vocales de Nicolas, plutôt proches de celles de Robert Smith, quand elles deviennent gémissantes, sans en avoir le timbre. Puis de la ligne de basse qui semble parfois marcher sur les traces de Simon Gallup. Tintinnabulantes (« Everytime »), luxuriantes (le très new wave « We don’t know »), limpides ou cristallines et même légèrement surf (« Glasgow smile »), les sonorités de la guitare apportent de la fraîcheur à l’expression sonore.

Bien sûr, l’impression générale n’exclut pas les nuances. Ainsi, caractérisé par son tempo offensif « Fire » libère un fameux groove. Et puis, le duo nous réserve des pistes plus pop (« Far away », « Waterfall »), une carrément atmosphérique (« In my dream I smile ») et en final, une compo plus élaborée qui aurait pu figurer au répertoire de Mud Flow (« Things we lost »)

The Rapports

Taking Off

Écrit par

Fondé par l’auteur-compositeur et chanteur Thomas Skilton, The Rapports est une formation britannique. Un quartet issu de Brighton dont ce premier album a été enregistré des deux côtés de la Manche. Soit au 4A Sound Factory, en Normandie et au Brighton’s Retreat Studio, en Angleterre.

Si on ne peut qualifier la musique de The Rapports de pub rock, une chose est sûre, elle sent la bière consommée dans les ‘british’ pubs. De préférence tiède et sans faux col.

Si la formation reconnaît pour influence majeure l’indie pop britannique des 90’s et des années 2000, sa musique est sculptée dans un rock plutôt basique. De rares envolées de guitares, un tempo bien marqué et des morceaux qui s’arrêtent net, sans le moindre scrupule. Un peu comme chez Maxïmo Park. Mais ce qui singularise la solution sonore, c’est la voix de Thomas. Particulièrement versatile, on a parfois l’impression qu’elle n’est pas en phase avec la musique ; et ce n’est qu’au bout de quelques écoutes qu’on finit par s’habituer à ce contraste.

L’elpee recèle cependant une plage tramée sur le rythme de la valse (« Birdcage ») et un morceau plus soul, abordé dans l’esprit d’un Paul Weller et plus précisément de son Style Council.

Typiquement british !

Quiet confusion

Magella

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Un cocktail de blues, de rock et de psychédélisme des seventies, c’est ce que nous propose Quiet Confusion sur « Magella ». Après avoir gravé un album en duo et deux en trio, c’est sous un nouveau line up (deux nouveaux membres) qu’il nous livre son troisième, mais toujours en formule trio.

Formé à Vérone en 2009, Quiet Confusion reste fidèle à son style tout au long de ce quatrième opus. On retrouve, en effet, des influences blues et rock très classiques, notamment sur « Long Waves » et « Wastin Time », mais également des incursions dans le psychédélisme, à l’instar de « Sweet Noise ». On a même droit à un voyage dans le delta blues tout au long de « Behind the Sun ».

Découpé en 8 morceaux, cet LP se distingue par un très bon usage des dynamiques et du concept de power trio. Les compos sont plus animées et énergiques que sur le précédent disque ; ce qui est probablement dû à l’arrivée des deux nouveaux membres qui apportent un autre groove, mais convaincant.

On y rencontre de très bon riffs de guitare, bien mis en exergue, soutenus par des rythmes de batterie plus lourds, plus présents, mais très peu d’overdubs ; ce qui laisse davantage de place à la basse (elle porte à elle seule le morceau « JJ ») et permet de différencier le groupe transalpin de la majeure partie des formations de rock. D’autant plus que toutes différentes, les conclusions des plages sont subtilement travaillées et recherchées, et sans utiliser le fade à outrance, comme c’est parfois le cas chez certains artistes.

« Magella » démontre toute l’importance que le groupe accorde au live, même si parfois, vu les petites imperfections, on a l’impression de vivre une ‘jam session’. Ce qui explique peut-être pourquoi les mélodies et la voix semblent un peu noyées dans l’ensemble. Ou alors, c’est un problème dans le mixage. Comme précisé ci-dessus, la voix n’est pas centrale. Certaines pistes sont même exclusivement instrumentales. Mais le résultat évoque davantage une maquette qu’un véritable album.

On reprochera encore à ce disque un tracklisting mal équilibré. Il s’ouvre ainsi par le solide tiercé gagnant « Long Wave » - « Plastic Man » - « Lady in Blue », avant de s’essouffler. Il y a bien « Behind the Sun », qui se signale par un recours au double tracking, dans le solo de guitare. Mais on reste sur sa faim, pour la suite. Pénultième titre, « Droppers », malgré d’ingénieux effets de pédales, souffre ainsi de redondance, alors que « JJ », qui clôt l’opus, pourtant d’excellente facture, tombe un peu à plat…

Il y a cependant de très bons moments dans ce nouvel opus de Quiet Confusion que nous vous conseillons d’aller écouter à sa sortie le 15 juillet.

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