La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Wholes passe son chemin…

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Asaf Avidan

Si tu veux l’arc-en-ciel, tu dois supporter la pluie… (Dolly Parton)

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Site éphémère, l’Arena 5 est planté sur le Plateau du Heysel, juste devant le Palais 5. Bel espace en plein air (pas sous chapiteau, malheureusement), mais un peu vide quand votre serviteur débarque à 18h30 pour s’installer près de la table de mixage, sur une chaise numérotée. Pas de panique, l’endroit va se remplir progressivement, malgré la pluie qui retarde l’arrivée des spectateurs…

Etablie à Bruxelles, Valkø est une artiste aux multiples facettes. Tour à tour actrice, chanteuse, musicienne, violoncelliste, cette auteure/compositrice à la crinière rousse s’inscrit dans la lignée des grandes dames de la pop que sont Kate Bush, Beth Gibbons ou encore Alison Goldfrapp. C’est son deuxième Ep, « This Kind of Game », mixé à Londres par Max Prior, assistant de Craig Silvey (Arcade Fire, Portishead, Goldfrapp, The PeeChees, Anna Calvi, Florence & The Machine), qui va permettre à Valkø d’imprimer sa griffe, à travers un son ‘british’ bien particulier.

Sur les planches, elle est soutenue par un trio réunissant le (contre)bassiste Nicholas Yates, le guitariste Pieter Peirsman et le drummer Patrick Dorcéan. Comme il pleut à verse, les claviers placés devant la vocaliste sont protégés par une bâche de couleur noire.

Le set s’ouvre par « Silence in The Dark ». Non, ce n’est pas une cover de Curses, mais une compo originale. Le (contre)bassiste tire parfaitement son épingle du jeu. Séverine semble ravie d’être sur scène ; et pourtant, pour l’instant, il n’y a pas grand monde dans l’auditoire. 

Tout au long de « Monster », une nouvelle compo, la voix est bien mise en exergue. Une voix dont l’amplitude est impressionnante. Elle peut se faire douce ou lancinante, et même évoquer tantôt Björk voire Thom Yorke. On aurait bien aimé danser sur la cover du « Can’t Get you Out Of My Head » de Kylie Minogue, mais vu la pluie qui refroidit fatalement les ardeurs et les mesures sanitaires en vigueur, c’est mission impossible…

Enfin, dommage qu’elle n’ait pas prévu « Strange Weather » (NDR : un titre qu’elle interprète sur disque, en compagnie de Nicola Testa) dans sa setlist, mais aussi qu’elle n’ait pas sorti son violoncelle. Elle craignait peut-être qu’il prenne l’eau…

Sans quoi, Valkø a surtout privilégié son nouveau répertoire, compos qui figureront plus que probablement sur son futur elpee. Elle se produira, en outre, le 23 octobre dans le cadre des Nuits Botanique, à Bruxelles. 

 

Setlist : « Silence in The Dark », « Heaven’s Door », « Monsters », « Get Lost », « Back Through The Maze », « The Mirror », « This Kind Of Game », « Can’t Get you Out Of My Head » (cover Kylie Minogue), « All I Ever Dreamed Of »

A l’approche de la quarantaine et après 10 ans de tournées non-stop, Asaf Avidan a décidé de prendre une pause pour réfléchir à son avenir. Cette prise de recul lui a été totalement bénéfique. Il en a d’ailleurs profité pour jeter les bases et écrire les chansons de son septième LP studio, « Anagnorisis », paru en janvier 2020, un opus enregistré entre Tel Aviv et l’Italie, et tout particulièrement dans une vieille ferme transformée en studio d’enregistrement. Pour vivre et écrire autrement, il a donc choisi la solitude. S’il puise toujours son inspiration majeure chez des artistes comme Léonard Cohen, Bob Dylan, Neil Young, Tom Waits et David Bowie, pour ce nouvel essai, il s’est frotté –et d’une manière inattendue– au hip hop des années 90, la pop moderne et le gospel…

Vêtu, comme d’habitude, d’un costume couleur moutarde, il monte sur le podium, suivi de son nouveau band. Un quatuor impliquant la claviériste/choriste Shelly Levy (NDR : une jolie claviériste aux cheveux blonds platine, qui s’installe sur une estrade), le drummer Yoav Arbel et le bassiste Adam Sheflan, également préposé aux synthés.

Le set s’ouvre par le groovy « Lost Horse », au cours duquel Avidan se sert d’‘une gratte électrique. Il opte ensuite pour une semi-acoustique tout au long de « 9000 Days ». Puis ôte sa veste, salue la foule et la remercie. Il semble heureux d’être sur les planches et le fait savoir. Le concert s’enfonce ensuite tantôt dans le blues ou le r&b. Ou alors le néo folk ou encore le gospel, lors des ballades véritablement déchirantes. Même que parfois, le spectre de feu Janis Joplin se met à planer. Six titres du nouvel elpee seront interprétés, le reste est majoritairement issu de l’album « Gold Shadow ».

Simple, attachant et sensible, Asaf fascine par son charisme, mais surtout pour sa voix. Il possède un grain totalement androgyne, capable de passer du falsetto particulièrement aigu au baryton le plus profond. Mais il est également capable d’emprunter un timbre enfantin ou alors carrément écorché. Une voix qui évoque même parfois celle d’Aretha Franklin, de BJ Scott ou de Tina Turner. Et puis, Avidan peut aussi compter sur la claviériste pour l’épauler. Elle excelle aux backing vocaux, un peu dans un registre gospel.

Tout au long d’« Anagnorisis », les claviers se chargent d’intensité… pourtant, et c’est étonnant, en fin de parcours, on entend des samples d’accordéon. Pourquoi pas… 

Circonstanciellement, des roadies apportent un piano sur le podium, trimballé sur une estrade à roulettes. Il est destiné à Asaf. Il arrive également au natif de Jérusalem de passer aux percus électroniques. Et il s’y révèle brillant.

Asaf revient seul lors du rappel, armé de sa gratte semi-acoustique, pour nous réserver « God Shadow ». Avant que sa formation revienne pour les deux derniers morceaux. Saignants et bien plus rock. « Earth Odyssey » rappelle que l’artiste voue un grand respect à son maître, David Bowie, même si ce morceau est bien moins morbide que le déprimant « Lazarus » … Et le concert de s’achever sur « I see her, don’t be afraid », suivi d’un long silence…

Bref, un chouette concert, mais face à un public pas assez réactif au goût de votre serviteur ; maintenant il faut reconnaître que ce temps pluvieux et venteux n’était pas de nature à déchaîner les passions…

Asaf Avidan reviendra en concert en Belgique, le 17 mars 2022 à l’AB.

Setlist : « Lost Horse », « 900 Days », « Different Pulses », « Green & Blues », « The Study On Falling », « Over My Head », « The Jail That Sets You Free », « My Tunnels Are Long And Dark These Days », « Bang Bang », « Anagnorisis », « The Labyrinth Song », « Reckoning Song », « Love It Or Leave It ».

Rappel : « Gold Shadow », « Earth Odyssey », « I See Her, Don't Be Afraid ». 

(Organisation : Greenhouse Talent)

Asaf Avidan

Sa voix est un instrument à part entière…

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Votre serviteur se souvient du premier concert d’Asaf Avidan auquel il avait assisté. C’était à l’AB. En 2013. Il avait été surpris par la voix de cet artiste israélien. Haut perchée. Plus féminine que masculine. Evoquant tour à tour, Janis Joplin, Jeff Buckley ou encore Robert Plant. Elle ne collait d’ailleurs pas du tout au personnage.

Ce soir il se produit à la Madeleine, et pas comme initialement prévu au Cirque Royal. Qui est pleine comme un œuf. Même l’étage est occupé. Ce qui porte sa capacité à 1200 places. Et l’acoustique y est irréprochable. Le chanteur/compositeur est venu défendre son sixième elpee, « The Study On Falling », paru ce 3 novembre.  

Les musicos précèdent l’arrivée Asaf qui, armé d’une gratte électrique, est chaudement applaudi par la foule, lorsqu’il apparaît sur les planches, vêtu sobrement d’un jeans et d’une chemise de couleur verte. Il lui répond en adressant alors un timide signe de la tête. Le line up de son backing group réunit le bassiste Adam Scheflan (NDR : il arbore une barbe imposante), le claviériste Ido Zeleznik et le drummer Shahar Haziza, installé sur une petite estrade. Pas de violons ni de violoncelles. Simple, le décor se limite à une toile de couleur noire, tendue à l’arrière, et sept grosses lampes à led, suspendues un peu partout au-dessus des artistes.

Un filet de Hammond amorce « No Stone Unturned », une plage au cours de laquelle la slide se démarque du reste de l’instrumentation. La voix d’Avidan se révèle alors plutôt soul. Son écriture se nourrit des différentes épreuves qu’il a dû traverser dans la vie : ruptures familiales ou amoureuses, lymphome, service militaire… Ce qui explique pourquoi ses chansons véhiculent énormément d’émotion. Il opte pour une semi-acoustique avant d’attaquer le très americana « My Old Pain ». Des spots de couleur bleue se focalisent sur les musiciens. Issu du précédent opus, l’épuré « Gold Shadow », nous plonge au cœur d’une ambiance rétro et feutrée. Asaf prend soin de réarranger régulièrement ses compos, de manière à en proposer, lors de ses concerts, des versions différentes. Il avale une rasade de whiskey, afin d’éclaircir sa voix. « Green And Blue » nous entraîne ensuite dans le Bayou. « Sweet Babylon » est tapissé par l’orgue Hammond. D’abord lent, le morceau vire, en fin de parcours, au r&b allègre. « Man Without A Name » adopte un profil bien blues. Des roadies viennent installer un sampler et des percus électroniques, devant Asaf. Et il s’en sert impeccablement tout au long de l’oriental « Bang Bang ». Tout comme de la cigar box et du kondi. Il faut attendre le « Reckoning Song », pour qu’il se lâche enfin. Il commence à plaisanter avec le public et récite ses lyrics en slam, en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, avant de se lancer dans son tube planétaire. « Her Lies » lui permet d’afficher toutes ses capacités vocales. Faut dire que sa voix est un instrument à part entière, modulable à souhait et couvrant plusieurs octaves. Elle est empreinte de douceur sur « Twisted Olive Branch », alors que les ivoires s’élèvent dans l’éther. Avant de reprendre de la hauteur pour « A Gun And A Choice », un titre alimenté par des orchestrations emphatiques. « Love It Or Leave It » clôt le show. Qui a passé très vite. Trop vite, sans doute.

Pour le rappel, Asaf Avidan s’assied d’abord sur un siège haut. On lui file un autre verre de whiskey. Il cause avec les spectateurs et répond même à leurs questions. Le public féminin est aux anges face à cet artiste aussi humble que craquant. Un roadie lui tend une six cordes semi-acoustique. Asaf en souhaite une autre, puis se ravise, et la garde. Et va aussi nous réserver, seul à la guitare, « My Latest Sin »…

(Organisation : Greenhouse Talent + Gérard Drouot Productions)

Asaf Avidan

L’AB en folie !

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Il n’est que 18h15 et la file est déjà longue. Elle s’étire même jusqu'au coin de la Rue des Pierres. Ce soir l’AB accueille deux talentueux artistes à la voix merveilleuse. Asaf Avidan se produit au rez-de-chaussée. C’est sold out depuis longtemps. Alors que Selah Sue présente son nouvel elpee, en showcase plus que privé. Et pour cause, il est réservé aux gagnants d’un concours organisé par la RTBF. Votre serviteur est accrédité pour le set de l’artiste israélien. Et il s’installe juste en face du claviériste, à gauche d'Asaf.

Tamar Eisenman est une compatriote d’Avidan. Elle est chargée d’assurer le supporting act. Jeune, jolie, la longue chevelure de couleur anthracite, son look et sa voix me font penser à une autre concitoyenne, mais d'origine yéménite, Noah, aka Achinoam Nini. Elle est armée d’une guitare électro-acoustique et d’une loop machine. Et elle va faire un malheur en dispensant un folk/rock teinté de blues. En fin de set, elle empoigne sa gratte et la pose contre sa bouche pour y chanter dans un microphone qui y est intégré, profitant de cette caisse de résonance pour littéralement nous bluffer. Et en à peine 20 minutes ! A revoir, c’est une certitude.  

Le plus gros succès d’Asaf Avidan remonte à 2013. C’est un remix de « One Day/Reckoning Song », opéré par le DJ allemand Wankelmut. Un hit qui va truster les charts de nombreux pays. Et faire le buzz sur la toile. Mais c’est en 2006, que l’artiste a démarré sa carrière. D’abord en compagnie d’un backing group, baptisé The Mojos, puis sous son propre nom.

Je me souviens du premier concert d’Asaf Avidan auquel j’avais assisté. C’était également à l’AB. En 2013. J’avais été surpris par sa voix. Plus féminine que masculine. Elle ne collait pas du tout au personnage et me faisait vraiment penser à celle de Janis Joplin. Enfin, pas tout à fait, car son amplitude évoquait également Jeff Buckley et même Robert Plant.

Selon un rituel classique, les musicos montent d’abord sur le podium. Mais avec 20 minutes d’avance sur l’horaire prévu. Ils sont chaleureusement applaudis par la foule. Asaf déboule à son tour sur l’estrade. Il est vêtu de son costume trois pièces de couleur sombre, laissant transparaître un marcel de teinte noir, plus classieux que le blanc qu’il porte habituellement. Il est venu défendre son nouvel opus solo, « Gold Shadow », paru en janvier 2015. Il est flanqué des mêmes musiciens qu’en 2013. Dont trois filles habillées en robe charleston. Deux claviéristes. Tout d’abord Flora, aka Liron Meshulan. Elle s’est plantée en arrière-plan, à gauche. Puis Michal Bashiri, à droite, juste devant votre serviteur. Et une guitariste. Chevronnée. Ronan Kenan. Elle s’est installée à droite. Le groupe implique une section rythmique, soit le bassiste Dan Zeitune et le drummer Haggai Fershtman.

Asaf alterne entre six cordes acoustique et électrique. Androgyne, ample, écorchée, sa voix est reconnaissable entre mille, une voix qu’il maîtrise parfaitement. Ses compos sont belles et authentiques. Elles reflètent le plus souvent des émotions provoquées par des déceptions amoureuses. Original, son rock est parfumé de jazz, de blues, de soul et parfois de funk. Il a pris de la bouteille et il entretient une interactivité permanente avec son public.

« Over My Head » ouvre le bal. Une nouvelle chanson. Asaf est à la sèche. Sa voix est soutenue par des harmonies vocales féminines limpides. Le climat est feutré et rétro, en même temps. Les interventions de glockenspiel sont épatantes. « Let's Just Call It Fate » est un autre titre récent. Empreint d’une grande sensibilité, il nous transporte sur la planète étoilée d’Avidan.

Amorcé par des chœurs féminins, « Ode To My Thallamus » est talonné par de subtiles contributions produites par les claviers électro. La diva charme l’auditoire, à l’aide de sa gratte et de ses vocaux. « Her Lies » est un extrait de « The Reckoning », un opus qu’il avait enregistré en compagnie des Mojos ; ce morceau est électrique, davantage énergique, un rock au cours duquel il pousse ses cordes vocales dans les graves. Sculpté dans le folk, « Different Pulses » baigne dans une extrême tendresse. Il s’agit de plage maîtresse de son premier elpee. « The Jail That Sets You Free » opère un retour sur le dernier long playing. Pas de guitare, mais des clappements de mains pour épauler la voix d’Asaf qui prend la pose la main appuyée sur le pied de micro, tout en regardant son batteur. Avidan adresse régulièrement des regards complices à ses musicos. On sent d’ailleurs l’équipe particulièrement soudée. « Little Parcels Of An Endless Time » s’ébroue sur des sifflements, et se poursuit par des sonorités électro ; un moment choisi par Asaf pour se dandiner sur les planches.

‘Unplugged’, « Cyclamen » vous glace littéralement le sang. Caractérisé par ses ‘la la la’ ravageurs, « Conspiratory Visions Of Gomorrah » est une superbe ballade au cours de laquelle l’auditoire et le band sont en entière osmose. Place ensuite à 3 autres pistes du nouvel LP: « The Labyrinth Song », « Gold Shadow » et « My Tunnels Are Long And Dark These Days ». A plusieurs reprises, Tamar Eisenman vient seconder Asaf au micro et à la gratte. Il pousse sa voix dans ses derniers retranchements sur « A Parth Of This », « Bang Bang » et « Hoist Up The Colors », trois compos qui trempent dans le rock/blues. Rockabilly nerveux, « Growing Tall » clôt le set en beauté.

Mais on devine que le spectacle n’est pas terminé. Asaf Avidan est généreux et aime son public. Il reviendra en solitaire, armé de sa six cordes, pour attaquer « Reckoning Song ». Magique ! A la demande de l’auditoire, il nous livre une version fascinante et tout en délicatesse de « Maybe You Are », à la sèche et l'harmonica. Toute la troupe revient pour aborder « Love It Or Leave It ». Crooneuse, la voix devient ‘dylanesque’.

Lors du second rappel, il nous réserve d’abord « One Day ». Puis Asaf invite les spectateurs assis au balcon à se lever et à jumper sur « Hangwoman ». C’est l’apothéose ! L’Ancienne Belgique entre alors en folie (voir ici)

Et encore un concert à marquer d’une pierre blanche, pour votre serviteur, en 2015…

Organisation : Greenhouse Talent

(Voir aussi notre section photos )

Asaf Avidan

La traversée du désert avant la terre promise…

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Suite à la chronique consacrée au dernier album d’Asaf Avidan and the Mojos, concoctée par Michel Serry, j’ai décidé de me rendre à l’ABClub ce jeudi 18 février, afin d’assister à leur set programmé en première partie de Mai Lev, artiste inconnue au pavillon (de mes oreilles). Dans un souci de progression qualitative dans le texte, j’éviterai de raconter cette soirée selon l’ordre chronologique. Je commencerai par la fin. En principe, la coutume veut que l’on programme la tête d’affiche en second ; ainsi la soirée est comme un feu d’artifice clos par un superbe bouquet final. Après un premier groupe très fort, on espère toucher les étoiles. Ce soir, après Asaf Avidan et ses Mojos (NDR : qui avaient placé la barre très haute, il faut le reconnaître), la déception était totale. Le flop, la débandade.

Mai Lev se fait attendre et les essais de ses techniciens sont longs avant que ne débute son show. Enfin, elle arrive, boudinée par une robe de collégienne japonaise montée sur bottes blanches de travelo et dessinant des mimiques de petite fille. Entre notes de carillons et airs de flûte à bec (évoquant là encore l’école), elle se dandine et chante d’une voix sucrée des chansonnettes aux textes niaiseux. Elle nous balancerait des bonbons qu’on ne serait pas surpris. La réclame de l’AB promettait une révélation, parlait de Ravel, des Beatles… Une blague ! On n’est pourtant pas déjà en avril.... Je n’ai pas eu le cran de rester parmi les courageux vétérans, et suis partie, comme la plupart du public, avant la fin du spectacle ( ?!?!?)

Mais revenons en arrière, au début de soirée. Les cinq musiciens d’Asaf Avidan and the Mojos ouvrent la soirée. Pas un cadeau pour le combo, puisque le public bruxellois se résume à une quarantaine de personnes éparpillées dans la petite salle. C’est regrettable, parce que le groupe a de quoi faire vibrer un espace plus grand que l’ABClub. Leur musique est riche, émouvante, naviguant entre tension calme et explosions vrombissantes. La voix exceptionnelle d’Asaf Avidan est souvent comparée à celle de Janis Joplin. Eraillée, criarde, chargée d’émotion et susceptible de dérailler à tout instant, elle est portée par quatre musiciens de haut vol : une violoncelliste, un guitariste, un bassiste et un batteur. Sur scène, le groupe évolue avec une élégante simplicité. Les soli de chant, percussions ou guitare, sont des moments étranges où tous s’effacent pour écouter celui qui joue seul. Le guitariste balance un solo très rock, puis le chanteur Asaf Avidan, au milieu de la compo, s’octroie un instant a cappella, un temps suspendu, une éternité qui se prolonge tandis qu’il se tortille pour exploiter la moindre alvéole pulmonaire. Un cri poussé par un ange égosillé. L’échine se glace, les boyaux se tordent. Puis les musiciens répondent et le morceau reprend. On pense même avoir rêvé.

L’émotion est là parce que chacun la ressent. Les Mojos sont heureux de jouer. Ils s’amusent à répliquer via leurs instruments. Ils s’écoutent. Sourires complices. Aux titres lents succèdent des compos plus rock’n’roll, mais le public, timide, ne leur réserve pas un franc honneur. Des applaudissements, oui, mais peu de mouvement, et toujours cette distance polie de deux mètres au devant de la scène. Où sont les fans ?

Je sors de ce double concert mi-figue mi-raisin. Parce que terminer ainsi une soirée si bien commencée, c’est triste. Parce qu’assister au non-accueil d’un groupe fantastique, c’est désolant… Parce que ne voir aucun autre point commun entre deux groupes israéliens que leur nationalité pour justifier leur programmation le même soir, c’est énervant.

Si les Mojos ne sont pas trop rancuniers, j’espère que leur prochaine tournée en Belgique sera saluée, remarquée et applaudie. Perso, promis, je rameute tous mes potes et on leur fait un accueil digne de ce nom ! 

(Organisation Ancienne Belgique)

 

Asaf Avidan

The Reckoning

Écrit par

C’est vraiment rassurant d’entendre parler du Moyen-Orient autrement qu’à travers les actualités morbides subies quotidiennement à la télévision. Fait incroyable : nous ne sommes encore qu’au début janvier et c’est déjà la seconde fois que des musiciens israéliens nous collent une claque digitale dans les gencives. En effet, après avoir savouré l’incroyable nouvel opus d’Orphaned Land, « The Never Ending Way Of ORWarriOR », un disque repoussant très loin les frontières du métal progressif moyen-oriental, le chanteur folk rock hiérosolymitain (NDR : pas besoin de plonger dans votre dictionnaire, nous l’avons fait pour vous ; ‘Hiérosolymitain’ est le nom donné aux habitants de Jérusalem) Asaf Avidan et son groupe The Mojos nous proposent leur première rondelle digitale.

Mélange improbable des timbres de Janis Joplin et de Robert Plant (Led Zeppelin), l’organe d’Asaf Avidan est sans conteste l’un des plus surprenants et originaux entendus au cours de ces dernières années. De sa voix androgyne, forte et fragile à la fois, le folk-rocker israélien mène son audience dans un voyage au cœur même de l’émotion. Joie, bonheur, peine, tristesse et même franche rigolade ; rien n’est épargné.

A trente ans à peine, Asaf Avidan a déjà expérimenté la vie sous toutes ses coutures. Né en 1980 à Jérusalem, il part vivre, à sept ans, en Jamaïque avec son père (diplomate). A son retour, quatre ans plus tard, ses parents l’inscrivent dans une école artistique où il étudie le cinéma. Par la suite, ses connaissances linguistiques lui valent de se faire enrôler comme interprète dans l’armée israélienne. A vingt et un ans, les médecins lui diagnostiquent un lymphome dont il mettra plus de deux ans à se débarrasser. Accepté à l’école d’art nationale israélienne, il travaille comme ‘voice actor’ pour le doublage de dessins animés. Décidé à se consacrer à sa passion pour la musique, il autoproduit son premier Ep intitulé "Now That You’re Leaving" et entame une tournée acoustique qui lui permet de se constituer une fanbase conséquente en Israël. Pour étoffer sa musique, Avidan décide de s’associer à quatre musiciens et de former un groupe véritable : Asaf Avidan & The Mojos. En 2008, après avoir écumé les salles israéliennes et s’être produit sur quelques scènes internationales, les cinq Israéliens enregistrent leur premier album intitulé "The Reckoning". Celui-ci est rapidement décrit par la presse locale comme ‘l’album rock le plus important de la scène israélienne’. En 2009, après avoir été nominé aux MTV Europe Awards, le groupe signe chez Sony Music (Columbia-Berlin) pour l’enregistrement et la promotion de quatre albums. "The Reckoning" est finalement distribué en Allemagne, en Suisse et en Autriche le 15 janvier 2010.

Ce premier opus propose, en quinze titres pour cinquante cinq minutes, la quintessence du folk émotionnel et rock pur et dur. La guitare électrique lead de Roi Peled, la basse de Ran Nir, la batterie de Yoni Sheleg et le violoncelle de Hadas Kleinman se marient (pour le meilleur uniquement) à la guitare acoustique et à la voix unique d’Asaf Avidan. Une voix d’écorché vif, souvent à la limite de la rupture, avec laquelle le chanteur semble puiser au plus profond de lui-même pour faire partager ses émotions. Des titres folk acoustiques tels que « Maybe You Are » (écrit lorsque qu’Asaf soignait sa maladie à l’hôpital), « Devil’s Dance », « Weak » ou « Of Scorpions & Bells » (pour lequel Asaf et Hadas sont accompagnés d’un piano et d’un accordéon) feraient fondre en larmes le rocker le plus endurci. D’autres plages, plus musclées, évoquent l’ombre du grand dirigeable. Impossible en effet de ne pas comparer le rock de « Hangwoman » ou de « Growing Tall » et le blues de « Her lies » ou d’« Empty Handed Saturday Blues » à la musique de Led Zeppelin. Pourtant, Asaf Avidan & The Mojos est loin d’être un clone du combo de Page et Plant et son paysage musical est bien plus vaste. Du rock alternatif « Sweet and Tears », « Rubber Band Girl », à la musique psychédélique typée seventies d’« A Phoenix Is Born », en passant par le blues acoustique humoristique d’« Over You Blues » (NDR : mention spéciale pour les paroles de ce titre : ‘My baybe she is like a little puppet, but she’s acting like a full grown bitch’), Avidan explore et s’approprie tous les styles.

Un groupe à découvrir d’urgence, en visitant sa page MySpace (http://www.myspace.com/findlovenow) ou tout simplement en allant l’applaudir le 18 février à l’AB Club de Bruxelles, où il partagera la scène en compagnie de la chanteuse pop israélienne Mai Lev.