La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Julie´s Haircut

L‘opposition radieuse de Julie’s Haircut

Julie's Haircut a partagé « To The Sacred Mantle », le troisième single extrait de son prochain album « Radiance Opposition ». Le morceau se déroule comme un voyage à travers un paysage profond et immersif le long d'un sentier alchimique. Il est porté par des pulsations percussives et des vagues de synthé scintillantes, sa structure minimaliste est imprégnée de voix hypnotiques et de guitares spectrales, façonnant un rite d'initiation sonore pour les esprits réceptifs.

« Radiance Opposition » constitue le dixième opus studio de Julie's Haircut, l'un des groupes indépendants les plus durables et les plus audacieux d'Italie. Il sortira le 28 novembre via Superlove (Europe) et Weird Beard Records (Royaume-Uni). Sur ce premier long format depuis 2019, Julie's Haircut fait un pas audacieux vers le renouveau, poussant son expression sonore vers de nouveaux territoires saisissants.

La formation composée de six membres comprend maintenant la chanteuse et compositrice italo-nigériane Anna Bassy, nouvelle recrue qui rejoint l'équipe déjà bien établie composée de Nicola Caleffi, Luca Giovanardi, Andrea Rovacchi, Andrea Scarfone et Ulisse Tramalloni. Ce elpee offre un voyage cohérent mais aux multiples facettes à travers huit morceaux cycliques, combinant psychédélisme, musique électronique et polyrythmes. Cela est particulièrement évident dans la plage d'ouverture, « I Can See The Light », qui passe d'un prélude sombre et pulsé à une coda revigorante et hypnotique.

L'album tout entier se déroule avec un équilibre rare, voyageant à travers des morceaux qui mêlent des atmosphères immersives et des voix envoûtantes (« Spring Moon », « To The Sacred Mantle »), des formes synthétiques et des rythmes dynamiques (« Unit Circle », « Wounds »), et des bruits texturés entrelacés de chants hypnotiques (« The Earth Knows »), le tout ancré dans une expérience cohérente et transformatrice.

Le clip du single « To the Sacred Mantle » est à voir et écouter

 

Cut Worms

Deux singles pour Cut Worms

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L’auteur-compositeur- interprète basé à Brooklyn, Cut Worms, aka Max Clarke, vient de sortir deux nouveaux singles : « I'll Never Make It » et « Don't Fade Out », tous deux extraits de son nouvel opus éponyme, qui sortira le 21 juillet.  Clarke poursuit son exploration de l'essentialisme pop. Lorsqu'il écrit et compose, il se met au défi de supprimer tout détail superflu et de se concentrer sur l'essentiel pour renforcer ses chansons.

Un esprit juvénile anime les neuf chansons de « Cut Worms ». Le titre d’ouverture de l'album, Don't Fade Out, enregistré à Brooklyn par Brian et Michael D'Addario des Lemon Twigs –qui y jouent respectivement du piano et de la basse– évoque la fraîcheur d'une douce soirée estivale. Sur la vidéo de I’ll Never Make It, réalisée et montée par Caroline Gohlke, on voit Clarke chantant au milieu d'une fête foraine nuageuse.

Sur « Cut Worms », Max Clarke a laissé derrière lui les studios légendaires et les producteurs de renom au profit d'une approche plus artisanale, travaillant en compagnie d’un groupe d'amis et de collaborateurs. Au de bosser dans un seul studio en une seule fois, Clarke a varié ses méthodes. Trois des chansons ont été enregistrées dans son espace de répétition partagé ; deux autres l’ont été à Brooklyn par Brian et Michael D'Addorio des Lemon Twigs, qui ont également joué respectivement du piano et de la basse sur ces deux chansons. Les enregistrements supplémentaires ont été réalisés par Rick Spataro (de Florist) dans son studio de la vallée de l'Hudson, Onlyness Analog, avec la contribution du groupe live de Cut Worms composé du claviériste John Andrews, du bassiste Keven Louis Lareau et du batteur Noah Bond.

Le clip de « I'll Never Make It » est disponible ici et celui de « Don't Fade Out » (lyric vidéo),

 

 

 

Death Cab For Cutie

Death Cab For Cutie combat l’urbanisation à outrance…

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Death Cab For Cutie célèbre son 25ème anniversaire en publiant son 10ème album studio "Asphalt Meadows". Produit par John Congleton (St Vincent, Sharon Van Etten, Wallows), l’elpee inclut le nouveau single "Asphalt Meadows", ainsi que les précédents "Here To Forever" et "Roman Candles". Aux États-Unis, la tournée ‘Asphalt Meadows’ démarre cet automne et s'arrêtera à De Roma, à Anvers, le 14 mars 2023.

Le clip d’"Asphalt Meadows" est disponible ici

 

 

Cut Worms

Hollow Ground

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Après avoir publié plusieurs Eps, Max Clarke vient de franchir une étape supplémentaire dans son parcours, en gravant un premier elpee. Un disque paru sur le label américain Jagjaguwar (Bon Iver, Unknow Mortal Orchestra, Angel Olsen, ...) Pour concocter ce premier essai, le New-Yorkais (NDR : il est issu de Brooklyn) s’est bien entouré puisqu’il a bénéficié du concours de Jonathan Rado (tête pensante de Foxygen et notamment responsable de la mise en forme d’albums de Trevor Sensor, Alex Cameron et Whitney), à la production.

« Hollow Ground » nous replonge au beau milieu des golden sixties. En Angleterre, très exactement. Chœurs, guitares limpides et claviers rétro nous rappellent les Kinks ou encore les Beatles. Mais cette pop/rock vintage et plutôt riche est parfois enrichie de cuivres, à l’instar de « Coward’s Confidence ». Excellent songwriter, Max Clarke est capable de torcher des mélodies particulièrement accrocheuses, mais également de nous réserver des superbes ballades comme, par exemple, « Tomorrow Goes Away » ou des titres plus énergiques, à l’instar de « Cash for Gold »…

 

Cut Hands

Rip it, cut it & dance to this!

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On vous le répète sans cesse, le Magasin 4 fête, pour l’instant, ses 20 ans d’existence, en proposant une ‘prog’ aussi variée qu'intéressante. On se plonge cette fois-ci dans une affiche plutôt expérimentale et sans concession. Quand on joue dans ce créneau on ne s'attend naturellement pas à la grande foule ; et effectivement j'ai retrouvé l'intimé propre aux soirées à prises de risques... Bref nous n'étions sans doute guère plus d'une cinquantaine de personnes au temps fort de celle-ci. Mais c'était après le premier live dont je vais vous parler.

Un premier live assuré par Ripit devant quelques rares spectateurs motivés, projet au sein duquel on trouve Niko, infatigable activiste qui a organisé de nombreux concerts et tourné pas mal aussi bien en Europe qu'en Amérique du Nord. Accompagné sur scène par son acolyte Tzii aux visuels (en compagnie duquel il œuvre aussi dans Fujako, fabuleux duo abstract hip hop/indus/dub) il balance une mixture de beats concassés, de boucles volontairement pas trop carrées et de sons assez noise et profonds qui se déploient librement dans l'espace sonore. Pour y parvenir, il a recours à des moyens assez limités comme une boîte à rythmes antique, l'un ou l'autre synthé et une table de mix. Le résultat connaît évidemment des fortunes diverses, parfois boiteuses, parfois faussement dansantes, mais souvent ‘abîmées’ et longeant des chemins de traverse.

Place ensuite à un duo romain baptisé Germanotta Youth, un duo revendiquant l'étiquette cyber-math-grindcore. Solide programme en perspective pour cette paire ultra speedée, qui combine la frénésie et la précision dans un trip de dingo grâce à un batteur hallucinant (à peine âgé de 22 ans) et un claviériste tout aussi assez impressionnant. Toutes les boucles de batterie sont exécutées live et sonnent comme des rafales de beats qu'on imaginent samplées et accélérées. Mais non! Un résultat obtenu grâce à un usage habile mais parfois un peu systématique de la double pédale, auquel répondent les gros sons de synthés basses et autres également joués en direct. On croirait quelquefois entendre un groupe ‘prog’ sous influence et en 78 tours, gardant toujours des mélodies sous le coude, malgré le bruit et la cadence imposée, incroyable mais quasi-permanente. En effet, il faut souligner la maîtrise du groupe qui malgré l’énergie voire la violence inimaginable libérée, parvient à ne pas dépasser un niveau de volume qui ferait passer sa musique de jouissive à douloureuse. Pareil en ce qui concerne l’intensité du set. Quarante-cinq minutes sont bien suffisantes ! Et nous sommes bien chauds pour la suite du programme.

Et quelle excellente surprise d'entendre William Bennet, membre de White House (tiens on parlait de musique douloureuse...), s'adonner à la transe percussive! En effet, si le côté noise propre à la formation culte n'est pas complètement oublié, il est en tout cas bien en retrait par rapport aux sons percussifs qui dominent largement la musique de Cut Hands. On rentre assez directement dans le vif du sujet ; et petit à petit le Magasin 4 se change en dancefloor electro-indus, métamorphose que j'apprécie particulièrement et n'avais pas encore eu l'occasion de vivre là-bas. Pulsations à la fois tribales et mécaniques, rétro et futuristes qui évoquent aussi bien des rituels vaudous fantasmés (?) que l'ambiance froide et industrielle de vastes hangars abritant des free parties. Nous sommes peu nombreux mais enthousiastes et le set se prolonge au delà du couvre-feu habituel alors que le son s'étoffe et devient plus bruitiste. J'ignore jusqu'à quelle heure la fête a continué, car il a bien fallu se résoudre à aller prendre le train du retour pour un voyage aussi mécanique mais nettement moins plaisant tout de même... Mais quel final pour cette soirée qui nous a encore donné une bien belle occasion d'aller souffler les bougies de la salle de l'Avenue du Port!

(Organisation : Magasin 4)

 

Connect_icut

Small Town By The Sea

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Samuel Macklin est anglais mais a immigré il y a quelques années à Vancouver, cette petite ville près de la mer qui a inspiré son cinquième elpee. "Small Town By The Sea" constitue sa deuxième réalisation sur Aagoo, un label aventureux du New jersey qui abrite entre autres des oeuvres de KK Null, Blevin Blectom, Philippe Petit, AU, Xiu Xiu et Colin Stetson. 

Ce nouvel opus n'est pas fondamentalement différent des précédents. On retrouve en effet l'ambient expérimental ciselé qui a fait la renommée de l'artiste et lui a permis de partager nombre de dates avec Oneohtrix Point Never et Loscil. Mais il y a tout de même un certain renouvellement puisque Macklin incorpore pour la première fois des micro-rythmiques et quelques bribes de voix déstructurées. Il y a également la présence de field recordings puisque hommage oblige, l'album est peuplé de samples de sons enregistrés à Vancouver. Il se clôture d'ailleurs par le doux bercement des vagues de Jericho Beach.

On est donc en présence de l'oeuvre la plus ambitieuse et la plus aboutie de la discographie de Connect_icut. Une remarquable fusion de glitch, d'electronica, de noise et d'abstractions sonores, savamment psychédélique et relativement abordable.

Pourtant, le disque s'ouvre par le morceau le plus hermétique à mon sens, l'austère "Bird Internet. Cueilli à froid par des chants d'oiseaux stridents et une voix inhumaine bouclée, on a du mal à pénétrer dans cet univers fait de drones et de micro scratches soutenus par des beats fantomatiques quasi martiaux. Malgré ce climat un peu hermétique, une certaine transe s'installe et on comprend les régulières comparaisons avec Oneohtrix Point Never et Oval.

"Tennis Players", est une revisite glitch d'un morceau du groupe australien Otouto. La charmante voix de la chanteuse Hazel Brown (collaboratrice entre autres de Serengeti) est torturée et hachée menu mais conserve une certaine poésie post-nucléaire.

Arrive alors l'excellent "Bathrom Mirror" et sa rivière de drones. Une basse répétitive, presque menaçante, tel un glas, confère une atmosphère de procession funèbre, de messe transique au morceau le plus electronica de l'album.

Dans "74 Guitars" apparaît fatalement un sample de guitare au milieu d'une guirlande de sons qui vont et viennent. Une mélodie dronique évanescente traverse ces couches sonores abstraites et psychédéliques. Quelques bribes du Célesta de Sunday Morning surgissent sporadiquement, bien martyrisées par le Max/MSP, le logiciel utilisé par Macklin. 

Les deux dernières pièces concluent magistralement "Small Town By The Sea". "Big Siobhán" offre une progression démoniaque. La mélodie minimaliste et lancinante qui parcourt le morceau lui confère une atmosphère étourdissante, quasi claustrophobe renforcée par une boucle de voix mutante. On n’est pas loin du monde de Burial. Et le "Cat Town" final nous plonge pendant 11 minutes dans des climats ambient oniriques où serpentent de légers drones.

Bref, une très belle expérience sonore à la fois enveloppante et menaçante, passionnante et perturbante qui, il faut le signaler, bénéficie de mixages relativement différents sur cd et sur vinyle (sur sillon, les versions sont allongées et plus éthérées). Vivement conseillé pour les amateurs du genre.

 

Cut Copy

Free your mind

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Le nouvel opus de Cut Copy est un cadeau idéal à offrir pour les fêtes de fin d’année. Et il nous vient d’Australie ! De Melbourne, très exactement. Si vous comptez terminer 2013 sur une bonne note, ce « Free Your Mind » devrait vous satisfaire. Rien de tel pour retrouver la forme, avant de passer une bonne dernière soirée. Comme le titre de leur quatrième LP le suggère, pour apprécier pleinement ce disque, il suffit de vous libérer l’esprit. De vous laisser envahir par la musique, si vous préférez. Pas question ici de réfléchir ou d’analyser…

Au fil des tournées, le quatuor s’est forgé une belle expérience pour chauffer les salles. Par pour rien qu’il a assuré les premières parties de Franz Ferdinand, Bloc Party ou Daft Punk. En fait, la synthpop de Cut Copy est essentiellement destinée aux dance-floors. Vintage, elle est manifestement influencée par la house insulaire des 80’s. Les nappes de claviers se superposent, se frottent, avant que Dan Whitford ne vienne poser la voix sur l’ensemble. L’invitation à danser est claire. Impossible de ne pas battre du pied en écoutant cette musique. Guère novatrice, il est vrai, mais idéale pour se défouler.

Pour votre info, sachez que la mise en forme a été réalisée par Dave Fridmann, devenu notamment célèbre pour avoir produit les albums de Mercury Rev, Flaming Lips, MGMT et Tame Impala.

 

Papercuts

Fading Parade

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Papercuts est un groupe à géométrie variable drivé par le compositeur et producteur Jason Quever. Son dernier et deuxième opus, le déjà excellent « You Can Have What You Want », était paru en 2009. Depuis la formation californienne (San Francisco) a signé chez Sub Pop. Et manifestement, en concoctant ce troisième elpee, elle a voulu honorer ce contrat. Car, sans la moindre contestation possible, en publiant ce troisième essai, la bande a Quever vient à nouveau de frapper fort.

Si à première écoute, on décèle une structure comparable à celle développée sur leurs œuvres précédentes, au fil des écoutes, on se rend compte de l’évolution en profondeur de leur musique. Tout en baignant dans la dream-pop chère à Beach House ou à Grizzly Bear, Papercuts emprunte des chemins davantage shoegaze, rencontrant alors des plages brumeuses, atmosphériques et séduisantes. A l’instar du « Do You Really Want Know » ou encore de « Winter Daze ». La voix de Quever est bien sûr toujours un des atouts principaux de leur expression sonore. Elle me fait toujours autant penser à Ben Bridwell (Band of Horses) ou alors à Jim James (My Morning Jacket). Et ses lyrics sont  nouveau particulièrement inspirés. Un morceau m’a cependant fait particulièrement flasher : « I’ll See You Later I Guess ». Une marche funèbre bouleversante à la mélodie contagieuse, suscitant même dans le for intérieur, un désir d’atteindre l’autre bout du tunnel, tant le cheminement est apaisant…

Partagé entre 10 véritables pépites, « Fading Parade » constitue le meilleur album commis par Papercuts, à ce jour. Une œuvre qui entrera sans problème dans mon top 2011.

A noter que Papercuts se produira au Botanique, le 17 juin. A bon entendeur…

The Elektrocution

Trouble Magnet

Écrit par

The Elektrocution marche sur les plates-bandes des Strokes, des Hives, des Flaming Stars et des Datsuns. Autant dire que si vous aimez le garage-punk propre et énergique, vous êtes tombés dans la bonne chronique.

Ce quintet rouennais, constitué de Maxime Prieux (chant), Antoine Boyer (guitare), Yann Bretey (basse), David Grandin (guitare) et Yves Albuquerque (batterie) n’est probablement pas le plus prolifique des combos. Sans faire la fine bouche, deux albums en plus de dix ans d’existence, ce n’est pas vraiment la cadence infernale. N’ayant pas eu la chance de poser les oreilles sur « Open Heart Surgery », la galette précédente sortie en 2005, on devra donc se contenter de ce « Trouble Magnet » pour juger si, comme l’affirme le vieil adage, la qualité vaut mieux que la quantité.

Et de toute évidence, la réponse est oui ! Car « Trouble Magnet » est un petit bijou. En une grosse demi-heure à tout casser, The Elektrocution balance onze pépites d’un garage-punk, léché et survitaminé. Comme celle des quatre combos listés ci-dessus, la musique des Français puise son inspiration dans le rock cradingue des Stooges et du MC5 tout en y ajoutant ce petit côté accrocheur qui la rend accessible à n’importe quel amateur de rock normalement constitué.

Un disque pour amateurs de rock survolté, à écouter les doigts dans la prise !

Cut

Annihilation Road

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One, two, crie fort!

Pas le temps de reprendre son souffle, car ces treize brûlots Rock and Roll déboulent à vive allure et enflamment le bitume. Chaud devant!

Concis (les morceaux excèdent rarement les deux minutes trente), incisif, et interprété avec toute l'énergie que nécessite le genre, cet album n'a d'autre prétention que d'explorer plus avant la route toute tracée qui mène au plaisir direct et sans détour, sans se perdre dans les méandres de la complexité.

Et ces Italiens savent y faire dans le registre. Soutenu par le Label Go Down, il se pourrait bien qu'ils sortent de leur botte secrète pour conquérir de plus vastes territoires.

Dans cette veine old school qui doit autant au Ramones qu'aux Stooges, le pied au plancher, « Annihilation Road » fait le ménage et dépoussière les recoins des cerveaux encombrés. Une solide dose d'adrénaline, servie par des rythmes tranchés et des guitares tranchantes. L'aiguille monte dans le rouge et les jambes fourmillent, sous l'effet de ce Rock and Roll furieux et diablement efficace.

Bien encadré, cet opus a été enregistré à N-Y par Matt Verta Ray, l’un des deux membres de Heavy Trash (NDR : l’autre, c’est Jon Spencer). Il lui a apporté le soin d'une production sauvage mais néanmoins claire et précise. Mixé par Ivan Julian (ex-Voidoids de Richard Hell), cet opus décolle dés les premières mesures et ne s'essouffle jamais en cours de route.

Certes pas crucial, mais fort bien troussé, cet elpee décoiffera et dérouillera les aficionados d'un genre qui au fil du temps se répète sans se lasser, et génère encore de sacrées sensations.

 

Tape Cuts Tape

Pagan Recorder

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Le très prolifique et aventureux Rudy Trouvé (ex-dEUS, Kiss My Jazz, Dead Man Ray,…) n’est pas homme à se reposer sur ses lauriers… Flanqué du batteur Eric Thielemans ainsi que de la chanteuse et reine de l’improvisation jazz, Lynn Cassiers, il vient de monter un nouveau projet qu’il a baptisé Tape Cuts Tape. La musique du trio privilégie l’improvisation et puise ses influences à la fois chez Cocteau Twins, Moondog, Brian Eno, le dub que le Krautrock teuton. Une bonne raison de croire que le résultat ne sera pas très accessible, mais assurément éclectique…

Publié sous la forme d’un vinyle, il y a quelques mois, « Pagan Recorder » est découpé en compos languissantes et climatiques, des compositions dominées par les riffs de guitare concédés par Rudy et les interventions vocales éthérées de Lynn Cassiers. Deux ans plus tôt, la formation avait entamé les sessions par des séances d’impro ; aussi, l’ambiance générale du premier album s’en ressent. Les mélodies ne se dévoilent que lorsqu’on fait abstraction des sonorités bizarres et parfois dissonantes. Des moments magiques qui nécessitent cependant une attention particulière de la part du mélomane. A cet instant, on peut dire que la formule est gagnante. A l’instar de « Heavy », dont les accords de guitare subtils et obsessionnels contrebalancent parfaitement les expérimentations électroniques, pendant que la voix délicate de Lynn Cassiers se pose avec beaucoup de classe. Ou « Petrol Blue », au cours duquel l’expression sonore, enrichie de bidouillages électro et alimentée par une boucle hypnotique, plonge dans l’univers quintessentiel de Portishead. Un des sommets de l’opus. Tout comme le plus rock « The Red » et le très atmosphérique « Chosen Profession », une plage de plus de 7 minutes au cours de laquelle Cassiers et Trouvé partagent un remarquable duo. Bien sûr, certaines plages pèchent par un excès d’expérimentation. Un peu comme s’il s’agissait de brouillons. D’autres encore s’évaporent dans l’interlude dispensable ou l’élucubration bruitiste. Et je pense tout particulièrement à « Exit », « Vaccum » ou encore l’horripilant « Kinder ».

Bref, malgré ces quelques réserves, il faut saluer l’audace du trio pour s’être aventuré hors des sentiers battus. Et puis surtout d’être parvenu, en expérimentant, à proposer des compositions riches et intéressantes. Les mélomanes les plus exigeants, en recherche constante de nouveaux horizons sonores, devraient apprécier.

The Longcut

Open Hearts

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La scène de Manchester a toujours été riche. Enfin surtout depuis 1976. Auparavant, on y a quand même recensé des artistes ou des groupes comme les Hollies, Herman Hermit’s ou encore 10cc. Mais c’est en 1978, lors de la naissance du label Factory, que le phénomène va prendre toute son ampleur. The Fall et Joy Division vont tracer la voie à des tas de formations (The Smiths, Durutti Column, A Certain Ratio, etc.), mais surtout déclencher un mouvement qui va être étiqueté ‘Madchester’ et au sein duquel des groupes comme Happy Mondays, The Inspiral Carpets, The Stone Roses, O.M.D et évidemment New Order, vont littéralement s’engouffrer. Une constante : que ce soit dansant. Raison sans doute, pour laquelle, l’électro va y jouer un rôle important. On va parler ensuite de ‘baggy’, histoire d’être alors à la mode. Et ce mouvement va même déborder largement au cours des 90’s. Depuis, on ne peut pas dire que la relève ait été assurée. Hormis Chemical Brothers, la suite des événements va surtout mettre en exergue des formations de britpop comme Oasis ou The Verve. Ce qui ne veut pas dire que l’héritage ait été laissé en friche. Simplement, on en a moins parlé ; et puis il a été néanmoins entretenu, vaille que vaille, par quelques vieilles gloires (Ian Brown, Black Grape,…) Or une nouvelle génération semble vouloir reprendre le legs à son compte… (B.D.)

Ainsi plus récemment, après Delphic, The Longcut revendique également la succession. Son premier elpee était paru, il y a trois ans : « A Call And Response ». Chez Deltasonic, une filiale anglaise de Sony. Mais le trio mancunien a décidé de changer de maison de disque en signant sur le label indépendant Melodic (Windmill, The Isles, …), afin de jouir de plus de liberté. Et la quasi-totalité de « Open Heart » a été enregistrée au domicile du guitariste de Nine Black Alps.

Dès le titre d’ouverture, on retrouve les éléments principaux qui avaient marqué de leur empreinte le premier opus. Tout d’abord le timbre vocal perçant, éclatant et reverb de Stuart Olgivie. Ensuite les tempos sautillants nés de la conjugaison entre boîte à rythmes et drums. Et enfin, les nappes profondes de synthés qui confèrent aux différents morceaux, une belle consistance. Manifestement, au cours des trois dernières années, le trio a pris de la bouteille. Ainsi, il parvient à maintenir une pression constante tout au long de ses morceaux électro-rock qui flirtent régulièrement avec les six minutes. Un peu comme si The Rapture ou encore Foals s’étaient légèrement frottés au post-rock. Et le résultat est tout simplement surprenant. Deux coups de cœur : le titre maître et « Bloody Sunshine », deux plages caractérisées par une superposition de sonorités qui s’achèvent dans une véritable déflagration sonore. Excellent !

 

Lord Cut-Glass

Lord Cut-Glass

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Souvenez-vous des Delgados, une formation écossaise fondée en 1994 qui s’était inspiré du nom d’un des vainqueurs du Tour de France pour choisir son patronyme. Elle s’était séparée en 2005, après avoir commis quatre albums. Alun Woodward avait alors décidé de se lancer dans une carrière solo. Il a quand même fallu quatre longues années au natif de Motherwell pour terminer cet opus éponyme. Faut dire qu’entretemps, il a sorti « A sentimental Song » en 2007, un elpee destiné à mettre en musique des textes du poète britannique Alasdair Gray. Mais l’attente en valait la peine, car cette nouvelle œuvre est une véritable réussite, évoluant au sein d’un univers sonore partagé entre pop, baroque et folklore celtique.

« Lord Cut-Glas » a été enregistré au sein des studios du label Chemikal Underground. Pour mémoire, cette écurie avait été créée par des membres des Delgados. Et aujourd’hui, elle héberge la quintessence des ensembles écossais comme Mogwai, Arab Strap ou Aerogramme ; et la liste est loin d’être exhaustive. Alan Woodward est quand même un peu mégalo. Dernièrement, il a déclaré ‘If Lord Cut-Glass was a political leader he’d be more dictator than democrat : more Charlemagne than Chirac’. Mais en même temps, démontre qu’il ne manque pas d’humour. D’ailleurs, il n’est pas vraiment nécessaire de décortiquer les lyrics pour se faire une idée de sa verve. Les titres des différents morceaux suffisent.

Paradoxe, les différentes plages de cet elpee sont contagieuses, mais pas toujours très accessibles. Il alterne ballades (« Be careful what you wish for », « Holy Fuck »), morceaux plus énergiques (« Big time Teddy », « Look after you wife ») et puis plages qui puisent manifestement dans la tradition écossaise comme « I’m a great example to the dogs », « Toot Toot » ou encore « You know ». Alun s’est chargé de la mise en forme de l’album, mais signe également l’intégralité des arrangements, même ceux dispensés par l’orchestre symphonique qui ont participé à la confection de l’œuvre.

Si vous avez la nostalgie des Delgados, le premier elpee solo d’Alan Woodward devrait vous plaire. Une véritable bouffée d’air frais que je vous invite à respirer à plein poumons...

Death Cab For Cutie

Narrow Stairs

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« Narrow Stairs » est déjà le 8ème album enregistré par la formation de Bellingham. Succédant aux très réussi « Plans » (2005) et surtout au superbe « Transatlanticism » (2003) –il faut dire difficilement égalable– il ne possède pas leur évidence mélodique. En effet difficile de croire que cette fois encore Death Cab for Cutie arrivera à placer 5 singles dans le Top 100 US comme en 2005 lors de la sortie de « Plans », leur premier album pour une major.

Tout au long de ce nouvel opus, DCFC revient opte pour des structures plus complexes et un son bien plus musclé. A croire que le groupe a décidé de composer un disque directement taillé pour la scène. Les guitares puissantes de « Bixby Canyon Bridge » et de « Pity and fear » ainsi que les 4 minutes d’intro en boucle de « I will posses you heart » devraient faire des ravages le 22 décembre à Bruxelles aux Halles de Schaerbeek.

Le reste de l’album contient les ingrédients habituels d’un bon album de DCFC : la voix mélancolique de Ben Gibbard (leader du projet electro-pop The Postal Service), les basses omniprésentes et la facilité mélodique du quatuor. Le tout proprement produit par leur guitariste Chris Walla tout juste revenu de son escapade solo.

Il en résulte donc un bon album de pop-rock indie mais certainement pas au –très haut– niveau des livraisons précédentes.

 

Haircuts That Kill

Haircuts That Kill (Ep)

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Enfin un groupe tournaisien qui pratique du vrai metal ! Haircuts That Kill rassemble des ‘vieux’ routiers  (Fernand Delleau, Claude Jouret, Jean-Christophe Spreux) et de plus jeunes musiciens  (Vincent Bachely et Gilles Reignier). HTK semble avoir traversé le temps, et cette première offrande six titres nous replonge en plein cœur de la new wave of british heavy metal. Le combo est assurément une des meilleures réponses régionales aux vagues ‘ska punk’ et ‘metalcore’ qui s’imposent, avec de gros sabots, dans tous les festivals rock de la Wallonie Picarde. Les musiciens, tous très compétents dans leurs domaines respectifs, vouent un culte à Iron Maiden. Cela saute aux oreilles dès l’écoute du percutant « Prince of the Dark ». Breaks énergiques, envolées mélodiques, montées en puissance, le tout éclairé par les solos harmonieux de Fernand, guitariste particulièrement doué qui a bien évolué depuis l’époque où il traînait son cuir rouge auprès des gars de Barbarian, formation cultissime, dont l’unique 45 tours se vend désormais à plus de 50 € dans les conventions du disque !

Mais HTK va beaucoup plus loin dans sa démarche artistique ! Il signe un travail pointu, inspiré, mélodique et très mature méritant l’estime de tous les métalleux qui ont craqué dans les eighties sur « Somewhere in Time », « Strong Arm of the Law » ou « All for One »… L’excellent « Black Star » fait parler la poudre en manifestant autant de virulence. Le thème évoque une nouvelle fois ‘la Vierge de fer’ et ses solos très techniques mais jamais ennuyeux. Même si le chant de Jean-Christophe Spreux manque parfois de contraste et de puissance, l’esprit de la NWOBHM demeure intact et on sent les gaillards plus motivés que jamais !

Sur les six titres de cette première et prometteuse galette, les guitares sont reines, et sans vouloir tomber dans le jeu de mots facile, il pleut des cordes de l’intro de « Prince of the Dark » jusqu’au final de « Secret Garden ». Ce disque tient la route, c’est une certitude. Et aurait fait un tabac s’il était sorti, 25 ans plus tôt. Mais il suffit de regarder les affiches du célèbre ‘Wacken Festival’ pour constater que le revival du hard estampillé ‘80’ est plus que sur la bonne voie. Et personne n’accusera Haircuts That Kill de sauter dans le train en marche, car ‘ces gens là’ sont d’authentiques passionnés !

 

Home T / Cocoa Tea / Cutty Ranks

Another One for the Road

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Pour fêter son trentième anniversaire, le séminal label anglais Greensleeves ressort quelques albums qui ont marqué sa riche histoire. Pour l’occasion, on nage ici en pleine période digitale (1991) en compagnie du trio formé par le deejay Cutty Ranks (ancien boucher de son état), le singjay Cocoa Tea et enfin Home T., le ‘lover’ de la bande, dont le style doit autant à Joe Bataan qu’au formidable John Holt. L’idée à l’époque était de mélanger les sons les plus bruts du dancehall (« Original Gangster ») à la douceur des chansons romantiques (« Ain’t No Woman Like the One I’ve Got ») en passant par les thématiques conscientes et politiques (« No Blood For Oil »), héritières directes de la période ‘roots’. Un bon moyen pour mettre tout le monde d’accord… Il faut dire que l’intuition était bonne et cet album contient une flopée de tubes qui ont marqué la période. Dix-sept ans plus tard, hormis quelques sonorités de synthétiseur susceptibles d’effrayer les plus puristes d’entre vous, cette production digitale très sophistiquée (on est loin des premières prods synthétiques de King Jammy) n’a pratiquement pas pris une ride. Les autres pourront profiter sans peine des petites tueries que sont « Hip Hop » ou « The Going is Rough », pour n’en citer que quelques unes.

Papercuts

Can’t Go Back

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MMMmmh, qu’il est bon ce parfum. Une douceur planante venant flirter avec les narines. Un petit arrière goût de 60’s, loin des pulsions matraquantes et lucratives qui rôdent. Une douceur posée sur le bord des lèvres de Jason Robert Quever –aka Papercuts–, qui la pousse d’un léger souffle, pour la faire virevolter dans nos vies. Mélodique, mélancolique, touchant, « Can’t Go Back » est un condensé d’émotions. Comme lyophilisées, les sensations se diluent au rythme de nos larmes. Qu’elles soient de joie ou de tristesse. L’univers délibérément humaniste que nous propose l’auteur, passe par le vent, la recherche de l’innocence, l’impatience d’un été, voire même par un clin d’œil respectueux et pas innocent envers John Brown, abolitionniste de l’esclavagisme au Etats-Unis, en 1857. Toutes ces questions, ces réflexions s’associent  à une folk apaisante, tout en harmonie dans un univers translucide. Reflétant la lumière sans aveugler. Reflétant une qualité de composition à l’image de sa douceur : juste et tranquille. Pianiste de formation, Jason Quever commet ici un troisième album sous un nouveau patronyme, et semble vouloir poursuivre la route sur cette voie. Loin de ses débuts lo-fi, le chemin qu’il parcourt prend à présent une tournure remarquable et donne l’envie de franchir les mêmes terres chaussées de bottes de sept lieues pour découvrir, à toute allure, son univers altruiste.

Julie´s Haircut

After dark my sweet

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« After Dark, My Sweet » constitue le quatrième album de Julie´s Haircut, formation italienne qui a déjà œuvré dans de nombreux festivals européens. Le sextet joue un indie rock essentiellement instrumental. L´opus débute pourtant par un titre assez pop, sympathique mais sans grande envergure. Mais les dix morceaux suivants se démarquent de cette tendance et revêtent un aspect plus rock. Faisant la part belle aux guitares et ponctué de sonorités new-wave, chaque titre nous embarque dans un univers psychédélique, nous rappelant des groupes tels qu´Archive, Pavement ou encore les Belges de Minerale. Très agréable, « After Dark, My Sweet » est l´un de ces disques à écouter après une journée de boulot stressante et fatigante. Il nous relaxe sans nous endormir, malgré quelques titres un peu trop plats (« Ingrid Thullin », « Liv Ullman »).



CuteezLaxa

Gravity keeps us Down

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Si vous ouvrez un dictionnaire médical aux pages consacrées à la lettre ‘C’, vous découvrirez que cutis laxa est une maladie qui affecte les tissus de la peau. Si, par contre, vous vous branchez sur les radios libres bruxelloises qui diffusent du métal (si, si, ça existe encore !), vous avez de fortes chances, en zappant fébrilement, de tomber sur la diffusion d’un titre du premier album de CuteezLaxa. Des enfants du pays, qui ont fait leurs premiers pas dans le monde de la zique, en septembre 2000. Cinq membres, articulés autour d’une voix parfois mélodieuse, souvent rageuse, de deux guitares tranchantes, d’une basse ronronnante et d’une batterie aux sonorités typiquement néo métal. Il serait un peu réducteur de qualifier le groupe d’Emo, une étiquette qu’on aurait trop vite tendance à coller au combo, même s’il a bénéficié de la haute technologie des studios Hautregard (Channel Zero, Lofofora…) pour accoucher de son premier enfant. Un nouveau né dont les parrains ne sont autres que Mario Guccio et Roland De Greef (Machiavel), coupables du mixage et de la production de ce « Gravity keeps us Down » qui laisse entrevoir un bel avenir à ces héritiers de Faith no More, System of a Down et Therapy ?. Les dix compos, qui mélangent lourdeur et subtilité, dénoncent la difficulté à se construire et à s’épanouir dans une société gangrenée, et dans laquelle certains médias sont à la fois les porte-parole et les détracteurs. Des textes engagés, souvent naïfs, mais non dépourvus d’un certain bon sens. Inutile de préciser que cette galette sent davantage le gel coiffant hyper méga strong que la vieille veste à patches et le cuir clouté.

 

 

 

Ruacutane

Interior Design

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Quintet belge en activité depuis 2003, les Ruacutane trouvent l’occasion de distiller leur pop subtile sur le dynamique label Carte Postale. Cinq titres où l’électronique pointilliste flirte avec les guitares et une contrebasse. Le pop en diable « Just A Coda » ouvre les hostilités. C’est une mélodie immédiate rehaussée par de beaux arrangements électroniques et un bel équilibre entre les voix féminine et masculine. Sûrement la meilleure chanson du lot. Plus jazzy, « Jack Boom » évoque les premiers morceaux « narratifs » de dEUS et s’aventure un peu plus du côté des déflagrations électriques mais la chanson souffre d’un mixage peut-être un peu sage. « Franky » commence de manière assez anodine mais gagne de l’intérêt avec l’arrivée des synthés très « kraftwerkiens » dans le refrain. Le brumeux « Smoke in the Air » renoue avec les atmosphères sombres et tendues de « Jack Boom » tandis que « Tea Spoon » oscille entre rock et électronique grinçante. Du beau boulot qui laisse augurer du meilleur pour la suite et qui devrait sûrement titiller les aficionados de The Notwist.

Death Cab For Cutie

Plans

Ben Gibbard est un bon mélodiste, on l’a sans doute assez répété : qui se souvient de son side-project The Postal Service n’osera dire le contraire, et versera même peut-être une larme, tellement c’est beau. Désormais signés sur une major, Ben Gibbard et ses potes avaient donc intérêt à sortir un disque plein de tubes, si possible ‘radio friendly’… « Plans », sans verser dans le FM putassier, réussit la gageure d’être à la fois plaisant, consensuel et subtil. Ce n’est pas une insulte d’être fan, en 2005-06, de Death Cab For Cutie, et c’est tant mieux pour l’amour propre. La voix toujours aussi câline, comme celle d’un ami cher, Ben Gibbard pianote et tricote joliment, des chansons du dimanche qui plairont aux sensibles. La mélancolie, ce sentiment propice à la belle musique pop : ça ne mange pas de pain, mais ça coule lentement comme du miel dans l’oreille. Un baiser ? « I Will Follow You into the Dark » (guitare-voix-miracle), ou bien, quand ça déprime entre quatre murs, « Your Heart Is an Empty Room ». A l’instar de Nada Surf ou de Styrofoam, Death Cab For Cutie s’avère la BO parfaite de vos prochaines Cuddle Party. On se câline, on se caresse, sans sexe ni arrière-pensée. Il paraît que ça existe. On n’arrête pas le progrès.