Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (18 Items)

Christophe

Mythique Christophe à Tournai?

Écrit par

Tout comme votre serviteur, et avec un cœur de rocker, vous avez sans doute encore en tête l'image de ce beau blondinet élevé au sein de la variété et responsable de tubes un peu ‘cul-cul’, dont le plus notoire demeure « Aline ». Pourtant, Daniel Bevilacqua (de son vrai nom) a fait son grand retour sur scène en 2002, après une longue traversée du désert…C'est donc partagé entre cette image, qui risque d'ailleurs de le poursuivre jusqu'à perpétuité, et les critiques élogieuses de ses derniers concerts accordés au Bota et aux Francofolies en 2002 (après…27 ans d'absence !), que l'on attendait la venue de ce représentant de la chanson française. Très vite, l'image du bon blondinet s'estompe : c'est le visage aigri, les cheveux blancs, et derrière des lunettes fumées que le chanteur fait son entrée sur scène, dans un début de show chimérique. Des contrastes, il y en aura tout au long de la soirée : malgré son physique, sa voix, bien à lui, n'a pas pris une ride. Impressionnant et froid au début, il brise rapidement la glace en se rapprochant du public, lui contant sa vision de Tournai. Frappants aussi les arrangements parfaits, tantôt mélancoliques et simplistes, tantôt plus recherchés, de ses vieux morceaux dépoussiérés : « Les marionnettes » et « Les mots bleus ». A l'heure où de nouvelles stars adaptent ce tube inusable, Christophe a véritablement offert une bouffée d'air frais à la chanson française, témoignant d'une longévité que l'on attendait plus. Si en 1965, il criait « Aline » pour qu'elle revienne, ce dimanche c'est ‘Chris-tophe’ qu'a scandé le public tournaisien, lors des rappels. Quel «succès fou» ! Et quelle émotion ! Une émotion omniprésente, que le chanteur a bien rendu, allant jusqu'à rester sur scène un bon quart d'heure après la fin du concert, pour signer des autographes, tout en arborant un large sourire à ses fans. Et oui, rangeons au tiroir nos a priori sur ses tubes de ‘variété à 2 balles’, et rendons nous compte de l'authenticité du personnage, afin de ne pas attendre sa mort pour se dire que l'on tient là un véritable artisan de la chanson française. En surpassant les apparences et en le croisant après le concert, force est de constater que Christophe a su garder son charme et ses beaux yeux, une intégrité artistique et une sensibilité à fleur de peau, aussi bien sur scène qu'en dehors.

 

 

Christopher Duncan

The Midnight Sun

Écrit par

Ce petit prodige du songwriting s’était d’abord illustré en publiant, dès 2015, le très élégant « Architect », une œuvre nominée au Mercury Prize, il faut le rappeler. Christopher ‘C’ Duncan confirme partiellement les perspectives escomptées, en publiant « The Midnight Sun »…

Entre pop de chambre et pop/folk, la musique de cet Ecossais est toujours aussi limpide et cotonneuse. Et les arrangements particulièrement subtils, réservés à ce nouvel opus, en sont encore une belle illustration. Atmosphériques, les compos sont alimentées par des nappes de synthés ou diverses boucles qui soulignent le timbre velouté de l’Ecossais. Mais si l’ensemble se révèle cohérent, il souffre quand même singulièrement d’un manque de relief, bien plus présent sur le précédent essai. En bref, toutes les plages sont impeccables, mais elles sont trop similaires. Et au fil du long playing, elles deviennent ennuyeuses. Si le jeune compositeur osait quelques saillies pop accrocheuses, à l’instar de « He Believe in Miracles », il parviendrait de nouveau à tutoyer les étoiles, tant son talent est incontestable. Et des morceaux comme « Wanted It Want It Too » et « The Midnight Sun » sont certainement révélateurs de son énorme potentiel. En fait, lorsqu’il a gravé son premier essai, C Duncan avait mis la barre tellement haute, qu’il était quasiment impossible de renouveler cette prouesse. Ce qui explique, cette légère déception… 

 

Christophe Maé

L’attrape-rêves

Écrit par

A tout juste quarante ans, Christophe Mae peut se targuer d’avoir déjà accompli un joli parcours musical !

En à peine une décennie, il est parvenu à vendre quatre millions d’albums et accordé plus de quatre cent dates de concerts, pour le plus grand bonheur de deux millions de spectateurs.

Propulsé par le single « Il est où le bonheur », l’artiste revient sur le devant de la scène après trois longues années d’absence.

Le quatrième effort studio de l’artiste constitue une rétrospective éclair sur sa vie, entre rêveries (« L’attrape rêves »), mélancolie (« 40 ans demain »), et espièglerie (« Les Amis »), le tout couché sur un lit de mélodies pop accrocheuses.

Davantage introspectif que sur ses opus précédents, le néo-quadra signe une œuvre intimiste, mais sans doute la plus aboutie. Suivant la formule consacrée, on pourrait dire, l’album de la maturité.

Mae n’hésite pas à se mettre à nu, surtout lorsqu’il chante pour son fils « Marcel » (accompagné par Jules, le cadet) et pour sa bien-aimée, Nadège Sarron, tout au long de la magnifique déclaration d’amour, « Ballerine ».

Le bonhomme sait aussi faire saigner sa plume lorsqu’il s’agit de dénoncer la cruauté barbare de l’Homme. Le texte époustouflant de Paul Ecole, « Lampedusa », relate l’histoire de ces migrants qui, tentant de trouver un havre de paix, finissent par périr en mer, dans l’indifférence quasi-générale !

Ecrit, composé et réalisé par ses soins, son dernier né oscille entre accomplissement de soi et quête inespérée de bonheur.

Rafraîchissantes, touchantes, parfois cruelles, ses compos sont interprétées avec une sincérité profonde, de cette voix rocailleuse, identifiable entre mille…

Les nombreux aficionados devraient être ravis de retrouver ce talentueux artiste, au sommet de sa forme. 

 

Christopher Duncan

Un guerrier sombre qui aime les cantiques de Noël…

Écrit par

Il a fallu s'armer de patience avant que le concert de C Duncan. puisse enfin se dérouler. Initialement prévu dans le courant du mois de novembre, il avait été annulé suite aux attentats perpétrés à Paris. Suite à ceux commis à Bruxelles (NDR : comme quoi lorsque la poisse te colle aux basques, elle ne te lâche plus), on craignait donc une seconde annulation.  Heureusement, le spectacle a été maintenu et, c’est avec une certaine excitation qu’on allait enfin pouvoir découvrir la musique de Christopher Duncan, alias C Duncan, responsable d’un superbe premier elpee baptisé "Architect", un disque paru en juillet de l’an dernier.

Hormis quelques personnes qui profitent du soleil dardant ses rayons sur la terrasse des jardins du Botanique, le site est pour le moins vide, ce mercredi soir. Et pour cause, seul le show du Glaswégien est programmé. Direction vers le Witloof Bar, avant 20 heures, afin de se réserver une place idéale et surtout ne pas avoir la vue partiellement obstruée par les arches en briques. La salle est loin d'être bondée. Il ne faudra donc pas jouer des coudes.

Vers 20 h les lumières s'éteignent. C Duncan monte sur l'estrade. Il est accompagné d’un bassiste, qui se plante à sa gauche, d’un claviériste, à sa droite, et d’un drummer, à l’arrière.   Le jeune songwriter se consacre à la gratte. Le set s’ouvre, tout comme sur l’opus, par l'excellent "Say". La voix de l’artiste insulaire est douce et paisible ; en outre, elle colle parfaitement à la musique. Ses musicos assurent les chœurs dans un climat propice aux belles harmonies vocales. "I'll Be Gone By Winter" est même digne des veillées de Noël. La set list alterne titres cool, comme "For", et morceaux remuants, à l'instar de "Here to There". Mais aussi de nouvelles compos, ainsi qu’une remarquable reprise du "Pearly-Dewdrops' Drops" de Cocteau Twins.

Les quatre musiciens ne sont pas des ‘bêtes de scène’ ; cependant, ils parviennent à créer une chouette ambiance en communiquant avec le public. Et tout particulièrement lorsque le bassiste dédie "He Believes in Miracles" à un ami présent dans l’auditoire qui lui avait annoncé son prochain mariage. Ce qui va déclencher une belle salve d’applaudissements. Christopher Duncan confesse que lui et sa troupe visitent Bruxelles, pour la toute première fois et qu’il comptent se rendre, dès que le concert est terminé au Delirium. Mais les spectateurs de la capitale belge sont les premiers à les dissuader. C’est une brasserie très souvent bondée qui n’attire que les touristes. Rendez-vous est donc pris, après le spectacle, pour échanger les adresses.

Après une heure de set, rappel compris, le combo écossais tire sa révérence. Il est à peine 21 heures, mais la soirée est déjà réussie.

(Organisation : Botanique)

 

 

Christopher Owens

Le minimum syndical

Écrit par

Christophe Owens, c’est l’ex-leader du duo Girls. Avant de se lancer dans une carrière musicale, il a vécu au sein d’une secte religieuse, ‘Children of God’. Toute son enfance, même. Ce soir, le public est venu en masse pour découvrir l’âme damnée du natif de Miami. Sans avoir pu l’appréhender avant le show, un ami me confie toutefois que « Lysandre », son tout premier album, est empreint d’une grande beauté, mais qu’il est de brève durée : pas même 30 minutes au compteur…

Surprise, quand l’artiste monte sur l’estrade, il est accompagné de 7 musicos, dont un saxophoniste/clarinettiste/harmoniciste, mais aussi deux jolies choristes. Pas un mot adressé au public avant de commencer son set. La troupe enchaîne les pépites issues de « Lysandre ». Hormis un instrumental reggae douteux, elles oscillent entre morceaux surf-rock et ballades romantiques sculptées dans l’instrumentation acoustique. Curieusement, chaque morceau est séparé par le même intermède musical moyenâgeux. Ce qui confère finalement une certaine homogénéité et un certain mystère à l’ensemble. Après une petite demi-heure d’un concert varié, forcément slacker et vraiment convainquant, la bande quitte la scène, au plus grand dam du public !

Pour rapidement revenir et entamer la seconde moitié du concert. Faut croire que dans les coulisses, on leur a signifié, qu’il fallait respecter le minimum syndical… Et c’est nonchalamment, que Christopher Owens et ses sbires vont interpréter quelques grands classiques de l’histoire du rock, dont « Wild World » de Cat Stevens, « The Boxer » de Simon & Garfunkel et « Don’t Think Twice It’s Alright » de Bob Dylan, pendant une bonne vingtaine de minutes. Le band donne alors l’impression de jouer sans âme ni passion des titres passe-partout qui doivent plaire à Monsieur et Madame Toutlemonde. Or, quand on sait que Girls nous a légués deux remarquables opus, on est en droit d’être déçus par cette attitude je-m’en-foutiste… On espère, dès lors, que le Floridien aura fait le plein d’énergie et manifestera davantage de bonne volonté, quand il reviendra en concert. Car comment justifier la présence de 7 collaborateurs sur scène, pour pousser à peine quelques chansonnettes. Aussi belles soient-elles…

 (Organisation Botanique)

 

Christophe Cirillo

Funambule

Écrit par

Christophe Cirillo, ex ‘Monsieur Clément’ nous revient pour son troisième album, publié cette fois sous sa véritable identité. Amateur de pop anglaise et de chanson française, cet auteur/compositeur/interprète a déjà une belle petite histoire à raconter…

Sa formation, il ne la doit qu’à lui-même, aucun cours de chant, encore moins de solfège, juste les Beatles et Jimmy Hendrix qui lui donnent envie de se mettre à la guitare à tout juste 18 printemps.  Balbutiant quelques mots d’anglais, ses premières compos faciles et naïves voient le jour. Elles seront  rapidement oubliées, même si Cabrel le repère. La licence de socio en poche et une année dans une école de jazz plus tard, Christophe écrit l’ébauche d’un premier album qu’il envoie à Louis Chédid. En bon samaritain qu’il est, celui-ci guide ses premiers pas. En route pour les premiers cachets reçus lors des préambules des concerts de Calogero et Marc Lavoine. C’est parti !

Sous le pseudo de ‘Monsieur Clément’, il publie ses deux premières réalisations. Tout d’abord un opus éponyme en 2005 et deux ans plus tard « Comme un enfant ».

Il lui aura fallu cinq années avant de remettre le couvert. Bye bye ‘Monsieur Clément’, bonjour Christophe Cirillo. Plus besoin d’un groupe pour s’exprimer, il veut faire son numéro seul, comme le funambule sur son fil !

Passée la plage inaugurale un peu trop ‘footeuse’ à mon goût, on découvre un auteur responsable de chansons tout en finesse, en lumière et en émotion. Ses textes, mélancoliques et sensibles font mouche dès la première écoute. L’amour est le thème central de ses compos. Mais pas de panique, le miel ne coule pas entre les notes, Christophe décline de façon simple ce sentiment à tous les niveaux. Il a les idées claires et ses mots sont justes. Des expériences vécues sans doute, heureuses ou peut être un peu moins.

L’habillage de ses chansons est confié à une pop anglaise sur laquelle viennent se greffer quelques petites notes folk. Les guitares, acoustiques pour la plupart, donnent un relief doux et varié. Les mélodies évidentes, légères et directement accessibles transforment ce disque en une collection de morceaux inspirés, amusants et directs.

Sur ces sonorités pop vient se poser une voix juvénile qui sied merveilleusement à ce projet.

Un album intimiste, varié et vachement réussi pour ce jeune trentenaire qui n’a plus de leçon à recevoir de personne. Il a bien eu raison de prendre de la hauteur, ce funambule chantant…

 

Christophe Maé

On trace la route-Le live

Écrit par

Christophe Maé est, depuis quelques années, un véritable phénomène. C’est de notoriété publique. Il est beau gosse, il a la classe, une voix hors du commun, et sa musique est imprimée sur des rythmes endiablés… On aime ou on n’aime pas, mais ce p’tit gars-là est un véritable artiste. Il sort un second ‘live’ qui suit sa tournée « On trace la route ». Un peu facile et commercial ce concept, c’est certain. Pour rappel, « Comme à la maison », un ‘live’ enregistré sur une plage corse, avait déjà succédé à « Mon Paradis ». N’empêche qu’à chaque fois on est invité à une grande fête emplie de bonne humeur communicative, de la part de l’interprète. Ça chante, ça danse! En alternance, des mélodies qui perforent la tête telles qu’« On s’attache » ou « Belle demoiselle » et de douces chansons à l’écriture remarquable et remarquée comme « Mon P’tit gars », dédiée à son fils Jules. Et comme de coutume, quelques inédits viennent se glisser (« Un peu de blues », « Un autre monde »). Mais bien évidemment, on ne fait pas peau neuve sur un ‘live’, il n’est pas question de redécouvrir ici le chanteur sous un nouveau jour. C’est toujours du Chritophe Maé tout craché! Les Belges y trouveront peut-être une satisfaction supplémentaire puisque Christophe Martichon (oui, oui, il s’agit bien du vrai nom de Christophe Maé) a choisi d’honorer la magnifique salle de Forest National pour y enregistrer « On trace la route-le live ». Plus d’un chanteur a déjà encensé le public bruxellois, le natif de Carpentras le récompense quelque peu.

 

Christopher Cross

Doctor Faith

Écrit par

Christopher Cross vit encore… promis, juré !

Plus de trente ans ont passé ; et personne n’a sans doute oublié « Ride Like the Wind », « Sailing », « Never Be The Same» et « Say You'll Be Mine», ballades baignées par le soleil californien, salées/sucrées, qui émanaient de son premier effort solitaire, réalisé en 1979. Six années plus tard, ce Texan d’origine remet le couvert en inondant les ondes, déjà, d’un dernier succès planétaire, « All right ». Depuis lors, silence radio. Rien de bien valable à se mettre dans l’oreille, malgré quelques tentatives peu concluantes, opérées jusqu’en 1998. Le succès, hélas, boude notre homme, nonobstant des compos de qualité, mais le brin de réussite en moins, sans doute.

Après avoir vécu une grosse dizaine d’années dans une semi-retraite, entrecoupée, business oblige, par la publication de l’une ou l’autre compile ou encore de l’un ou l’autre recueil de reprises acoustiques, Christopher revient à la surface. Il nous propose enfin un nouvel opus découpé en 13 titres qui ne feront pas tache dans son répertoire et devraient ravir ses fans nostalgiques.

La voix est inchangée, la même qu’à ses débuts, caressante, chaude, aussi efficace à 60 printemps qu’à 30.

La recette également est identique : des ballades soyeuses, alimentées par des accords de piano et des interventions de cuivres ainsi que de cordes subtiles.

L’accent a cependant été placé un peu plus sur les guitares qu’auparavant. Aucune autre surprise pour cet album qui aurait pu paraître n’importe quand entre 1981 et maintenant. En dehors de toutes modes, ce style musical est toujours aussi plaisant, empreint de fraîcheur et d’énergie.

Michael McDonald, complice depuis l’avènement de Christopher est toujours fidèle à son poste, en lui assurant les chœurs depuis plus de trente ans. « Doctor Faith », plage qui donne son titre à l’album, voit se reformer le duo pour une chanson particulièrement réussie, sans doute la plus aboutie de ce dernier elpee.

Comme à son habitude (très bonne d’ailleurs), Christopher Cross a soigné son travail. Rien ne laisse penser qu’il aurait bâclé l’un ou l’autre titre. Les 13 chansons sont toutes de qualité égale, aucune faiblesse n’est à relever. Le tout s’écoute sans fatiguer ni lasser un amateur de bonnes mélodies bien ficelées.

Pas de mal à ça !

Retour gagnant pour un sexagénaire qui a encore beaucoup de bonnes vibrations à faire partager.

 

The Daredevil Christopher Wright

In Deference of a Broken Back

Écrit par

A mon humble avis, je vois mal qui parviendra à détrôner le « High Violet » de The National, du titre d’album de l’année. Ne reste donc plus aux autres formations et artistes à se placer en ordre utile pour monter sur les différents podiums, établis en de fin d’année. « In Deference of a Broken Back », le premier elpee de The Daredevil Christopher Wright pourrait y figurer. Un trio yankee responsable d’une pop orchestrale soigneusement déglinguée (NDR : déjantée ?) dans l’esprit de Sufjan Stevens et probablement aussi des Beach Boys. Une explication ? Imaginez des chansons mélodiques, un peu loufoques, véhiculant des lyrics ténébreux, dramatiques voire morbides. Rien que le titre de certaines compos vous donne une petite idée des sujets qui y son traités : « A Conversation About Cancer » et « A Near Death Experience at Sea », par exemple. Franchement, il faut être un peu fêlé pour écrire des compos guillerettes sur le thème de l’hôpital… D’ailleurs, si le moral influe sur la guérison des malades, les fans de « In Deference of a Broken Back » ont assurément plus de chances de se rétablir, que ceux d’« Hospice » de The Antlers…

Bon Iver s’est chargé de produire cet opus. Etonnant, puisque la musique du génie des bois et totalement différente de celle de TDCW. Les compos de cet « In Deference of a Broken Back » se signalent par leur richesse mélodique (« Bury You Alive »), la frivolité du ton (les très folk « Clouds » et « War Stories ») ou encore la créativité débordante (« A Conversation About Cancer »). Les orchestrations sont subtiles et colorées. Un véritable arc-en-ciel de sonorités procurées par une multitude d’instruments. On a même droit à des violons, du wurlitzer, de la flûte et du tambourin, que ce partagent ces multi-instrumentistes virtuoses. Mais si le combo est originaire d’Eau Claire (NDR : c’est dans le Wisconsin), leur consommation ne doit probablement pas se limiter à l’eau de source…

La campagne américaine revêt ses habits du dimanche, invitant ‘Christopher Le Casse-Cou’ à guérir tous les maux, à l’aide de sa joyeuse mélancolie. On en reparlera donc en fin d’année, à l’heure de faire les comptes. Mais comment ne pas tomber sous le charme d’un groupe, lorsqu’il achève son album, le plus naturellement du monde, par ces mots : ‘What a shame, what a shame / We’ll never see that man again / He was attempting his longest jump yet / But there was such a wind today / That it blew his life away’? The Daredevil Christopher Wright vient probablement de signer une œuvre essentielle.

 

Christophe Willem

Heartbox (single)

Écrit par

Vous souvenez-vous du parfum « Double Je », sorti par la marque Eau Jeune, il y a une dizaine d’années ? Un parfum peu cher, dont le concept résidait dans la composition chimique des deux éléments non miscibles. Une partie grasse et violette flottait à la surface tandis que l’autre fragrance, blanchâtre, demeurait au-dessous. Il fallait secouer le flacon avant de s’asperger. La publicité poétisait : ‘jamais celle que l’on croit’. En fait, le parfum laissait un film huileux sur la peau, et puait la cocotte.

Le rapport avec Christophe Willem ? L’une des ses chanson s’intitule « Double Je ». On le trouve également en grande surface (dans les rayons et dans les haut-parleurs). Le tout est a peu près du même goût, écœurant, médiocre et artificiel.

Sur le site du label et celui de l’‘artiste’, vainqueur de la nouvelle star en 2006, on peut lire que Christophe Willem est populaire : ‘Un premier disque de diamant, une Victoire de la musique, quatre Bataclan, trois Olympia, huit Cigale, un Zénith de Paris, et 130 000 spectateurs sur la tournée qui ont contracté la fièvre scénique de ce fauve libéré de sa cage cathodique.’ Son style y est qualifié de ‘bandant’. Et bien si le public francophone est excité par des purs produits de consommation tels que Christophe Willem, à mi-chemin entre une Mylène Farmer cheap et une Zazie discount, nous n’avons plus qu’à pleurer. Son premier single devait d’ailleurs s’appeler « Elu produit de l’année », et le choix est judicieux, car sa musique est le comble du commercial. De la musique de supermarché qui fait merveille au rayon charcuterie.

Christophe Willem

Brussel’s night fever…

Écrit par

Phénomène issu de l’émission radio crochet ‘La nouvelle star’, Christophe Willem avait donné rendez-vous à ses fans mercredi soir, à Bruxelles. Quelques heures avant de m’y rendre, l’envie n’y était pas. Faut dire qu’en règle générale, ce genre de variété franchouillarde ne m’inspire pas beaucoup. Mais bon, j’avais sollicité et reçu une invitation ; j’étais donc tenu de répondre présent. Normal ! Allez, courage, quand faut y aller, faut y aller…

Pour ne pas changer les bonnes habitudes, lors d’un concert prévu à Forest, j’ai droit à ma dose de bouchons dès la sortie de l’autoroute et un mal de chien pour dénicher une place de stationnement. Mais tout vient à point à qui sait attendre et au guichet m’est remise une place de choix, face à la scène, juste derrière la table de mixage. Et un bon point, un ! Je m’installe et constate rapidement que le public n’est pas tout à fait celui auquel je m’attendais. Là où je croyais ne rencontrer que des jeunes (et moins jeunes) femmes, force est de constater que Christophe Willem attire, tout comme Tintin, les jeunes de 7 à 77 ans, tant de sexe masculin que féminin. Manifestement non, Christophe Willem n’est pas que le héros des ménagères de moins de 50 balais, loin de là…

Il est vingt heures pétantes lorsque Sky, petit bout de femme, seule au monde, nous apparaît, isolée face à 6 000 personnes, ne disposant comme seule arme, qu’une guitare acoustique. Mais visiblement, cette situation ne l’effraie pas. Courageusement, elle entame sa première chanson et révèle au public une facilité de voix assez déconcertante ainsi qu’un jeu de cordes très au point et non moins efficace. Se baladant tant en français qu’en anglais, la belle nous met en forme durant la petite demi-heure que lui a accordée son  ‘patron’… (NDR : elle est également invitée à former un duo dans le spectacle de l’ex-nouvelle star, dont elle n’était que choriste lors de la tournée précédente). Et cela marche. Très bien même. Oscillant entre Zazie et Sheryl Crow, les titres qu’elle nous propose sont tout à fait de nature à mettre l’assemblée en appétit. La demi-heure est donc vite avalée et digérée.

Il ne faut pas plus d’une vingtaine de minutes pour que l’idole, que toute la salle attend, fasse son apparition. Et quelle apparition ! Après un générique (sur un écran super géant) digne d’un film à gros budget, Christophe Willem opère une entrée remarquée et remarquable. Suspendu à un câble par la main gauche et le micro dans l’autre, il descend tel un artiste de cirque, au milieu de l’arène, tout en entamant son premier titre « Berlin », repris directement par 6 000 chœurs plus qu’enthousiastes. Et c’est un euphémisme ! Tout au long des deux heures de spectacle, ce sera une constante. La foule chantera et dansera. Et déjà à ce moment-là, bien que ne connaissant quasi rien de son répertoire, le doute m’habite. Je me demande où je suis tombé. Plutôt habitué à l’odeur d’un joint pourri, j’ai pour une fois dans le nez des parfums plus chics les uns que les autres ! Ça change…

 

Sur scène, ils sont sept outre la vedette : trois choristes, dont deux superbes créatures, un trio basse-guitare-batterie et une claviériste rompue à tous les exercices dont ceux des effets sonores spéciaux. Et bien sûr, Sky qui viendra interpréter quelques duos dont une fabuleuse reprise de « Why » d’Eurythmics. C’est la soirée du strass et des paillettes, le retour des années disco, un spectacle son et lumières fabuleux, un clip vidéo gigantesque de deux heures. 

 

Ce grand déglingué sans allure nous en met plein la vue et les oreilles. Il nous bluffe complètement en usant de sa voix d’une justesse remarquable et jouant à la fois au chauffeur de salle, au comédien, à l’humoriste, au danseur. Il va même jusqu’à descendre au milieu de la fosse pour entraîner sur le podium Micheline (non non, j’sais pas qui c’est) en compagnie de laquelle il interprètera le titre suivant tout en esquissant un pas de danse. Et là je me dis : ‘Très fort le bougre’. Et je me surprends à battre la mesure, à sourire, rire même. Ben oui, je m’amuse, beaucoup même. La bonne humeur est contagieuse !

Après « Trash », morceau électro-pop surpuissant, Christophe honore ses comparses en les mettant en évidence chacun à leur tour. Visiblement authentique, sympa et relativement rare… D’une simplicité et d’un naturel assez convivial, il arrive à mettre Bruxelles dans sa poche (ben oui, moi aussi) ! Cinq bonnes minutes seront nécessaires à la reprise du ‘concert’. Le public acclamant son idole durant de longs moments au son du célèbre refrain de « Seven nation army » dont il avoue ne pas connaître les paroles, sans quoi…

Le calme revenu, il choisit d’entamer « Why » en duo avec Sky. Sur fond bleu azur, ce titre renaît de ses cendres et confirme tout le talent d’interprète de ce grand bigleux hors du commun. La belle ne le quitte plus pour la fin du show et voit son statut de choriste passer à celui de complice…

On épinglera aussi tout l’humour dont une certaine dose d’autodérision qui caractérise le personnage. Projetant d’immenses photos de lui-même en arrière-plan, il n’a visiblement pas choisi les clichés les plus avantageux et n’en a cure. Cela marche et fait à nouveau (sou)rire les plus pincés, s’il y en avait… Le ‘Coffie Tour’ arrive déjà à sa fin, plus d’une trente, seize titres passés à la vitesse de la lumière. Et pour une fois, le son était à la hauteur, les ingénieurs ont fait du bon boulot dans cette salle à l’acoustique minable. 

Les lumières s’éteignent sur le final de « Heartbox ». Mais des milliers de mouchoirs blancs s’agitent et réclament le retour de la star. Et sans manière, sans chichi, sans faire patienter de longues minutes ses fans, il revient. Seul au piano pour interpréter « Si je tombais », superbe ballade qui dénote un peu dans le répertoire de ce showman complètement déjanté. Et une fois de plus ça marche. Il peut tout se permettre, rien à dire il est doué le mec ! Avant de tirer sa révérence, il se demande s’il n’a pas oublié un titre. Et celui que tous attendaient, le seul que je connaissais réellement, « Double jeu » terminera la soirée de la même manière qu’elle avait commencée. Sur les chapeaux de roues.

Ben franchement, moi je lui tire le mien à ce gars. Il m’a blousé. De la première à la dernière minute. Il m’a invité à une grosse fête où tout le monde s’amuse, tout le monde rigole. Où la bonne humeur est ou devient obligatoire. Il ne nous laisse pas le choix. Ce mec-là, c’est un remède contre tout ce qui va mal ou pas bien. C’est un mélange de ‘Prosac’ et de gélules survitaminées.

Et puis basta avec le reste. Faites comme moi. Partez avec des pieds de plomb et revenez en chantant, heureux…

(Organisation Live Nation) 

 

Christophe Maé

On trace la route

Écrit par

Simpliste et simplet

Révélé par la comédie musicale (?) « Le Roi Soleil », Christophe Maé compte déjà trois albums à son actif, en moins de quatre ans. Après avoir publié « Mon paradis » en 2007 et « Comme à la maison », l’année suivante, il nous propose aujourd’hui « On trace la route ». Essaierait-il de rattraper le temps perdu lors de projets foireux du style « Mozart », « Notre-Dame de Paris », « Roméo et Juliette » et compagnie ? On serait bien tenté de le croire…

Comme pour ses deux premières réalisations, Christophe Maé a de nouveau fait appel à l’équipe : Volodia aux manettes, coréalisateur et ingénieur du son ainsi que le fidèle Bruno Dandrimont, guitariste/compositeur et ami de longue date. Pour l’écriture des textes, outre l’incontournable Lionel Florence, Boris Bergman, qui a signé pour Bashung notamment, et Diam’s, offrent eux aussi leur contribution.

Pour concocter ce troisième opus, Christophe Maé, de son vrai nom Christophe Martichon (ben oui ça ne s’invente pas) a voulu tester l’exotisme. Il s’est donc rendu à Dakar et Saint Louis pour se tremper quelque peu dans l’ambiance africaine ; mais également pour tenter de  communiquer à ses chansons une connotation afro/soul. Le résultat obtenu n’est qu’une pâle copie de ce que Yannick Noah réalise depuis quelques années, dans l’univers de l’afro-zouk-reggae.

Simpliste, sa musique ne repose que sur quelques accords de guitare et des rythmes identiques et sans saveur. Les textes sont, quant à eux, en dessous du niveau de la mer. Ils ne tiennent à rien (on y apprend qu'il aime sa femme, on est rassuré pour elle !) Pour couronner le tout, la voix (qui est inaudible) est en total désaccord avec l'ensemble.

En conclusion, cet album n'a aucune âme, et pour argumenter ce point de vue, tout en étant à la hauteur des textes : c'est mauvais. Mais Christophe Maé n’en a cure, il vendra. TF1, Europe1 et RTL matraquent déjà, sur leurs ondes, le single « Dingue, dingue dingue », afin que cette ‘œuvre’ devienne une des révélations de l’année.

Pour ajouter une touche finale encore plus personnelle, je dirais que les photos du livret ne représentent en rien la réalité de la vie sénégalaise. Notre pseudo-vedette a l’art de se draper dans des décors superbes. Pour avoir vécu l’aventure africaine de l’intérieur, je peux vous garantir que ces images cachent, en réalité, un univers misérable pour les autochtones. Et une manipulation (de plus), une !

 

Christopher Leigh

Gotta boogie

Écrit par

Christopher Leigh n’est guère connu dans l’univers du blues. Et pourtant, il a entamé sa carrière au début des années 80. Mais au sein d’une formation de heavy metal : Life After Death. Ce n’est qu’au fil du temps qu’il a changé d’orientation musicale. Originaire de Smiths Creek, dans le Michigan, ce chanteur/guitariste/compositeur militait, début de ce siècle, chez Alley Katz, une formation responsable d’un elpee intitulé "Going alley on your minds", en 2005. Mais auparavant, il avait concocté un opus solo : "I don't know". Un disque qui vient d’être réédité sur le même label ! Pour cet album, il est encore flanqué des Boogie Chillens, une de ces innombrables formations américaines qui jouent la musique des racines, c'est-à-dire un mélange particulièrement vibrant de blues, de rock et de boogie. Issus de Detroit, ils avaient choisi ce patronyme pour rendre hommage à Mr John Lee Hooker, mythe qui était parvenu à asseoir la réputation du blues et du boogie de la Motor City. Mais depuis la sortie de ce long playing, le combo a dû changer de nom. Motif : un ensemble concurrent se produisait déjà sous cette appellation. Ils se sont donc rebaptisés tout simplement The Christopher Leigh Band

Le disque s’ouvre par une intervention légère de Joe Neely à l'orgue. Le timbre vocal de Mr Leigh est quelque peu nasillard. Il se réserve une bonne première sortie aux cordes, mais en alignant ses notes de manière parcimonieuse. Il embraie par un blues imprimé sur un mid tempo. Constitué de Gary Ellis à la batterie et Rudy Alcala à la basse, la section rythmique porte bien l’ensemble. Une approche plutôt british blues! Leigh force sa voix sur "Gotta boogie", un boogie classique de circonstance. Joe Neely trame le décor sonore de son orgue Hammond B3, s’autorisant même une certaine liberté, avant que le boss ne prenne le relais pour s’acharner sur sa slide. Il chante "True love", un blues lent très conventionnel. Face à l’orgue, il libère quelques chapelets de notes pour accompagner son chant! Il injecte beaucoup de sensibilité dans le pincement de des cordes. Une nouvelle fois, dans un style proche du british blues d'autrefois. Une seule cover : le "Chicken heads" de Bobby Rush. Mais dans un style différent. Radicalement funky, mais rudimentaire. "Since you went away" est une de mes compos préférées. Une ballade blues très lente, bouleversante, digne des débuts des Stones. Christopher est au sommet de son art. Soutenue de chœurs féminins, sa voix passe très bien la rampe. Indolent et ténébreux, "Pullin' in the station" véhicule un curieux pouvoir de séduction. "Twin heroes" est un autre blues de bonne facture, imprimé sur un mid tempo. Il est dédié à Clarence et Curtis Butler, deux jumeaux vétérans de la scène de Detroit, qui se produisaient sous le patronyme des Butler Twins (NDR : ils avaient participé, milieu des années 90, au Brussels Blues Festival). Plus métallique voire agressif, "Voodoo boogie" est évidemment un autre boogie ; mais il se rapproche davantage de l’univers sonore de Hound Dog Taylor et Lil' Ed & the Blues Imperials. Après s’être offert une parenthèse exotique ou si vous préférez caribéenne, les Boogie Chillens achèvent l’opus par un dernier blues lent. L’intensité y est permanente. La voix excellente. L’orgue Hammond très proche et la guitare minimaliste. A vous flanquer le frisson ! Sans s’avérer révolutionnaire, il faut reconnaître que ce « Gotta boogie » ne manque pas de charme…

Christophe Willem

Caféine

Écrit par

Le candidat de télé-crochet élu ‘produit de l’année’ en 2006 compte bien récupérer son titre en 2009. Derrière ses lunettes sans verres et son air gauche, Christophe Willem reprend possession de son micro avec davantage d’assurance qu’à la sortie de son premier recueil. Plus posées, plus élégantes et plus ambitieuses que celles de son « Inventaire », les quatorze capsules de « Caféine » tiendront certainement éveillés les fans de l’homme au surnom ridicule. Au crédit de ce second opus, on retrouve l’éternelle Zazie dont la plume est reconnaissable, même les oreilles bouchées (« Yaourt et lavabo », « La demande »). Jennifer Ayache de Superbus s’y colle également, apparemment plus douée lorsqu’il s’agit d’écrire pour les autres (« Tu te fous de nous »). Mais la complice privilégiée de Willem sur ce « Caféine » est Skye, nouvel espoir de la scène francophone, qui partage ses mots et le micro avec le brave bonhomme (« Trash », « Entre nous et le sol », « Coffee »…)

Willem mène donc sa barque comme il se doit, à mille lieues de tous les oubliés des télé-crochets. Ce qui ne l’empêche pas de se vautrer lorsque, par exemple, il adapte le « Sensitized » de Kylie Minogue à la langue de Molière sans lui apporter une plus-value. De plus, le titre est présenté comme un duo entre les deux artistes, alors que Willem ne fait qu’apporter des chœurs au morceau déjà présent sur le « X » de la petite dame. Une erreur de parcours joliment rattrapée par le single obsédant « Berlin » ou le discoïde « Heartbox ». ‘La tortue’ n’a plus rien à apprendre de tous les lièvres de la scène francophone.

Christopher Bissonnette

In Between Words

Écrit par

Nouvelle signature du label chicagolais Kranky, Christopher Bissonnette résume assez bien la philosophie entretenue depuis toujours par l’écurie : la recherche d’un subtil un équilibre entre douceur et expérimentation. Mais ces exercices de style sont souvent très susceptibles de plonger l’auditeur dans les bras de Morphée. Christopher Bissonnette a donc décidé de suspendre ses productions vidéo pour se consacrer à la musique. En fait de musique, on devrait plutôt parler d’interminables voyages sonores déchirés entre ennui et splendeur.

Le second elpee du Canadien, « In Between Words » s’explique en six compositions orchestrales, longues et uniformes, inspirées principalement de la musique dite ‘classique’. La symphonie et l’électronique font ici bon ménage pour nous bercer dans une forme de mélancolie pure. L’opus est découpé en six morceaux, six plages d’une longueur minimale de six minutes. Dès « Provenance », le titre d’ouverture, Bissonnette annonce la couleur : celle d’une langueur monotone. Un parcours qui se terminera cependant en beauté par « Jour et Nuit ». Une compo envoûtante, caractérisée par quelles superbes montées en puissance. A conseiller à celles et ceux qui cherchent une bande sonore pour leurs pratiques méditatives ou contemplatives…

 

Christophe Willem

Inventaire. Tout en acoustique

Écrit par

La tortue ! En 2006, les téléspectateurs de M6 élisaient Chistophe Willem produit de l’année. Un an plus tard, le grand gaillard un peu gauche caracole en tête des ventes des singles avec l’obsédant « Double je » ainsi que celui des albums, grâce à « Inventaire », un premier acte des plus respectables. Prête à entamer une grande tournée affichant d’ores et déjà sold out, la plus rentable des nouvelles stars offre à ses fans une nouvelle mouture de son premier carton. Comme son intitulé l’indique, « Inventaire. Tout en acoustique » reprend tout simplement certains titres de son premier essai à la gratte sèche, au piano et autres instruments unplugged.

Enregistré à Paris lors d’un concert privé organisé par la chaîne télévise responsable de son succès, ce CD/DVD démontre une nouvelle fois que l’on peut être issu de la télé réalité et éviter de se faire broyer et manipuler par ce système foireux. En effet, hormis le patronyme de Christophe Willem et celui d’Amel Bent avant lui, qui est encore capable de citer le nom de l’un ou l’autre participant ou finaliste de la fameuse « Nouvelle Star » de M6 ?

« Inventaire. Tout en acoustique » présage un nouveau carton plein pour le jeune homme et sa voix incomparable. On y retrouve de jolies versions retravaillées de, notamment, « Double Je », « Elu produit de l’année », « Jacques a dit » ou encore « Quelle chance ». Côté inédits, Willem nous gratifie d’un charmant « Des nues » ainsi qu’une version personnelle du « Zombie » des Cranberries et le « Sunny » de Boney M, son premier single absent de la version originale de cette plaque. Tout en retenue, Chistophe Willem est d’un naturel si sympathique qu’il est impossible de trouver quelque chose à redire sur le personnage et ses prestations exceptionnelles. Produit de l’année made in France ? Assurément !

Ben Christophers

Spoonface

Écrit par

Ben Christophers possède une très belle voix. Falsetto, fragile, pure, elle alimente des chansons mélancoliques, née d'un subtil mélange de folk, d'électronique et de pop. Une sorte de lo fi méticuleuse mise au service d'un talent intuitif. Et la plupart des chansons de son deuxième opus sont calquées sur ce schéma. Toujours produit par David Koster, son nouvel elpee laisse également une place à de nouvelles perspectives. A l'instar de " Falls into view ", déchiré entre piano sonore et voix. Du psychédélique visionnaire " The stream ". Et enfin de trois titres plus enlevés, funkysants. Tout d'abord en ouverture, "Leaving my sorrow behind". "Transatlantic shooting stars", ensuite. Un fragment caractérisé par un groove particulièrement contagieux. Et enfin, " Losing myself ". Une composition dont la basse entêtante, presque house, nous rappelle le meilleur de Happy Mondays…

 

Ben Christophers

My beautiful demon

Issu de Wolverhampton, en Angleterre, Ben Christophers compose depuis sa plus tendre enfance. Il joue également de la guitare et des claviers. Mais possède surtout, une voix hors du commun, dont le timbre évoque, tour à tour Perry Blake, Thom Yorke, Jeff Buckley, Mc Almont ou Matthew Bellamy. Pour enregistrer son premier album, il a reçu le concours de quelques musiciens de studio talentueux, dont un certain Mark Feltman, à l’harmonica. Que vous avez sans doute déjà pu apprécier, pour le brio dont il fait preuve, sur le nouveau single de Ben, « Give me everything ». Ainsi que de David Kosten à la production. Un personnage qui accorde beaucoup de soin aux arrangements technologiques et aux orchestrations symphoniques. Et à l’intégration des samples dans la musique classique. Cependant, on a parfois l’impression, qu’il en fait un peu trop. La pureté des émotions souffrant d’ailleurs de cet excès de sophistication. Dommage, car lorsque Ben s’abandonne dans des accès de frénésie instrumentale, dignes de Radiohead ou de Muse, ou lorsqu’il épouse simplement le fil de sa sensibilité mélodique, il devient franchement brillant. Ce n’est malheureusement que trop rarement le cas. Et la composition susvisée, le douloureux « Remote control », ainsi que le single et titre maître de l’opus, ne sont finalement que des exceptions qui confirment la règle.