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Brad Vickers

That's what they say

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Brad Vickers nous vient de Long Island, sur la côte Est, non loin de New York. Il y drive ses Vestapolitans. C’est-à-dire une section rythmique constituée du batteur Bill Rankin et de la bassiste Margey Peters. "That's what they say" constitue son cinquième elpee. Il fait suite à "Le Blues Hot", paru en 2008, "Stuck with the blues", en 2010, "Travelling blues", en 2011 et "Great day in the morning", en 2013. La musique creuse au sein des racines, qu’elles soient blues, folk ou ragtime ; mais elles sont teintées d’une bonne dose de rock'n'roll. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Fat Rabbit. Etabli à Montclair, dans le New Jersey, il appartient au guitariste Dave Fross.

L’opus s’ouvre par deux traditionnels issu des années 30, au cours desquels Brad se sert du bottleneck. Tout d’abord "Seminole blues", un blues composé par Tampa Red, en 1937. Puis la cover du "Don't you love your daddy no more?" de Leadbelly. Accrocheuse, la version baigne dans un jazz d’époque. Dave Gross s’y consacre à la mandoline, Matt Cowan au sax baryton et surtout Jim Davis à la clarinette. En général, le reste du tracklisting est partagé entre la plume de Vickers et de Miss Peters. Souligné par les violons de Charles Burnham et de Margey Peters, le ragtime blues "If you leave me now" est imprimé sur un tempo enlevé. Burnham est toujours à l’archet pour un autre traditionnel, "Everything about you is blue". Soutenu par le concours de deux saxophones ténor, et repris en cœur par Brad et Margey,  "Another lonesome road" consomme une légère dose de rock'n'roll. "That's what they say" opère un retour au blues basique, dépouillé. Folklorique, "Mountain sparrow" est une invitation à la danse. Gross double banjo et mandoline alors que Margey se consacre au violon. "Fightin'" est interprété presque a capella. Seuls quelques claquements de mains et de modestes percussions épaulent les voix de Brad, Margey, Dave Gross et de Mikey Junior, invité pour la circonstance, tout au long de ce morceau qu’on pourrait comparer à une work song, voire à un gospel dépouillé. Excellent ! Séduisant, "Don't you change a thing" est sculpté dans un country/rock'n'roll. Le rythme s’est envolé. La voix de Brad passe bien la rampe face au violon de Miss Peters. Bref intermède, "Wishing well" est un prétexte à la danse populaire. Margey chante "Mama's cookin'", un country/boogie balisé par les saxophones de Cowan et Davis. "21st Century Rag" revient aux racines, un ragtime dominé par les interventions enchanteresses de deux violons et chanté en duo par Brad et Margey. Vickers ne boude pas le rock'n'roll ; et tout particulièrement l’originel. A l’instar de "The Secret", une plage au cours de laquelle s’illustrent les saxophonistes ainsi que les ivoires de Dave Gross. "Having a ball" est probablement la meilleure compo de l’opus. Un swing rockin' blues léger, mais terriblement efficace. Profitant de la solide ligne de basse, les cordes électriques de Dave Gross peuvent enfin décoller. Et le titre final est également très réussi. Sobre, simple et élégant, il met en exergue trois voix féminines, celles de Margey Peters, Christine Santelli et Gina Sicilia, sur un lit de cordes naturelles, dispensées par la mandoline et une gratte sur laquelle glisse un bottleneck…

 

Brad Vickers

Great day in the morning

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Brad Vickers est issu de Long Island, près de New York. Ce bluesman a baptisé son backing group –drôle d’idée !–Vestapolitans ; encore que le patronyme pourrait émaner d’un tuning de guitare imaginé à Sébastopol ! A ce jour, il avait publié trois albums personnels ; et le dernier, "Travellin four", était paru en 2011. Très blues, il s’inspirait de mythes du style comme Tampa Red, Leroy Carr ou J.B Lenoir. Pour enregistrer ce nouvel opus, Brad a voulu explorer un autre filon, plonger plus loin dans le passé, au cœur des roots tout particulièrement, en se frottant au ragtime et au skiffle. Margy Peters à la basse, Bill Rankin aux drums et VD King au banjo constituent ses Vestapolitans. Lors des sessions, il a reçu le concours de quelques invités.

Brad chante son "Little gem" sur un tempo enlevé, proche du rock'n'roll. Il est soutenu par Jim Davis et Matt Cowan aux saxophones, Dave Gross à la basse (NDR : c’est également ce jeune producteur qui se charge de la mise en forme de l’elpee) et Margey Peters aux backing vocaux ainsi qu’au violon. Dynamique, "Train goin' Westward bound" baigne dans une atmosphère rétro. Les cuivres sont toujours présents. Epaulé par les interventions d’une mandoline et d’un banjo, Brad a opté pour le bottleneck. Caractérisé par la présence des violons de Margey et de Charles Burnham, "Saving string rag" trempe dans le pur ragtime. Blues champêtre et acoustique, "Sit down and walk" est une compo fort bien ficelée. Pour la circonstance, Brad est uniquement secondé par sa section rythmique. Le violon de Burnham nous entraîne au sein d’un climat western swing, tout au long de l’entraînant, et même dansant "Great day in the morning". Margey se réserve les vocaux sur "Saturday blues". Cool, l’ambiance rappelle les vieilles demeures du Mississippi. Vivifiantes, les percus de Rankin adoptent un rythme soutenu, comparable à celui du chemin de fer sur "Chapter and verse". Retour au blues, sur "It's a good life", une plage rythmée, tout en swing, alimentée par les ivoires et les saxophones. Deux reprises sur ce long playing. Tout d’abord "Frisco town", un titre signé Memphis Minnie. L’atmosphère est bien rendue, grâce au violon de Miss Peters. "Anna Lou blues" ensuite. Le recours au bootleneck est particulièrement subtil, tout au long de cette piste issue de la plume de Tampa Red. Brad est rejoint par les chœurs de deux vocalistes notoires sur la côte Est des States, Christine Santelli et Gina Sicilia, sur "The way it's got to be", un blues très rythmé, dansant, souligné par les interventions des deux saxophones. Baum est passé à l'orgue Hammond, lorsque Christine et Gina chantent en gospel, l’excellent "Together for good". Morceau traditionnel, "Dallas blues" clôt le long playing. Une piste proche du séculaire Dixieland, interprétée tout en décontraction, dans l’esprit de ce style jazz de la première époque, plage au cours de laquelle violons, mandoline et clarinette sont à la fête…