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Ben Harper with Charlie Musselwhite

Un set qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes

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Ben Harper, 48 ans, et Charlie Musselwhite, 74 balais, se produisaient à la Madeleine de Bruxelles, ces 13 et 14 avril. Votre serviteur a été accrédité pour le deuxième jour. Né dans le Delta du Mississippi, Charlie a publié 35 albums. Et Ben, tour à tour flanqué de The Innocent Criminals, The Blind Boys of Alabama ou Relentless Seven, une bonne quinzaine, sans compter ses collaborations. Dont celle que les deux artistes ont entamée en 2013 et qu’ils ont traduite par deux elpees, « Get up », paru il y a quatre ans, et « No Mercy In This Land », en mars dernier. Harmoniciste légendaire, Musselwhite a notamment bossé en compagnie de Bonnie Raitt, The Blind Boys Of Alabama, Tom Waits, INXS et Neil Young. Harper se sert très souvent d’une Weissenborn électrifiée ou pas (NDR : une gratte d’origine hawaïenne), qu’il pose sur les genoux. Mais également d’autres guitares, dont la plupart sont de véritables objets de collection. Particulière, sa technique à la slap slide, caractérisée par un appui sur les cordes à l’aide d’une tige en acier, est héritée des joueurs de blues du Mississippi.

Le duo est soutenu par Jimmy Paxson, aux drums, planté sur une estrade, Jesse Ingalls à la basse et Jason Mozersky, à la seconde gratte. La déco est intimiste. Dès que les musicos débarquent sur le podium, Ben lève les bras au ciel, et salue l’auditoire. Charlie sourit. Il a emmené une valise qui doit contenir au moins une douzaine d’harmos. Il y plonge la main et en extrait un exemplaire. Et déjà les applaudissements fusent. Blues plutôt classique, « When I Go » ouvre le set. Les sonorités des cymbales suggèrent une poursuite exécutée par des alligators. Une voix semble émerger des marais humides du Bayou. Ben troque sa sèche contre une électrique pour « Bad Habits ». Si depuis le début du concert, la paire est assise, elle se lève pour attaquer ce blues classique. Un style au sein duquel le Californien excelle, même si en général, il ne pratique pas un blues pur et dur. En outre, on peut affirmer qu’il a de la présence sur les planches. Il se rassied et attaque « The Blues Overtook Me », à la lap slide, alors que debout, derrière le micro, Charlie signale ‘que le blues est dans la maison ‘. Et il chante. Un rôle qu’il ne se réservera qu’à trois reprises

Tout au long de « I Ride At Dawn », Harper et Charlie opèrent une rencontre subtile entre le Delta du Mississippi et le blues chicagoan. La gratte du premier cité semble hantée à la fois par Robert Johnson, John Lee Hooker et Lightning Hopkins, pendant « Get Up », alors que l’harmo du second, l’est plutôt par Sonny Boy Williamson et Little Walter. Et son souffle enveloppe les riffs bien mélodiques tracés par Ben à la six cordes. Lorsque l’harmonica est mis en exergue, le natif de Calremont prend un peu du recul pour laisser son compère totalement s’exprimer. Le show recèle cependant des moments plus rock, comme « Found The One ». Lors de la ballade instrumentale, « Nothing At All » Harper siège derrière le piano, alors que les interventions à l’harmo de Musselwhite s’intègrent naturellement à l’ensemble. La voix de Ben est empreinte de mélancolie tout au long de la reprise du « When Love Not Enough » de Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy. Et le show s’achève par « Levee Breaks ».

Après 10 minutes d’interruption, le team remonte sur l’estrade pour accorder 5 titres. Tout d’abord le burné « The Bottle Wins Again ». Puis, une version du « Yer Blues » des Beatles. Mais surtout « All That Matters Now », que chante Ben a cappella, face à un auditoire silencieux et sous le charme. De quoi en avoir les larmes aux yeux. Un concert de 120 minutes qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes. Si vous avez encore l’occasion d’assister à un concert de Ben Harper et Charlie Musselwhite, ne manquez pas l’aubaine ; car Charlie n’est plus de première jeunesse… 

(Organisation : Live Nation)

Setlist : « When I Go », « Bad Habits », « The Blues Overtook Me », « Love And Trust », « I Ride At Dawn », « Get Up », « I Don’T Believe A Word To Say », « Movie On », « I'm in I'm Out and I'm Gone », « Nothing At All », « Trust You To Dig My Grave », « Found The One », « I’m Going Home », « Bloodside Out », « When Love Not Enough » (Memphis Minnie & Kansas Joe McCoy cover), « Levee Breacks ».

Rappel : « No Mercy In This Land », « The Bottle Wins Again », « Long Legged Woman », « Yer Blues » (Beatles cover), « All That Matters Now ».

Pour les photos, c’est ici (CréditLéonce Collet)

 

 

 

 

Ben Harper with Charlie Musselwhite

Get up!

Écrit par

Ben Harper a accompli du chemin, depuis qu’il a publié son premier opus, "Welcome to the cruel world", en 1994. Ce chanteur/auteur/compositeur/guitariste californien s’est ainsi forgé une belle notoriété. D’autant plus qu’il est capable, avec bonheur, de changer de style. Aussi bien le rock, le blues, le jazz, que le reggae ou le folk.

Enregistrée en compagnie de Relentless 7, sa dernière œuvre, "Give till it's gone", remontait à 2011. Pour enregistrer son douzième opus, il a reçu le concours du célèbre Charlie Musselwhite. A l’instar des bluesmen authentiques, ce dernier est issu du Mississippi. Né en 1944, il a passé son enfance et son adolescence à Memphis ; ce qui lui a valu le sobriquet de Memphis Charlie. Il y rencontre Elvis Presley et Jerry Lee Lewis. Mais sa passion, c'est le blues ; aussi il émigre à Chicago où les plus grands lui ouvrent les bras : Muddy Waters, Howlin' Wolf et John Lee Hooker, notamment. Fin des sixties, il s'établit en Californie où il vit d’ailleurs toujours aujourd'hui.

Charlie et Ben se connaissent fort bien depuis la fin des 90s ; mais ils n’avaient pas encore eu l’opportunité de concrétiser une collaboration. C’est chose faite. Pour concocter cet elpee passion, Ben est soutenu par ses musiciens de Relentless7, en l’occurrence le bassiste Jesse Ingalls, le guitariste Jason Mozersky et le drummer Jordan Richardson.

"Don't look twice" ouvre la plaque. Une compo acoustique particulièrement fragile. Ben chante d’un timbre très expressif, avant que Charlie ne vienne tapisser l’arrière-plan de ses interventions plaintives. Les autres musicos font leur apparition, à leur tour. Mais soudainement, Musselwhite déchire, lacère même, l’expression sonore. Un véritable coup de rasoir ! Le tempo s'emballe. Le ton monte, les percussions préludent "I'm in I'm out and I'm gone". Les lyrics ne prêtent pas à sourire. Le vieux souffleur brille de mille feux. Caractérisé par ses claquements de mains, "We can't end this way" baigne dans le gospel. A cause des chœurs qui répondent au chant de Ben. Il en profite pour libérer des sonorités écorchées de bottleneck. Une sacrée dose de rock est injectée à la compo "I don't believe a word you say". Proche de Beck à l’époque du Cream, la voix de Harper est puissante. Les riffs sont percutants. Jesse et Jordan triment à la section rythmique. Une formule reproduite sur "Blood side out". Un peu de quiétude envahit le dépouillé "You found another lover", une piste caractérisée par le chant plaintif, les cordes acoustiques et l’harmo discret. Superbe ballade roots blues, "I ride at down" disserte sur les méfaits causés par les guerres successives. La densité du climat est entretenue par la basse. Le chant est superbe. La slide s’infiltre délicatement, tout en douceur. Le titre maître campe un fort bon blues imprimé sur un mid tempo. Les interventions de basse sont remarquables. Charlie souffle parcimonieusement dans sa musique à bouche. Ben se réserve la slide. Ses incursions sont aussi peu démonstratives, mais empreintes d’une grande sensibilité et judicieuses. Eloquent et efficace, "She got kick" est un excellent blues. Une petite perle qui lorgne quelque peu vers Ike Turner. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par le tendre et lumineux "All that matters now". Face au piano, à la guitare et à l’harmo de l'ami Charlie, la voix de Ben est divine. Cet opus est dédié à Solomon Burke et John Lee Hooker. 

 

Charlie Musselwhite

Rough dried

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« Rough dried » constitue le premier opus live de Charlie depuis 23 ans. Sous-titré “Live at the Triple Door”, il a été immortalisé à Seattle. Le 20 mai 2007. Pour la circonstance, il est soutenu par le band qui l’accompagne depuis plusieurs années ; en l’occurrence le Norvégien Kid Andersen à la guitare, Randy Bermudes à la basse et June Core à la batterie. Le disque a été produit par Henri Musselwhite. En réalité la mise en forme a été réalisée par Henrietta. C'est-à-dire sa femme et son manager. D’ailleurs l’elpee est paru chez Henrietta Records. Pas besoin de vous faire un dessin.

C’est une surprise, aucun morceau de ses deux derniers albums studio, "Delta hardware" et "Sanctuary", ne figure sur ce « Rough dried ». L'oncle Charlie entre immédiatement dans le vif du sujet en attaquant "River hip mama", un solide boogie issu de "Ace of harps", un disque édité chez Alligator, en 1990. Charlie est comme un poisson dans l’eau au sein de cette solution sonore excitante et propice à la danse. L’harmonica se fond parfaitement dans l’ensemble. Le band embraie par "If I should have bad luck", un bon shuffle inspiré des meilleurs moments du Chicago blues. Il est vrai que lorsque Charlie a quitté Memphis, au début des 60s, il a émigré vers la Cité des vents. Kid Andersen se révèle très efficace et respectueux lors de sa première sortie. Notre vétéran est très convaincant lors de son adaptation de "Strange land", un de ses classiques fixé sur son tout premier elpee "Stand back!". C’était en 1967 ! Andersen nous restitue le jeu débridé, audacieux, à l'aube du psychédélisme, de l'époque. Il est vrai qu'alors, c'était Harvey Mandel qui tenait les cordes. Musselwhite est en forme. Il se libère, souffle comme il est le seul à pouvoir le faire sur le titre maître. Ce n'est pas un grand chanteur, mais il vit sa musique. La pureté du style de Musselwhite illumine "Blues overtook me". Une confession ! C’est le moment choisi par le Kid pour se déchaîner sur ses cordes. Charlie parle à son public. De son intérêt pour le blues pratiqué au Brésil. Pas étonnant que les rythmes de la samba croisent donc son blues sur "Feel it in your heart" (NDR : issu de "Rough news"). Insatiable, Charlie chante le blues comme dans ses jeunes années. Plus de 30 ans qu'il joue ce "Wild wild woman", une compo issue de la plume du mandoliniste Johnny Young. "She may be your woman" campe enfin le blues lent de circonstance. C’est également un extrait de "Ace of harps". Il dialogue avec son instrument, le fait vivre, vibrer, pleurer, jouir! "Long lean lanky mama" ne figure apparemment sur aucun de ses albums. Le tempo est assez élevé. L’harmonica gouailleur et assez excitant! Andersen en profite pour faire monter l’ambiance de quelques degrés. Son solo monte progressivement en puissance. Il aligne ses notes en continu. "Movin' and groovin'" nous dévoile une face plus swing de Musselwhite. Les phrases dispensées par le Kid adoptent des tonalités fort jazz! Colorée de West Coast jump, cette plage est très chaleureuse. "Droop down baby" est imprimé sur un mid tempo dynamique. Je ne la connaissais pas. C'est du Musselwhite 100% garanti. La basse autoritaire de Randy Bermudes propulse ses collègues sur les rails. June Core sort aussi de sa réserve. On nage dans le R&B. Brillant, Charlie rend hommage à ces fameuses "Big legged women". Et de rappliquer en rappel pour concéder son hymne instrumental immortel : "Cristo Redentor". Il doit même être incapable de déterminer combien de fois il a pu l’interpréter au cours de sa longue carrière. Un excellent album ! Si vous souhaitez commander ce disque, il vous suffit de vous rendre sur le site web de l'artiste ; en outre, vous recevrez un exemplaire signé de la main de l’artiste… Dépêchez-vous, l’offre est limitée…

 

Charlie Musselwhite

Delta hardware

Écrit par

Charlie Musselwhite est né en 1944 à Kosciusko, dans le Mississippi. Cette légende vivante du blues est un des rares musiciens blancs à jouir d’une reconnaissance incontestable au sein de la communauté artistique de couleur noire. Son parcours y est sans doute pour quelque chose. En effet, à l’instar des bluesmen les plus célèbres, il a émigré vers les villes du nord. Il s’est ainsi arrêté à Memphis. Suffisamment longtemps pour hériter du surnom de Memphis Charlie. Il emprunte ensuite la Highway 51 pour se rendre à Chicago. Il y fréquente très vite le Southside ; quartier si dense en blues urbain qu’il en devient, tout comme Paul Butterfield et Mike Bloomfield, un des artisans du renouveau du blues. Il part ensuite vers la côte Ouest. A San Francisco, très exactement, la capitale de la contre-culture. Il vit toujours aujourd'hui en Californie. Il a commis une quantité impressionnante d'albums. Son premier, "Stand back", remonte ainsi à 1967! Au cours de son existence, il a traversé des moments difficiles. Notamment à cause de sa dépendance à l’alcool. Un démon qu’il est finalement parvenu à vaincre, il y a quand même bien longtemps. Il bénéficie aujourd'hui d'une notoriété exemplaire. Musicien d’exception, Charlie est un homme attachant qui se remet sans cesse en question. Tous ses derniers albums sont, en effet, fort différents! Sa moisson de nominations est impressionnante. Et tout particulièrement les WC Handy Awards. Il vient d’ailleurs de décrocher son19ème prix comme meilleur harmoniciste blues pour l’année 2006!

Lors de l’enregistrement de "Delta hardware", il a reçu le concours de sa toute jeune équipe de scène : le prodigieux guitariste norvégien Chris "Kid" Andersen, le bassiste Randy Bermudes basse et le drummer June Core. L'inspiration de Charlie nous propulse dans le Delta du Mississippi ; et tout naturellement du côté d'Oxford, dans les collines, là où se forge le son Fat Possum. Cependant, sa muse principale demeure le Chicago blues urbain. Et pour la circonstance, il est fort électrique. Charlie semble avoir opéré un retour dans le passé. A l'époque de ses débuts discographiques. Dans les années 60. Largement amplifié, son rock est largement teinté de tonalités rock. Faut dire qu’il dispose de musiciens rêvés pour y parvenir : une section rythmique sans faille et surtout un guitariste qui peut tout se permettre. Et toujours avec le même bonheur. Kid Andersen peut ainsi s’attaquer, sans jamais faiblir, au west coast jump en compagnie du maître du genre, Junior Watson. Ou encore se frotter au blues conventionnel. Quelle que soit la nature de la solution sonore, pourvu qu’elle soit blues, il se sent comme un poisson dans l'eau. Et en sa présence, le vieux Charlie brille de mille feux!

"Church is out" ouvre l’opus. Andersen plaque sèchement des riffs sur la guitare. L’entrée en matière est très rock, surprenante, mais très bien construite. La voix de Charlie occupe le devant de la scène ; mais son harmonica ne tarde pas à décoller pour atteindre, déjà, le sommet de son art. La slide du Kid se révèle très primaire tout au long du "One of these mornings" de Little Walter. Elle fixe cependant la ligne de conduite. Nous ne sommes guère loin des sonorités austères issues des juke joints poussiéreux du Mississippi. June Core imprime son tempo sur le rythme du chemin de fer. Blues bien amplifié, "Sundown" me rappelle "Rock me baby". Les musiciens libèrent un groove puissant qui a le don d'allumer l'harmonica du patron. "Black water" est un cri de désespoir et de colère face à l'étendue des dégâts causé par l'ouragan Katrina à la Nouvelle Orléans. Mais c'est surtout un discours de révolte dénonçant l'inaptitude des autorités politiques lors de ce désastre. Une atmosphère lourde envahit cette plage. Andersen accomplit une sortie brillante en reverb. Cette technique avait fait la renommée de Peter Green, à sa grande époque. Plus près de nous, Ronnie Earl l’avait adoptée. Charlie se met alors à souffler dans son harmonica comme lui seul sait le faire. L’émotion est à peine contenue, la douleur permanente. "Invisible ones" remet les mêmes questions sur le tapis! Confrontées aux percussions de June, les cordes balancent de petits riffs acérés pour marquer l'empreinte du boogie sur "Clarksdale boogie". Charlie chante cette plage de son timbre monocorde tout en répondant à ses propres vocaux de son instrument à bouche, pendant que Kid emprunte de petites phrases à feu John Lee Hooker, l’ami fidèle de Musselwhite! Pour la circonstance - et ce sera la seule entorse - il a recours aux samplers et aux loops pour accentuer le climat hypnotique entretenu par la section rythmique. En outre, des voix ‘live’ sont extraites du Red's Juke Joint de Clarksdale. Charlie attaque alors "Just a feeling", un classique écrit par Little Walter. Mais on reconnaît à peine sa version. Semblable à une manifestation de fureur, cette musique ressemble étrangement à celle du Cream, 40 ans plus tôt. Un peu comme si Charlie se mettait à souffler aux côtés d'un Clapton encore juvénile. Quoique très dynamique, sa reprise du "Gone too long" de Billy Boy Arnold est plus conventionnelle. Une opportunité rêvée pour briller à l'harmonica. Charlie a empoigné la guitare électrique pour exécuter "Town to town", un downhome blues assez rudimentaire. Le climat est cependant saturé de feeling et d'émotion. Ce superbe album s’achève par "Blues for yesterday", un Chicago shuffle. Ou si vous préférez un blues pour la route. Tout est parfaitement en place. Parfaitement soudés, les musiciens s'envolent, une dernière fois, vers les sommets…

 

 

Charlie Musselwhite

One night in America

Écrit par

Figure de proue légendaire du blues blanc, Charlie est né en 1944 à Kosciusko, dans le Mississippi ; mais il a vécu plusieurs années à Memphis, dans le Tennessee. Il s'était établi à Chicago en 1962, où il a écumé les clubs, l'harmonica en poche et la guitare en bandoulière. Son premier album, "Stand back! Here comes Charlie Musselwhite's Southside Blues Band" était paru en 1966, sur Vanguard. Depuis, il s'est fixé en Californie et a sorti un nombre impressionnant d'elpees. Son dernier, "Continental drifter", remonte à 1999. Un disque remarquable, paru chez Pointblank. Une œuvre au cours de laquelle, il était parvenu à réaliser une fusion originale entre son blues et la musique traditionnelle cubaine. Cette nouvelle plaque opère un changement radical !

La première plage, "Trail of tears", plante le décor : nous sommes bien à Memphis, au carrefour du blues, du country et du rock'n'roll. La voix de Charlie se mêle à celles de Kelly Willis et de Christine Ohlman, pendant que les guitares de G.E Smith et Robben Ford se partagent les soli. Ecrit par le pianiste Ivory Joe Hunter, "Cold grey light of dawn" baigne au sein d'un climat parfaitement country. Sans aucun doute un des meilleurs moments de l'album ! Memphis Charlie se rappelle sa jeunesse. Cet album, dit-il, est une réflexion sur ses expériences que j'ai menées à Memphis, au cours des années 40 et 50. "Blues overtook me" est une composition autobiographique. Elle retrace la manière dont le blues l'accosta naguère à Memphis. Les guitares de G.E Smith et Robben Ford le suivent à la trace, alors que Robben sort un solo très rock'n'roll qui sied parfaitement à ce climat. "In a town this size" est clairement country. Authentique spécialiste de country et de bluegrass, Marty Stuart est à la guitare. La voix cristalline de la citoyenne d'Austin, Kelly Willis, accompagne parfaitement celle du vieux Charlie. Rehaussé par la présence de la chanteuse Christine Ohlman, "Walking alone" est une plage légèrement rythmée, assez différente de ce que nous avait habitué Charlie. Illuminée par la guitare de G.E Smith et la mandoline de Stuart, mais également balayée par l'harmonica, "Rank strangers to me" est une ballade très lente, proche des canons de la country et du blues. La reprise du "One time one night" de David Hidalgo et Louie Perez de Los Lobos est imprimée sur un rythme rock'n'roll. Tout fan de Charlie Musselwhite aime le retrouver dans l'exercice du blues authentique. Epaulé par la seule basse de T-Bone Wolk, il le pratique sur le grave "In your darkest hour". Et puis également chez le très très lent, enrichi par la voix de Miss Ohlman , "Ain't it time?". Charlie est aussi resté un vieux fan de Johnny Cash. Il le croisait régulièrement à Memphis, à l'époque des enregistrements Sun. Il reprend avec beaucoup de respect son "Big river". G.E Smith s'y révèle très à l'aise aux cordes. Soutenu par les guitares de G.E et de Robben Ford, la fin d'album est plus classique. Mais en même temps, Charlie retrouve toute sa verve à l'harmonica. A l'instar de son "I'll meet you over there" et du célèbre "Ain't that lovin' you baby", de Jimmy Reed ; une finale au cours de laquelle l'intervention de Ford est particulièrement brillante. Ce retour aux sources d'inspiration de l'artiste décontenancera sans doute le fan qui avait apprécié l'album précédent qui, je le rappelle, était le fruit de la rencontre du blues moderne et de la fusion cubaine.

 

Charlie Musselwhite

Up and down the highway

Écrit par

‘Memphis’ Charlie est considéré aujourd'hui comme l'harmoniciste blanc le plus mythique. Il est toujours bien présent près de 40 ans après l'avènement du blues blanc. Il a passé tant d'années au service du blues que son nom est devenu indiscutable dans le répertoire du blues sans couleurs. Il a peu enregistré en la compagnie de musiciens européens. Pourtant, au cours de l'été 86, il fit une tournée sous la forme d'un trio, en compagnie de musiciens anglais. Dave Peabody, à la guitare, et Bob Hall, au piano. Il est passé, à l'époque, au Festival de Handzame. Enregistré live au Cambridge Folk Festival, l'album "Cambridge blues" est sorti sur Blue Horizon en 1988. Sous-titré "Live 1986", cet opus n'est donc pas un document inestimable puisqu'il provient de la même tournée.

Six titres sont communs, deux nouveaux font leur apparition. Soit "Everybody needs somebody" de Little Walter et "Candy kitchen" de Lightnin' Hopkins. Une atmosphère quasi unplugged règne sur ces enregistrements. Dommage que Bob Hall soit au piano électrique, je lui préfère le son de l'acoustique. Le concert débute par "Hey Miss Bessie", un boogie qui met en exergue un excellent Bob aux ivoires. "Key to the highway" est mené de manière assez émouvante. Dave Peabody y joue tout en sensibilité. Charlie entame alors "Big leg woman". Une chanson qui figure depuis bien longtemps à son répertoire. Mais en l'écoutant, je me suis rendu compte que le Charlie de 86 n'était pas du meilleur cru. Il est vrai qu'à cette époque, il luttait encore contre le fléau éthylique, qu'il a depuis vaincu. Le même malaise règne sur "Everybody needs somebody". Le meilleur titre, c'est indéniablement "Up and down the avenue". Pas parce qu'il donne presque son nom à l'album, mais à cause des 3 musiciens qui se poussent volontairement dans leurs derniers retranchements. Et le résultat est fameux ! Bon album, mais pas essentiel! N'oubliez pas de vous procurer "Continental drifter" (Pointblank), il est indispensable à votre collection!

 

Charlie Musselwhite

Continental drifter

Écrit par

En 35 ans, depuis ses timides débuts discographiques à Chicago jusqu’aujourd’hui, Charlie a acquis une expérience inégalable. Et depuis pas mal de lunes, ce vétéran arrive encore à dérider le blues, l'ami! Pour lui, toute musique forgée dans la sensibilité, le feeling des musiciens, c'est du blues. A l'occasion de ses incessantes tournées, il a rencontré des tas de musiciens. Surtout cubains et brésiliens. Il a donc assimilé des éléments de leur culture musicale. Si "Continental drifter" présente le blues habituel, électrique et acoustique de Charlie, il propose une très intéressante fusion avec la musique cubaine.

Trois séquences. La première classique, en compagnie du band actuel de Musselwhite. John Wedemeyer y tient la guitare. J'aime particulièrement "Can't stay away from you". Charlie part dans un solo à l’ambiance orientale, très réussie, assez envoûtante. La lente (et longue) reprise de "Voodoo garden" de Tom Mc Farland permet à Wedemeyer de s’évader dans un solo excitant. Seconde séquence exotique avec les musiciens cubains, Eliades Ochoa et le groupe Cuarteto Patria. Il est tout à fait réjouissant, rafraîchissant d'entendre le divertissement de l'harmonica au milieu des rythmes latins. Manifestement très plaisante et réussie, cette direction mériterait d’être approfondie. La fusion des percussions latines, des chœurs joyeux et des cordes de guitare hispanisantes qui rencontrent la voix bluesy de Charlie et son harmonica, est assez irrésistible. La joie de "Que te parese, Cholita" et des trois plages suivantes vous apporteront la bonne humeur. Le temps d'un bon shuffle sur "My time someday" et Charlie aborde la troisième et dernière finale. Très roots, seule en immersion dans le Delta de "Blues up the river" et de "Please remember me". Excitant ce nouveau Musselwhite!