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Benjamin Clementine

Le monde étrange de Benjamin Clementine…

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Benjamin Clementine est un phénomène musical et visuel. Sa voix de ténor est souvent comparée à celle de Nina Simone.
Il explique la genèse de son nouvel opus sur la toile : ‘C'est l'histoire de deux mouches vagabondes qui cherchent un parc. Je ne suis ni un politicien ni un prophète. En revanche un artiste qui crée uniquement pour divertir est un escroc. J'espère que cet album va atteindre son objectif dans la lignée de « At Least For Now ». Merci pour votre gentillesse, votre patience et votre soutien sans faille’. Ce soir il est venu défendre son deuxième concept album, « I Tell A Fly », dans le cadre de sa ‘Wandering Tour’ ; mais dans un désordre déroutant. Une démarche artistique pas toujours facile à comprendre…

Il est 20h45 lorsque les lumières s’éteignent. Deux spots inondent d’une lumière bleue autant de grandes cibles ajourées et tournantes placées en fond de scène. Les cibles représentent la ‘Roue du Temps’. La scène s’éclaire par l’arrière. Trois silhouettes déambulent entre et autour de deux podiums sur lesquelles sont placées des mannequins blancs et nus. Il sont six au total, partagés entre un même nombre de femmes enceintes, d’enfants et d’hommes dont l’un, assis sur un siège haut, à l’écart, tourne le dos à l’auditoire. Sur l’estrade de gauche, on remarque la présence d’un ampli et d’une basse et sur celle de droite est installé un kit de batterie. Elles sont surélevées. On imaginerait aisément cette musique interprétée en ‘live’ par des personnages en costume, ayant presque l'impression en l'écoutant, qu'il manque un spectacle vivant à regarder. Mais le Londonien assume son originalité.

Déroutant, « Farewell Sonata » ouvre le set. Après l’intro au piano, on ne peut plus classique, la compo dérive en chœurs distordus, drumming enlevé et vocaux fédérateurs. En outre, des sonorités de clavecin, à la limite de la distorsion, finissent par s’inviter. Les trois silhouettes sont vêtues de salopettes de couleur bleue. Le bassiste et le drummer ont les pieds nus. Benjamin est chaussé de bottillons noirs. Pas de trace de piano sur scène. Ses sonorités sont reproduites par des samples. Ce soir, Benjamin va se concentrer sur son chant et sa chorégraphie. Mais il va énormément bouger sur les planches. Et être interactif. Ce qui est surprenant dans son chef.

On assiste alors à une forme d’opéra baroque, au cours duquel la voix particulière, mystérieuse, chaude et grave de Benjamin va se mêler à ses propres chœurs en falsetto. Un spectacle tout en ombres et lumières, abordé à la manière des premiers films muets de Chaplin ou de Buster Keaton, et sonorisé par les interventions de Clementine, aux ivoires et aux vocaux.

« God Save The Jungle » est enrichi de somptueux arrangements. La voix est empreinte de délicatesse. Des roadies ramènent un nouveau mannequin. Benjamin se promène assis sur une charpente métallique à roulettes. Cette chanson véhicule un message. Celui des réfugiés et des fantômes d’Alep. Clementine déclare que la ‘Jungle’, ce n’est pas Calais. Il parle du terrorisme, des métastases qui se propagent, du sentiment d’étrangeté face au monde qui prend de plus en plus de place en lui. Il a du vécu. Ce qui le transfigure et le transcende. Et il embraie alors par « Calaisfornia ». Clementine pousse sa voix à la limite de la rupture sur « Better Sorry Than A Safe », alors que les notes de clavecin et de piano sont toujours désaccordées. Le spectre de Freddy Mercury plane. Mais c’est la section rythmique qui tisse le fil rouge. Il enfile son long loden sombre avant d’aborder « Phantom Of Aleppoville ». Profonde, la voix devient inquiétante.

Pendant « One Awkward Fish », Benjamin prend le mannequin d’un enfant dans ses bras et le promène sur le podium. Il lui ôte un bras avant de le jeter dans la foule. Le berce, et in fine, fait mine de l’inhumer. Et il chante alors, en decrescendo, sans micro, jusqu’au dernier souffle. Mais son ultime vagissement provoque des éclats de rire dans l’auditoire…

Pendant le plus pop et sucré « Jupiter », Benjamin entoure un autre mannequin, que les roadies ont de nouveau apporté sur l’estrade, d’un immense drapeau américain. Le light show est rouge et chaleureux. Le Britannique s’autorise alors une pause de 10 minutes et plaisante avec le public.  

Lorsque Benjamin s’exprime dans un français approximatif, de nombreux spectateurs esquissent un sourire. Il ose cependant ! A travers des mots, des interjections ou des calembours, comme celui consacré à Marine ‘Lepine’. Pendant « Paris Cor Blimey » on décèle des emprunts au « Clair de Lune » de Debussy, mais ils s’intègrent merveilleusement dans un ensemble agrégeant les musiques baroques et symphoniques du XIXème siècle tout en suscitant des angoisses semblables à celle provoquées par films de vampires des années 20… 

Les roadies ramènent un autre mannequin d’enfant, un siège et une TV d’une autre époque, sur les planches, avant que ne débute « By The Ports Of Europe ». Benjamin s'assied sur la chaise devant la TV. Il élève la voix, soutenue par ces rituelles sonorités de claviers désaccordés, en incantations shamaniques dans un registre propre du castrat. Puis se redresse et sollicite la foule qui l’accompagne en chœur… comme si elle s’était transformée en chorale. Benjamin se tait et apprécie cet élan. Il semble ému. Et un tonnerre d’applaudissements conclut la chanson. « Quintessence » et « Ave Dreamer » baignent dans une forme de recueillement. Les trois artistes saluent l’auditoire et se retirent ; mais on est sûr qu’ils vont revenir sur les planches.  

Dans le noir, on devine l’installation d’un piano à queue. Même s’il a découvert une autre facette de Benjamin Clementine, votre serviteur attend impatiemment sa prestation en mode piano/voix. Sous les ovations de la fosse, il revient sur l’estrade torse et pieds nus, vêtu d’un pantalon large de couleur noire et de son éternel loden. Il s’installe derrière son instrument. Tous les mannequins ont été rassemblés autour du piano. Après « I Won't Complain », il enchaîne par « Condolence ». Dès les premières notes, c’est l’hystérie dans la foule. Clementine semble quelque peu déstabilisé. Avec humour, il l’invite à se lâcher (‘You Scream’). Une réaction qui va durer plus de cinq longues minutes. Mais quand le calme revient, on n’entend plus une mouche voler. Pendant le bouleversant « London », l’auditoire reprend à nouveau le refrain en chœur, et une seconde fois a cappella, simplement soutenu par les ivoires.

Deuxième encore pour Benjamin Clementine, dont la prestation va dépasser allègrement les 120 minutes. Deux jours plus tôt, à Bordeaux, le concert s’est limité à une heure… Le public réclame « Cornerstone ». L’artiste signale que faute de cordes, ce n’est pas possible et que le morceau suivant sera le dernier. Alors il se lance dans un titre inédit, « The Great Lafayette ». Le show terminé, il se lève et salue le public conquis qui lui accorde alors une énorme ovation.

(Organisation : Live Nation)

Benjamin Clementine

Une voix hypnotique, envoûtante même...

Écrit par

Benjamin Clementine est né en 1988, à Crystal Palace. Auteur/compositeur/interprète il est d’origine ghanéenne. A 22 ans, il émigre à Paris, et vit dans la rue, sans un sou en poche, où il se produit dans le métro. C’est là qu’il est repéré. Et que sa carrière commence. Et lorsqu’il retourne à Londres, c’est pour marquer les esprits, lors de l'émission diffusée par la BBC, ‘Later With Jools Holland’. Sur la scène britannique, il est depuis un peu considéré comme un extra-terrestre. A cause de sa voix et de son physique. Et puis de l’univers sonore énigmatique qu’il parvient à créer, en puisant aussi bien dans le blues, le jazz, la soul que la folk. Un peu dans la grande tradition de Randy Newman ou Gil Scott-Heron. Un univers qui reflète un itinéraire artistique difficile. Première consécration en 2015 : il reçoit une récompense aux 'Victoires de la Musique', dans la catégorie Révélation Scène.

Il n'y a pas de première partie. La salle déborde de monde. Un piano à queue est placé de biais à gauche. Sur la façade on remarque une inscription de couleur jaune 'Lov Rovic', laissant apparaître une rangée d'ivoires descendant vers le bas. En face, une batterie est disposée sur une estrade.

A 20h30, Benjamin et son fidèle drummer Alexis Bossart montent sur le podium. Ils sont pieds nus. De manière à ressentir parfaitement les vibrations de la musique. De grande taille, Clementine est vêtu d’un pantalon sombre et d’une gabardine bleue défraîchie. Il sourit, mais son regard perçant fige son visage effilé. De son siège haut, il domine la situation. Pas de Barbara Le Liepvre au violoncelle ni d' Emmanuel Sauvage aux claviers. Un seul spot blanc mais puissant est projeté depuis l’arrière-scène, pour mettre les musicos en exergue.

« Gone » ouvre le show. La voix de crooner de Clementine est hypnotique, envoûtante même. Lorsqu’une dame, depuis le balcon, clame plutôt à contretemps : ‘J'ai mes places assises’, des  'chut' fusent instantanément dans le public. Si Benjamin continue de jouer, il réagit au quart de tour, mais non sans humour : ‘Que dis-tu ? Je joue du piano et je chante. Merci’. Fou rire général dans l’auditoire. Le moindre ‘clic’ –même discret d’un appareil photo– est susceptible de le décontenancer. Tout au long de « Condoleance », ivoires et fûts sont en parfaite osmose, alors que la voix de Benjamin s’emballe. Ses mimiques amusent les premiers rangs. Il est à la fois détendu et concentré. Et entretient un climat intimiste et mystérieux. Sa capacité à franchir les octaves est impressionnante. On dirait qu’il a plusieurs voix. Ses doigts parcourent instinctivement les ivoires. Et le public écoute dans une forme de recueillement.

Il balance quelques mots en français : ‘Ca, c'est bordel ! Bonjour. On continue, ce n'est pas encore fini’. Sans le violoncelle, le mélancolique « The People And I » perd un peu de son charme. On oublierait presque de le signaler, mais Alexis est un fabuleux batteur. Lors des compos les plus puissantes, il affiche un punch impressionnant. Et lorsque Benjamin joue seul, il reste au pied de son estrade, comme s’il entrait en méditation.

Au bout de 60 minutes, Benjamin referme le couvercle sur les ivoires –sans se coincer les doigts– et retourne vers les loges, suivi d'Alexis.

Le public siffle, crie, applaudit. Et un long rappel sera accordé. Un encore au cours duquel Benjamin Clementine va nous réserver le très attendu « London », en sollicitant –enfin– la participation du public. A cet instant, la communion est totale. Et « Nemesis » clôt ce spectacle fascinant, au bout duquel les artistes seront longuement et chaleureusement applaudis.

(Organisation : Ancienne Belgique et Progress Booking)

 

Benjamin Clementine

At least for now

Écrit par

L’histoire de Benjamin Clementine est digne d’un scénario hollywoodien. C’est celle d’un beau gosse anglais, d'origine ghanéenne, qui, un jour, par dépit, a tout plaqué.

Il débarque de l'Eurostar à Paris, sans un sou. Son baluchon et sa guitare à la main, il connaît alors le froid, la faim, les problèmes de logement et le mépris du genre humain.

Afin de subsister à cette vie précaire, il va, pendant près de quatre ans, jouer dans le métro. Son répertoire sera essentiellement constitué de reprises de Jimi Hendrix, Bob Dylan, Leonard Cohen ou Nina Simone…

Et puis, un soir, sur la ligne 2, Clementine est repéré par un producteur, Aysam Rahania. Ce dernier voit en lui un bel homme élancé au visage carré, ainsi qu’un timbre de voix qui lui glace le sang… Il présente alors ce jeune prodige à un ami, Matthieu Gazier (Ekler'o'shock). Son histoire commence tout simplement à prendre une autre issue, dès cet instant.

En juin 2013, il signe sur le label Behind, un Ep de 3 titres.

Après un passage dans l’émission de Jools Holland, sur la chaîne BBC2, où il était invité aux côtés des Arctic Monkeys et de Paul McCartney, la magie Internet opère. Les réseaux sociaux s’enflamment. Le résultat est immédiat. « Cornerstone », première chanson écrite après une dispute avec sa petite amie, devient le titre le plus écouté sur la plateforme musicale ‘Spotify’ et ce durant quelques jours.

La presse et le public sont unanimement touchés par le lyrisme et la prestance de ce jeune garçon.

« At least for now », premier opus, est plus que prometteur. A la limite du conceptuel même ! Dès lors, très difficile à cataloguer. La musique est hybride et se situe entre jazz, blues, soul et folk.

Les onze titres s’écoutent d’une traite et oscillent, avec une même régularité, entre l’équilibre doux du piano et de la voix, sans jamais le transgresser.

Chaque note résonne comme une évidence ! Son timbre puissant et charismatique métastase l’âme. La voix gorgée et le phrasé du gaillard transcendent. Les frissons envahissent mon corps lorsque ses doigts martèlent les touches de son instrument, parfois de manière hésitante, tel un funambule sur le fil.

De toute évidence, cet artiste fait bien plus que de jouer de la musique ! C’est véritablement un accumulateur d’émotions ! La manière dont il s’implique dans ses chansons, y compris physiquement d’ailleurs, bouleverse !

Ses écrits viennent du cœur! Ils mettent à vif des sentiments exacerbés! Les blessures, les relations familiales ou encore amoureuses y sont dépeintes. Il y parle de la vie : la sienne.

Une mise en garde quand même : j’espère que pour le prochain album, il aura l’intelligence de contourner les préceptes commerciaux contemporains visant à servir la même sauce plusieurs fois de suite, afin de ne pas s’enliser alors dans un exercice qui deviendrait en conséquence trop facile et fatal pour lui.

Bref, qu’on l’aime ou pas, ce bonhomme ne laisse pas indifférent ! Certains verraient en lui une réincarnation de Nina Simone. Tout est dit !