Ah ! Daft Punk ! Un nom incontournable sur la scène électro. Au fil du temps, le duo réunissant Guy-Manuel de Homem-Christo et Thomas Bangalter est devenu presque mythique.
Leurs compos aux rythmes endiablés ont entrainé plus d’un nightclubber sur le dancefloor. Pensez à "Digital Love", "Harder, Better, Faster, Stronger" ou encore à l'incontournable "One more Time". Leur notoriété est incontournable. Mais les mauvaises langues prétendent que si le groupe est aussi (re)connu, c’est avant tout parce qu’il est français, et qu'il cultive un certain sens du mystère. Quelle est la corrélation exacte entre Justice et Daft Punk ? Difficile à déterminer, quand on sait que les visages de ces derniers sont, en ‘live’ tout au moins, constamment dissimulés sous des casques de robot. D’autres encore estiment que sa réussite, il la doit à l’avènement de la ‘French Touch’. Pourquoi pas ? Une chose est sûre, leur talent est indéniable et votre serviteur est un fervent adepte du band !
Mélangeant habilement électro, house et disco, tout en soignant les effets vocaux, le tandem parisien est toujours parvenu à tirer son épingle du jeu. Après avoir publié « Homework » en 1997, opus qui mettra tout le monde d'accord, Daft Punk embraie en 2001 par « Discovery », un elpee qui va quelque peu décevoir les aficionados de la ‘pure électro’. Et pour cause, il lorgne résolument vers la pop. En outre, ce long playing va servir à sonoriser des clips ‘manga’ qui, s’ils ont séduit les geeks, vont agacer les disciples du beat, estimant –à juste titre– ce concept, puéril.
« Human after all » débarque en 2005. La recette n’a pas trop changé. Un rythme endiablé, des effets rituels opérés sur les voix, un soupçon de pop, et hop, emballé c’est pesé ! Les fans du second essai sont aux anges, tandis que les mélomanes qui avaient été épatés par « Homeworld » jugent que Daft Punk devient tout doucement une caricature de lui-même (ce qui n’est quelque part pas tout à fait faux).
2013 célèbre donc la sortie de leur quatrième LP, « Random Access Memory ». Un disque sur lequel Daft Punk a voulu rendre un hommage aux standards disco-funk de la fin des années 70 et du début des années 80. Mouais… pas sûr que l’idée soit judicieuse et qu’elle corresponde aux attentes du public. Mais attendons d'écouter avant de juger.
En examinant le booklet, on se rend compte que le disque a bénéficié d’un sacré budget. Y’a qu’à voir les featurings et les guests qui se battent en duel… Puis cette belle pochette et le livret qui accompagne (une édition en vinyle a même été gravée). MAIS... est-ce qu’on aime Daft Punk pour ses featurings ? Ou pour son investissement financier dans un projet ? Pas vraiment. Alors passons à l'analyse des morceaux.
L’album s’ouvre par « Give Life back to the Music », un premier titre plus jazz qu’électro, et lardé de funk. Mouais… ça ne sera pas le titre de l’année, mais c'est sympa. Après tout, pourquoi pas, c'est juste une intro, et le morceau se laisse écouter avec plaisir. Donc ne le boudons pas et poursuivons la lecture…
Ballade paisible et atmosphérique, « The Game of Love » nous renvoie aux années 70 et 80. Euhhh... Il est ou Daft Punk ?? Si le morceau n’est pas de mauvaise facture, j’avoue m’être demandé ce que cette piste venait faire sur l’album… Allez, on continue…
Chanson trois : « Gorgio by Moroder ». Aaah ! Enfin, on a du ‘vrai’ Daft Punk ! Un rythme entraînant, des vocaux électro particulièrement raffinés, de nombreux effets spéciaux bien maîtrisés et une boucle musicale qui s'insinue insidieusement dans la tête. Tout comme cette envie de danser qui s'impose petit à petit. Ouf ! J’ai craint le pire. Mais Daft Punk est bien aux commandes.
Mais plus les chansons défilent, plus la déception s’installe…
Autre ballade, « Within » est une plage plutôt sympa interprétée au piano. « Fragment of time » baigne dans l’univers jazz... Pas que ces pistes soient médiocres, au contraire, elles sont même plutôt bien torchées, mais bon, ce n’est pas ce qu'on attend de Daft Punk, mince ! Trompette et batterie s’invitent sur « Touch ». Foireux !
Maintenant, pas la peine non plus de cracher sur l'ensemble de l'œuvre. Des titres comme « Instant Crush », « Doin’ it right » et « Contact » parviennent enfin à nous secouer tout en nous rappelant que nos deux compères ont quand même des planches.
Le combo hexagonal avait opéré une incursion particulièrement réussie dans la B.O. de film en 2010, pour le long métrage Tron-Legacy. Mais on en est ici assez loin, dommage ! Seul « Beyond » nous rappelle un peu que, oui, ce sont décidément bien les mêmes bonhommes dont on parle. Dès lors, on en conclut que Daft Punk est capable de mieux. De beaucoup mieux même.
Le résultat est donc sans appel : si l’elpee n’est pas stérile, il désappointe un brin, faut bien l’avouer ! Pas mal de morceaux sonnent kitsch et ne font pas particulièrement rêver (« Lose Yourself to Dance » est le pire du lot, à mon humble avis). Et croyez-moi, en tant que fan, ça me fait mal de l’écrire.
C’est bien simple, une question résume toute l’inquiétude qui me ronge en écoutant ce disque : en aurait-on autant parlé, si Daft Punk n’était pas aux commandes ? Et bien, pas sûr ! Et ça, c’est pas vraiment un bon signe…
Ensuite, relativisions : Daft Punk reste Daft Punk. Dans son style électro, il reste dans le haut du panier. Mais tout au long de cet opus, on cherche vainement l’éclair de génie, l’étincelle qui était parvenue à mettre le feu sur les deux premiers long playings (et plus rarement lors du troisième). D’autant plus que sur ce « Random Access Memory » plusieurs pistes manquent carrément de pêche.
Cet LP m’a laissé sur ma faim, et ce n’est pas tout le battage médiatique orchestré pour le promotionner, qui va me faire changer d’avis…