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Bat For Lashes

Lost Girls

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Il aura fallu près de trois années pour que Natasha Khan revienne au-devant de la scène en publiant son cinquième opus.

Un opus semi-conceptuel narrant les errances d’un personnage fictif nommé Nikki Pink qui évolue dans un imaginaire cinématique très 80’s.

Ce qui pourrait, à tort, paraître prétentieux, voir ennuyeux. Certes, l’album nécessite une approche attentive et concentrée pour en saisir toutes les subtiles nuances, mais une écoute distraite en révèle déjà le potentiel.

Devenue totalement indépendante, l’artiste aux commandes dirige notre écoute par le biais de sonorités synthétiques froides et sombres et prend possession de son propre univers qu’elle nous renvoie en miroir.

À l’auditeur d’alors plonger et se laisser conter.

Prolifique malgré un relatif hiatus médiatique, l’Américaine, longtemps comparée à Kate Bush, laisse libre cours à ses visions, s’émancipe de toutes obligation contractuelle et délivre son album le plus mûr et le plus abouti.

Les dernières notes de « Mountain », dernier titre de l’œuvre, se font d’ailleurs écho de la majesté qui émane de ce beau et grand disque appelé à être, non pas un classique, mais sobrement une pièce majeure dans la discographie d’une artiste hors norme.

Hors des sentiers battus, Bat For Lashes trace le sillon de ces femmes fortes qui écrivent l’histoire à leur manière.

Bat For Lashes

The haunted man

Bat For Lashes c’est le projet de Natasha Khan, une Britannique d’origine Pakistanaise. Née à Brighton, elle ne manque ni de personnalité, ni de charisme. Et en plus, elle est particulièrement jolie. Un elfe plein douceur, d’innocence, de joie de vivre et d’optimisme En 2010, elle a décroché deux awards. Un pour le meilleur concert alternatif. Faut dire que ses spectacles sont à la fois ludiques, tendres ou dynamiques. L’autre pour la meilleure chanson contemporaine (« Daniel »).

Capable de jongler entre le piano, la guitare, la basse, l’autoharpe et les percussions, outre le chant, elle pratique une forme de folk ténébreux, menaçant, fragile, théâtral et gothique. Et ses inflexions vocales sont susceptibles d’évoquer tour à tour Kate Bush, Alison Godfrapp, Toni Halliday (Curve), Elisabeth Frazer (Cocteau Twins), Alison Shaw (The Cranes), Lou Rhodes (Lamb), Anneli Drecker (Bel Canto) et même Jón Þór Birgisson (Sigur Rós).

« The haunted man », son dernier elpee, révèle un face plus épanouie de l’artiste. Elle y aborde ses textes sous un angle philosophique et psychologique. Un disque qui recèle des compos tour à tour solennelles, claustrophobes, désinvoltes, cool, entraînantes, impératives ou à la limite explosives, mais toujours soigneusement construites… Les rythmes sont hypnotiques. Stimulés par l’électronique et alimentés par les basses, les synthés et les drums, ils grondent profondément. Et au sein de cet univers dramatique, la voix de Natasha libère une large palette d’émotions. Dans ces conditions, difficile de ne pas tomber sous le charme…

L’illustration de la pochette est superbe. Elle est signée Ryan McGinley. Dénudée, mais pudique, Khan porte un jeune homme sur les épaules…

 

Bat For Lashes

Fur and Gold

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Œuvre distinguée, aérienne, « Fur and Gold » met directement en évidence la tessiture flamboyante de sa chanteuse, Natasha Khan. D’emblée, sa puissance vocale éthérée se confronte aux inflexions royales de Björk. Le rapprochement est inévitable. Réputée inclassable, l’Islandaise entrevoit donc les premiers pas de sa progéniture. Bien moins porté sur les expérimentations, Bat For Lashes prône le retour à la nature, les promenades en forêt et quelques virées champêtres. Aujourd’hui installée dans la riche cité de Brighton après des années de bourlingue à travers les Etats-Unis et l’Europe, Natasha Khan se pose, entourée de ses instruments. Ici, le folklore croise le classicisme avec une élégance rare. Du folk psychédélique aux grandes dérives pianistiques, c’est tout un pan de la musique voluptueuse qui est revisité. De Björk (« Horse and I », « Tahiti ») à Kate Bush (« The Wizard ») en passant par Shannon Wright (« Sad Eyes »), Natasha Khan se faufile dans l’histoire de la pop tel un caméléon. Au rang de ses invités, on reconnaît les visages de Ben Chritophers (sur « Sarah ») et de Josh Pearson, l’ex Lift To Experience, venu poser sa voix et sa guitare sur deux titres (« Trophy » et « Seal Jubilee »). Enfin, les politesses d’usage imposent un clin d’œil appuyé au gourou barbu de la transe hippie, le beau Devendra Banhart. Tout cela est donc bien poli mais fort joli.