Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

logo_musiczine

Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (8 Items)

Cat Power

Jésus, Bouddha, Marie-Madeleine, Biko, Dylan et les autres…

Écrit par

Cat Power a adapté le concert mythique accordé par Bob Dylan, à Londres, en 1966, sur un album intitulé "Cat Power Sings Dylan : The 1966 Royal Albert Hall Concert". Et la voix de la chanteuse américaine est parvenue à magnifier les chansons. Dans la ‘conduite’ de son interview, c'est elle, Cat Power, qui fait… Bob

C'est la plus belle voix féminine du rock alternatif, la plus chaude en tout cas. La plus déglinguée aussi. Car, tout au long de ses 25 ans de carrière, Chan Marshall, alias Cat Power, a combattu ses démons : la drogue, l’alcool et la dépression. Et son dieu dans sa lutte face à l'enfer de sa vie répond au nom de Bob Dylan.

Elle qui a pris l'habitude de se reprendre en main en multipliant les… reprises, entonne cette fois non pas une prière mais une messe entière : Cat Power réinterprète, en effet, un opus légendaire et bootleg du ‘Zim’, enregistré live comme son modèle, note à note et mot pour mot, et dans le même temple musical : l'Albert Hall de Londres. En 1966 dans le cas de Robert Zimmerman, en novembre 2022 pour la chanteuse américaine.

Laquelle nous reçoit à Paris dans sa chambre de l'hôtel Costes… aussi baroque qu'elle. Elle est allongée sur son lit. Telle une odalisque, elle réclame au serveur convoqué, 12 verrines de marshmallow et chocolat, tandis que nous prenons place sur une chaise à côté de sa couche, pour une séance de psy à la Henry Chapier dans son fameux Divan, lors d’une interview qui tourne rapidement au monologue... extérieur.

Vous étiez âgée de cinq ans lorsque vous avez découvert cet elpee pirate de Bob Dylan. Ses chansons ont-elles servi de berceuses pour la jeune enfant que vous étiez ?

J'ai été élevé par ma grand-mère jusqu'à mes cinq ans, moment où j'ai enfin rencontré ma mère, peu de temps avant mon père. Puis, mon beau-père… Nous vivions tous ensemble en compagnie des membres du groupe majoritairement black, le Mother's Finest. Ma baby-sitter était afro-américaine, tout comme Patrick Kelley, le styliste qui, à l'époque, remplissait le rôle de père, à mes yeux.

Mon environnement était constitué de jeunes adultes brillants et originaux pour qui la mode, la musique et la drogue occupaient une place essentielle. Ma mère était chanteuse et lorsque je l'ai rencontrée, elle se faisait appeler Ziggy. Elle se prenait pour Ziggy Stardust…

Mon père, musicien dans un groupe de blues et de soul, était moitié Juif allemand, moitié Indien choctaw et un disciple de la Black Church (NDR : églises protestantes fréquentées par des Afro-américains) du Sud de l'Alabama où il a appris à chanter. Il a ensuite déménagé à Atlanta, a rencontré ma mère qui avait quitté l'école. Elle avait 17 ans, fumait de l'herbe, était très belle, amusante, et sauvage.

Vous naissez très vite et votre beau-père s’immisce dans la vie de votre mère...

Oui. Mon beau-père militait au sein d'un autre groupe musical. Il adorait Dylan, Neil Young, Jimi Hendrix, Arthur Lee, Crosby, Stills and Nash, The Byrds, les Stones et les Beatles…

Grâce à mon beau-père, j'ai appris à écouter les paroles de Bob Dylan qu'il fredonnait constamment. Dylan a éveillé mon esprit critique dans la confusion de ma jeunesse. Et à travers les chansons de Bob, il m'a appris à me poser des questions… et à chercher mes propres réponses dans l’existence. Il m'a appris à écouter...

Parce que j'ai été témoin et spectatrice, quelque part, de sa motivation à s'épanouir personnellement grâce aux paroles de Dylan, j'ai passé ma vie à y réfléchir. Bob Dylan m'a enseigné l'esprit critique et m'a ouvert à la poésie.

Mais Bob s'adressait souvent aux femmes dans les chansons, que vous interprétez à votre tour ?

Que je sois une femme interprétant les paroles qu'un homme leur adresse n’a, personnellement, pas d’importance. J’ai d’ailleurs toujours affiché un côté garçon manqué.

Et quand Bob chante "Visions of Johanna", bien qu'il ait connu des aventures avec des femmes sublimes comme Marianne Faithfull, Françoise Hardy ou Eddie Sedgewick, j'ai le sentiment qu'au fond de son cœur, il s'adressait à la figure féminine, féministe avant l'heure, de Jeanne d'Arc.

Votre féminisme serait-il plutôt révolutionnaire à la Angela Davis ?

La photographie qui réunit Gloria Steiner, grande figure du féminisme, et Angela Davis est l'une des plus importantes de tous les temps. Savez-vous que l'ERA, l'amendement sur l'égalité des droits entre les sexes, déposé il y a un siècle, n'a toujours pas été adopté aux États-Unis ? Nous les femmes, sommes toujours deuxièmes...

Avez-vous envoyé votre enregistrement-hommage à Bob Dylan ?

Lorsque l'an dernier, j'ai signalé mon concert du 5 novembre à l'Albert Hall de Londres et deux autres en Grande-Bretagne, le lendemain, Bob a annoncé sa tournée au Royaume-Uni et dans les mêmes villes.

Je l'ai aperçu sur les marches du même hôtel au sein duquel je logeais, la veille de son concert d'Halloween. Je me suis approché et je l’ai interpelé : ‘Bob !’ Mais il a détourné le regard. J'ai alors ajouté : ‘C'est Chan, Cat Power’. Nous nous étions rencontrés 15 ans plus tôt. Il a alors mis son bras autour de mon épaule en disant simplement : ‘C'est bien de te revoir’. Et quand je suis remonté dans ma chambre, une ‘Guest’ pour son concert solde-out du lendemain m'attendait...

Quelqu'un crie Judas durant votre concert, au même moment que sur l'enregistrement original, quand Dylan se met à électriser son style acoustique. Et vous répliquez par un ‘Jésus’... 

Bob n'est qu'un homme. C'est pourquoi j'ai prononcé le nom de Jésus ; n'importe qui, s'il travaille dur, comme Bob, qui a lu toute la littérature du 19ème siècle, peut devenir Malcolm X, Bouddha, Gandhi, Stephen Biko, Bob Dylan... ou Jésus.

Incarneriez-vous, dès lors, Marie ou Marie-Madeleine par rapport à ce Jésus ?

Oh, c'est intéressant... À cause de la fierté que je ressens pour Bob qui s'apparenterait à la fierté d'une mère ? Waouh, c'est magnifique !

"Cat Power Seings Dylan : The 1966 Royal Albert Hall Concert", paru le 10 novembre 2023 sur Domino.

Photo Credit: Inez & Vinoodh.

 

Cat Power

Il ne manquait que les sièges...

Écrit par

Pour entamer son set, Chan Marshall monte sur les planches, flanquée de deux musiciens. Tout au long de cette première partie, le trio alternera compositions douces, articulées entre le piano, la basse et la batterie (« He war ») et titres plus folk/pop ( « Shaking paper » et « Speak for me » ), Chan troquant alors son piano pour une guitare électrique. C'est d'ailleurs à la fin de ce premier acte (NDR : le plus intéressant !) que le moment le plus intense sera atteint ! Et en particulier lors de l'interprétation de « Good women », lorsque la voix cassée mais très harmonieuse de Cat s'efface devant l'harmonica. A vous donner des frissons partout ! Pour la deuxième partie, les deux autres membres ont disparu de la scène, laissant Cat en solitaire. Elle passera l'essentiel de son temps derrière son piano à queue. Hélas cette seconde partie sera nettement plus terne, sans guère de relief, et surtout moins intense, à mon goût. Que ce soit à travers « Maybe not », « Half of you » ou encore « Evolution ». « Names » consistant l'exception qui confirme la règle. L'essentiel à retenir de cette deuxième partie est la mise en scène. De profil, Cat joue de son instrument en bénéficiant de la lumière diffusée par un projecteur positionné à l'arrière, à l'instar d'un 'aristochat' caressant ses mélodies sur les ivoires.

Cat Power aura finalement accordé un set fort proche de l'album. Trop indolente, sa musique n'est jamais parvenue à enflammer la salle. L'heure tardive et le moment choisi (NDR : le milieu de semaine) y sont peut-être pour quelques chose. Une impression que les quelques 400 personnes présentes ont certainement dû partager. Pourtant, elle aura bien essayé de faire participer le public ; mais hormis un « Ca va » en français et quelques phrases exprimées dans un anglais incompréhensible, rien n'y a fait ; le public était venu pour écouter, regarder et passer un bon moment. Se détendre quoi ! Il ne manquait finalement que les sièges…

Cat Power

Sun

Que le temps passe vite. Il y a déjà 4 ans que Chan a publié « Juke box », un album de reprises. Et son véritable dernier opus studio, « The greatest » remonte déjà à 2006 ! Après avoir proposé une musique minimaliste, fruit de la rencontre entre folk, country, blues et rock, Chan Marshall, aka Cat Power, s’est orientée vers la pop et la soul. Enregistré à Memphis, « The greatest » avait ainsi été enregistré à Memphis et bénéficié de la participation de vétérans impliqués dans les backing groups d’Al Green et de Booker T.

Découpé en 11 plages, le nouvel elpee baigne dans une pop rafraîchissante, visionnaire, chaleureuse, agréable et pleine de tendresse. Il y a un zeste d’électronique. Des rythmes stimulants. Et puis quel bonheur de retrouver la voix mélancolique, légèrement rauque de Chan. Parfois un peu trafiquée. Pas nécessairement une bonne idée. Un disque sur lequel figure le presque dansant « Ruin », paru en single, et puis une longue plage intitulée « Nothing but time », qui rend hommage à Bowie, pour laquelle elle a reçu le concours d’Iggy Pop. Un retour surprenant !

 

Cat Power

The Greatest

Écrit par

Non, il ne s’agit pas d’un best of comme le titre le laisse supposer, mais d’un nouvel album de Chan Marshall. Son septième. En fait, « The greatest » est le morceau maître de cet opus, une chanson qui rend hommage à Mohammed Ali. Ce qui explique la présence de gants de boxe sur la pochette. Pour enregistrer cet elpee, Chan s’est rendue à Memphis. Soit dans le berceau de la soul sudiste. Elle a ainsi pu bénéficier du concours de collaborateurs particulièrement huppés ; et notamment des musiciens d’Al Green et de Booker T & The MG’s. Etonnant pour l’égérie ultime du mouvement lo-fi yankee. Bref, si ce disque n’est pas encore de la trempe d’un « You are free », paru en 2003, il s’avère de bonne facture et recèle d’excellentes plages. Bien sûr, vu le contexte au sein duquel les sessions d’enregistrement se sont déroulées, le blues, le jazz et surtout le rythm’n blues sont beaucoup plus présents. Ce qui n’empêche pas Chan de se réserver l’une ou l’autre compo plus minimaliste. Le plus souvent en s’accompagnant d’un piano honky tonk ; nous donnant même parfois l’impression qu’elle se produit dans un bar enfumé (« Willie », « After it all » et ses sifflotements guillerets). Mais aussi à la guitare électrique. A l’instar du sombre et minimaliste « Hate ». Cependant, l’essentiel des morceaux de cette plaque surprend par sa richesse instrumentale. Arrangements de cordes soyeux, claviers poussiéreux, piano électrique et drums syncopés, cuivres gominés ainsi que guitare électrique ronflante (« Love & Communication »), tissent la trame sonore pendant que Chan y pose sa voix sensuelle et voilée, dans un registre qui me fait tantôt penser à Janis Joplin, tantôt à Melanie, mais sans jamais monter dans les aigus. Sur « Islands », une des deux compos fondamentalement country, le spectre de Hope Sandoval (Mazzy Star) se met même à planer.

 

 

Cat Power

You Are Free

Si l'on excepte " The Cover Record ", Chan Marshall n'avait plus sorti de disque depuis " Moonpix ", bref il y a cinq ans. Entre-temps, la jeune fille a mûri, combattu ses démons et roulé sa bosse de songwriter folk neurasthénique sur toutes les scènes du monde. Ce qu'il y a de neuf avec ce sixième album, c'est la lumière : Chan Marshall ne chante plus seulement de mornes ballades affectées. Même sa voix se fait ici plus enjouée. " Free ", le deuxième morceau, pourrait même devenir un mini-tube, du moins dans le cœur de tous les ados transis. " Liberté " : Marshall n'aurait-elle plus de fiel à cracher, se sentirait-il libérée de tous les malheurs du monde ? A en juger par les chansons qui suivent, du très pop " He War " au somptueux " " Werewolf " (et ses violons), on en serait presque persuadé. Dans la deuxième partie de l'album, Chan Marshall semble pourtant faire une rechute : seule au piano, elle nous refait le coup des litanies glaciales, comme avec ce " Names " pathétique, une énumération bancale de ses amis disparus (appelez Child Focus). Autant le début de l'album fait montre d'une diversité surprenante, autant la suite s'enlise donc dans l'autosatisfaction pénible, à la limite de l'autisme. Une chance que Chan Marshall n'ait pas hésité à débarrasser ses premiers titres (jusqu'au n°9) de ce spleen qui nous foutait d'habitude le bourdon. Après c'est donc une autre histoire, qu'on connaît déjà par cœur pour l'avoir entendue psalmodiée cinq albums durant, avec emphase et atermoiement.

Cat Power

The covers record

Comme son nom l'indique, cet album est exclusivement constitué de reprises. Enfin presque, " In this hole " constituant l'exception qui confirme la règle. Mais pas n'importe quelles reprises. Des reprises tellement personnelles qu'il est quasi impossible d'en reconnaître les moutures originales. Parce que Chan Marshall aborde ses chansons sous un angle très personnel, minimaliste, introspectif. A l'instar d'un Smog - dont il reprend d'ailleurs ici " Red apple " - mais au féminin, elle plaque ses chuchotements glacés, intimistes sur des accords de piano spectraux ou des cordes de guitare blêmes, ébréchées. Un exercice de style au cours duquel, elle injecte une intensité émotionnelle bouleversante, traumatisante. Et des standards tels que " Satisfaction " des Stones, " I found a reason " de Lou Reed ou " Paths of victory " de Dylan prennent ici une toute autre dimension. Pathétique !

 

Cat Power

Moon pix

Réponse féminine à Will Oldham de Palace et à Bill Callahan de Smog, Chan Marshall, alias Cat Power, en est déjà à son quatrième album. Un disque pour lequel elle a reçu le concours des deux tiers de Dirty Three, soit le guitariste Mick Turner, et le drummer Jim White, alors que lors de l’enregistrement de son opus précédent, ce sont Tim Foljahn (Two Dollar Guitar) et Steve Shelley (Sonic Youth) qui lui avaient servi de backing group. Pourtant, ces remaniements n’influent en rien sur la musique de Cat Power. Toujours aussi intimiste, ténébreuse, taillée dans l’émotion la plus pure et la plus dépouillée. Onze titres partagent ce " Moon pix ", onze compostions austères, lo fi, minimalistes, qu’elle chante d’une voix gémissante, fragile et puissante à la fois, en marchant sur une corde tendue entre la lucidité de ses textes introspectifs et le monde crépusculaire du folk hanté. Elle y révèle tantôt ses racines sudistes (" You may know him "), lorsqu’elle n’épanche pas toute sa férocité, avec tendresse, à l’instar de " Metal heart ". Mais les chansons qui nous avons le plus appréciées sortent quelque peu de ce contexte. Tout d’abord, l’hypnotique " Cross bones style ", le mystérieux, spectral, " He turns down ", et puis l’hymnique " American flag "…

 

Cat Power

What would community think

Une Bob Dylan féminine aux States! C'est ce que la presse américaine avance pour présenter Chan Marshall alias Cat Power. Sans doute à cause de la nature poétique de ses lyrics, et surtout des thèmes socio-politiques qu'ils véhiculent. Musicalement, on est ce pendant très loin de ce que nous propose le Zim. D'ailleurs, sur son dernier album, "What would commnunity think", l'expression ne dépasse jamais les limites du folk, voire du folk punk. Et ce, nonobstant le concours de Tim Foljhan à la guitare et de Steve Shelley (Sonic Youth) aux drums. Mais ce qui frappe surtout chez cette artiste, c'est son timbre vocal glapissant, coincé quelque part entre celui de Mary Timony d'Helium et de Rebecca Gates des Spinanes...