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Candye Kane

Coming out swingin’

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Cette Californienne est très populaire en Europe et tout particulièrement en Belgique où elle s'est régulièrement produite. Chanteuse de blues, elle est également une activiste féministe. Au cours des dernières années, elle a rencontré de solides problèmes de santé et a été opérée, semble-t-il, avec succès d’un cancer du pancréas, en 2012. Elle est aujourd’hui âgée de 47 ans. Suite à cette intervention chirurgicale, elle a perdu énormément de poids. Faut dire qu’autrefois, elle affichait des formes très généreuses. Et cette métamorphose physique lui sied plutôt bien. Elle a toujours cherché à se produire en compagnie d’instrumentistes talentueux. A ses débuts, elle a ainsi pu compter sur le concours de la pianiste Polly Palmer. Une concitoyenne, puisqu’elles sont toutes deux originaires de San Diego. Elle a d’ailleurs participé aux sessions de cet opus. Et depuis quelques années, elle est soutenue par la jeune guitariste Laura Chavez.

Cet opus est judicieusement baptisé "Coming out swingin'". L’elpee s’ouvre par le titre maître, du pur jump à la sauce rétro swing. Et le "Rock me to sleep" de Benny Carter embraie dans le même style. Entraînant et nerveux, "I'm the reason why you drink" trempe dans l’authentique blues rock west coast. Les interventions des musicos sont excellentes. Tant l’harmonica de Billy Watson que la guitare de Laura. Celle-ci a bien assimilé la technique de ses maîtres, dont Jr Watson et Kid Ramos. Magique ! Orgue et cuivres dominent "When tomorrow comes", un R&B dansant. Du northern soul ! Au micro, Candye ne se débrouille pas trop mal, même si parfois on a l’impression quelle force sa voix. Encore un titre dansant : "Rise up!" Miss Chavez est intenable tout au long de ce Memphis R&B limpide. Dommage ce chant affecté. Blues lent, "Invisible woman" est caractérisé par une superbe sortie de Lara, digne des meilleurs contemporains du style. Parfait ! "You ain't all that" effectue un retour au west coast jump. Imprimé sur le rythme du cheval au galop, "I wanted to walk" est un morceau que j’apprécie tout particulièrement. Nous sommes transportés sur les pistes du Far West. Subtilement réverbérée, la guitare adopte des accents surf. La présence d’un harmonica accentue cette empreinte filmique. "Darling baby" est issu de la plume du trio magique de la Tamla Motown, Holland–Dozier–Holland. Un blues passionné évoluant sur un tempo indolent, au cours duquel le saxophone baryton de Johnny Viau crache littéralement des flammes. Plus surprenant, "Barbed wire mouth" suinte de roadhouse blues texan. Laura emprunte rigoureusement ses riffs à Jimmie Vaughan, alors que Candye opte pour un timbre de fillette un peu fausset. Ballade R&B lente, "What can love do" est une composition écrite par le brillant souffleur Rick Estrin. Lady Kane chante impeccablement cette plage dont le style Memphis est bien rappelé par les interventions d’orgue Hammond. Nouveau changement de répertoire, puisqu’"Au Revoir y'all" nous entraîne vers la Nouvelle Orléans. Les mots sont exprimés dans un assemblage de français et d’anglais. Sue Palmer brille aux ivoires. Percussions et cuivres tapissent, en arrière-plan, le décor sonore. Et Candye ne pouvait clore les débats, sans revenir au jump boogie. Elle a donc choisi pour cette finale, le "Marijuana boogie" du regretté Chicano, Lalo Guerrero. La cover est interprétée dans la langue de Cervantès. La guitare est prise d’accès de folie alors que le piano de Sue Palmer entre en effervescence.  

 

Candye Kane

Sister Vagabond

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Cette chanteuse californienne véhicule une image très caractéristique, depuis de nombreuses années. A cause de sa corpulence et de ses formes opulentes. Bien qu’âgée seulement de 45 ans, sa carrière est déjà bien conséquente. Elle compte ainsi une douzaine d’albums à son actif. Et son premier opus officiel, "Home Cookin" remonte d’ailleurs à 1994. A cette époque elle n’avait pas encore fêté ses 30 balais. Et était encore mariée au bassiste des Paladins, Thomas Yearsley. Atteinte d’un cancer du pancréas, elle a été opérée avec succès.

Pour enregistrer cet elpee, elle a reçu le concours de son backing band, formation au sein de laquelle figure, au premier rang, la jeune sixcordiste Laura Chavez. Mais également une ribambelle d’invités. Candye excelle dans l’écriture ; mais 9 titres de son opus sont cosignés par sa guitariste.

Le long playing s’ouvre par "I love to love you", une compo imprimée sur un mid tempo. Le premier cri d’amour de Candy est particulièrement convainquant. Son chant est serré de très près par les cordes de Laura. Plage trempée dans le soul/blues, "Love insurance " recommande la souscription d'assurances pour les cœurs brisés. "Sweet nothin’s" est un des sommets de l’œuvre. Une ballade indolente que Brenda Lee a interprétée dans le passé. Un blues caractérisé par la voix autoritaire voire agressive de Lee. Miss Chavez est impériale sur ses cordes. Elle n’en rajoute jamais une couche et ne dispense que les notes nécessaires. L'intro de "Walkin', talkin' haunted house" évoque le Chicago Westside. Tout au long de cette ballade, nous ne sommes pas loin du climat entretenu, à son époque, par Otis Rush. Nous sommes invités à visiter une maison hantée, atmosphère alimentée par les percus de Stephen Hodges. "You never cross my mind" marque enfin le retour au west coast jump. Assurée par Paul Fasulo et Kennan Shaw, la section rythmique déborde de swing. L’ex-partenaire de Miss Kane, Sue Palmer, siège derrière le piano. Shuffle passionné mais réaliste, "Everybody's gonna love somebody tonight" bénéficie de la participation amicale de James Harman à l'harmonica. J'apprécie tout particulièrement "You can"t take it back from her". A cause de la structure de la compo, sise à mi parcours entre le Chicago Westside et les swamps louisianais. La gratte réverbérée de Laura et la basse acoustique de Thomas Yearsley nourrissent cette ambiance. Epaulée par les chœurs délicieusement surannés des sœurs Boswell, Candye chante encore "You can't hurt me anymore". Les interventions de Laura sur son manche, sont véritablement magiques. Balayé par les accordéons d'Eddie Baytos et de Matt Hensley, "Have a nice day" nous entraîne du côté de la frontière mexicaine, près de San Diego. Nathan James se réserve la sèche sur la ballade ténébreuse "Down with the blues". "I deserve love" clôt l’elpee. L’harmo de Billy Watson nous emporte sur les pistes du Far West, tout au long de cette curieuse chanson au format country gospel. La collaboration entre Laura et Candye est une véritable réussite !

   

Candye Kane

Superhero

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L'année 2008 a été l'année de toutes les émotions pour Candye Kane. Et pour cause, au même moment où elle était nominée comme ‘Best Blues Contemporary Female’, autrement dit comme ‘meilleure chanteuse de blues contemporaine’, elle menait un combat contre la maladie ; et pas n’importe quelle affection, puisqu’elle était atteinte d’un cancer du pancréas. Originaire d’East Los Angeles, elle est devenue mère de famille très jeune. Au cours des années 80. Elle s’est tout d’abord immergée dans l’univers du punk rock, avant de s’intéresser au hillbilly et au blues. Ce qui lui a permis de côtoyer un éventail d’artistes particulièrement ample. Depuis X à Dave Alvin, en passant par les Blasters, Dwight Yoakum et Los Lobos. Elle a fréquenté, indifféremment, l’univers de la pornographie, les hippies ou les mouvements féministes… Face à cette nouvelle épreuve, Candye a dû se battre. Tout d’abord, à l’instar de nombreux citoyens outre-Atlantique, elle ne disposait pas d'assurance médicale. Elle a cependant reçu une aide financière providentielle de son entourage. Opérée en avril 2008, la faculté l’a déclarée guérie de son cancer! Elle a écrit la chanson "Superhero" alors qu’elle avait le moral au plus bas. C’est devenu le titre de son dixième album…

Candye a toujours apprécié la compagnie de musiciennes. Très longtemps, elle a ainsi été soutenue par sa concitoyenne de San Diego, la pianiste Sue Palmer. Aujourd’hui, elle est épaulée par Laura Chavez (NDR : elle a milité chez le Lara Price Band), une jeune guitariste de 28 ans. Après avoir édité ses trois derniers albums chez le label allemand Ruf, elle vient de signer pour l’écurie blues la plus branchée : Delta Groove!

Miss Candye est donc devenue héroïne de ‘cartoon’ ; mais pas de panique, elle possède toujours cette voix de shouter. Heureuse d'être encore parmi nous, elle nous fait partager sa joie sans réserve. Ce "Superhero" ouvre l’opus. Un bon résumé de la suite des événements. L’équipe est très soudée pour entourer la diva : la frêle Lara ainsi que son grand ami, Dave Gonzales (NDR : remember les Paladins!) aux cordes, Paul Loranger et Evan Caleb à la section rythmique et le bon vieux Jonny Viau au saxophone. Le quartet de base libère énormément de swing. "Hey! Toughmen" en est une belle illustration. Cette solide interpellation est destinée aux hommes de l'assistance. Imprimé sur un mid tempo, "I put a hex on you" est bercé d’accents exotiques. Une compo qui me fait furieusement penser à Otis Rush. A cause des tonalités réverbérées de la guitare et des changements de rythme. Miss Chavez est une nouvelle fois brillante aux cordes face à l'orgue Hammond de Greg Rutledge. Candye nous confesse ses travers sur "I'm a bad bad girl", un autre blues mid tempo. Et concède une déclaration inattendue, dans un climat jazz quasi manouche : "Ik hou van je". Heureux Flamands!! Elle reprend deux compositions de Jack Tempchin, dont l’excellent "Who's been sleeping in my bed?", une version au cours de laquelle Laura est intenable. Et puis du swinguant "I like 'em stacked like that". Invité, Mitch Kashmar partage le chant, tandis que Kid Ramos et Laura rivalisent de virtuosité. Mitch se réserve l’harmonica et Kid les cordes tout au long de "Till you go toofar". Candye avait déjà interprété "Whole lotta love" sur l'album du même nom. Ici elle nous restitue une adaptation séduisante d’une compo quasi-identique, le "You need love" de Willie Dixon. Miss Kane est aussi capable de rocker comme une diablesse. A l’instar de "You can't stop me from loving you" et du cinglant "Throw it in the trash can love". Apaisée, elle termine cet opus par "I'm gonna be just fine". A cappella ! Un excellent album!

 

Candye Kane

Guitar'd and feathered

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L'affriolante chanteuse californienne nous propose son huitième album. Elle aime les plumes. Et le démontre sur la pochette de l’elpee. La guitare aussi. Ce qui explique pourquoi la diva a reçu le concours d’une bien belle brochette de gratteurs. Candice Louise Kane parvient, en outre, a bien mettre sa voix en évidence dans un univers sonore éclectique, au sein duquel styles et d'atmosphères oscillent entre blues, soul, ballades et rock'n'roll! 

L’opus s’ouvre par la cover du "My country man" de Big Maybelle. Une version jump qui bénéficie du concours du maître incontesté du style : Mr Junior Watson. Pour la circonstance, il retrouve son ancien compagnon des Mighty Flyers, Bill Stuve. Et sa contrebasse fait mouche. Dave Alvin est venu apporter son concours à "Back to my old friends". Il y a 25 ans qu’elle connaît le natif de Californie ; avant même que notre activiste féminine ne se mette à chanter. Le charismatique leader des Blasters se réserve la steel guitare et rejoint la slide de Bob Margolin. Cette conjugaison de cordes exhale un savant parfum. Miss Kane à la pêche ! Elle poursuit par "When I put the blues on you", un blues rocker très musclé entretenu par les cordes électriques de Margolin et de la frêle rouquine Sue Foley. La pureté de la voix sied à merveille à "I'm not gonna cry today", une douceur manouche au cours de laquelle Jeff Ross se mue délicatement en Django. Et l’exercice est brillant ! Le "Idone gone over it" de Guitar Slim adopte un profil Chicago blues. Sue Foley est de retour. Et Billy Watson à l'harmonica, également. Malgré la présence d’un éventail impressionnant d'invités, la formation de base a quand même son mot à dire. Elle implique Bill Stuve, dont nous avions déjà parlé, son fils Evan Caleb à la batterie et Heine Andersen à la guitare. Candye chante "Goodbye my heart", une ballade soul signée Caleb. Sa voix est convaincante. Cette plage est caractérisée par la présence de son autre fils, Tommy Yearsley II, à l'orgue Hammond. "I'm my own worst enemy (dedicated to my friends and adversaries on the Blues list)" ne me botte pas trop. A cause de son style Tamla Motown entretenues de chœurs spécifiquement féminins. Le swing marque son retour lors du léger et pétillant "Fine brown frame". Kid Ramos s’y réserve les cordes acoustiques. Quelques mois plus tôt, Candye était encore en tournée européenne. Lors de ce périple, elle en avait profité pour s’enfermer dans un studio d'Amsterdam, en compagnie de la mignonne guitariste slave, Ana Popovic, pour y enregistrer "I'm lucky". Le style est très Popovic. Son solo est parfaitement ciselé et subtilement travaillé. Bob Margolin est producteur. Cet ancien membre du Muddy Waters Band a accompli de l’excellente besogne sur cet elpee. Il est parvenu à mêler subtilement les différents styles, alternant le plus souvent les plages électriques et acoustiques. A propos de cordes non amplifiées "Jesus and Mohammed" est un véritable régal. Bob Brozman et Jack Tempchin s’y révèlent de brillants instrumentistes. Ce dernier avait, notamment, bossé pour les Eagles. Avec bonheur ! Quel plaisir de retrouver sa partenaire des premières années ; en l’occurrence la pianiste Sue Palmer. Elle nous réserve son style boogie woogie tout au long de "Club of the foolish hearts". La nostalgie et une pointe de tristesse dans la voix, Kane chante encore le tendre "We're long ago and far away", une plage caressée par les accords empreints de douceur de la basse acoustique de Stuve et traversée par les cordes inspirées de Margolin. Cet excellent album s’achève par "Crazy little thing". Un rock'n'roll trépidant réminiscent des des fifties. Pour la circonstance, un guitariste de poids soutient la charmante Candye : Sir Popa Chuby…

Candye Kane

White trash girl

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Pour ce nouvel album, la pulpeuse et sulfureuse californienne Candye semble avoir décidé de renouer avec le Texas. L’émotion l’étreint lorsqu’elle se souvient de Clifford Antone. De celui qui lui a offert sa première chance d'enregistrer un album. Elle est donc retournée à Austin pour mettre en boîte son septième elpee. Sous la houlette de Mark "Kaz" Kazanoff.
 
L'opus s’ouvre par le titre maître ; une plage à l’introduction fort inspirée par John Lee Hooker. Naturellement, Miss Kane chante autoritairement devant l'harmonica de Gary Primich et la guitare de Jeff Ross. "Estrogen bomb" poursuit sur un bon tempo. Un shuffle marqué par la puissance rythmique du redoutable Preston Shannon à la basse et de Damien Llanes à la batterie. Brillant, Johnny Moeller prend son pied à la guitare. Il tire nerveusement voire rageusement sur ses cordes, tandis que Candye chante ici à son meilleur niveau. Ballade un tantinet soul et définitivement pop, "What happened to the girl" accroche par son refrain. Pourquoi pas? Tommy Yearsley Jr (NDR : un de ses fils !) co-signe ce fragment au cours duquel David Grissom se réserve la guitare. Conservant ce ton bon enfant et toujours très pop, elle reprend "(What a day for a) daydream", un tube des sixties signé John Sebastian (NDR : à l’époque, il sévissait chez le Lovin' Spoonful). L'introduction à la guitare évoque BB King. Riley Osbourn siège derrière l'orgue. L'ensemble possède à la fois charme et panache. Elle revient alors au jump cuivré, un style favori qu’elle applique au "Big fat mamas are back in style" de Bull Moose Jackson. Les Texas Horns épaulent Kaz, Gary Slechts, John Mills et Randy Zimmerman. Le ton se durcit lors du rockin' R&B "Queen of the wrecking ball". Elle chante d'une voix puissante, sans concession. L'accompagnement évolue dans un registre rock très amplifié. Impliquant clarinettes et piano acoustique, "Misunderstood" trempe au sein d’un climat de vieux jazz traditionnel. Swing blues vivifiant, "I wanna do more" est une autre signature de Leiber et Stoller, une plage caractérisée par une sortie remarquée de Gary Primich. "It must be love" constitue certainement une des meilleures plages de l’opus. Au sein de cet ensemble bien huilé, Jeff Ross s’autorise une superbe envolée de cordes sculptée dans le west Coast jump. "Work what you got" évolue sur un rock'n'roll au tempo élevé. Riley s’y excite sur les 88 touches en ivoire de son piano. Après le calme reposant de "I could fall for you", Candye nous embarque pour la Nouvelle Orléans. Son "Mistress Carmen" est balayé par le piano roulant d'Osbourn. La guitare de Ross s'évade tout en épousant parfaitement le rythme, avant de céder le relais au sax ténor de Kaz. Excellent! Riley est lâché. Il emmène les autres dans le boogie woogie pour un "Masturbation blues" de toute bonne facture. Lady Kane est ravie et s'en gargarise de plaisir. Cet elpee s’achève sur un ton gospel par "Let there be pease on earth". Ce « White trash girl » ne constitue sans doute pas la meilleure oeuvre de l'extravagante Candye, mais elle évolue à un bon niveau.

Candye Kane

Whole lotta love

Écrit par

Originaire de l'est de Los Angeles, la sulfureuse Candye est devenue chanteuse et même compositrice, contre vents et marées. Il est vrai que le récit de sa vie est une source intarissable d'anecdotes croustillantes. Autrefois paumée, strip-teaseuse et actrice porno dans ses mauvais jours, activiste féminine, provocatrice le reste du temps, cette fille est parvenue à se forger une place dans le giron du blues contemporain. A force de travail. Mais aussi de talent et de persuasion. Selon la légende, cette mère célibataire continue à vendre des produits Tupperware. Notre diva est particulièrement populaire à San Diego. Pourtant, ses trois premiers albums ont été enregistrés chez les Texans d'Antone's. "Home cookin" en 94, "Knock out" en 95 et "Diva la Grande" en 96. Il faudra cependant attendre 99 pour voir sortir "Swango". Sur Sire. En 2000, elle signe chez Rounder pour y commettre "The toughest girl alive". Elle s'est souvent produite chez nous. Chaque fois (ou presque !) en compagnie d'un nouveau backing band. Et je dois avouer qu'elle a rarement déçu. Impossible d'échapper à la magnifique photo qui illustre la pochette de cet elpee. Candye y apparaît plus voluptueuse et séductrice que jamais. Pour la confection de cet opus, Thomas Ruf lui a permis de s'entourer d'une sacrée brochette de musiciens.

Elle entame ce nouveau CD, les cordes vocales en transe. Elle aime les mettre en exergue, et ça se sent! "Something's got a hold on me" est mené tambour battant. Le chant est assez gospel. La première intervention de cordes est très réussie. Faut dire que pour la circonstance, elle est secondée par Jeff Ross et Kyle Jester. Son adaptation du "Wrap around joy" de Carole King bénéficie d'un excellent arrangement. Un morceau de soul R&B très funky enrichi par l'orgue Hammond et les cuivres. Signé Wild Child Butler, "Put it all in there" est un shuffle comme on les adore. Tous les musiciens sont bien soudés. La section rythmique assure, pendant que R.J Mischo se démène, comme un beau diable, à l'harmonica. Issu de la plume de Billy Valentine, "Fit, fat and fine" nous ramène dans l'ambiance de la fin des années 40. Ce fragment libère beaucoup de swing, de rythme. Le chant est caractérisé par un échange entre Candye et Kyle Jester. Au cours de ce duo, Brandon Fields prend un solide solo de sax et Kyle se réserve une superbe sortie dans le style West Coast jump. Assez rocker, "A lion in my house" est un blues très rythmé. Le chant de Candye est furieux. Mais il me semble reconnaître l'ami Charlie Musselwhite qui pointe le bout du nez. La cover du "What's that I smell?" de Big Bill Broonzy constitue le moment le plus roots de l'opus. Elle met en exergue un duo vocal échangé avec ce bon vieux Charlie qui tient aussi la guitare acoustique. Candye s'attaque alors au canon de Willie Dixon, "Whole lotta love". Elle emprunte cependant les arrangements du Led Zeppelin. Ce qui n'est guère étonnant, car elle jouait ce titre live depuis pas mal de temps. Elle accomplit ici le rôle de Robert Plant. Ce qui n'est pas davantage surprenant lorsqu'on connaît son registre vocal. Et la guitare est aussi d'un bon niveau. Ce qui ne gâter rien. Des violons sirupeux introduisent "When the hangover strikes", une ballade enivrante très fin de soirée, qu'elle interprète à la manière d'une crooneuse. Pourtant, je la préfère lorsqu'elle déménage. C'est une certitude. A cause du volume de son registre vocal et de sa prestance. Alors, nous ne sommes jamais déçus. Sa puissance, sa hargne sont inégalables. A l'instar du rock'n'roll furieux "I'm just a sucker who believes in love". Un morceau qu'elle a composé. C'est bien dans ce registre qu'elle est la meilleure. Elle remet le couvert pour "27 times", au rythme plus relaxant. Mené à la manière de Jimmy Reed, cette compo se termine en swing. Mais est-ce donc Larry Taylor qui se réserve la basse acoustique et R.J Mischo l'harmonica? Cet excellent album se termine dans une atmosphère très barrelhouse, honky tonk. Le duo échangé avec le piano (NDR : est-ce celui du Reverend Billy C. Wirtz ?) est tout à fait excellent. Dommage que les notes de pochette soient si avares d'informations. Un album très excitant pour la très excitante Candye!