L’amour éternel de Lex Walton

Fraîchement signé chez Sub Pop, Lex Walton, artiste multidisciplinaire basée à New York, vient de graver son premier album sous ce label. Intitulé « Ultimate Love Forever », cet opus de sept titres se révèle à la fois inébranlable et iconoclaste. Toutes les…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Che Arthur

Che Arthur décrit ce moment présent

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L'artiste américain Che Arthur (Pink Avalanche, Atombombpocketknife), sort aujourd'hui son nouvel album solo, « Describe This Present Moment » chez Past/Futures Records.

« Describe This Present Moment » est le cinquième album de Che Arthur sous son propre nom. En 10 titres, le multi-instrumentiste, auteur-compositeur, ingénieur du son et producteur basé à Chicago oppose les structures punk/indie tendues et concises et les textures acoustiques contemplatives de ses elpees précédents à des moments plus lourds.

Plus d’infos sur la page ‘Artistes’, en cliquant sur son nom, en vert, dans le cadre informations complémentaires, ci-dessous

Che Arthur

Che Arthur décrit le monde présent

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L'artiste américain Che Arthur (Pink Avalanche, Atombombpocketknife), sort aujourd'hui son nouveau titre, « Sever », premier single extrait de son prochain album, » Describe This Present Moment », qui paraitra le 9 janvier 2026 chez Past/Future Records.

« Describe This Present Moment » constitue le cinquième opus de Che Arthur sous son propre nom. En 10 titres, le multi-instrumentiste, auteur-compositeur, ingénieur du son et producteur basé à Chicago oppose les structures punk/indie tendues et concises et les textures acoustiques contemplatives de ses elpees précédents à des moments plus lourds.

« Sever », selon Arthur, traite du ‘désir ardent d'une connexion réelle dans une société de plus en plus déconnectée et dangereuse’. Sur le plan musical, ce morceau pourrait intéresser les fans de Sugar, Jawbreaker ou The Smithereens.

Che Arthur se produira en concert à Paris à la Maroquinerie le 9 novembre en première partie de Bob Mould.

« Sever » est en écoute là

 

 

Arthur H

La vie

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Arthur H est de plus en plus surprenant et finit même par émerveiller.

Il a commencé à chanter plus haut sur l’album « Négresse blanche », son neuvième, paru en 2003. Mais c’est en 2018, sur le titre « La boxeuse amoureuse » de son elpee « Amour chien fou », sorti en 2018, qu’il transcende le genre, un mélange de voix grave et de voix aiguë tout en chantant davantage qu’à ses débuts.

Son style très jazz et fanfare des Balkans au départ, puis enrichi de recherches sonores et ouvert au rock est devenu de plus en plus mélodieux, de plus en plus accrocheur pour se diriger vers un monde qui n’a rien à envier à ceux des grands artistes de la chanson française. Son côté rugueux demeure mais avec ce petit quelque chose en plus.

Il est réjouissant de constater que cette manière de créer et d’interpréter appartient intégralement à son univers car elle procure une émotion puissante tant au niveau du sens que du son.

Son nouvel opus, sur lequel figure le single éponyme « La vie » (voir chronique ici)

https://www.musiczine.net/fr/chroniques/item/88535-la-vie-single-arthur-h.html

 baigne dans la poésie. Réflexions brillantes sur notre condition humaine.

Les respirations, les silences, le piano et les cordes de Clément Ducal ont la part belle pour nous plonger à la fois dans les textes, mais également l’ambiance atmosphérique de son univers. On touche à l’essentiel.

Les douze titres de son opus nous immergent dans une tranche de vie, un road trip cosmique, nautique, … à l’influence de Debussy ou de Ravel, un côté fou à la Brigitte Fontaine en plus. Mêlant ce qu’il y a de plus sombre et de plus rayonnant. Un cocktail magnifique et détonnant !

Les chansons de ce disque ont été conçues en compagnie de Léonore Mercier, sa compagne, et Nicolas Repac.

L’artiste entame une tournée (pour les dates, c’est là)

https://www.arthur-h.net/concerts

au cours de laquelle vous aurez certainement l’occasion de l’applaudir.

On se réjouit du chemin de vie musical emprunté par Arthur H, sur lequel on chemine volontiers à ses côtés.

Arthur H

La vie (single)

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Recevoir un titre comme celui-ci, en fin d’année, est une véritable aubaine.

Arthur H (NDLR : de son véritable nom Arthur Higelin, c’est le fils de feu Jacques) nous surprend de plus en plus à travers une chanson dont la douceur mêlée de contraste est offerte dans ses textes et sa musique.

Son single, « La vie », raconte le miracle de notre naissance, dans une étincelle de joie et de bonheur, aimés par des êtres bienveillants. Mais arrive ensuite la vie complexe, qui sème le doute, la peur et le désarroi dans les cœurs et les corps.

Ce morceau au texte sublime constitue un message d’espoir qui nous intime à rester positif, confiant malgré les épreuves. La vie est belle, il suffit de la regarder pour ce qu’elle est et non via une image mentale négative que l’on peut en avoir, source de souffrance.

Cette plage s’ouvre par une intro au piano, à l’instar de son morceau phare « La boxeuse amoureuse », pour s’en détacher rapidement dans une montée irrésistible afin de nous procurer des frissons.

Sa voix oscille entre le parler et le chanté, entre le grave et l’aigu, soutenue par des cordes magnifiques, du Sound painting électronique discret.

Le clip, réalisé par Arthur H & Leonore Mercier, évoque une superbe peinture colorée de rouge et de noir. Allégorie des origines, à la terre, la roue de la vie et son équilibre délicat (représenté par des toupies), nos blocages mentaux (les murs transparents), nos ressources (les cristaux), le néant, la séparation, les illusions et désillusions (les fleurs), la souffrance (la boue), l'espoir et l’amour, il nous entraîne dans l'espace. Il est à visionner ici

Sa tournée, qui traversera toute la France, passera par le Trianon (Paris), ce 27 mars (plus d’infos là).

Merci Arthur H de nous entraîner dans vos étonnantes aventures spatiales.

Méthode chanson

 

Joseph Arthur

Les desseins artistiques de Joseph Arhtur...

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Singer/songwriter découvert au milieu des années 90 par Peter Gabriel, Joseph Arthur était de passage dans la capitale pour un concert dominical. Depuis son premier album (« Big City Secrets » -1997), l'artiste vit en autarcie artistique, isolé dans un univers décoratif où la peinture et la musique dépeignent son univers : indépendant et introspectif. Un monde à part, à des circonvolutions lumières des pratiques traditionnelles de l'industrie musicale.

Vêtu d'un costume bleu ciel, un peu cheap mais plutôt classe, l'homme demeure seul sur scène, le regard caché par une frange capillaire rebelle. Dès les premiers accords, Joseph Arthur prend le spectateur par la main, guide son auditeur dans les tréfonds de son cerveau et l'invite à entrer en communion avec cette étrange expérience sensorielle. Nous sommes donc en sa compagnie pour Dieu sait quelle raison (« Our Shadows Will Remain », son dernier disque est sorti en 2004) mais cette visite semble ravir l'audience du bonhomme. Et puis, ce garçon possède une aura intrigante. Comme ses toiles, placées dans son dos, qui représentent des figures humaines déshumanisées dans un style déstructuré proche de celui de Miro. Joseph le musicien et Arthur le peintre sont donc les deux entités de l'homme qui nous fait face. L'entame du set laisse entrevoir la mélancolie de « She Paints Me Gold », avant de repasser du côté obscur de la pop par l'entremise de « Can't Exist » et de poursuivre au son de « Speed of Light ». En trois titres, Joseph Arthur revisite ses trois derniers enregistrements. Au fil des compositions, l'œuvre Arthurienne se dessine. Au sol, fusains, pinceaux, bombes de couleurs et autres peintures aident l'artiste dans son dessein artistique. Le concert prend une tournure globale, adopte les traits d'une œuvre complexe où Joseph Arthur est l'artiste, le point de liaison de formes artistiques éparses. La première partie du concert s'achève sur « In The Sun », belle et longue complainte dramatique logée sur « Come to Where I'm From » (2000).

Son retour sur scène marque l'avènement de son dernier album et teinte sa prestation d'une jovialité bienvenue. Derrière lui, la toile se complète au gré de ses envies, de ses extravagances, de ses chansons. Le concert s'étale, inégal mais prenant comme sur « There Is A Light That Never Goes Out », reprise improbable des Smiths. Les dernières enlevées de « Good About Me » diffusent dans l'air un parfum d'incompréhension. Et parfois, cependant, c'est bon de ne pas comprendre…

 

Arthur Adams

Feet back in the door (single)

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Ce single serait la première sortie du label Kind of Blue Music, une nouvelle écurie issue de Nashville. Keb Mo, lui aussi chanteur/guitariste noir établi à Los Angeles, en assure la production.

Arthur est né le jour de Noël, en 1943, à Medon, dans le Tennessee. Il chante le gospel dans l'église du quartier, avant de rejoindre les Gospel Travellers. Il émigre ensuite à Nashville, puis à Dallas où il accompagne Chuck Berry, Lightnin' Hopkins et Buddy Guy. Il publie ses premiers singles début des 60’s sous le nom d'Arthur K. Adams. En 1967, il atterrit enfin à Los Angeles, Son premier album, "It's private tonight", paraît en 1972. Chez Blue Thumb. La mise en forme est confiée à Bonnie Raitt. Ses trois albums suivants se révèlent plus funk et soul que blues. Il les grave au cours de la même décade. Fin des 80s, il monte son propre band. Ce qui ne l’empêche pas d’apporter régulièrement son concours au grand BB King. Et quand le BB King's Blues Club s'ouvre à Holywood, Arthur en devient l'une des plus régulières attractions. Il faut encore attendre 1999 pour voir la sortie de "Back on track", chez Blind Pig ; un opus pour lequel bénéficie de la participation de BB King. Son dernier elpee, "Stomp the floor", était sorti chez Delta Groove en 2009. Il y dispensait un blues traditionnel largement teinté de R&B et de jazz. Bref dans un style purement Adams !

Dansant, "Feet back in the door" est blues superbe, Arthur possède une voix pure, délicate, idéale pour chanter la soul. Ses interventions à la guitare sont discrètes et ne reflètent pas le potentiel de l’artiste (NDR : on s’arrache cet esthète des cordes, lorsqu’il s’agit de dénicher un musicien de studio). Une excellente compo néanmoins, tapissée par l'orgue Hammond. "Like only she can do" adopte un profil semblable. Empreinte de douceur, la voix d’Arthur est enrobée de chœurs tout au long de ce morceau légèrement funk. Il se réserve néanmoins une brève sortie aux cordes, particulièrement inspirée. Ce single est aisément téléchargeable sur la toile…

 

Arthur H & Nicolas Repac

L’or noir

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Aïe, aïe, aïe, on s’attaque à du lourd ! Arthur H si vous l’ignorez encore n’est autre que le fils d’Higelin, chantre et doux dingue de la chanson française. Nicolas Repac est musicien et compositeur. Il a apporté son concours sur pas mal d’albums d’Arthur, dont le dernier en date « Baba Love », est sorti il y a douze mois à peine. D’ailleurs, Nicolas et Arthur collaborent ensemble depuis une bonne quinzaine d’années.

Contrairement à son prédécesseur, « L’or noir » ne ressemble pas à un recueil de ‘chansons’ comme on a l’habitude d’en entendre de la part de ce quadra un peu déjanté, baroudeur et aventurier.

Sur ce nouvel opus, le duo a imaginé un concept totalement différent. D’un côté onze textes empruntés à une collection de poètes du XXème siècle, issus d’Afrique, d’Haïti ou des Antilles françaises, l’or noir. De l’autre, un monde musical tout ce qu’il y a de plus intime, expérimental. On dira même plutôt ‘ambiance musicale’ que musique. Nicolas Repac et Arthur H ont ‘composé’ une atmosphère émotionnelle, une couleur sonore qui vibre avec chaque poème qu’Arthur récite en rythme mais sans jamais chanter.

Bizarrement, on se laisse prendre au jeu ; et les textes ainsi ‘interprétés’ prennent une dimension nouvelle, plus forte, plus authentique que lors d’une lecture banale, normale.

Evidemment, ce disque se démarque de la ‘chanson française traditionnelle’ ; ce projet n’a sans doute pas l’ambition d’occuper une place en vue dans les charts ou de viser un public amoureux de variétés.

Néanmoins, il a le mérite d’exister et le tandem n’a pas eu peur de prendre un risque en réalisant un tel travail.

Curieux, étonnants, hypnotiques, ces onze titres s’écouteront plus attentivement qu’ils ne s’entendront.

Pour public averti !

 

Arthur’s Landing

Arthur’s Landing

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Depuis 2004, l’esprit d’Arthur Russell ne cesse d’alimenter l’inspiration de nombreux adeptes des sonorités expérimentales et du milieu disco underground. Après avoir publié l’excellent documentaire « Wild Combination », réalisé par Matt Wolf, la biographie essentielle de Tim Lawrence (« Hold On To Your Dream ») ou encore les rééditions de l’énorme discographie de Russell signées Souljazz Records, Audika et Sleeping Bag Records, c’est Strut qui vient s’ajouter à la liste en signant le remarquable Arthur’s Landing, un collectif de 6 musiciens emmené par Steven Hall. Caractéristique particulière chez ce team, les six membres on tous collaboré avec Russell durant sa courte vie (il est décédé en 1992 des suites du SIDA). On retrouve entre autre Ernie Brooks des Modern Lovers, Peter Zummo ou encore Joyce Bowden, l’irrésistible voix sur le tube disco « Tell You (Today) » signé Loose Joints. Véritable influence pour ses paires contemporaines (DFA, Hercules and Love Affair, etc.), Russell méritait bien encore un hommage. Et qui de mieux pour y parvenir, que ses anciens collègues ! Richement orchestré par Brooks à la basse, Hall à la guitare, Zummo au trombone sans négliger les percussions de Mustafa Ahmed, « Arthur’s Landing » comprend des nouvelles versions des compositions de Russell. Quelques unes connues et d’autres jamais entendues auparavant. Le tout produit par le légendaire Zummo.

On épinglera donc les versions sublimes de « Love Dancing » issu du classique de Loose Joints, « Is It All Over My Face ? » ou encore la transformation du magnifique « In The Light Of The Miracle » intitulé « Miracle 2 » où on reconnait distinctement la voix et le clavier de Elodie Lauten, co-compositrice du track. A cette plaque, s’ajoute des inédits dont l’exceptionnel ébauche de « I’ll Be Fencing » sur lequel Ernie Brooks pose sa voix.

« Arthur’s Landing » est encore une preuve de la notoriété post mortem grandissante d’Arthur Russel. Un joli moment d’extase pour les oreilles. Et comme presque toujours, c’est signé Strut. Merci !

Joseph Arthur

Temporary People

Écrit par

Joseph Arthur court tellement vite, que son « Temporary People », concocté en 2008 à l’aide de ses Lonely Astronauts, est resté, pour nous, dans les starting-blocks. C’est que l’animal Arthur a de quoi troubler les esprits. Véritable ogre de la composition, il propulse tout ce qui sort de son studio, à grandes brassées. S’il comptabilise déjà 6 albums en 10 ans, on en oublie presque les multiples Eps, maxis et remixes que l’Américain collectionne dans sa discographie. S’il a fallu un petit coup de pouce de Lou Reed et Peter Gabriel en 1996 pour sortir son premier opus ; aujourd’hui, Joseph Arthur aide les autres, et cet altruisme pourrait finalement lui rapporter gros.

Pour cette septième galette il a de nouveau fait appel aux Lonely Astronauts, groupe qui avait participé à la confection de « Let’s Just Be », en 2007. Et une fois de plus, le travail est remarquable. On serait tenté de dire, plus précis. Même si l’ambiance générale reste toujours très folk-blues, Arthur et ses potes délaissent quelque peu leur terrain de jeu préféré pour nous balancer un son un peu plus rock, un peu plus revivaliste, très 70’s si vous préférez, mais surtout d’assez bonne facture. Reconnaissable entre mille, la voix de Joseph Arthur vient, comme à son accoutumée, déposer sur l’échine, cette petite brise vivifiante. « Temporary People » n’est pas vraiment novateur au sein du courant musical contemporain, mais il a le mérite de préserver ce cachet spontané et sincère qui manque à beaucoup dans le milieu. Nous n’aurions que des louanges à formuler sur ce disque s’il n’y avait cette irrésistible envie de ne plus en entendre parler quelque temps. Certes tout est toujours aussi bien millimétré. Certes tout à l’air parfaitement en place comme dans le mécanisme d’une horloge suisse ; mais à force de voir tous les 6 mois une nouvelle galette débarquer, on finit par se lasser. J’essaierai de sauter un album sur deux pour les prochains, j’y retrouverai peut-être du plaisir.

Arthur Russell

Love is Overtaking Me

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Feu Arthur Russell a forgé sa notoriété au sein de différents projets dans le monde de la musique ; mais jusqu’à présent, on ne lui connaissait guère d’aptitudes dans le domaine du songwriting pop-folk. A contrario, il jouissait même d’une grosse réputation dans l’univers de la house, un style marqué par son célèbre violoncelle. Sorte de figure tutélaire de la scène électro new-yorkaise, il constitue également une influence majeure pour de nombreux artistes contemporains. Afin de permettre la découverte de la face cachée de cet artiste, Audika (et Rough Trade en Europe) a (ont) décidé de dépoussiérer la compilation « Love is Overtaking Me ». Arthur Russel fait l’objet, il est vrai, depuis quelques temps, de nombreuses rééditions de son catalogue.

« Love is Overtaking Me » constitue donc une collection de 21 démos jamais publiées par le compositeur durant sa carrière. Elle réunit des collaborations opérées en compagnie des  producteurs John Hammond (Billie Holiday, Bob Dylan), Jerry Harrison (Talking Heads, The Modern Lovers) ou Rhys Chatham. Ces chansons ont été enregistrées entre 1970 et 1991 et sont l’œuvre des divers projets au sein desquels Arthur Russell a milité ; et en particulier The Flying Hearts, The Sailboats, Turbo Sporty ou Bright & Early. C’est Chris Taylor des Grizzly Bear qui s’est chargé du mix et de la remasterisation, alors que la sélection des morceaux a été confiée à Tom Lee, le partenaire musical de Russell, Steven Knutson (du Label Audika à l’origine du projet) et par Ernie Brooks des Modern Lovers.

Cet elpee rassemble des chansons pop-rock fragiles, souvent peu mises en forme (NDR : paradoxal pour un si bon producteur…) et qui n’évoluent jamais très loin de l’univers de Nick Drake voire d’Elliott Smith. Mais par contre, à une distance respectable de son habituel univers avant-gardiste. L’ensemble est certes un peu lourd et touffu (pas moins de 21 chansons) mais recèle de véritables moments de grâce tels « Maybe She » ou « Your Motion Says ». Il s’agit donc d’une nouvelle preuve  de la courte (il est mort du Sida en 1992, à 40 ans) mais au combien riche carrière du génie new-yorkais ! Une très belle porte d’entrée pour pénétrer dans son autre monde sonore…

Arthur H

L’autodérision sous les étoiles

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C’est sous sa parure d’étoffe rouge, parsemée de 1000 étoiles, que l’ABBox recevait Arthur H, ce mardi 22 octobre 2008. Le début du set est prévu à 20h00. Pourtant, 10 minutes avant qu’il ne commence, le public est plutôt clairsemé. Et est composé en majeure partie de quadras ; les trentenaires reprenant pour la circonstance le rôle des ados… On croise de nombreux couples. Ils attendent, la main dans la main, la montée sur scène de ce clown chantant. L’ambiance est ‘love’. Le Français est venu défendre « L’Homme du Monde », son dernier album. Il s’agit ce soir, de la quatrième date de la tournée. Il y a donc fort à parier que le groupe n’a pas encore posé toutes ses marques et que le spectacle ne sera ainsi pas encore formaté. Le public est calme, un peu trop à mon goût. Je prépare mon carnet de notes en enfilant quelques décilitres d’houblon. La salle se remplit au compte-gouttes.

20h10. Sous un bruit de tonnerre, les musiciens prennent place. Le décor est composé de gratte-ciels éclairés. Le tout dans un ensemble chaotique à la Fritz Lang. Pensez à Métropolis. L’envolée des musiciens amplifie cette ambiance électrique. Ils déversent un brouhaha qui vous plombe littéralement, mais en même temps pousse le public à river les yeux vers le podium. Vêtu d’une veste dorée, Arthur H fait son entrée. Le micro à la main, il salue l’assemblée en entonnant « Candy Chérie ». Il enchaîne directement par « Radio City Light ». L’artiste semble avoir l’intention de se livrer corps et âme, ce soir. Il empoigne une guitare sèche et nous balance « L’Abondance », une ballade, ma foi, folk. Le public se réveille et frappe dans les mains. L’ambiance monte d’un cran. Sans doute rassuré par l’accueil que lui réserve l’audience, le Français marque une petite pause et laisse souffler ses musiciens. Jamais avare d’un bon mot, souvent teinté d’ironie, il déclare être content d’être venu se produire dans cette salle mythique qu’est l’AB. Que pour une fois, il ne devra pas jouer entre les plantes et les piranhas. Manifestement, il fait ici alors illusion au Botanique, où il a l’habitude d’établir ses quartiers bruxellois. Se moquant de la crise actuelle, il invite à oublier les milliards que l’on a tous perdu. Il entonne « Si tu m’aimes » et embraie par « Chercheur d’Or », que les spectateurs acclament chaleureusement. « Luna Park » et « Est-ce que tu m’aimes ? » marquent un retour au dernier album. Ce dernier morceau est interrompu par la claviériste, qui coiffée d’un chapeau de cowgirl, joue du lasso et s’assied sur un tabouret pour fredonner à la manière de Marylin Monroe, « The River of The no Return ». Arthur H, son bassiste et son batteur viennent poser des chœurs gospel. L’ambiance est bon-enfant. Personne sur les planches n’a l’air de se prendre au sérieux. Et le public est hilare. « Mon Nom est Kevin B » précède « Dance With Madonna ». Ce dernier morceau, le chanteur le présente en revenant sur les drames qui se jouent actuellement. S’offusquant avec un brin d’humour, de la Marseillaise sifflée récemment lors d’un match de foot, il relate aussi les problèmes de couple que Guy Ritchie et l’héroïne de cette dernière chanson, traversent. Après « The Goddes of Love & The Bizness Man », le combo marque une nouvelle pause en laissant seul sur scène Monsieur H. Il excuse cependant leur absence, prétendant qu’ils sont gênés : ‘Ils ont tellement honte que je me plante, qu’ils se sont cassés !!’ lance-t-il. Il éprouve, en effet, des difficultés à se souvenir des accords de « Le Nantais », qu’il finira par sublimer de sa voix rauque, sa marque de fabrique. Et dédie cette chanson feu sa Mamie, qui habitait Liège. La formation est à nouveau au poste pour attaquer « La Naissance d’un Soleil » et «  Ma Dernière Nuit à New York City ». Replantage de l’artiste sur l’intro d’« Adieu Goodbye ». Il faut avouer qu’il n’a plus trop l’habitude de servir d’une gratte, le bougre. Il a même privilégié le piano lors de la confection de son dernier opus. Mais les cordes vont vite plier sous le talent, et la mémoire de l’auteur va rapidement refaire surface. Pour un début de tournée, les erreurs sont rares. On sent une excellente homogénéité et une excellente entente entre les différents musiciens. On perçoit déjà la fin du concert, lorsque s’éclairent à nouveau, les rideaux pourpres de la salle. Des milliers d’étoiles scintillent et illuminent de leur poésie, le très touchant « Cosmonaute Père et Fils ». Il est 21h50, il y a déjà 100 minutes que le groupe joue. Il remercie les auditeurs et tire sa révérence.

Le public reste un peu sur sa faim et réclame un rappel, qu’il sait déjà acquis. Arthur H s’est changé avant de revenir saluer une dernière fois son auditoire. Il a revêtu les habits de Super H. En fait, hormis la lettre imprimée sur le torse, il a enfilé le même costume que celui de Superman. Le slip jaune est de rigueur. Au lieu d’accorder une dernière chanson, il a envie de jouer avec son public. A l’instar d’un comique du music-hall, il empoigne le micro et cherche à le faire réagir. En lui demandant de participer à un exercice de lazzis. De siffler la Marseillaise, tout en revenant sur l’ampleur que cet épisode a prise. Et les spectateurs jouent le jeu quand il entonne ‘Allons enfants de la patrie …’. La cacophonie est telle, qu’il demande de monter la puissance de son micro. A nouveau tout le monde se marre. Lui en premier. Afin de sortir dignement de scène comme il y est monté, le groupe offre une dernière bonne vieille chanson. « Cool Jazz » vient donc clore les festivités ; et c’est sous les applaudissements chaleureux, que les 5 artistes saluent pour de bon, leur public. Les lumières se rallument, les amoureux s’enlacent une dernière fois avant de penser à quitter la salle ; et moi je me grouille sinon je vais louper mon métro. Je me rends compte que je suis bien le seul à me dépêcher de quitter les lieux. Tout le monde en effet, semble vouloir prolonger un instant encore, ce fort sympathique moment que nous avons partagé. Dommage que le show n’ait pas attiré plus de foule. Il y aurait sans aucun doute eu, plus d’heureux dans la ville…

Organisation Live Nation 

Arthur H

L’Homme du Monde

Écrit par

Mi dandy, mi saltimbanque, Arthur H nous revient pour la septième fois. Après « Adieu Tristesse » sorti en 2005, il nous envoûte à nouveau de son dernier opus : « L’Homme du Monde ». Affublé de son nez de clown et de son costume à paillettes, c’est le cœur débordant d’étoiles qu’il nous invite à partager –une fois de plus– sa vision personnelle du monde. Habituellement assis derrière le clavier de son Gaveau 1925, c’est debout les mains sur les cordes d’une guitare acoustique, qu’il tente ici de nous faire partager son univers. Une métamorphose qui ne passe pas inaperçue, mais ne constitue jamais un obstacle pour l’auteur, ni pour l’auditeur. Le ton grave de sa voix rauque, reconnaissable dès la première phrase, fait voler en éclats les mots dans un tourbillon festif et enivrant. Ce n’est pas une surprise, néanmoins. Clown éclectique et poète chantant, Arthur H nous enveloppe d’un ton amical et positif, pour nous poser en des lieux que lui seul connaît. En 12 plages, cet éternel enfant nous invite à parcourir des chemins de traverses pour rejoindre ses quartiers où il semble se sentir en parfaite communion avec les éléments. Derrière des textes simples, parfois légers, il arrive à décupler nos émotions tout en garantissant une qualité propre à ses compositions. De « l’Abondance » à « The Hypno-Techno-Gypsie-Queen », en passant par le très drôle « Dancing with Madonna » ou le touchant « Cosmonaute Père & Fils », Arthur H confirme une fois de plus, mais pour la circonstance en embrassant un style folk/rock, qu’il fait partie des grands ‘Monsieur’ de la chanson française. Sans en faire de trop, sans se la jouer star, ce discret fou chantant est susceptible de vous rendre le sourire, en un clin d’œil, tout en vous cajolant malicieusement. « L’Homme du Monde », est à nos yeux, un album recommandé et recommandable.

 

Arthur & Yu

In Camera

Écrit par

Les nostalgiques de Nancy Sinatra et du regretté Lee Hazelwood, mort en août dernier, vont en avoir pour leur argent. Les deux légendes se sont réincarnées pour le plus grand plaisir de nos petites oreilles. Grant Olsen et Sonya Wescott, alias Arthur & Yu, présentent sur leur premier recueil un véritable hommage à ces deux artistes mais également à la folk circa 60’s. Et plus particulièrement The Velvet Underground (« 1000 Words », « Afterglow »,…).

Les morceaux qui jalonnent cet excellent « In Camera » sont un condensé de pop estivale on ne peut plus rafraîchissante. L’union des vocalises d’Olsen et Wescott semble tellement naturelle que leur dissociation serait une véritable aberration. Les plus mélancoliques se laisseront aller à quelques rêveries sur les séduisants « Black Bear », « Come To View (Song For Neil Young) », « Lion’s Mouth » et, surtout, « 1000 Words ». Arthur & Yu, duo découvert sur le dernier Dntel (« Dumb Luck »), signe donc un premier essai coup de cœur que les fans de Camera Obscura, Broadcast ou Yo La Tengo ne pourront qu’accueillir les bras grands ouverts.

Joseph Arthur

Come to where I´m from

Écrit par

Bien que signé sur le label de Peter Gabriel, Joseph Arthur n'est pas un nouveau disciple de la ‘world’, mais un chanteur/compositeur américain responsable d'un folk/pop/rock terriblement contemporain. C'est-à-dire susceptible d'intégrer des influences aussi diverses que le punk, le hip hop, le métal, la lo-fi ainsi que la prog. Sans oublier de tirer parti au maximum de la technologie moderne. D'ailleurs, au détour d'une chanson, votre esprit est hanté par de multiples spectres. Entre autres, Tom Waits, Kurt Cobain, Dylan, Violent Femmes, Lou Reed, Léonard Cohen, Led Zeppelin, Elvis Costello, Beck, les Beach Boys, The Verve, Patti Smith et même Jeff Buckley, auquel on avait eu un peu trop tendance à le comparer sur son premier elpee. Mais ils sont tellement fugaces qu'ils disparaissent aussi rapidement qu'ils n'étaient apparus… On a parfois l'impression qu'Arthur est en perpétuelle recherche d'identité. Une impression confirmée par son deuxième opus, " Come to where I'm from ". Ce qui explique sans doute pourquoi il est capable, d'une composition à l'autre, de changer de style, d'épouser tour à tour un profil tendre, mordant, douloureux, profond, éthéré, intimiste, recherché, féroce ou torturé. Des compositions emballées dans des mélodies simples, qui au contact de la production (NDR : impeccable, auquel a collaboré T-Bone Burnett), deviennent complexes et uniques. Des compositions ravagées par son timbre vocal graveleux, acide, gémissant, qui véhiculent des lyrics malsains, introspectifs, bohêmes, sur lesquels les mots grincent, les angoisses fleurissent et la magie opère. Vaudou probablement. A l'instar de la superbe illustration de la pochette de ce disque, qu'Arthur a dessiné en personne. Un must !

 

Arthur Adams

Back on track

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Quel bonheur d'album nous a donc pondu Arthur Adams! Tout y est. Mais tout d'abord un grand coup de chapeau à l'écriture. Les heureuses mélodies se bousculent au portillon. Le blues, la soul, le R&B, et le funk se mélangent subtilement et en douceur. La guitare affiche une richesse insoupçonnée. Arthur manifeste un talent inné à sortir les bonnes notes au moment voulu ; et jamais une de trop. Le naturel transpire à chaque intervention. "Back on track" est une œuvre colorée, au sens propre comme au sens figuré. Car sur la pochette, le très noir Arthur, flanqué de sa guitare aussi noire, le complet bleu profond et la chemise rouge, pose sur fond jaune. Trop!

Adams doit être le nouveau Cray pour le siècle nouveau! Pourtant, si Arthur est un chanteur remarquable, sur cet opus, on ressent moins de chaleur et de profondeur dans sa voix, relâchement cependant compensé par une fameuse dose de relief. On pense le plus souvent à BB King. Mais aussi, et c’est plus étonnant, à un John Mayall en verve (tendez l'oreille à "Who does she think she is" et "Honda Betty"). Ou encore et surtout à lui-même. Adams est exceptionnellement personnel. Car dans son style truffé d’arrangements spéciaux, l’aventure est toujours au rendez-vous. Je vous conseille d’écouter cet album d'une traite, et vous savourerez une solide tranche de blues qui varie depuis la mélodie de "Back on track" jusqu'au final "Backup man". Arthur est basé depuis plusieurs décennies à Los Angeles, mais il est né à Medon dans le Tennessee. Question blues, son maître était bien entendu BB King. Et BB, est là, sur deux plages, échangeant chorus et vocaux sur "Get you next to me" et "The long haul"; ce dernier d'une beauté à pleurer. On dit de lui qu'il chante comme un ange. C’est vrai que l'émotion n'a pas de limite quand il interprète des titres lents, tels que "You really got it going on" ou "Rehabilitation song". Un must dans le genre!

 

Arthur Russell

World of Echo

Personnage culte de l’underground disco/no wave new-yorkais, Arthur Russell s'est imposé dans les années 80 comme l’un des précurseurs du digital dub, de la house garage et de la ‘minimal’ techno en vogue à l’heure actuelle. De Superpitcher à Rhythm & Sound, de DFA à Raster-Noton, nombreux sont les esthètes du beat contemporain qui doivent à ce génie, mort du SIDA en 1992, leur sens du BPM qui dure et de la nappe qui s’étire. ‘C’est la ouate’, comme on dit, et ce « World of Echo » en est la saisissante traduction sonore. Enregistré en 1985-86, cet album méconnu mais séminal est enfin réédité par Rough Trade, en même temps que sort chez Soul Jazz une compile de ses ‘tubes’ écrits sous différents alias (Lola, Dinosaur L, Loose Joint). Compagnon de (dé)route d’Allen Ginsberg, de David Byrne et de Rhys Chatham, Arthur Russell s’est évertué toute sa carrière à remuer l’espace, le temps, en usant de l’écho ou de la reverb comme d’un instrument à part entière. Cette dynamique nouvelle, empruntant à la fois ses idées aux minimalistes (Glass, Reich, Riley) et aux premiers DJ’s (Levan, Kevorkian, Mancuso), provoque à l’audition cette sensation de vague à l’âme extrême, d’étrange dilatation. De l’art de la dilution, de la réminiscence : celle d’un monde prénatal, comme baigné dans un liquide amniotique, qui sauve des maladies. L’oreille ainsi plongée dans un autre espace-temps, ne reste plus qu’au cerveau de divaguer à l’aise, ses synapses caressées par ce ‘cello’ qui vibre. Et la dance, dans tout ça ? Elle frétille sous le panégyrique : si Russell est comparé parfois à un théoricien disco, aimé seulement des têtes chercheuses, sa musique invite aussi nos pieds à taper la cadence. Une cadence étrange, peut-être, mais d’une puissance le plus souvent mystique.