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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Danakil

Figé, comme dans la pierre…

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La salle de l’AB était à moitié pleine (ou vide, selon) pour accueillir Danakil, ce samedi 25 mars. Une soirée qui va alterner découvertes et déconvenues. Agréable surprise, cependant, de croiser un public extrêmement éclectique. Surprise ? Enfin, plus vraiment, car cette diversité est devenue une constante, lors de chaque spectacle qui se déroule à l’Ancienne Belgique. Mais lorsqu’on joue aux explorateurs musicaux, il arrive parfois de s’égarer, de ne pas être à sa place dans le monde qui vous entoure. Sensation étrange vécue à ce moment-là. Provoquée sans doute par ce qui relève davantage du cliché qui colle au concert reggae que de la créativité scénique.

Durant cette soirée, le collectif français est resté figé dans son genre. Comme si le reggae ne connaissait qu’une seule route, comme s’il n’existait qu’une seule manière de le pratiquer. D’autres artistes optent pour davantage d’accessibilité afin de séduire le mélomane lambda, pas nécessairement fan du style, mais qui aime la découverte. Mais ici, il ne s’agissait que d’un langage codé, un jargon venu d’ailleurs. Compréhensible par ceux qui l’avaient étudié. Une compréhension déjà altérée par l’articulation du chanteur qui laissait à désirer, débitant à grande vitesse ses paroles sans laisser l’oreille en percevoir la moitié. Etait-ce également dû à l’atmosphère du soir qui ne sensibilisait que ceux prêts à se laisser englober ? C’était en tout cas un problème majeur si on considère que Danakil puise sa force dans ses textes aiguisés. Une fois que les paroles s’envolent, il ne restait donc plus que la musicalité… qui est donc restée figée. Comme dans la pierre. Une impression lassante accentuée par des morceaux qui se sont succédés, sans pratiquement aucune interruption. Tout semblait respecter une ligne de conduite toute tracée. Droite. Uniforme. Alors qu’un set ‘live’ prend toute sa dimension lorsqu’il nous emmène sur les montagnes russes, où on monte très haut, avant d’être lâché dans le vide, la tête à l’envers. Pas de grandes embardées, pas de moment de douceur ni de recréation. L’expédition prend l’eau. Mais personne ne se perd pour mieux se retrouver. Si le public bruxellois demeure relativement attentif et enthousiasmé, l’ambiance ne parvient pas à décoller, la sauce peine à prendre. Danakil ne réussit pas à fédérer cette assistance. Chacun profite du concert de son côté. Mais la division ne permet pas de mieux régner entre les murs de l’Ancienne Belgique. Et logiquement, la fin de spectacle est beaucoup trop désordonnée. D’ailleurs avant de prendre congé de l’assistance, le band est rejoint par des copains pour attaquer le dernier morceau. Dans ces conditions, comment espérer vivre une osmose entre les différents musicos sur les planches. Mais également entre la foule et le combo.

Quand on va à la rencontre des autres, ce qui imprègne fortement et durablement, ce sont les premières et les dernières impressions. Danakil ne s’est pas montré particulièrement habile pour appliquer ce concept. Et il n’est pas davantage parvenu à transcender son auditoire. Leurs forces sont indéniables, mais en cette soirée, on a surtout remarqué leurs faiblesses. En prenant un certain recul, il faut admettre que Danakil est plutôt un groupe sympa à écouter lors d’un festival. Enfin, si on se limite à quelques morceaux. Mais sur la longueur, il ne tient pas encore la route. Ce soir, c’était flagrant…

(Organisation : Skinfama )

Speaking Corner

A la recherche du coin des orateurs…

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Après avoir couvert le festival ProPulse pendant trois jours, votre serviteur est invité par le groupe Ozvald, à assister au concert qui se déroulera –selon Facebook– au café People's House, sur la Place de Dour. Le nom de la salle sonne très insulaire et rock'n'roll. L'adresse est introduite dans le GPS qui guide souvent mon chemin, lorsque la destination m’est inconnue. Arrivé au terme de mon parcours, je ne discerne pas de café au nom évocateur. Evidemment, la ville qui accueille le célèbre festival de rock alternatif compte trois places. Interpellation d'un indigène ! Il me répond : ‘Pas de café anglais à Dour. Pour les concerts, il faut attendre 5 mois et le festival’.

Suis mal barré ! Je décide donc de parquer mon véhicule. Après 5 minutes de recherche, je passe devant un café assez imposant. Je relève la tête et découvre l'enseigne ‘Maison du Peuple’. Le franc tombe et effectue le parallèle entre « People's House » et « La Casa del Populo ».

Le concert débute normalement à 20h00. Il est déjà 21h00. Pas grand monde dans l'établissement, mais je reconnais quelques têtes connues. Surprise, MusicZine est représenté en force. Trois reporters sont présents. Stéphane va se charger de la rédaction du compte-rendu d'Ozvald et Didier, du supporting act, c’est-à-dire Speaking Corner, qu'il découvre. Le troisième collaborateur est prêt à prendre la relève, en cas de défaillance. Une équipe soudée décidée à affronter le déluge sonore.

La salle est magnifique, immense, mais malheureusement elle ne se prête pas au déroulement de concerts rock. L'ingé-son va pourtant accomplir des miracles et faire tout son possible pour maîtriser la sonorisation.

Speaking Corner est un quintet. Fred se réserve le micro, Bob et Raf, les grattes, Fab la basse et Max les drums. Claudia, la chanteuse/choriste est absente. Le combo est issu du coin. On me signale que chanteur a participé à l'aventure du ‘Plan Langues’ de la RTBF. Son anglais est d’ailleurs parfait, même si ses textes sont également écrits dans la langue de Molière. Le band a publié un album au titre évocateur, « Prochaine Saison », chez Hats Records. Normalement, ils portent tous un chapeau. Je ne remarque la présence que d’un barbu coiffé d’une toque en peau de castor. D’après la bio, la formation écume les salles obscures de notre royaume depuis quelques années. Ils ont du vécu et de la technique ; ce qui se ressent dans leur musique.

« Despereado » ouvre le bal. La voix de Fred est grave et caverneuse. Elle aurait pu naître d’un croisement entre Ian Dury, Nick Cave, Léonard Cohen et feu Ian Curtis, chanteur de Joy Division. L'artiste a vécu une relation fusionnelle avec Annick Honoré, une Montoise que j'ai connue. Annick a malheureusement été emportée par le cancer…

Lorsque les textes sont exprimés en français, ils oscillent entre le slam et le débit déclamatoire, proche d’un Serge Gainsbourg. « Michel Pop » est un extrait du roman ‘La possibilité d'une île’ de Michel Houellebecq. On écoute les lyrics de ce morceau, religieusement. Plutôt rock, la musique est parfaitement adaptée et se prête bien à ces écrits. Jean-Louis Aubert interprète « Les Parages Du Vide » de Houellebecq. Quelle belle coïncidence ! « Sens Unique » est hanté par un Gainsbarre taillé dans le rock. Les guitares s’y réservent la part du lion. Il manque cependant une petite touche féminine pour adoucir l’ensemble. « Brand New Church » est un morceau que chante habituellement Claudia. Elle est supplée, pour la circonstance, par Fred. A cet instant, c’est le spectre de Léonard Cohen qui se met à planer. Paradoxalement, si les guitares peuvent se révéler incisives, c’est la section rythmique qui se charge de tempérer les vocalises du chanteur. L’obstacle principal vient de la taille de la salle. Trop grande ! Et pourtant, on peut affirmer que derrière la console, le responsable s’est coupé en quatre pour le franchir.

J’espère revoir Speaking Corner dans de meilleures conditions. Pour la review d’Ozvald, c’est ici.

(Organisation :  Xtrm Scandalous)

Speaking Corner

Prochaine Saison

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Le 9 août 2014, Speaking Corner se produisait dans le cadre du Parkrock Festival à Baudour, entité de Saint-Ghislain, dans le Hainaut.

Lors de son entrée en scène, le groupe présente très bien et capte naturellement l'attention des quelques personnes dispersées, ça et là, face à la grande scène.

Musicalement, le son est soigné et les arrangements très efficaces. Tantôt dispensée tantôt dans la langue de Molière, tantôt dans celle de Shakespeare, la voix est déclamatoire. L'art est parfaitement maîtrisé. L'écriture des textes en français, l'est tout autant. Une des chansons du set, « Michel Pop », est un extrait du roman « La possibilité d'une île » de Michel Houellebecq. Elle s'y intègre très bien.

Au fur et mesure que le set évolue, des spectateurs s'approchent du podium et les applaudissements se font de plus en plus nombreux.

Les musiciens quittent les planches avec la conviction du devoir accompli. Enfin, je l'espère.

« Prochaine Saison » tourne régulièrement sur ma platine depuis quelques jours. Ce premier opus réunit neuf pistes.

Cerise sur le gâteau, Claudia Chiaramonte, chanteuse du groupe Starving, pose sa voix suave sur deux d'entre-elles. Un pur régal !

 

The Shaking Sensations

Start Stop Worrying

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Il y a quelques années que votre serviteur réalise des chroniques de disques pour le compte de Musiczine. Mais deux catégories d’albums me rendent de plus en plus perplexes, quand ils tombent dans ma boîte-aux-lettres. Tout d’abord ceux commis par les songwriters folk dont la voix est aussi banale que leur style. Ou ceux concoctés par d’obscurs combos de post rock.

C’est au second critère que répond ce « Start Stop Worrying », gravé par The Shaking Sensations, une formation danoise. Elle propose une musique qui correspond à toutes les références au genre. De longs morceaux instrumentaux qui baignent dans une atmosphère mélancolique. Et des crescendos épiques aux arpèges cristallins précédant des déflagrations électriques finales. Mais, la formule du line up communique une autre dimension à cette musique. Parce qu’il implique un second drummer et rien que sa présence parvient à transcender les compos.

Découpé en 6 pistes, ce long playing allie sauvagerie, instantanéité, accessibilité et puissance. « We Ourselves Alone » en est certainement la plus belle illustration. Les interventions de basse sont remarquables. Celles des synthés ou du piano communiquent davantage d’amplitude à l’ensemble. Mais si le disque tient parfaitement la route, le band scandinave le doit surtout à Matt Bayles, que l’on a vu aux côtés de Mastodon, Russian Circle et même de Caspian, dont la mise en forme est irréprochable. Bien sûr, ce « Start Stop Worrying » n’est pas révolutionnaire, mais il libère une énergie pure digne d’Explosions in the Sky voire de Mono, qui incarnent pour la circonstance, d’évidentes références !

 

House Of Shakira

HoS

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Si vous attendiez les déhanchés d’une jolie Colombienne, passez votre chemin… Point de waka waka chez les Suédois de House Of Shakira, mais un hard rock mélodique mâtiné d’AOR, qui propose sur cet album presqu’éponyme, un nouveau visage.

Depuis « Retox », leur précédent effort, exit le chanteur et la section rythmique, et place à un nouveau batteur, un nouveau bassiste, et Andreas Novak, ancien chanteur de Mind’s Eye pour remplacer le talentueux Andreas Eklund, prié d’aller voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte….

La différence n’est guère palpable. Il faut dire qu’une fois le cahier des charges rempli, à savoir des refrains fédérateurs, des chœurs omniprésents, des soli démonstratifs, des chansons qui se ressemblent et ne visent que l’efficacité, il devient difficile de distinguer House Of Shakira de la masse. Ça joue bien, ça chante bien, c’est rythmé, mais ça ne va (malheureusement ?) pas beaucoup plus loin.

 

Fakir

We'll see when we get there

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Enfanté dans la douleur ou en tout cas dans la durée (projet initié en 2008), cet album aux accents New-Wave clairement revendiqués, peine à s'émanciper de références on ne peut plus évidentes.

Pourtant accrocheurs, les titres laissent néanmoins le goût amer d'un manque criant d'originalité. Et si en tout état de cause, certains groupes s'érigent régulièrement sur les cendres de leurs glorieux aïeuls, force est de constater qu'ici, le propos manque considérablement de consistance.

Mixées par Tony Harris (Sisters of Mercy, Verve, Sinead O'Connor, ...) et masterisées par Matt Colton (Depeche Mode, Creatures, Aphew Twin, ...), les sonorités datées de Fakir le clouent définitivement au sol. Impossible de ne pas songer au Cure de « Seventeen seconds » à l'écoute de ces 10 titres. Entachées qui plus est d'un accent Frenchie peu probant, l'album –pas désagréable à l'écoute pour autant– ne laisse guère envisager d'avenir radieux pour ce groupe référencé. Enfin, comme l'indique le titre, on verra bien quand on y sera...

Yakity Yak

Born in the country

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De son véritable nom William Smith, Yakity Yak est originaire de Lansing, dans le Michigan. Etabli aujourd’hui à Detroit, ce chanteur/harmoniciste de couleur noire relève du label local, No Cover. Pour enregistrer cet elpee, il a bénéficié de la collaboration du Mike Espy Band, une formation au sein duquel milite inévitablement Mike, le leader et guitariste (NDR : il est également prof de math !), le guitariste rythmique Chris Hillabrad et le drummer John Barrera. Espy est issu de Kalamazoo mais a fait ses gammes à Memphis! Yak et Espy jouent ensemble depuis 1995. Hormis le "Sadie" de Hound Dog Taylor et le "Sundown" de Charlie Musselwhite, tout le répertoire est signé par le tandem. Mike Boulan, boss de No Cover et actuellement président de la Detroit Blues Society, s’est chargé de la production et du mixing. Il faut dire que c’est sa victoire au Detroit Blues Challenge, décrochée en 2006, qui a permis à Yakity Yak d'enregistrer cet album. Depuis, le Mike Espy Band a publié un cd instrumental baptisé "Son to father".

L'ouverture nous plonge dans le Delta du Mississippi. Les rythmes sont primaires, les percussions lourdes. La technique à l’harmonica est rudimentaire. La slide dispense un son immédiat. Légèrement éraillée, la voix de Yak est très présente. Et le tout est imprimé sur un tempo digne de Howlin' Wolf. Une excellente entrée en matière! Simple mais efficace, "Texas blues" est très proche du "Jesus left Chicago" de ZZ Top, un des meilleurs blues concocté par le trio de Houston. La section rythmique ne fait certainement pas dans la dentelle, mais Espy se révèle bon gratteur pour la circonstance. Une formule qui se poursuit tout au long de "Do you still love me?" Les compositions de Yak sont très souvent pompées sur des thèmes traditionnels notoires. A l’instar de l’hypnotique "Back to the Crossroads", au cours duquel la guitare bien amplifiée se montre aventureuse. Un climat qui se prolonge lors de "Lonesome road" ; et en devient presque envoûtant. La reprise du "Sadie" de Hound Dog Taylor a été préparée, sans surprise, à la sauce Yakity. Ballade blues, "Drunken all day " est manifestement une compo  autobiographique. Un morceau fort bien ficelé, au cours duquel les petits accès d'harmo répondent au chant. Le répertoire trahit une certaine uniformité, et ne recèle guère de surprises. "Trouble" constitue le long blues lent de circonstance. Mike souligne parfaitement de ses cordes le timbre tour à tour puissant, dramatique ou intimiste de Yak. Une slide élégante parcourt "Love my woman", un morceau fort entraînant. Notre vieux bluesman a des planches. Et les deux versions ‘live’ de "Drunk all day" et "Born in the country", proposées en duo avec Mike Epsy, en sont la plus belle illustration…

 

Joakim

Milky Ways

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Qui est Joakim Bouaziz ? En 2007, il gravait « Monsters & Silly Songs », un disque mêlant habilement disco, post-punk et pop. C’est également un ingénieur du son notoire. Il a ainsi opéré des remixes, entre autres, pour Cut Copy, Simian Mobile Disco, Annie et Poni Hoax. Et puis il est également le fondateur du label electro mythique Tigersushi.

Le nouvel elpee du Parisien est très surprenant. Parce que sa musique ne correspond en rien à la description formulée dans le premier paragraphe. Les 8 minutes du titre d’ouverture, « Back To Wilderness », donnent le ton. Imaginez Black Sabbath passé au post-rock ! Original. Malheureusement, le morceau ne décolle jamais réellement. Trop brouillon, pas assez d’âme et trop peu de passion. Si le modèle de Joakim était Sunn O))), c’est raté. Et la majorité des plages de « Milky Ways » tentent différentes approches du métal. C’est audacieux, mais le sens mélodique est cruellement absent. Pire encore, « Fly Like An Apple » est tellement dissonant qu’il en devient désagréable à l’oreille. Le sommet de l’horreur ! Même le morceau disco, « Love & Romance & A Special Person », est poussif. Il faut attendre « Spiders », caractérisé par ses chœurs féminins (NDR : le premier single officiel), pour enfin entendre quelque chose de convenable et un semblant d’harmonie. Et après écoute attentive, il faut reconnaître que cette compo électro pop est manifestement réussie. Tout comme « Travel In Vain », par ailleurs. Une chanson du même style. Un style qui semble beaucoup mieux correspondre au Français. C’est d’ailleurs cette direction qu’il aurait tout intérêt à emprunter…

« Milky Ways » constitue donc une mauvaise surprise. Cette odyssée dans la voix lactée est éprouvante et dérive sans le moindre but. Joakim y expérimente (NDR : ou pastiche ?) une multitude de styles : psyché, krautrock, blues, new wave, etc. ; que certains illuminés ont déjà baptisé ‘psyché-disco’. Mais il s’y révèle rarement convaincant. Même les fans irréductibles du Français risquent de déchanter. Joakim a beaucoup d’imagination, il faut lui concéder ; cependant, il aurait tout intérêt à la canaliser afin de rendre sa solution sonore, au moins cohérente. Une grosse déception. N’est pas Can qui veut.

 

Kaki King

Mexican Teenagers (Ep)

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Ce qui frappe indéniablement en écoutant « Mexican Teenagers », c’est l’incroyable talent de cette jeune femme de 30 ans. Virtuose de la guitare, Katherine King a été la première femme nommée ‘Guitar Gold’ par le célèbre magazine Rolling Stone. Les doigts constamment en cueillette, Kaki King combine efficacement le fret-tapping et le slap bass sur sa guitare électrique baryton. 

Son style musical emprunté à Preston Reed –fondateur du tapping à deux mains de style percussion– et de Michael Hedges –guitariste acoustique New Age– dynamite les digues des influences. Sa guitare acrobatique se promène sur tous les territoires de l’indie-rock, de la post-rock-folk et du shoegazing. Ses mélodies accrocheuses, ses atmosphères singulières lui auront valu de nombreuses collaborations. Notons ses diverses contributions musicales auprès de groupes tels que Foo Fighters, Echoes, Silence… Elle sera également nominée pour un Golden Globe Award de la meilleure musique originale pour le remarquable « Into the Wild » de Sean Penn.

Destiné exclusivement à la diffusion lors de la tournée australienne et européenne, cet Ep cinq titres permettra aux auditeurs du Vieux Continent d’apprécier davantage la dextérité impressionnante de cette surdouée de la guitare.

Enregistré à New-York, « Mexican Teenagers » se présente comme un disque au grand cœur où l’on découvre 16 minutes de guitares acrobatiques et de voltiges musicales. Sans cesse à la recherche de nouvelles expériences, Kaki King s’ouvre à de nouvelles sonorités. Entourée de Matt Hankle (batterie) et de Dan Brantigan (synthé électronique EVI), elle nous livre des sons plus lourds et plus denses que ceux proposés sur les albums précédents.

Première plage, « Mexican Teenagers » pose ses lignes de basse en avant ; mais nous surprend par ses sonorités métal. Ensuite, invite des morceaux à la guitare ouverts à une delay aux loops obsédants et aux échos psychédéliques.

Comme le titre judicieusement le New-York Times : ‘Kaki King sonne comme de l’abstrait, la fin rêveuse et hypnotique du rock alternatif.’

Kaki King : un talent à l’état brut qui ne laisse pas les amoureux de guitare indifférents.

A écouter de toute urgence !

 

Ricardo Lemvo & Makina Loca

Isabela

Écrit par

Congolais d’origine angolaise, Ricardo Lemvo a émigré aux Etats-Unis à l’âge de quinze ans, afin d’y poursuivre ses études. Grand fan de salsa, et plus particulièrement de Johnny Pacheco, notre homme fonde Makina Loca en 1990. La formation compte cinq albums à son actif, une discographie qui lui a permis de permis de tourner un peu partout dans le monde. L’originalité de Lemvo procède de sa capacité à pratiquer plusieurs langues : portugais, kikongo, lingala, swahili et espagnol. Il mixe donc naturellement ses influences africaines et latines sur ce cinquième album dédié à sa fille « Isabela ». Lemvo touche à tous les genres : salsa, soukous, rumba congolaise (il reprend « Lollobrigida », un classique congolais des années 50), et également plus cubains comme le son et le boléro. Un grand écart stylistique au cours duquel notre homme s’amuse même à transformer une chanson pop turque (« Elbette » de Candan Erçetin) en boléro cubain… Du bon son, que les amateurs du genre apprécieront à sa juste valeur.

Kaki King

Dreaming Of Revenge

Écrit par

Kaki King est talentueuse, certes. Mais également frustrante. La jolie demoiselle excelle au maniement de la guitare, qu’elle gratte aussi bien avec délicatesse (« Open Mouth ») que guidée par un soupçon de détermination (« Bone Chaos In The Castle »). « Dreaming Of Revenge », son quatrième essai, est un exemple de sophistication. Parfois bouleversant, souvent fascinant, ce nouveau recueil souffre pourtant d’une faiblesse. Et pas des moindres. Excellente musicienne, Kaki King veut nous faire croire qu’elle sait également pousser la chansonnette. Elle s’égosille alors sur quatre morceaux, dont le single « Pull Me Out Alive » ; mais le résultat est des moins probants et ses interventions vocales détériorent légèrement l’ambiance instaurée par les superbes compositions instrumentales.

A condition d’ignorer les quatre erreurs de parcours, « Dreaming Of Revenge » fait la part belle aux fantasmes et autres rêves éveillés par son exquise fusion de pop éthérée (« Montreal », « Air And Kilometers »), de prog folk (« Zeitgeist ») et de post-rock galvanisant (l’excellent et très judicieusement intitulé « Can Anyone Who Has Heard This Music Really Be A Bad Person ? »). Plus mature que « …Until We Felt Red » (2006), « Dreaming Of Revenge » pourrait établir Kaki King comme l’une des figures de proue du Progressive Folk. Il faudrait néanmoins pour y parvenir qu’elle cesse de chanter...

 

Joakim

Monsters & Silly Songs

Écrit par

Bienvenue dans l’antre électronique des ‘monstres et des chansons idiotes’. Aussi inquiétante et sombre qu’elle soit, il n’est pas question de fuir. Au contraire, on aurait tendance à s’y précipiter tête la première, sans se soucier de ce qu’il pourrait arriver. Et on s’y enfonce avec délectation jusqu’à destination. Attendus de pied ferme par Joakim et son orchestre de créatures nocturnes inquiétantes, on se laisse soudain envahir par un sentiment d’insécurité tandis qu’un sombre « Sleep In Hollow Tree » se dégage du fond de cet antre.

A-t-on fait le bon choix en y pénétrant ? La confirmation ne tarde pas. En voyant débarquer des visiteurs impromptus, le maître des lieux et ses musiciens insolites enchaînent sur des « I Wish You Were Gone », « Three Legged Lantern » et autres « Peter Pan Over The Bronx » déconcertants. Nous aurait-on menti ? Les ‘chansons idiotes’ dont il est question n’étaient-elles qu’une vilaine légende ? Pas de doute. « Drumtrax », « Love-Me-2 » et « The Devil With No Tails » constituent à eux seuls la raison pour laquelle tous ceux qui se sont aventurés dans l'angoissante propriété de Joakim n’ont jamais été revus. Hypnotisé par l’ensemble, il devient impossible de ne pas se proposer en offrande à sa horde de monstres qui s’en délecte d’avance…

 

 

Makino

Makino

Écrit par

Après 'Martine à la mer' et 'Martine à la ferme', voici 'Martine fait de la musique avec Lionel'. De la musique indépendante, comme on dit. Et comme on le sait, cette musique généralement inclassable offre le meilleur comme le pire. Dans le cas de Makino, on se rapproche surtout de la deuxième catégorie. Faut dire que, quand on chante franchement faux, c’est pas gagné. Et qu’on ne vienne pas dire 'oui, mais c’est un style…' Non non non (imaginez Emmanuelle Béart tentant de chanter à la manière de Delerm!)... Donc, pour le chant : c’est raté. Quant aux mélodies (souvent dissonantes), elles ne sont pas à ce point critiquables. La preuve par le dernier morceau (« Un humaniste… ») qui, en tant qu’instrumental, passe beaucoup mieux. Enfin, ce n’est pas dérangeant en musique de fond. Que reste-t-il alors pour la défense de cet objet sonore ? Des textes qui… euh… jugez vous-même : 'Ma parole, c’est à travers toi que j’ai vu courir un arbre…' Non, décidément, la plainte de l’auditeur est entièrement justifiée. On saluera peut-être l’audace de Martine; mais, si leur maître mot est 'liberté', leur dernier souci semble être 'qualité'…

Akim El Sikameya

Aïni

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Violoniste originaire d’Oran, Akim est un spécialiste de musique arabo-andalouse. Ce style musical est nettement exploré sur ce second album, mais enrichi de salvatrices entorses à la tradition et de multiples emprunts aux autres musiques (latino, soul, funk). Ajoutez-y un logique parfum ‘raï’, car n’oublions pas qu’Oran a vu naître ce courant musical qui a conquis la jeunesse algérienne (dans un premier temps) et la France (remember 1, 2, 3 Soleils), et vous aurez une idée plus ou moins exacte de l’univers sonore au sein duquel baigne cet opus. Entièrement chanté par le violoniste, « Aïni » oscille entre plages mélancoliques (« La’miss », « Wissal ») et plages plus festives où les cuivres ont la part belle (« He Mama », « Ayli », le très soul « Ya habibi ya lil »). Si on regrettera la production un peu sage, cet excellent opus parvient tout de même à séduire grâce à de très bonnes mélodies. Et sans effets de manche. Ce qui est assez rare pour être signalé.

Mastaki Bafa

Wawa

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« Wawa » constitue le premier de cet artiste congolais qui bénéficie d’une distribution internationale. Pourtant, Mastaki Bafa est musicien depuis son plus jeune âge. Il a débuté dans les quartiers pauvres de la ville de Bukavu où il participait à des concours musicaux qui finissaient souvent à la bastonnade. Il fonde, quelque temps plus tard, Joy en compagnie d’un prêtre italien, une formation qui va lui permettre d’acquérir une certaine notoriété au Congo. Désormais à la tête des Global Acoustic Vision, notre homme nous propose un elpee riche en instruments traditionnels (madimba, lokolé, longombi) et totalement acoustique. Les rythmiques rumba et soukous y sont présentes, mais aussi des incursions plus pop ou encore latines et même jazzy. Un travail de qualité, quelquefois un peu lisse, mais qui recèle de très bonnes choses. A cet égard, j’épinglerai le dramatique « Faila », une compo consacrée aux massacres récurrents du Congo. Dans une veine plus pop, la mélodie de « Saada » fait mouche, de même que celles de « Angeliani ». Meilleure chanson de l’opus, « Nemno » révèle le talent de mélodiste du bonhomme. Tout en percussions et voix, « Sikiya Shauri » s’avère le morceau le plus tendu et le plus prenant ; mais également le moins lisse de ce « Wawa ». Un disque pas facile d’accès, mais qui contient son lot de bonnes surprises…

Speaking T

Poised and Ready

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Entièrement marquetée pour le marché international, la deuxième plaque de ce duo américano-belge s’amuse à mélanger quelques styles musicaux fort à la mode pendant les années 90. Les ambiances délétères et les rythmiques appuyées du trip hop. Les bidouillages électroniques et les voix soul chers à la drum and bass. Ron Neuman (drums), Pierre Goudesone (compos et prod) et Markest Tate (chant à la Martin Gore) présentent donc une douzaine de morceaux où ils appliquent systématiquement cette formule avec un bonheur pour le moins inégal. La sauce prend bien sur la plage titre, où la balance entre atmosphère et mélodie est parfaite. Le reste se révèle difficile à écouter sans s’endormir. Les mélodies sont faiblardes ou carrément inexistantes. L’utilisation systématique de synthétiseurs midi rend l’ensemble totalement uniforme et on a bien du mal à pouvoir différencier un morceau de l’autre. Mais l’absence de feeling de l’ensemble est de loin le plus gros péché de cet album. Un peu plus de cœur et moins de cerveau pour composer les chansons aurait peut-être sauvé « Poised and Ready » du dangereux ennui qu’il dégage.

Joakim

Fantômes

Après avoir commis un premier album assez proche des délires free jazz de Sun Ra, Joakim (alors Joakim Lone Octet) aurait pu passer pour un drôle de zigue, à l'instar d'un Arnaud Rebotini ou d'un Sébastien Tellier… A l'heure qu'il est, le Français semble avoir retrouvé la raison. Moins casse-tête, plus accueillant, ce disque sympa en est la preuve. Pourtant, en intro (" Into "), le boss de Tigersushi voudrait encore démontrer son savoir-faire : ces xylophones hypnotiques, on dirait presque Steve Reich ! Mais dès les premières notes d'" Are You Vegetarian ", on remise nos critiques au placard : c'est bien sur le dance-floor, et pas en classe de l'IRCAM, que Joakim veut nous emmener. Cette basse, ces " claps " en cadence, ces bleeps de laser : depuis Metro Area, on n'avait plus entendu pareille house, intelligente et entraînante, qui s'adresse aussi bien au cerveau qu'à nos guiboles. La suite ressemble à un film noir. Katerine, en acteur inquiet, se demande quelle mouche a piqué " John " : une sombre histoire à la Melville qui met en scène François de Roubaix aux claviers et Alan Vega dans l'ombre. Egrenant doucement ses notes de piano sur des nappes bruitistes à la Pole, " L'amour c'est pas pour les caniches " n'est pas moins cinématographique. Mais la piste nous rappelle, avec " Cotton Gun " et son beat à la Carl Craig (Innerzone Orchestra ?) : c'est le quart d'heure américain, avant la pause punk funk et ses vocodeurs eighties (" The Minimum of Life "). Sur " Resistance on an Island ", Joakim nous refait une démonstration de musique répétitive, mais passée au filtre house : 8'30'' de bonheur. " Come Into My Kitchen " frise l'exercice elektroklash tendance Playgroup, comme si le Français voulait montrer à tout prix son éclectisme… Pour conclure, deux morceaux calmes, à l'hébétude reposante. A l'arrivée, tout le monde est content : on en a eu pour notre argent.

Emak Bakia

Frecuencias de un Rojo Devastador

" La Telerana De Sus Ojos " laissait augurer du meilleur : une guitare acoustique, une belle voix caverneuse (Abel Hernandez, chanteur de Migala)… Ouaip, on aurait pu y croire, façon Robert Smith à l'espagnol et Arab Strap en backing band. Pas pour longtemps malheureusement, puisque après on se coltine un collage d'interférences radio à la Scanner et des guitares saturées post-rock pendant une demi-heure. Parfois, un synthé (Coque Yturriaga, de Migala lui aussi) et quelques rythmes ouatés nous réservent quelques surprises (" Juguetes En Sus Manos ", proche de Tarwater), mais c'est bien peu de choses face à ces bleeps funestes, grésillants comme un vieux poste FM en rade. A la fin, Emak Bakia reprend pourtant la mélodie de la chanson d'ouverture, comme pour se dédouaner de cet entre-deux d'un ennui mortel (" Vista Aérea Del Viaje A Tsukiji ")… Un peu tard, les amis. Mais deux bonnes chansons, ce n'est déjà pas si mal : ça aurait pu faire un chouette single.