Pour Bodega, tout est à l’intérieur de l’aquarium

Prévu le 9 octobre chez Chrysalis Records, « All Inside Aquarium » marque un changement de cap pour BODEGA. Après trois opus nourris par l’héritage post-punk de Talking Heads, Sonic Youth ou des B-52s, le quintette new-yorkais privilégie un rock plus…

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Bill Callahan

Le miroir de Bill Callahan…

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Pour enregistrer son nouvel opus, « YTI⅃AƎЯ », Bill Callahan a reçu le concours de son fidèle collaborateur Matt Kinsey à la guitare, Emmett Kelly à la basse et aux chœurs, Sarah Ann Phillips au piano et aux chœurs, ainsi que Jim White à la batterie.

Bill a déclaré, à ce sujet : ‘Je voulais faire un disque qui aborde ou reflète le climat actuel. J'avais l'impression qu'il était nécessaire de réveiller les gens - réveiller leur amour, leur gentillesse, leur colère, réveiller n'importe quoi en eux. Faire fonctionner leurs sens à nouveau. Je suppose qu'il y avait déjà beaucoup de colère ! Mais nous avions besoin d'une meilleure colère. Pour sortir de cet état hypnagogique. La rage hypnagogique. Une rage dissociée qui détruit la communauté et ne laisse que l'individu se dévorer lui-même au lieu de nourrir les autres. Nous sommes nés pour nourrir les autres. Nous avons le lait, les seins. Nous avons le langage, les langues. Nous avons la musique, les oreilles. Tout ça pour nourrir... À l'époque, j'avais l'impression que nous sortions de quelque chose, que nous nous en libérions. J'ai donc imaginé des chansons qu'il serait logique de présenter à un public à ce moment crucial, celui où l'on s'aventure, où tout peut basculer. Une réintroduction aux bases de la vie. De l'interaction humaine. Face à face. Une nouvelle vision claire. Une nouvelle voie. Qui n'est probablement qu'une ancienne voie que nous avons abandonnée quelque part en nous retirant dans notre existence gangrénée par les écrans et aveugle. Parfois, on oublie les choses les plus fondamentales. Les plus grandes choses ! Et il suffit d'un petit coup de pouce pour remettre votre tête sur les rails. Je voulais des sons et des mots qui vous fassent ressentir quelque chose et qui vous soulèvent. Mais d'abord, j'avais besoin de créer des liens, de faire le vide…’

« YTI⅃AƎЯ » paraîtra ce 14 octobre.

https://www.dragcity.com/artists/bill-callahan

 

Bill Callahan

Sometimes I Wish We Were An Eagle

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Que ce soit sous le patronyme de Smog, (Smog) ou son propre nom, la musique proposée par le chanteur/compositeur Bill Callahan est mélancolique. Portée par sa voix caverneuse et empreinte d’émotion, elle est reconnaissable entre mille. Certains n’ont d’ailleurs pas hésité à tracer un parallèle entre son style et celui de Leonard Cohen. A cause du baryton profond des deux artistes, bien sûr. Mais l’univers sonore de Bill Callahan est bien personnel et en constante évolution. Une mue qu’il a entamée en 2000 sur « Dongs of Sevotion » et continue à opérer lentement, album après album.

Plus classique et classieux que son étonnamment enjoué et instrumenté prédécesseur « Woke On A Whaleheart », « Sometimes I Wish We Were An Eagle » est probablement l’aboutissement de ce que cet artiste a pu concocter à ce jour. Sa musique est de moins en moins expérimentale et donc fatalement de plus en plus accessible. En outre, la production de ce disque est particulièrement raffinée. Résultat des courses : Bill devrait encore élargir son audience. Les structures sont toujours aussi simples ; mais le Texan d’adoption délaisse quelque peu la répétition systématique caractéristique de ses œuvres précédentes. A la croisée des chemins balisés par Lou Reed, Johnny Cash, Bonnie ‘Prince’ Billy et Lambchop, Bill Callahan place la barre relativement haut ! En crooner folk par excellence… Deux grandes chansons se détachent cependant de l’ensemble. Tout d’abord la belle et mélodieuse « The Wind And The Doves ». Ensuite « Too Many Birds », caractérisée par son (trop) plein d’émotion. L’instrumentation dépouillée se concentre surtout sur la caisse claire, la guitare acoustique, les violons et le piano ; même si la voix reste maîtresse de l’ensemble. Bill Callahan n’a d’ailleurs jamais aussi bien chanté ! Sa lente mais marquante mutation est-elle due à sa rencontre avec Joanna Newsom ?

Parvenant à conjuguer la sensibilité dispensée sur ses œuvres précédentes et la limpidité mélodique de ses toutes dernières, il atteint ici une maturité susceptible de le propulser dans la galaxie des grands songwriters américains. A plus de 40 ans, Bill Callahan a probablement atteint un équilibre idéal dans son écriture ; une situation qui devrait augurer de nouvelles petites merveilles…