Prenez un bon son rap, issu d’une subculture américaine, et ôtez-lui toute animosité. Déposez dessus un flow décapant, des voix campées magistralement, des cuivres ‘couinants’ et des violoncelles décomplexés, et vous obtiendrez Flobots. Si vous l’associez à une teinte de rock alternatif, où le fantôme d’une énergie positive et un engagement politique style Rage Against The Machine planerait, vous serez en possession de « Fight With Tools ». Vous êtes vernis. Cette petite surprise issue du label Universal Republic (Amy Winehouse, Jack Johnson, Money Mark,…) cumule plusieurs effets à son audition. Le premier est de saisir parfaitement le langage et l’ambiance qui s’en dégagent sans même se forcer. Le deuxième provoque une envie irrésistible de battre la mesure, du genre à se claquer la main sur la cuisse. Le troisième procède de la qualité de l’album : il n’y rien à jeter sur l’album et il semble rouler tout seul. Il n’émane à aucun moment, même lors de break beats découpés à la scie, une sensation d’instabilité inconfortable. Le dernier effet, et pas des moindres celui là, se définit en un frisson, produit par la clarté des cordes du violoncelle, dont le ton onirique est particulièrement saisissant. Riche et pertinente, cette galette fleure la saveur des grandes cuisines, celles où la marmite est chromée et où les aliments cuisent sans attacher. Vous l’aurez compris, « Fight With Tools » n’est pas surprenant que dans sa constance qualitative ; il l’est aussi par la découverte d’endroits inusités, et l’association d’éléments diamétralement opposés à la base finissent par se rejoindre en un noyau. Il en ressort une sensation d’unité, où tout est possible, où tout semble accessible. Flobots ? D’la balle mec !