La terre fissurée de Daffo

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

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Daniel Darc

Darc dans le noir. Tristesse.

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C’est en début de soirée que le label Jive-Epic a rendu officielle la triste disparition du chanteur français Daniel Darc. C’est à l’âge de 53 ans que le corps de l’ex-leader de Taxi Girl (1978-1986) a été retrouvé inanimé à son domicile parisien ce jeudi 28 février 2013. Une mort qui serait liée à une absorption massive d’alcool et de médicaments.  

Le mythique rockeur nous avait fait un dernier signe sous la forme d’un ultime album solo sorti en novembre 2011, le magnifique « La Taille de mon âme ».

Lucide et caustique sur son existence, Daniel Darc nous avait laissé ces quelques mots : « J'ai 52 ans, j'ai une hépatite C dormante. J'ai dépassé la moitié de ma vie et c'est cool. Ça m'étonne. Ceux qui vivaient comme moi sont presque tous morts. (…) J’aime pas jouer les vieux cons mais je viens d’un moment où le rock était dangereux. J’aime ce danger-là».

Hommage : http://youtu.be/cxPseJxHtX4

Bon voyage l’artiste...

 

Daniel Darc

La Taille De Mon Ame

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Sortant de l’obscurité comme un faisceau de lumière Divine, Daniel Darc refait à nouveau le printemps.

Attendu au tournant mais n’ayant plus rien à prouver à quiconque, l’homme au passé tumultueux gravé à même le cœur nous gratifie d’un album de grande f(r)acture.

Au seuil de la dernière partie de son existence, l’ex-Taxi Girl valse debout et célèbre cet improbable exploit, nous invitant à communier avec la vie.

Introspections, génuflexions, réflexion, abandon.

Aventureux, il fuit le confort et la facilité, prend des risques mesurés mais que d’aucuns ne se permettraient.

Fidèle à lui-même, touchant la grâce d’une tremblante caresse, et embrassant l’absolu dans un souffle, il transfigure sa musique et lui donne l’ampleur des œuvres inoubliables.

De la notoriété, il n’a que faire.

Soldat de l’Art au nom de l’Art, Daniel Darc poursuit son chemin, entamé comme un calvaire, un chemin qui ressemble de plus en plus à s’y méprendre à une marche glorieuse vers les étoiles.

Partant dans tous les azimuts, l’album montre plusieurs facettes de son talent.

L’humour opère par touches subtiles, la voix et les intonations guident au gré des flux et reflux de son âme au pays de Cocagne, alors que le propos retrace un parcours chaotique et particulièrement chahuté, mais sans céder à l’apitoiement.

« La Taille De Mon Ame » est un titre particulièrement bien choisi, et à l’écoute de cet album, on imagine aisément la place conséquente que celle-ci prendra au paradis.

 

Daniel Darc

Crèvecœur

Il y a quelques mois encore on croyait Daniel Darc mort. Un souvenir, qui hantait nos esprits : « Cherchez le garçon », il a disparu dans les limbes, crucifié sur l’autel du ‘sex and drugs and rock’n’roll’, lessivé par des années de dérive solitaire, l’anonymat forcé… Et puis la rédemption, ce « Crèvecoeur » crépusculaire qui annonce pourtant des lendemains qui chantent, peut-être. Daniel Darc est revenu de tout, écorché vif à la langue râpeuse, Notre Dame des Fleurs version destroy, les bras noircis par le vice mais l’esprit encore clair, le cerveau si brûlé qu’il est vierge de péchés. Daniel Darc expurge nos peines, rassasie nos idées les plus noires : la résurrection n’en est que plus belle, et « Crèvecœur » un grand disque. D’amour, de confidences, d’amitié, de doutes et d’espoirs. Point de cynisme dans ces 13 titres au phrasé douloureux, à l’écriture en clair obscur. Les paroles cinglent, hésitent, pointent les souffrances du siècle sans tomber dans le morbide. Le cœur bat, le sang afflue, au contact de l’air il noircit et joue de nos vies. Daniel Darc est bien vivant, et sa musique est essentielle : à l’origine il rencontre Frédéric Lo, qui le remet sur pattes. Nouveau tandem sur le fil du rasoir, mais sur la même longueur d’ondes : aux mélodies sensibles, aux arrangements magiques de son metteur en son, Darc réplique de ses mots violents, de ses maux tentants. La Bible en poche, il récite le Psaume 23. « Pardonnez nos enfances comme nous pardonnons à ceux qui nous ont enfantés » : Daniel Darc se relève, respire et expie. Il jongle avec le bonheur si fragile, préfère les nuits blanches au repos du guerrier. C’est un disque de survivant, mais peu importe : c’est un grand disque. Mieux vaut le redire, et plonger dedans, encore et encore. « La nuit ne dure pas/Le soleil détruit tout chaque fois » : on broie du noir, pour que subsiste l’espoir. On ne crèvera pas, même si c’est temporaire. Il faut survivre, laisser des traces, et ‘si le cœur flanche, la mémoire, elle, résiste encore’.

Daniel Darc

Nijinsky

Nouvel album pour cet ex-Taxi Girl qui semble avoir troqué son âme de rocker pure et dure contre celle d'un auteur/compositeur de chanson française. Une conversion encore plus frappante lorsqu'on sait qu'à l'origine Daniel ne jurait que par les synthés. Place donc, sur "Nijinsky", à la poésie et au romantisme. Aux souvenirs de voyages imaginaires, aux chansons d'amour et aux slows qui autorisent Cupidon de faire flèche de tout bois. Peu d'intensité donc. Sauf sur le titre maître. La meilleure composition de l'opus. La plus électrique aussi. Car pour le reste, on a l'impression que l'inspiration de Darc est tombée du carquois d'un certain Little Egypt. Depuis qu'il a enterré la hache de guerre...