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Beastie Boys

Adam Yauch, cofondateur des Beastie Boys et pionnier du hip-hop s’est éteint à l’âge de 47 ans !

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Plus connu sous son nom de scène ‘MCA’, le musicien/rappeur/militant et cinéaste Adam Yauch, un des fondateurs du groupe étasunien Beastie Boys, est décédé ce vendredi 4 mai 2012, dans sa ville natale de New York. Atteint d’une tumeur des glandes salivaires, il s’est battu pendant trois ans contre ce cancer. Ce qui avait forcé le trio à reporter leur départ en tournée et à retarder la sortie de leurs deux  dernier opus. "Hot Sauce Committee Part Two" paraîtra finalement en 2011, avec deux ans de retard, le premier volume restant en suspens pour une publication ultérieure.

Il laisse derrière lui son épouse et leur fille. Il laisse aussi un héritage musical impressionnant à travers des albums qui ont marqué l'histoire du hip-hop et toute une génération. Outre leurs 30 années de carrière, les Beastie Boys ont vendu 40 millions d'albums et remporté trois Grammy, la plus prestigieuse récompense de la musique aux States. Quant à Adam Yauch, il  s'était vu décerner le ‘Charles Flint Kellogg Award in Arts and Letters’, en 2011, par l'Université de Bard, en hommage à sa contribution importante apportée à l'héritage artistique et littéraire américain.

Une page de l’histoire du hip hop vient de se tourner…

 

Beastie Boys

The Mix-Up

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Après le décevant « To The 5 Burroughs », les Beastie Boys se devaient de surprendre, de nous prendre par derrière, de se ressourcer pour mieux  embrayer. Chose faite. La surprise procède de la formule édictée par les instruments. Mike D, MCA et Ad-Rock la mettent donc en veilleuse pour laisser parler la musique : des grooves seventies élagués de toutes futilités, des rythmes funky pour picoler son mojito au boulot et une empreinte psychédélique stupéfiante, même pas flippante. Si les Beastie Boys restent les maîtres incontestés du ‘White hip-hop’, ils démontrent, une fois encore, que les instruments sont à la base de leur son. Pour l’occasion, ils rappellent Money Mark aux claviers. Comme d’habitude, le garçon fait des pieds et des mains. Son orgue électronique part en vrille mais retombe toujours sur ses pattes, comme un chat halluciné balancé du pallier. Par contre, pas la peine de commencer à chercher un single. C’est peine perdue : « The Mix-up » s’écoute d’une traite. Ensemble cohérent, déstabilisant quand il touche à l’arabisant (« Dramastically Different »), ce disque s’apparente à une cure de jouvence, plus de dix ans après « The in Sound from Way Out !», première compilation instrumentale signée par les Beastie juste avant… « Hello Nasty ». Voilà donc une belle prouesse instrumentale qui, déjà, nous fait miroiter d’intrépides échappées ‘Intergalactic’.        

Beastie Boys

Solid Gold Hits

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Les fêtes de fin d’année : son ambiance, ses sapins, ses boules, ses cadeaux de Noël et ses traditionnels ‘best of’. C’est la coutume : l’époque est marquée par la culture de la compilation… L’année dernière, les Beastie Boys signaient un grand retour par l’entremise de « To the 5 Boroughs », sixième album des pirates de la culture black. Cette livraison marquait le pas, ralentissait le flow du trio new-yorkais. Aujourd’hui, la mouture la plus punk et inventive que le hip-hop ait enfanté revient aux affaires par le biais de ce « Solid Gold Hits » saisonnier, à filer au Père Fouettard ou à fourrer dans la hotte du Père Noël. Aucun des tubes présents sur ce disque n’est à discuter. Et le dilettante y découvrira forcément quelque chose d’énorme, une bombe nucléaire de rap, de pop, de punk. Le clin d’œil dans le rétroviseur des Beastie est joli. Il ravira amateurs et connaisseurs. Mais l’intérêt de ce disque et son indéniable plus-value sont ailleurs. « Solid Gold Hits » ramasse 15 morceaux d’anthologie (“Sabotage”, “Brass Monkey”, « Fight For Your Right”, “Root Down”, “Body Movin’”, la liste est infaillible) et, à chaque fois, une interprétation vidéo vient apporter son soutien optique. Il ne faut plus aller chercher plus loin. La richesse de ce ‘best of’ est ici : 15 titres contre 15 clips, l’élan sonore contre la pulsion visuelle. Inutile de préciser le bonheur éprouvé en révisant les clips décalés des bad Boys de New York. Voilà donc l’occasion rêvée de passer les froides après-midi d’hiver devant sa téloche à mater ces vidéos bon marché. Pantalon baggy, Reebok Pump et perruques de rigueur.

Beastie Boys

To The 5 Boroughs

Le sixième album des Beastie Boys est une réussite parce qu’il n’est pas à la mode. Timbaland, les Neptunes, Outkast, Kanye West, Madlib ne sont pas crédités : en lieu et place, Public Enemy, LL Cool J et Sugarhill Gang ont été samplés. Pas de breakbeats dévastateurs ni de fumeuses tentatives de prendre le train gangsta en marche : ici le hip hop est millésimé eighties, 100% old school, plein de scratches (aaah, Mixmaster Mike !) et de beats ciselés à la Mantronix. Rien que pour cette raison, les Beastie Boys pourraient être taxés de puristes, voire de révisionnistes : en quinze titres râblés et vindicatifs, ils parviennent pourtant à nous faire regretter cette époque où le rap US n’était pas encore une affaire de braqueurs. Véritable ode au New York ravagé par le 11 Septembre, « To The 5 Boroughs » s’écoute avec le sentiment qu’il restera toujours quelques B-Boys pour sauver le hip hop du terrorisme marketing. Si vous aimez le rap et son âge d’or, « To The 5 Boroughs » est un must. C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes : celle-ci est délicieuse et sans agents conservateurs. Chez les Beastie Boys on n’est jamais repu : 18 ans de carrière, et aucune faute de goût.

Beastie Boys

Hello Nasty (b)

Issu de la banlieue new-yorkaise, Beastie Boys a réussi, au fil des années 80, à se forger un énorme succès à l’échelle mondiale. Leur mélange de rap, de hip hop, truffé de samples slicés, de bruitages programmés, leur humour caractéristique, omniprésent à chaque apparition, ont fait de ce trio américain le porte parole de la scène rap internationale. Leur nouvel album. " Hello nasty " emprunte le même itinéraire que ses prédécesseurs. On y retrouve des bandes torturées, une pluie de scratches, quelques riffs de guitares hardcore, une boite à rythmes toujours aussi speedée, et trois petites voix nerveuses. Un peu à l’image du single " Intergalactic " dont la vidéo, qui met en scène une satire des mauvais films nippons où de méchants monstres s’opposent à de gentils justiciers multicolores, cachés dans un robot électronique, nous a bien fait rire… Un album de très bonne facture, mais peut-être un peu long… c’est vrai que 22 titres dans le style, c’est plutôt indigeste. Un peu à l’image de la pochette. Représentant les membres du groupe, couchés dans une boîte de sardines. Une portion, ça passe. Toute la conserve, ça casse…

 

Beastie Boys

Hello Nasty (a)

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Bon, d'accord, c'est pas exactement dans cette rubrique que le dernier album des trois sales gamins devrait se trouver. Sauf qu'il s'agit d'un ‘special bonus CD pack’, incluant quatre remixes dont le plus attractif est à priori le "Body Movin'" revu et corrigé par Fatboy Slim. Avec un peu plus d'écho et des percussions hénaurmes, l'ex-Housemartins ne s'écarte néanmoins pas vraiment du style auquel les Beastie Boys nous ont depuis longtemps habitués. Mouais...

 

Beastie Boys

Des garnements, pas des malades…

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Il ne vous est jamais arrivé, quand vous étiez gosses, d'avoir envie d'enquiquiner votre vieille voisine? De lui improviser un petit concerto pour cymbales à l’aide de deux couvercles de casseroles piqués à maman? Eh bien, les Beastie Boys, c'est un peu ça! Trois freluquets insolents auprès desquels ‘on’ a eu le malheur de laisser traîner des instruments de musique... Résultat, "Ill Communication", leur dernier album en date, décline une fois de plus le mot ‘boucan’ à toutes les sauces.

Causez-leur de rap, de hip-hop, voire de hardcore, soit. Mais surtout ne vous laissez pas aller à évoquer ce que ce genre de musique pourrait véhiculer comme message à caractère social. Le premier qui prétend être resté sérieux en compagnie des Beastie Bovs plus de cinq minutes, on l’enferme avec le dernier 2 Uillimited en bruit de fond. D’accord, ils ne repeignent plus aussi souvent que dans le passé, leurs chambres d’hôtels avec la confiture du petit déj’. Mais au naturel, les Boys sont restés de vrais garnements. Répondant à côté des questions qu’on leur pose quand ils ne vous lâchent pas un ‘you see what I mean’ laconique. Vous regardant droit dans les yeux lorsqu’ils vous accordent une réponse supposée philosophique, histoire de voir après combien de temps vous aller tenir avant de succomber au fou-rire. Bref, rencontrer ces trois zozos-là, c’est comme esquinter du pain frais avec du beurre même pas frigotartinable ! On en veut pour preuve les réflexions de Mike D, alias Michael Diamond, balancées entre deux dégustations de pralines ! Des chocolats, quoi… Affublé d’un sweat et d’un pantalon vert dans lequel on aurait pu tenir à l’aise à trois, notre homme venait de se prêter à une petite sessions-photos, sous l’objectif attentif d’une mignonne photographe. Visiblement, il en aurait fallu plus pour faire un ange d’un Beastie Boys, en tournée de promotion !

C'est con, un violon?

Vous n'avez pas dû trop insister pour qu'on vende votre nouvel album en y appliquant l'autocollant ‘Parental Advisory’.

Ce n’est pas la première fois que cette aventure nous arrive! Tous nos disques ont été rangés ‘Parental Advisory’, sauf "Licence To Ill", qui est sorti avant qu'on ne développe cette merveilleuse pratique. Tout ca, c'est très con. Et en plus, chez vous, l'autocollant est presque aussi grand que le CD. Aux States au moins, il est de petite taille !

Pourtant, vous vous y permettez quelques prouesses artistiques, comme de jolis instrumentaux ou l'utilisation d'un violon...

Sur "Eugene's Lament", juste! Bah, c'est surtout parce qu'Eugene aime bien emporter son violon en studio. A force de l'entendre, on l'a autorisé à en jouer sur un morceau. C'est fun, d'insérer des trucs qui ne collent pas vraiment à notre image. Mais ne va surtout pas t'imaginer que c'est pour faire comprendre aux gens qu'on sait aussi utiliser de vrais instruments de musique.

Idem pour la flûte sur "Flute Loop"?

Si tu veux... Sauf que là, c'est samplé d'un truc qui s'appelle "Flute Thing", d'Al Kooper.

Il vous est déjà arrivé de respecter un artiste au point de vous jurer de ne jamais le sampler?

C'est intéressant, cette question à propos du sampling. Il y a toujours eu deux écoles... Ceux qui associent sampling et pillage. Et puis, les autres. Nous, peut-être… A l’aide d’un bon sampling, tu peux réaliser un bon morceau. Même si le disque dont tu le tires est très nul, tu vois? Le sampling, c'est quelque chose que tu peux utiliser à l'infini; rien que sur un titre, tu peux faire des tonnes de repiquages. Nous, on trouve cette méthode très créative.

Premier album: "Licensed To Ill; dernier album en date: "Ill Communication". La maladie, c'est quelque chose qui vous branche?

Allons bon, la maladie, vingtième édition! Mais non, pas plus qu'autre chose. Je ne crois pas qu'il faille voir un rapport entre ces deux titres. "Licence To ill", c'était juste un disque de mecs un peu sauvages qui avaient envie de se défouler. "Ill Communication", c'est surtout parce qu'on a l'impression que la plupart des titres de ce disque sont exécutés par des types bizarres. Malades? Je ne sais pas, peut-être juste de mauvais poil…

Mon chien vit à L.A.

Justement, "Ill Communication" commence sur un mode plutôt rageur; ça vous arrive d'avoir la rage?

Oh tu sais... Nous faisons pas mal de bruit, nous créons du bruit même, et on n'essaye pas toujours de le maîtriser. Le volume à fond, du fun avant tout! Ce n'est pas très revendicatif, pas vraiment enragé.

Dans de précédentes interviews, vous répétiez que vos textes, finalement, importaient peu...

C'est vrai, et je ne reviendrai pas sur le sujet. Je crois que les textes ne sont pas tellement importants. Nos albums et nos concerts, c'est plutôt une question de sentiments. Tiens, t'as envie de décrire un micro? Et paf, on y va, on improvise. C'est notre recette.

Irions-nous jusqu'à dire que pour des rappeurs comme vous, la ‘rue’, ce n'est pas capital?

La rue, en général, ce n'est pas vraiment notre monde. Nous sommes plus souvent en studio, entouré d’une bande de potes. Et puis, on partage notre temps entre New York et Los Angeles. Si tu veux tout savoir, personnellement, j'ai 28 ans et je crois que je suis marié. Je vis à New York, mais j'ai un appart' à Silverlake, L.A. Et mon chien vit à L.A. ; donc je suis peut-être un peu plus souvent là-bas, même si je retourne souvent à New York... En fait, c’est à New York que tout se  passe, ce qui nous inspire forcément beaucoup plus. Los Angeles est devenue une ville terriblement chiante.

C'est quoi les Beastie Boys en studio? Un bordel monstre, une salle d'études?

Comme tout le reste: fun! Mais mesuré! Je me rends de plus en plus compte que nous avons beaucoup de chance de disposer d’un studio dans les collines d'Hollywood. Je veux qu'on en profite et surtout qu'on nous évite de courir partout à la recherche d’un autre à louer, là où tu dois respecter des horaires et tout et tout. En plus, tu en connais beaucoup des studios où tu peux également jouer au basket et pratiquer le skate? Dans le nôtre, on peut ! Au fait, tu sais qu'au milieu de tous tes papiers, là, t'as vraiment l'air d’un architecte emmêlé dans ses plans? Perso, si je n'avais pas fait de la musique, c'est un job que j’aurais voulu exercer, architecte. Tu me vois, occupé dessiner de superbes immeubles ? A Bruxelles, vous êtes gâtés, c'est une ville superbe, vraiment!

Vous avez désormais votre propre label ainsi que ce studio, et vous avez tout baptisé du nom de ‘Grand Royal’. Dans le but de lui attribuer de multiples significations?

Oui, oui! Grand Royal, c'est aussi un fanzine qui parle de tout ce à quoi nous nous intéressons. Et puis aussi de tout ce à quoi s'intéressent les gens qui nous entourent. Des rubriques fringues jusqu'aux critiques de disques. Nous expliquons par exemple quels disques il faut écouter, et ceux qu'il vaut mieux virer à la poubelle. On parle éventuellement de ceux qui ont une belle pochette, mais si le contenu est nul; tu penses, on n'hésite pas à le dire. Qu'est-ce qu'il y a d'autre dans ‘Grand Royal’? Ah oui, des articles de fond, de billets d'humeur, et même des recettes de cuisine !

Pieds nus, avec du velours!

Quand vous n'êtes pas derrière les fourneaux, vous vous battez toujours pour avoir le droit de faire la fête?

Pour faire la fête? On ne demande la permission à personne! Disons qu'on se battrait plutôt pour enregistrer des disques.

Au fait, qu’est-ce qu’une fête réussie chez les Beastie Boys?

Aaah (l'œil droit se transforme en clignoteur)! D'abord, une bonne sono, avec un système qui te rend bien les basses, tu vois. Quelque chose qui pulse. Après, un excellent DJ, qui t'envoie des disques sans blanc entre les morceaux. L'endroit aussi, c'est hyper important. Je rêve d'un truc à la japonaise, où on laisserait ses chaussures à l'entrée, comme dans les restos. A l'intérieur, rien que des décors doux pour l'œil, genre du velours ou quelque chose du style. Une ventilation efficace, c'est capital! En général, dans toutes les boîtes, ça déconne ou alors, il n'y en a pas. Et en sortant, tu pues la clope, c'est dégueulasse! Ce qu'il faut aussi, c'est une ‘chill out room’, tu vois, un endroit où la musique est plus cool où tu peux aller te relaxer. Voilà, quand t'as tout ça sous la main, la fête peut commencer…

La fête en question, c’était le 15 juin dernier, à la Luna, qu’elle s’est déroulée. Sold out! Assistés d'un Dj, d'un percussionniste et d'un claviériste, nos trois chérubins s'en sont donnés à cœur joie. Braillards à souhait, fous furieux derrière leurs instruments, l'heure et demie de Mike, MCA et Ad Rock a débouché sur un délire le plus complet. Leur rap hardcore incendiaire a fait valser le public par vagues entières, du frontstage jusqu'au bar. Et si les stagedivers sont restés étrangement calmes, on a assisté certainement à un des meilleurs concerts pour couvercles de casseroles entendu depuis bien longtemps. Peut-être juste un poil moins fort que le nouvel album sur lequel les plages s'enfilent sans temps mort; sur scène, des blancs, il y en a eu deux ou trois, à chaque fois que le trio passait de la formule ‘avec instruments’ à celle ‘juste les platines’. Le set aurait donc pu être encore plus dense. Rien que d'y penser, on frissonne! Mais pour bien faire piger au public qu'en fin de compte, les enquiquineurs, ce sont eux, ils ont quand même gardé "Fight For Your Right" pour une autre fois. Bande de petits salopiauds!

Article paru dans le n°25 de juillet 94 du Magazine Mofo