L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

logo_musiczine

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (11 Items)

Arsenal

Bienvenue dans la jungle d’Arsenal !

Écrit par

C’est le vingt-cinquième concert soldout d’Arsenal à l’Ancienne Belgique. Il y est un peu chez lui et s’y produit à quatre reprises, du 1er au 4 juin 2023. Chacune de ses prestations se transforme systématiquement en grande fête de la danse aux rythmes de son incroyable discographie. Les 2 frontmen, Hendrik Willemyns et John Roan, sont passés maîtres dans la confection de titres fédérateurs. Pour ces quatre sets, baptisés ‘Jungle Hotel’, le hall d’entrée a été transformé en jungle tant visuellement (reproduction d’arbres, lumières) que d’un point de vue sonore (les cris d’oiseaux, l’ambiance), un parcours tout au long duquel on s’y perdrait, presque…

‘Jungle Hotel’ raconte l’histoire d’un homme qui veut quitter sa femme, mais qui, par suite d’une tempête, échoue dans une chambre d’hôtel hantée par des fantômes. Dix ans plus tôt, ‘Dance ! Dance ! Dance !’ traitait déjà des spectres, un ciné-concert basé sur l’album « Furu ».

Le rideau rouge est tiré, fait rare à l’Ancienne Belgique. A 20h30 il s’ouvre et on découvre la scène divisée en trois pour autant d’estrades, mais disposées sur toute la longueur. Pas un seul végétal en vue, mais le sigle de ‘Jungle Hotel’ qui figure à côté d’une sorte de dindon stylisé, sur le côté gauche, deux éléments de couleur blanche. Le line up de base est inchangé, mais pour ces quatre shows, il a été renforcé par quelques invités. Dont Dada Ravalison (Suarez) qui se consacre aux percus et tout particulièrement les djembés ainsi que Edaoto & The Afrogenius Band, quatre percussionnistes africains qui avaient déjà assuré le supporting act d’Arsenal.

Le set s’ouvre par une nouvelle compo, la très percussive « A Volta ». John et Hendrik manifestent déjà leur enthousiasme. Et tout particulièrement ce dernier qui mêle judicieusement beats électro et world (africaine, brésilienne, etc.), combinaison hypnotique qui alimente généreusement les morceaux du band, depuis deux à trois ans. Felix Machtelinckx, le chanteur et frontman de Tin Fingers (NDR : il prêtre régulièrement sa plume à la formation) se réserve le micro pour deux titres, « Amelaka Motinga » et « Tigerwoods » et y participe pour « Animal » et « Heavy Heart ». Mais en général, ce sont Léonie et surtout John qui se chargent des leads vocaux. De plus en plus jolie, elle accompagne circonstanciellement Dada aux percus.

La foule est d'humeur à faire la fête, danse ou gigote et reprend en chœur les paroles –en portugais– de « Saudade », un titre jadis chanté par le regretté Mario Vitalino Dos Santos. De quoi se remémorer une époque dorée du band. Paulien Mathues, une des choristes, reprend le flambeau pour deux chansons et met en exergue sa voix puissante, soul, mais un peu sableuse. Tout d’abord « Heavy Heart » ; et puis telle une sirène, « Temul (Lie Low) », rôle qu’elle a brillamment repris à Lydmor.

Plus paisibles, « Sometimes » et « Whale » baignent au sein d’une ambiance feutrée.

Au fil de « Longee », la foule se met à danser. Faut dire que la chorégraphie langoureuse de Leonie l’y incite. Elle chante dans la langue de Luís de Camões, et pourtant l’auditoire reprend à nouveau les paroles en chœur. Elle nous prend à la gorge et enflamme le public tout au long d’« Amplify ». Il est chauffé à blanc et John en profite pour danser et bondir sur le podium pendant « Black Mountain », tout en savourant le moment présent. Le set s’achève par « Melvin ».

Arsenal a le bon goût d’accorder un long rappel. Pour « Afrodisia », l’un des percussionnistes du quatuor africain se réserve le micro et exécute de remarquables danses africaines. Il finit même par nous flanquer le tournis. Malheureusement, il ne parvient pas entraîner la fosse pendant « Bend In The River » et le long « How Come ? ». Mais ce sont les tubes dansants de la bande à Roan qui vont l’embraser, grâce à « Estupendo », « Lovesongs (Propaganda) » et « Lotuk ». Et le show de se terminer par « Stick and Groove », après deux heures de show. La formation est prête pour les festivals d’été…

Setlist : « A Volta », « Amelaka Motinga », « Tigerwoods », « Saudade, Pt. 1 », « Saudade, Pt. 2 », « Amplify », « Animal », « Heavy Heart », « Sometimes », « Whale », « Temul (Lie Low) », « Longee », « Black Mountain (Beautiful Love) », « Melvin ».

Rappel : « Afrodisia », « Bend in the River », « How Come ? », « Estupendo », « Lovesongs (Propaganda) », « Lotuk », « Stick and Groove ».

Pour les photos, c’est ici

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

Arsenal

Prêt pour les festivals d’été…

Écrit par

Après plus de 20 ans de carrière, Arsenal est devenu l’archétype du groupe festif et dansant. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il est capable de remplir l’AB, six soirées sur une courte période, et pourquoi il est régulièrement invité lors de festivals majeurs (Werchter, Pukkelpop, Couleur Café, Rock Ternat, Lokerse feesten…), en Belgique.

Chaque album nous plonge au sein d’un univers différent et nous invite à traverser, tantôt le Brésil, le Japon, le Mali ou l’Afrique de l’Ouest, suivant les voyages opérés par les deux têtes pensantes, –en l’occurrence Hendrik Willemyns et John Roan– pour y puiser l’inspiration. Mêlant pop, hip hop et world music, et suivant les circonstances, électro, sa musique incite naturellement à la danse. Arsenal vient de publier un ‘best of’ sous la forme d’un double vinyle, mais son tirage est limité. Les supporting acts sont assurés par Tin Fingers et High Hi

Tin Fingers c’est le band de Felix Machtelinckx. Une formation anversoise dont les musicos se connaissent depuis les bancs de l’école. Elle pratique une dream pop vintage, catchy, mélancolique et terriblement efficace. Son premier elpee, « Groovebox Memories », est paru en juin 2021. Un nouvel opus devrait bientôt sortir… Après avoir gravé l’Ep « No Hero », en 2017, elle avait pris une pause et son leader s’était mis au service d’Arsenal pour écrire quelques chansons.

Le set s’ouvre à 19 heures, par « Adrenaline » (NDR : probablement une nouvelle compo) et à ce moment de la soirée, il n’y a pas grand-monde dans la salle. Outre Felix (NDR : il est vêtu d’une longue gabardine de couleur noire), préposé à la guitare et aux vocaux, le line up implique le guitariste Quinten De Cuyper, le drummer Marnix Van Soom et le bassiste Simen Wouters, ce dernier se chargeant également des backing vocaux. La voix de Machtelinckx est vraiment superbe. Son amplitude navigue à la croisée des chemins de celles d’Antony Hegarty, de Klaus Nomi, Blaudzun ou encore Thom Yorke. Elle peut se faire douce, mélodieuse ou grimper dans les aigus…

Setlist : « Adrenaline », « I’m Lost With Move », « Islandheade », « Boy Boy » », « Happy Family », « I Love The Countryside »

Etabli à Louvain, High Hi réunit la guitariste/chanteuse Anne-Sophie Ooghe, le batteur/chanteur Dieter Beerten et le bassiste Koen Weverbergh. Son dernier LP, « Return to dust » est paru en avril dernier, et le trio va nous en proposer de larges extraits.

Les harmonies vocales échangées entre Anne-Sophie et Dieter sont épatantes. La frappe du batteur est métronomique ; en outre, sa technique est impressionnante. Il dispose également d’un iPad, à sa droite. Vu le matos d’Arsenal, il n’y a guère d’espace pour déambuler sur le podium. Anne-Sophie tente quelques timides pas sur la scène qui s’avance dans la foule.

Oscillant entre shoegaze, new et cold wave, la musique du quatuor est manifestement influencée par les 80’s. Et tout particulièrement par U2 et Cure. Le concert s’achève par le single, Daggers » …

Setlist : « Due Date », « 94A9 », « Return To Dust », « Alligot », « Nu Nu », « All Cool All Fine », « Daggers ».

La salle est bondée lorsque le rideau se lève et le public découvre une forêt exotique luxuriante, tant en arrière-plan que sur les flancs. Un décor magique où on pourrait espérer que des oiseaux s’échappent. Ce ne sera pas le cas. Le line up du band accueille un nouveau venu, en l’occurrence le claviériste/ guitariste Lesley Troquet. Ce qui porte, circonstanciellement le nombre de guitaristes, à quatre ! Ils sont neuf musiciens sur les planches ! Léonie Ghysels se consacre toujours au chant et aux chœurs, épaulant ainsi les deux autres choristes, Judith Okon et Pauliene Mattheus. Installé à la droite du drummer, Dada Ravalison de Suarez se consacre aux djembés et percussions diverses.

Le set d’ouvre par l’excellent « Mr Doorman ». Le band entame ensuite un périple qui va nous conduire en Amazonie et tout particulièrement au Brésil ; un voyage dynamisé par une profusion de percus et de samples. Le public est de plus en plus chaud et sautille sur place. John et Léonie se trémoussent. A l’AB, Arsenal se sent comme à la maison. Il n’en oublie pas ses singles, « Amplify » mais également « In The Rush Of Shaking Shoulders ». John est partout à la fois : il danse, chante et se mêle aux chœurs. Et tout comme Léonie, il vient se mêler aux percus. Le groupe dépoussière son répertoire à l’aide de sonorités électro et de nombreuses percussions, à l’instar d’« Amelaka Motiga » ainsi que du magistral « Oyebo Soul ». « Temul (Lie Low) » est superbement interprété par une des deux choristes qui pour la circonstance, s’est postée sur l’avancée de scène. Le groupe s’autorise des morceaux moins connus comme « Rise & Fall », « Whale » ou l’atmosphérique « One Day At A Time ». Et « Saudade pt. 2 » nous rappelle que Hendrik et John ont également exploré l’Afrique de l’Ouest. Un titre parcouru de sonorités de guitares lancinantes. Felix monte sur l’estrade et interprète « Animal ». Léonie se dandine langoureusement pendant « Longee ». Et le concert de s’achever par Estupendo ». Avant qu’Arsenal n’accorde un rappel de quatre morceaux. Après avoir assisté à ce show, il ne fait aucun doute que le collectif est prêt à affronter les festivals d’été…

Setlist : « Mr. Doorman », « Amplify », « Amelaka Motinga », « Black Mountain (Beautiful Love) », « The Rise & Fall », « One Day at a Time », « Whale », « Either », « Temul (Lie Low) », « Saudade, Pt. 1 », « Saudade, Pt. 2 », « Eling Park », « Animal », « Sometimes », « Longee », « High Venus », « Estupendo ».

Rappel : « Fear of Heights », « The Coming », « Melvin », « Lotuk »

(Organisation : Live Nation)             

Arsenal

Idéal pour faire la fête !

Écrit par

C’est le vingt-deuxième concert sold out du groupe Arsenal à l’Ancienne Belgique depuis 2001. Si le premier avait été programmé au Club, tous les autres se sont déroulés dans la grande salle.

Un sixième elpee est en préparation pour Arsenal. Baptisé « In The Rush Of Shaking Shoulders », sa sortie est prévue en 2018. En attendant, un premier single vient de paraître, et il s’intitule « Amplify ». Les sessions sont toujours en cours, des sessions auxquelles Scott McCloud (Girls Against Boys), mais également d’Edaoto and The Afrogenius Band, un combo nigérian qui pratique de l’afro-beat participent. Et c’est d’ailleurs ce band qui assure le supporting act. Mais pas seulement… 

Hendrik Willemyns s’était rendu au Nigéria pour réaliser un reportage pour sa série télévisée littéraire, ‘Paper Trails’. Et lors de ce séjour, il était tombé sous son charme. Mais comme ce pays est également le berceau de l’afro-beat, il est parti également à la recherche de rythmes susceptibles d’inspirer de nouvelles compos. Et pour y parvenir, il a invité Edaoto et son backing group. Il ne faut pas oublier que quinze années plus tôt, en concoctant « Oyebo Soul », le band avait puisé ses sources musicales au cœur du continent africain.

Originaire de Lagos, Edaoto and The Afrogenius Band ouvre donc le bal. La section rythmique est solide. Le bassiste joue de son instrument, en le poussant à la limite de la rupture, tout en dansant sur place. Et le drummer jouit d’une belle technique. Plutôt généreux, le leader se consacre au dejmbés et à la gratte semi-acoustique, alors que le second guitariste dispense des sonorités dignes de Tinariwen, plongeant ainsi les compos dans une forme de blues du désert. Une entrée en matière idéale pour chauffer l’ambiance !

Le concert est sold out, comme les quatre autres représentations de la formation anversoise, programmées à l’AB. Chez Arsenal, le line up est inchangé. Léonie Gysel se charge du lead vocal. Rayonnante et toujours aussi sexy, elle attend pourtant un heureux événement. Mirko Banovic se consacre à la basse et Bruno Fevery à la gratte. Les sonorités dispensées par le premier sont le plus souvent ronflantes et celles du second, funkysantes. Le drummer, Dirk Loots et le percussionniste, David Donnat, trônent sur une estrade. Outre les chœurs, Mathias Bastiaans jongle entre six cordes et les claviers. Légèrement en retrait, Hendrik se réserve les synthés et les machines, alors que John occupe tout l’espace scénique, invitant régulièrement le public à se remuer. Ce soir il va très peu se consacrer à la guitare et se concentrer sur son chant. Et puis, n’oublions pas le concours de deux choristes féminines…

« Low Sun-Long Shadow » ouvre le set. C’est un des cinq extraits du nouvel opus que la troupe va nous proposer ce soir. Léonie agite ses maracas. Les percus s’emballent. John débarque des loges en tournant les mains et en exécutant une danse africaine. Les deux rampes latérales inondent les artistes de lumières blanches et bleues. John ne tient déjà plus en place. Hendrik danse sur place tout en triturant ses machines.

« Black Mountain (Beautiful Love) » est à la fois indé et dansant. La voix de Léonie colle parfaitement à ce titre à la fois sucré et métissé. Mais hormis deux compos, elle va surtout soutenir les choristes. L’une d’entre elles, Mathues va se réserver le lead vocal pour également deux morceaux, « Temul (Lie Low) » et « High Venus ».

Fleurant bon le sud, ses fleurs, ses fruits doucereux et son vin de porto, « Estupendo » et « Saudade 1 & 2 » sont interprétés dans la langue de Luís de Camões. Le public connaît les paroles et les reprend par chœur.

Extrait d’« Obeyo soul », « Amelaka Motinga » nous invite à opérer une timide incursion en Afrique. Car après la parenthèse « Whale », le concert plonge carrément dans l’afro-beat. Même que le spectre de Fela Kuti commence à planer. Funk, jazz, et culture Yoruba y font bon ménage. « Amplify », le nouveau single, incite les spectateurs à se déhancher. Dans les gradins, Eduato et ses musicos exhortent la foule à suivre ce conseil. Ils vont ainsi mettre l’ambiance, une bonne partie de la soirée. Festifs, leur bonne humeur est communicative. John les en remercie. Et en guise de morceau final, « Melvin », va littéralement mettre le feu à l’AB ! Il fait très chaud et les pieds commencent à souffrir.

En rappel, John annonce que le morceau suivant sera ‘du Slayer à la mode jazz’ ; en l’occurrence, « A Bend In The River ». Et c’est l’inévitable « Lotuk » qui clôt le spectacle. Tout le monde a bien dansé, ce soir. Et en même temps a réussi à oublier ses soucis de la vie quotidienne. Si vous souhaitez participer à une semblable fête l’an prochain, sachez qu’Arsenal se produira au Lotto Arena d’Anvers, fin décembre 2018. On s’y donne rendez-vous ?

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

 Voir aussi notre section photos ici

 

Arsenal

Une véritable fête à la musique…

Écrit par

Un fameux évènement s’est produit à l'Ancienne Belgique, au cours de ce mois de mai, puisqu’un même groupe (Arsenal) est parvenu à aligner 6 dates, toutes sold out. Côté records, seuls Channel Zero est parvenu à en faire autant (6) et Puggy un peu moins (4). Arsenal a donc voulu fêter sous cette forme, ses 15 années d’existence. La formation aurait pu remplir quatre fois de plus la grande salle, sans problème. Lors de ces soirées, le band a eu le bon goût d’offrir un cadeau à chaque spectateur, en l’occurrence un code qui lui a permis, pendant 24 heures, de télécharger l'enregistrement de vos cris et applaudissements pendant le show et le concert dans son intégralité.

Le grand rideau rouge est fermé. Fait plutôt rare à l’AB. Un piano, des machines et des samplers entourent un micro et un siège. Lydmor assure la première partie d'Arsenal et elle dispose de très peu d’espace pour son récital. Très jolie, cette Danoise nous vient plus précisément des Iles Féroé. Sa musique est électronique, mais aussi et surtout étrange. Une expression sonore qui soutient sa voix très particulière. Un chant hanté, passionné. Malgré le peu de surface disponible, elle parvient à danser. Et même à parcourir la fosse de long large, avant de s’écrouler presque aux pieds de votre serviteur. Pour son plus grand bonheur… Du public aussi, totalement conquis par sa prestation, il faut le préciser. Dans le passé, elle a déjà participé aux concerts de la bande au chanteur/guitariste John Rohan et claviériste/bidouilleur Hendrick Willemyns…

Arsenal n’est pas encore monté sur les planches, et l’ambiance est déjà fiévreuse. Le rideau rouge s'ouvre et laisse apparaître une forêt de grands arbres, illuminé par l’arrière. Une roue de spots à leds trône juste au-dessus d'Hendrick. A sa gauche, David Donnat (Suarez) se charge des percus. Et juste devant lui, s’est glissée la choriste Charlotte Adigéry. Bruno Fevery, le second gratteur, s’est planté à l'extrême gauche, et Mirko Banovic (Arno), le bassiste, à l'extrême droite, les deux sur une même ligne. Dirk Loots, le drummer est installé entre Mirko et la futaie. Sans oublier la très sexy et sympathique Léonie Gysel. Lors d’un concert d’Arsenal, il y a de la musique, de la danse, mais surtout une grande fête à laquelle communie l’auditoire. En 120 minutes, elle va nous conduire au 4 coins du monde, à travers différents climats reflétés par leurs albums publiés à ce jour.

Le set s’ouvre par « Angola » (NDR : extrait du premier LP, « Oyebo soul »), une compo qui baigne dans une atmosphère afro. Polyglotte, John la chante en dialecte africain. Dynamisée par les percus, la musique est largement métissée. Et puis, la plage intègre des chants d’oiseaux, un peu comme si cette nature était bien vivante.

« The Coming » est un extrait du second elpee, « Outsides », paru en 2005, titre au cours duquel on retrouve souvent Gabriel Rios, comme invité. Il n’est pas de la partie ce soir. Issu du même long playing, « Switch » est découpé par des guitares incisives et balisé par la section rythmique. « Mister Doorman » et « Amelaka Motinga » opèrent un retour au premier LP. Deux morceaux funkysants et colorés, propices à la danse. Et croyez-moi, la foule gigote allègrement dans toute la fosse.

John, Léonie et Shawn Smith (NDR : guest, il n’en est pas à sa première participation lors d’un spectacle d’Arsenal) chantent « Pacific » (NDR : qui figure sur « Lokemo »). Cap vers le Brésil pour « Saudade Pt 1 et 2 » (« Outsides »). Estupendo », c’est la plage d’ouverture de « Lotuk », gravé en 2008. Une compo un peu particulière pour Didier. Sa préférée, en quelque sorte. John pousse sa voix dans les aigus sur « High Venus » et « Not Yet Free », deux compos atmosphériques particulièrement synthétiques…   

Léonie transcende sa voix pour interpréter « Longee ». Elle en profite également pour exécuter quelques pas de danse africaine en compagnie de sa collègue Charlotte. John et Léonie sont partout sur les planches. Ils interagissent constamment avec l’auditoire. Si tu souffres du dos ou des jambes, il est inutile de te rendre à un concert d’Arsenal. Car tu vas en faire de l'exercice sur le dancefloor.

Lydmor débarque sur l’estrade. Elle vient poser la voix sur « Temul ». Puis c’est au tour de Shawn Smith de poser la sienne aux côtés de celles de John et Léonie pour « Lotuk », qui clôt le spectacle. Les artistes s'éclipsent. Mais on sait qu'ils vont revenir.

On installe un piano à l'avant de la scène. Shawn se le réserve pour adapter « Either ». Lydmor se consacre une dernière fois au micro sur « Sharp Teeth ». Et « Melvin » constitue le point d’orgue de cette véritable fête à la musique. Si vous n’avez jamais eu le loisir d’assister à un show d’Arsenal, je vous le conseille vivement. Leurs spectacles sont chaque fois différents et vous y passerez un excellent moment festif.

(Organisation : Live nation)

Arsenal

Dance avec Furu…

Écrit par

C'est la toute première fois que votre serviteur assiste à un spectacle de ce type. Un film projeté lors d’un concert. Et cet événement se déroule à l'Ancienne Belgique. Pour la circonstance, elle a été transformée en salle de cinéma. En mode 'théâtre assis' de luxe, pour être plus précis. Et la date est sold out depuis longtemps. Une petite tartiflette et zou, on se place dans la file. Ouverture des portes à 19h30 et direction le troisième rang. La séance débute à 20h30 précises. Le film s'intitule : « Dance ! Dance ! Dance ! ».

Arsenal a déjà monté ce type de projet. D’abord lors de la sortie de l’elpee « Outsides ». Pour un documentaire paru en Dvd. Ensuite pour celle de « Lotuk ». Quant à « Paper Trails », série destinée à la chaîne de TV Canvas, indépendante de l'album « Lokemo », elle permettait à Hendrik de partir à la recherche des racines de ses romans préférés (« La ballade de l'impossible de Murakami »), au pays du Soleil levant. Hendrik, John et Mario Goossens (batteur de Triggerfinger) ont également collaboré à la réalisation d’une B.O., consacrée à une autre série, « De Poolreizigers », en 2007. Tourner un film est onéreux. Bien davantage qu’un documentaire. 13 personnes ont participé à la réalisation de « Dance ! Dance ! Dance ! ».

Le scénario est basé sur l'histoire de Natsuko, une jolie jeune femme, confrontée à une loi de 1948, tombée dans l'oubli, qui interdit de danser à Tokyo. Pendant sa quête, elle croise la route d'un DJ japonais, Furu, qui joue les derniers disques de sa carrière.

Le tournage du film s'est déroulé à Iwate, un petit village côtier au nord du Japon, et à Sendai, près de Fukushima. L'équipe a vécu un tsunami, entraînant des vagues de 10 mètres de haut, sur le premier lieu. Mais aussi un mini tremblement de terre, sur le second. Ces péripéties sont également relatées à travers les images…

Dj Furu habite au 26ème étage d'un immeuble de Tokyo. Et chaque soir, il revoit se noyer, devant sa fenêtre, la fille laissée à la campagne, morte à cause du tsunami. Elle flotte comme une sorte de créature marine et disparaît au lever du soleil. Durant toute la projection, cet ange blanc va nous poursuivre. Le mot japonais 'Furu' signifie 'tomber', mais aussi 'rejeter' et 'larguer'. Furu est hanté par les démons du passé et pousse le spectateur à se remettre en question. Au fait, chacun pourra interpréter le film à sa manière pendant les 70 minutes de projection/concert.

Les musiciens d’Arsenal sont fascinés par l’image depuis bien longtemps. Mais si ce film a été tourné au Japon, le concept est destiné de permettre au public d’entrer et de sortir du film sur la musique ; ainsi l’a conçu Hendrik Willemyns, bien avant le montage de « Dance! Dance! Dance! »

La réalité est telle qu'aujourd'hui le geste est joint à la parole. Après la première au Festival du Film de Gand (le 22/10/2014), Arsenal part en tournée pur présenter sa création hybride entre film et concert. Il ne faut surtout pas oublier qu' Hendrik a suivi une formation de monteur et d'ingénieur du son à l'école bruxelloise RITS. Le son est important pour Arsenal mais l'image également. Arsenal ne fouille pas dans le passé, il est perpétuellement tourné vers l'avenir. Chaque album est conceptuel et baigne dans une ambiance spécifique. Et world le plus souvent. En puisant notamment dans la culture brésilienne, indienne et japonaise en ce qui concerne « Furu ». Un concert du band est une grande fête à la musique au cours de laquelle il participe.

L’intro est mystérieuse. Il s’agit de « Temul (Lie Low) ». Le trio est placé juste derrière l’écran de projection. A droite, le chanteur/guitariste/bassiste John Rohan. Au centre, Hendrik Willemynsse. Il se consacre aux machines et synthés. A gauche, le gratteur Bruno Fevery. Ils sont coiffés d'une tête de dragon japonais. En arrière-plan, une toile représente les tours de la ville de Tokyo (un décor déjà utilisé lors des précédents spectacles). Pas de Lydmor, Léonie ni de Mirko, Arsenal est réduit à un trio. La projection du film peut commencer. Les dialogues sont en nippon et les sous-titres en anglais et néerlandais. Derrière l'écran, c'est du live, pas des bandes enregistrées. Des spots accentuent les ombres des performers derrière l'écran, sur lequel l’ange blanc (la jeune fille japonaise) tourne au centre.

Retour au film. Parfois déroutant, il baigne au sein d’une ambiance énigmatique. La séance est émaillée de compos issues des différents albums du groupe, mais également nouvelles. Résolument électro/dance (comme dans le titre), elles invitent le spectateur/mélomane à la réflexion, même quand le spectacle tourne à la dérision. Si on coupait le son pour uniquement laisser les images défiler, on n’entendrait pas une mouche voler. Le public reste bouche bée devant un tel chef-d'oeuvre. Et lorsque l’écran se relève, à la fin de la projection, il applaudit à tout rompre les trois prodiges… 

(Organisation : AB)

 

Arsenal

Il y a une belle interactivité entre le public et nous…

Écrit par

L’entretien se déroule le 30 août 2014, dans le cadre du festival des Barges à Scène sur Sambre. Les deux piliers et membres fondateurs sont au crachoir ; en l’occurrence le chanteur John Rohan et le bidouilleur/électronicien Hendrik Willemyns. C’est en 2003 que le duo a véritablement pris son envol ; et tout particulièrement lorsqu’il s’est rendu compte que le renouvellement des collaborateurs permettait à sa musique de prendre une autre envergure. Un concept que le band va reproduire, au fil des albums. Ainsi, pour enregistrer « Furu », il a bénéficié du concours de la très jolie Lydmor, une chanteuse féringienne. Quand au climat de l’elpee, il nous plonge carrément dans l’univers du pays au soleil levant…  

A chaque nouvel LP, les influences sont différentes. Est-ce intentionnel ?

Hendrik : On essaie toujours d’innover. Tant musicalement que vocalement. Au début, on engageait des artistes vivant à Bruxelles. Mais issus des quatre coins du globe. Surtout des Congolais et des Maliens. Un choix qui, au départ, a marqué notre style. Il a même été taxé de world. Une étiquette que je n’aime pas vraiment. En outre, on n'apprécie pas tellement ce style musical. A contrario de la musique brésilienne qui est primordiale, pour nous. Cependant, on a voulu se remettre en question et élargir nos expérimentations. Pour réaliser le second elpee, on a bossé en compagnie du chanteur de rock Aaron Perrino. C’était une première. Mais le projet nous a semblé intéressant. Novateur. A l’instar de ce qu’on réalise à l’aide de nouveaux instruments. C’est ce qu’on a voulu approfondir sur le nouveau cd. On a ainsi intégré des steel drums, des marimbas et autres instruments insolites. On se demandait quand même, quel serait le résultat. Mais finalement il ne nous a pas déçus.
John : Ce qui nous a permis d’acquérir davantage d’expérience. Et c’est primordial pour nous.

Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Lydmor ?

Hendrik : On a découvert Lydmor sur YouTube. Ses chansons sont très belles. Sa voix est exceptionnelle. Ma copine estimait que beaucoup de filles chantaient comme elle. Je n’étais pas d’accord. Elle possède un feeling rare, spécial et différent dans la voix. Quelque chose qui dégage. Une forme de combinaison entre l’explosivité et l’originalité. Et on en eu la confirmation en studio. Si Lydmor est bien suivie et correctement managée, elle peut faire un malheur et recueillir un succès phénoménal. C'est tout ce qu'on lui souhaite.

Sur les planches, on ressent une belle connivence entre John et Léonie. Elle est instinctive ?

John : Notre coopération a très vite évolué. Nous avons rapidement été à l’aise ensemble, tout en se montrant respectueux ; ce qui a permis d'expérimenter et de se produire sur scène en sa compagnie, sans devenir pour autant un duo comique. Une certaine énergie se libère de notre connivence. Mais que nous souhaitons dispenser avec classe.

Vous vous produisez régulièrement dans le cadre des Lokerse Feesten. Et vos spectacles y sont toujours particuliers. C’est la conséquence d’une histoire d’amour entre Arsenal et le public de cette région ?

Hendrik : Oui, je pense. Il s’agit d’un des premiers festivals auxquels on a participé. On a un peu grandi grâce et au fil de ce festival. On s’y est produit pendant 8 ans. Chaque année, on y était. Non pendant 7 ans, pas l'année dernière ; mais on y est revenu en 2014. Oui, il est exact que nos shows y sont chaque fois explosifs. Le public est parfois nombreux pour applaudir des stars, mais parfois il est peu ou pas réceptif. Pour nous, il réagit toujours au quart de tour.
John : Curieux quand même ! Et pourquoi Lokeren ? Mais c'est très bien. A Lokeren, on n’a que de bons souvenirs.

Un concert d'Arsenal ressemble davantage à une fête de la musique qu’à un concert. Une explication ?

Hendrik : Ce n'est pas intentionnel. C'est parce qu’on aime ce qu’on fait. Et ce que le public aime. Au début, le concept se résumait à John et moi. On ne s’investissait pas beaucoup en ‘live’. On partageait simplement notre passion pour la musique. Puis, on s’est livré, et le public nous l’a rendu mille fois. C'est magnifique, c'est organique. Il y a une belle interactivité entre le public et nous. C'est Arsenal, quoi.
John : Et on s’est rendu compte que c’était chouette d’assister à un concert quand les artistes se livrent totalement. C’est ainsi qu’ils ont un retour. C’est ce qui marche le mieux.

Vous avez accordé la ‘release party’ de votre nouvel LP au Lotto Arena d'Anvers. Vous étiez dans une forme olympique, ce soir-là…

John : Merci, nous étions enchantés du concert. Pourtant, nous stressions avant de monter sur les planches. A cause du décor, du light show, de la mise en scène et surtout du son. Dans cette salle, tu as intérêt qu’il soit au top. Quand on organise un tel événement, il ne faut rien laisser au hasard. Finalement, on a le droit d’être fiers et satisfaits. D’autant que les réactions de la presse étaient bonnes. C'était du jamais vu pour nous en Belgique.

Avez-vous le projet de vous produire à nouveau plusieurs jours de suite à l’Ancienne Belgique ? A guichets fermés, bien sûr ?

Hendrik : On y sera le 15 mai de l’an prochain. Mais je ne crois qu’on reproduira ce type de spectacle en série. Sinon, pas que ce concept deviendrait une blague, mais plutôt une forme de concours. On veut quand même bien encore jouer quatre soirs d’affilée. La dernière fois, c’était à 6 reprises. La formule peut devenir ennuyeuse. En plus, aujourd’hui, tu ne peux plus rien faire à l’AB. Ni boire, ni fumer.

Entre vous et Gabriel Rios, il y a une grande complicité ?

Hendrik : Nous avons rencontré Gabriel à Amsterdam, alors que nous étions à la même affiche. C'est un très bon ‘performer’. Il a une belle voix. Et son concert baignait dans la world. On en a conclu qu’une collaboration pourrait déboucher sur un résultat concret. Après avoir tenté l’expérience, on en a conclu que ce n’était pas trop mal. Enfin, les compos qu’on lui avait refilées n’étaient quand même pas terribles ; mais sa carrière a explosé par la suite.  Parce qu'on était devant l'explosion avant l'explosion de Gabriel Rios. Nous disposions d’un morceau de Gabriel, « The Coming ». Et on l’a joué en studio. Puis mis en boîte. Et il a marché du tonnerre. Ce titre est devenu incontournable pour nous. Il en existe peu de comparables. Ensuite on est devenus amis. C’est un artiste que nous respectons. Je pense que c’est réciproque. Enfin, je ne sais pas, mais nous on l’estime énormément.

John le sait, je suis un fan de Puggy, et paradoxalement, les membres de Puggy sont des aficionados d’Arsenal. Ce qui m’a permis de me faire pas mal d'amis en Flandre. Votre musique est fédératrice, c'est fou quand même ?

John : Fédératrice, j'aime bien ce mot.
Hendrik : Fédératrice, je n'ai jamais entendu ce terme. C'est possible. On n'est pas un groupe flamand, mais belge. Au sein d’Arsenal, la plupart de nous parlent le français. Mais nous sommes moins connus en Wallonie que Puggy en Flandre ; et c'est dommage…
John : Je pense que Puggy est plus populaire en Flandre que nous en Wallonie. C'est bon pour eux, j'aime bien ce qu'ils font. Ils libèrent une bonne énergie en ‘live’.
Hendrik : C'est bon pour eux.

Vous vous êtes rendus au Japon pour apporter votre concours au film « Furu ». Comment s’est déroulé ce périple ?

Hendrik : En fait il s’agit d’un long métrage dont j'ai écrit le scénario en compagnie de Johny Whiteney, le mec des Blood Brothers. Celui qui participe aux vocaux sur « Lokemo » et le dernier disque aussi. On a écrit une histoire qui a servi de canevas à l'album. Nous avons produit ce film au Japon. L'avant-première sort mi-septembre à Tokyo. Ensuite, il sera présenté dans le cadre d’un festival cinématographique à Gand ; et puis, on le défendra en tournée. C'est l'histoire d'un personnage qui souhaite devenir musicien. Il habite le long de la mer. Il atteint son objectif. Et devient même célèbre. Mais il doit en payer le prix. Et il tombe ; or le verbe tomber se traduit en japonais par « Furu ».

Pas trop difficile le tournage du clip dans la piscine ?

Hendrick : Pas facile, mais finalement chouette. Y plonger en conservant ses vêtements et ses chaussures était très éprouvant. D’autant plus qu’on est resté un certain temps, au fond. J’ai bien cru que ma dernière heure avait sonné. Et à un certain moment, j'ai dit adieu.
John : C'était vraiment beau. J'ai montré le clip à Hendrick dans une prochaine vie, mais il est retourné dans l'eau.

La musique d’Arsenal est-elle tournée vers le futur ?

John : Un son du futur ! Difficile de donner une telle dimension à ta propre musique. C'est quand même un compliment, je l’avoue. Nous voulons aller de l’avant, c’est vrai. Nous ne sommes pas comme ces revivalistes qui recyclent les Beatles, les Stones ou d’autres groupes britanniques. Finalement, ils repassent toujours les mêmes plats. On essaie donc d’éviter la recette. Donc, si on me dit qu’Arsenal a un son du futur, c'est un compliment. Merci !

Mirko a bossé sur l’album de Marie Warnant. C'est une belle ouverture pour elle, en Flandre. Arsenal a de nombreux fans en Wallonie, mais y est rarement programmé en concert. Un problème de barrière linguistique ?

John : Il n’y a pas de booking ici. Depuis qu’on a sorti « Fury », c’est la première fois qu’on rejoue au Sud du pays. C’est dommage ! J’adore venir ici. Lors de la parution de nos anciens albums, nous avions accordé quelques dates à Mons, à Liège et à Charleroi. Et on a eu un franc succès. Hormis Scène sur Sambre, c’est le vide. J’espère que la situation va changer.

La musique est-elle devenue une drogue dure pour les membres d’Arsenal?

John : C'est un job superbe. Ce n'est pas une drogue dure, mais la musique en général, c'est le réveil du matin. Elle est très importante dans notre vie. C'est la première chose à laquelle on pense. Et puis je l’adore. Si je devais choisir aujourd'hui entre perdre mes yeux ou mes oreilles, j’opterai pour les yeux. Je ne peux pas vivre sans musique. C'est un choix très clair.

Hendrik, ne crains-tu pas qu’on te vole tes machines. Quelle serait ta réaction si tu subissais un tel préjudice ?

Hendrik : Aucune. Je rentre chez moi.

 

Arsenal

Arsenal jouait à la maison

Écrit par

Arsenal présentait fièrement son nouvel opus, « Furu », ce 19 avril à Anvers au sein d’une Lotto Arena survoltée.
Aller voir Arsenal en concert, c’est l’assurance de passer un bon moment. Le duo belge a la bonne habitude de transformer chaque salle qu’il visite en dancefloor, au bout de quelques notes ; et ce concert de la Lotto Arena n’a pas fait exception à la règle.
Plantons le décor, « Furu » est quelque peu différent des précédents opus. Moins exotique peut-être, un peu moins dansant, un peu plus rock, il reste néanmoins très efficace. Le challenge était d’insérer intelligemment ces nouveaux morceaux à un set complet sans dénaturer l’esprit Arsenal. Le groupe profite généralement de ses concerts à l’AB ou la Lotto Arena pour inviter de nombreux guests, comme lors des sessions d’enregistrements. C’est ainsi qu’hier, trois des chanteurs qui ont participé à la confection du disque avaient accepté de rejoindre la Lotto Arena : Lydmor, Tim Bruzon et Doseone.

Dès le début du concert, mes petites inquiétudes sur l’incorporation des titres de « Furu » sont balayées d’un revers de la main. Lydmor interprète brillamment “Timul (Lie Low)” et dans la foulée, Doseone et Tim Bruzon lui emboîtent le pas pour “Not Yet Free”, “Sharp Teeth” et “Beautiful Love”. Quatre titres du nouvel elpee parmi les cinq premiers morceaux, l’examen d’entrée est réussi avec distinction. Après cette petite introduction, le festival Arsenal peut commencer. Leonie, fidèle acolyte, charme les 8 000 spectateurs tout au long de “Switch” avant que Gabriel Rios, le vieil ami, ne vienne lui aussi apporter sa pierre à l’édifice.

Les compos se suivent et les classiques d’Arsenal mettent tout le monde d’accord. Toute la salle est debout, danse et chante, que ce soit en anglais, en français ou... en portugais.  “Melvin” vient clôturer le premier rappel et retourne complètement la Lotto Arena, dans une version remaniée et rallongée. Assurément un des meilleurs moments du show !

Ce concert est proche de la perfection, la setlist est bien balancée. John Roan et Léonie Gysel ont, comme toujours, une énergie incroyable et communiquent merveilleusement avec leur public.

Alors pourquoi décréter qu’il n’est que proche de la perfection et pas tout simplement parfait ? Parce que, pour avoir vécu leurs prestations à de nombreuses reprises, depuis plusieurs années, j’avais un petit goût de trop peu à la fin du concert. Je regrette de ne pas avoir vu la grande carcasse de Baloji venir interpréter “Personne ne Bouge”. Je regrette qu’en disposant d’une telle discographie, Arsenal ait pris la décision de jouer une seconde fois “Beautiful Love”, au cours de la soirée, pour clôturer le spectacle. “Beautiful Love” est un bon single, mais autant lors des dernières tournées, c’était un régal d’entendre une deuxième fois “Lotuk” ou “Melvin”, autant “Beautiful Love” ne méritait pas d’être bissé, même si Tim Bruzon la chante divinement bien.

Arsenal reste une valeur sûre. Et il mériterait certainement plus de reconnaissance et de succès côté francophone. Un conseil, ne les ratez pas ce 29 août prochain, lorsqu’il se produira dans le cadre du festival Scène sur Sambre…

Setlist:

Timul (Lie Low) (feat. Lydmor)
Not Yet Free (feat. Doseone)
High Venus
Sharp Teeth (feat. Tim Bruzon)
Beautiful Love (feat. Tim Bruzon)
Switch
The Coming (feat. Gabriel Rios)
Saudade pt1
Saudade pt2
One Day at a Time
Estupendo
Lovesongs (Propaganda) (feat. Lydmor)
Evaporate (feat. Lydmor)
Personne ne Bouge
Lotuk

Encore 1:

Woe-is-me (feat. Doseone)
Longee
Melvin

Encore 2:

Either
Beautiful Love (feat. Tim Bruzon)

(Voir aussi notre section photos ici)

Arsenal

Lokemo

Écrit par

Fondé il y a une dizaine d’années le duo flamand jouit aujourd’hui d’une notoriété internationale. Et dans le Nord du pays, il constitue une véritable institution. Non content de participer aux festivals de Werchter et de Dour, il squatte régulièrement l’Ancienne Belgique.

Si la panoplie de sonorités dispensées tour au long du deuxième elpee d’Arsenal, « Lokemo », peuvent se révéler intéressantes, un bon quart de la plaque serait bien plus adapté à la sonorisation des génériques de séries pour enfants comme Pokémon, Dragon Ball Z ou tout autres mangas japonais. En outre, Johnny Whitney vient chanter sur trois titres de l’opus. Et sa voix est franchement irritante. Elle communique un côté cucul la praline à la Mika ; et en particulier sur le titre maître, son espèce de chant tyrolien se révélant même pitoyable vers la fin. Maintenant, il est bien évident que ce cd devrait ravir les inconditionnels du duo flandrien… 

Arsenal

De Poolreizigers Soundtrack

Écrit par

Arsenal a écrit la bande sonore de l’émission télé « de Poolreizigers ». Paru il y a quelques mois, ce disque immortalise cet exercice de style sur cd. Treize titres instrumentaux qui délaissent les ambiances ensoleillées entretenues habituellement par le groupe, pour favoriser des titres qui lorgnent vers la ‘new wave’ des années 80, Cure et New Order en tête. Pas de quoi ressusciter Ian Curtis, juste de la musique d’accompagnement à l’ambiance froide (logique, c’est une émission sur le Pôle Nord). Les guitares regorgent d’écho et de delay comme au bon vieux temps, la rythmique claque comme si on était au premier concert des Simple Minds et les synthétiseurs ‘vintage’ se taillent la part du lion : Korg, Moog et Juno 103. Verdict : anecdotique et réservé aux fans. A la tienne, Robert ! (Smith)

 

Arsenal

Outsides

Écrit par
Arsenal est de retour pour de nouvelles aventures. Le duo belge (Henrik Willemyns et John Roan) nous propose son deuxième album : « Outsides ». « Oyebo soul », le premier, était déjà vachement bien fichu. Un elpee sur lequel « Release » et « A volta » avaient récolté tous les suffrages. Affichant de multiples influences, ce nouvel essai est tout simplement génial ! Le tandem est ici parvenu à injecter différentes sonorités ethniques (asiatique, africaine, brésilienne…) dans un univers sonore où se mêlent funk, deep-house, hip-hop, reggae, soul, jazz et même electro. « Outsides » a bénéficié de la collaboration de nombreux invités. Dont Gabriel Rios et Baloji de Starflam. Ce nouvel opus fait la part belle aux chansons multiculturelles où l’on chante en anglais, français, brésilien… j’avoue cependant un petit faible pour quatre titres : « Switch », « Personne ne bouge », « Saudade » et « The coming ». Et si vous n’êtes pas encore convaincus, je vous invite à assister à un de leurs concerts ! Histoire d’être transporté dans une ambiance de folie, où tout le monde danse, bouge, sautille !!! Vous ressortirez avec le sourire aux lèvres. Qui sait ? Peut-être que ce groupe vous apportera la paix universelle…

Arsenal

Oyebo Soul

Enfin de la lounge qui ne verse pas dans la soupe, et de chez nous SVP bien ! Après les cartons de Buscemi et de Sven Van Hees, voici Arsenal ; en fait, un duo composé de deux producteurs au goût certain : Hendrik Willemyns et John Roan. Déjà croisé sur les compiles Café del Mar, Arsenal sort enfin son premier album, " Oyebo Soul ", une petite perle d'électro-world (" Graceland " version synthétique ?) qui vous emmène aux quatre coins du monde, des plages portugaises aux gratte-ciel de New York. Première escale, l'" Angola ". A bord de sacrés musiciens et de charmantes choristes : le ciel est bleu, l'ambiance est au chill-out. Déjà, on a largué les amarres, " pour le soleil ", comme on dit en vacances… Au Congo, il fait aussi très chaud (" Amelaka Motinga ") : heureusement, Zeus et Zacharias (du groupe Bayuda) nous obligent à bouger, pour pas qu'on somnole. Torride ! Une brise rafraîchissante vient alors caresser nos fronts en sueur : " Mr. Doorman ", tube de l'été indien avec du rap et de la capoeira, d'une moiteur excitante. Encore plus zen, " Far I Have Come " nous donnerait presque envie de faire du yoga : à écouter avant de s'endormir sous la moustiquaire, pour faire de beaux rêves. Et se réveiller détendu, tandis que retentissent les notes de " Walk on the wild side " et qu'une voix câline nous chuchote à l'oreille que le café est prêt (" Dinah "). Midi : bronzette avec " A Volta " dans les écouteurs, mix boombastic de rythmes brésiliens et de flûte envoûtante, puis plongeon dans la piscine, et crawl rythmé par la guitare de " Longee "… Fatigantes ces vacances ! Un petit " Tigerwoods " le temps de souffler, mais le soleil tape, et il ne reste plus qu'une chanson sur notre k7 : " How Come ? ", d'une langueur éblouissante. Fermons les yeux, laissons-nous aller, ne pensons plus à rien, il fait chaud! , les oiseaux chantent, appuyons sur " Reverse ", c'est le bonheur, c'est les vacances, et demain ils annoncent 35°, il n'y a rien à faire, pas de boss à l'horizon, et " Oyebo Soul " d'Arsenal dans le walkman : tout est parfait.