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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Front 242

Front 242 annonce l'album live de sa tournée d'adieu (Alpha-Matrix)

Après plus de quatre décennies passées à (re)définir la musique EBM (Electronic Body Music), FRONT 242 a, on le sait, mis un terme à sa carrière en janvier 2025. Aujourd'hui, le groupe livre son testament scénique avec « Black Out », l’enregistrement live ultime de sa tournée d’adieu. Enregistré à l’Ancienne Belgique en janvier 2025, cet album capture l’intensité, la précision et l’énergie brute qui ont caractérisé les performances live de FRONT 242 depuis des générations.

« C’est avec une profonde émotion que nous clôturons cette formidable aventure, fruit de près de 40 ans de travail. Nous sommes impatients de partager ces derniers concerts mémorables avec nos fans, qui nous ont accompagnés tout au long de ce parcours », a communiqué le groupe.

Marquant un moment historique, cet album inclut également les premières sorties officielles des nouveaux titres que le groupe avait présentés en concert ces dernières années (« Generator », « Fix It », « Hide & Seek »).

Pour « Black Out », les membres de FRONT 242, Patrick Codenys, Jean-Luc De Meyer et Richard23, sont rejoints sur scène par Tim Kroker à la batterie. Le mixage et la production en studio ont été assurés par David Baboulis (ex-SOLDOUT).

Couvrant l'intégralité du répertoire de FRONT 242 – des premiers morceaux fondateurs aux hymnes emblématiques du genre – « Black Out » constitue à la fois un adieu poignant et un ultime témoignage de l'esthétique innovante et intransigeante du groupe.

Un nouveau coffret collector de « Black Out » est également disponible, l'édition vinyle transparent violet étant épuisée. Ce coffret mis à jour comprend le double vinyle transparent ainsi qu'une sélection d'articles supplémentaires.

Pour plus d'infos et pour pré-commander, rendez-vous sur le site du label Alpha-Matrix. https://store.alfa-matrix-store.com/product/front-242-black-out-essential-pack/

L’album « Black Out » sera disponible dans les formats suivants :

FRONT 242 – Black Out (+ 3 titres bonus) Digipak 2 CD

FRONT 242 – Black Out (vinyle transparent) Double vinyle

V/A – Recovery for You 2 – Tribute to FRONT 242 (2 CD)

V/A – Sounds From The Matrix 26 CD

V/A – Sounds From The Matrix 27 CD

CD track list

CD1

W.Y.H.I.W.Y.G.

Moldavia

Body to Body

Don’t Crash

Operating Tracks

U-Men

Funkhadafi

Quite Unusual

Generator

Commando Mix

MasterHit*

 

CD2

Gripped by Fear

Take One

Red Team

Fix It

Punish your Machine

Tragedy for You

Soul Manager*

Hide and Seek

No Shuffle*

Welcome to Paradise

Happiness

HeadHunter

* exclusive on double- CD edition

 

Vinyl track list

 

A SIDE

A1. W.Y.H.I.W.Y.G.

A2. Moldavia

A3. Body to Body

A4. Don’t Crash

A5. Operating Tracks

 

B SIDE

B1. U-Men

B2. Funkhadafi

B3. Quite Unusual

B4. Generator

B5. Commando Mix

 

C SIDE

C1. Gripped by Fear

C2. Take One

C3. Red Team

C4. Fix It

C5. Punish your Machine

 

D SIDE

D1. Tragedy for You

D2. Hide and Seek

D3. Welcome to Paradise

D4. Happiness

D5. HeadHunter

 

Various Artists – Recovery 2 For You (Tribute to Front 242) 2CD track list

CD1

Implant . Until Death (Implanted)

Aesthetische . Neurobashing

Kant Kino . Operating Tracks

Krystal System . Headhunter

Nigra Nebula . Welcome To Paradise

Neikka Rpm . Gvdt

Cubic . With Your Cries

Frontal Boundary . U-Men

To Avoid . Controversy Between

Diffuzion . Masterhit (2.0)

Aiboforcen Feat. Jean-Luc De Meyer . Loud

Llumen . Gripped By Fear

Lovelorn Dolls . Quite Unusual

Cut.Rate.Box . Matrix Megahertz

Circumpolar . Kampfbereit

Armageddon Dildos . Tragedy For You (Joy After Cancer)

 

CD2

The Breath Of Life . No Shuffle

The Names . Sacrifice

Komor Kommando Feat. The True Union . Religion

Acylum . Serial Killers Don’t Kill Their Boyfriend

Aiboforcen . Don’t Crash

Star Industry. Headhunter

Kant Kino . With Your Cries

The Psychic Force . Special Forces

Alien Vampires . Body To Body

Darkness On Demand . Tragedy For You

C-Lekktor . No Shuffle

First Aid Tech Feat. Stahlgeist . Happiness (Club)

Ad:Key . Never Stop

Technoir . Rhythm Of Time

Digital Factor . U-Men

Elektroklänge . Take One (S S S Science)

 

 

Front 242

Clap de fin pour un groupe mythique…

Écrit par

Annoncées un an à l’avance, et sold-out en 10 minutes, les trois soirées d’adieu à l’un des plus grands groupes belges (et sans doute le plus mythique) ont donc été programmés à l’Ancienne Belgique, ces 23, 24 et 25 janvier 2025. Logiquement, car c’est le fief du quatuor bruxellois qui y a notamment fêté ses 40 ans d’existence, en juillet 2022. Refusant également de se produire dans des salles plus grandes. Récit de la première de ces trois concerts d’adieu, empreints de bonne humeur mais aussi d’une émotion sincère, tant dans le public qu’au sein des membres de la formation.

La soirée débute très tôt pour la poignée de journalistes invitée par l’AB, et son nouveau partenaire, la brasserie Haacht. Au menu, une visite des coulisses de l’AB, un bref historique, des anecdotes et une rencontre des deux CEO. Le nouveau partenaire louvaniste semble avoir été préféré à l’ancien géant AB Inbev, vu son ancrage local (NDR : la brasserie n’est qu’à 22 km du centre bruxellois, sur la route vers Louvain) et d’autre part, ses valeurs. Ainsi qu’une volonté de disposer d’un ‘music café’ (Haacht en possède déjà deux, liés à sa marque, à Gand et Maastricht). L’AB café, après avoir connu différentes réorganisations, va donc rouvrir prochainement, doté d’une terrasse et d’un rooftop. Un lien plus proche de la salle et des heures d’ouverture plus longues sont dans le pipeline. On y apprend également que soixante personnes (dont 14 rien que pour la sécurité) seront réquisitionnées chaque soir de concert. Ou le déploiement d’une nouvelle logistique dont quatre grosses cuves d’une capacité de 4.000 litres de bières (prévus pour les 3 jours, les chiffres s’élevant à 1.400 litres lors d’un concert de métal). Le début des festivités, pour les hôtes, s’ouvre par une dégustation. A côté de sa marque phare Primus, la brasserie a développé sa gamme Super 8 (NDR : lisez ‘Acht’ en néerlandais, un jeu de mot(s) avec Haacht), dont une blanche au goût un peu épicé qui devrait plaire à notre rédacteur en chef.

Mais transitons de l’aspect marketing au côté musical. En ayant conscience que Front 242 s’est sans doute aussi bien exporté que les bières belges. Une notoriété noir-jaune-rouge jamais égalée. Que ce soit aux USA, en Amérique du Sud, en Allemagne ou encore dans les pays de l’Est. Et ce, sans compromission auprès des labels majors. Une forme d’intégrité jamais prise en défaut. Tout en devenant le fer de lance de l’EBM (NDR : l’Electro Body Music et un breuvage issu des anciens fûts de punk et post-punk ; un brassage précurseur, du début des 80’s, de la new-wave, de l’indus, de l’électro et même plus tard de la techno sous son aspect le plus dansant). Ajoutez-y une image et un graphisme imaginés par des membres du combo (professionnels dans le domaine, davantage que dans la musique encore). Ou encore un look (uniformes militaires) et un patronyme sulfureux qui leur a prêté à tort, un lien avec l’extrême-droite (Joy Division, New Order ou plus récemment les Slovènes de Laibach ont également provoqué des réactions similaires, mais ils les ont démenties formellement). Un marketing, tout comme une présence scénique au cours de concerts réguliers mais sans outrance. Ce qui explique pourquoi, il n’est jamais tombé dans l’oubli. Et ce, malgré le peu d’elpees sortis, et l’absence de nouvelles actualités musicales depuis plus de 30 ans. Ce qui permet d’affirmer que Front 242 est et restera un groupe mythique.

Dès 21h, le décor sombre et sobre est planté : deux micros au centre, une mini-batterie à gauche, le clavier à droite. Le logo sur le fond d’écran, le public vêtu de noir et/ou dont les fringues arborent l’effigie du band (encore que le noyau dur se retrouve rapidement torse-nu).

Une vidéo digne d’Anton Corbijn (qui a notamment contribué au succès de la formation grâce à son clip consacré à « Headhunter »), défile. On y voit les musicos sur une plage déserte du littoral belge s’avancer vers le public.  Et l’ambiance démarre au quart de tour dès le tube « W.Y.H.I.W.Y.G » auquel s’enchaînent, sans temps mort, des titres phares comme « Moldavia », « Body to Body », « Don't Crash », « U-Men » ou encore « No Shuffle », dont le final déclenche un premier moment de grande émotion. Pendant une bonne minute les musiciens interrompent le show et se penchent vers la foule pour recevoir les ovations. Comme d’habitude Jean-Luc reste en retrait mais ne semble pas moins touché par ces marques de reconnaissance. Alors, davantage en avant, il remercie le public dans toutes les langues.

Le concert repart de plus belle par « Soul manager » puis, entre autres, « Funkahdafi », « Tragedy for you » ou encore « Welcome to paradise » avant un court rappel. Lors du retour sur les planches, le public hurle à nouveau sa joie, et c’est le judicieux « Happiness » puis l’inévitable « Headhunter » qui ponctuent le set. Caractérisé par ce refrain repris en chœur par l’auditoire ‘One, you lock the target. Two, you bait the line. Three, you slowly spread the net. And four, you catch the man’, ce véritable hymne aurait sa place dans un grand stade de foot, comme l’a été le « Seven Nation » de White Stripes.

Il fallait s’y attendre la soirée a été intense, le show en forme de best-of, sans répit, comme si Front 242 voulait optimiser les 90 minutes accordées par l’organisation (NDR : les concerts à l’AB doivent toujours se terminer, au plus tard, à 22h30). Cependant, on imagine que l’ambiance montera encore d’un cran lors des deux dernières soirées (surtout celle du samedi). La date de ce soir ne s’était ajoutée que par la suite. Et alors que les plus grands fans, via une prévente prioritaire, s’étaient déjà rués sur les tickets du vendredi et samedi.

Pour être complet, il convient d’ajouter que Daniel Myer assurait le supporting act. Producteur, l’Allemand a notamment remixé Front 242, Depeche Mode, Covenant et plus récemment Eisbrecher. Sans oublier Front Line Assembly en compagnie duquel il a tourné. Tout comme Skinny Puppy ou Nitzer Ebb, d’autres figures du genre dont il a assuré la première partie. Seul sur le podium il a chauffé la salle, guère avare de commentaires et d’anecdotes sur son long parcours, accompli depuis la Hongrie vers l’Allemagne, en épinglant, notamment, l’achat de sa première cassette audio, « Some great reward » de Depeche Mode.

Photos Kristof Acke ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

Front 242

Le succès, c est ce qui peut arriver de pire.

Écrit par

Front 242 est à un tournant de son existence. Période difficile à négocier, parce qu'elle se situe au moment ou il entreprend des expérimentations audacieuses. Comme celle qu'il vient de mener en compagnie du groupe new-yorkais Spill. Une situation qui ne fait pas que des heureux, et qui inévitablement entraîne des dissensions au sein de cette institution nationale. Malgré la contestation, Patrick Codenys et Daniel B ont décidé de faire front! La survie du groupe en dépend. Nous avons recueilli, pour vous, les confidences du second nommé...

Comment c'est déroulé la dernière tournée Lollapalooza?

Couci-couça. Alternant des temps forts et des temps plus faibles. Côté ambiance, nous n'avons pas eu à nous plaindre. Mais si on aborde l'aspect musical, l'optique est différente. Nous avons rencontré des problèmes. Techniques surtout. Nous ne sommes pas un groupe de festival. Tout le monde a pourtant fait le maximum, mais le changement de line-up nous a joué de vilains tours.

Qui est la nouvelle chanteuse?

Ce n'est pas une nouvelle chanteuse! Nous l'avons engagée pour participer à notre album "Off", mais nous ignorons toujours si nous allons poursuivre cette expérience. Elle joue en fait dans un trio new-yorkais que nous aidons : Spill. Le compositeur/percussionniste Eran Westvood participe d'ailleurs à notre tournée.

Comment êtes-vous entrés en contact avec ce groupe?

Un hasard! Après avoir donné un concert à New York, nous sommes sortis en boite. La chanteuse nous a glissé une cassette. Nous l'avons écoutée. Elle nous a plue. Nous les avons contactés. Et depuis, nous avons sympathisé.

Comment Richard a t-il réagi à son éviction du groupe?

Pas très bien! Mais il faudrait plutôt lui demander. Cela ne s'accepte pas de gaieté de coeur. C'est humain! Se sentir évincé? Je crois qu'il n'y a que lui qui puisse le croire. Il n'a aucune raison de se sentir écarté du groupe. Nous avons simplement voulu expérimenter une formule différente. Par exemple, mixer en "live" ne m'intéresse plus. J'ai fixé mes limites. Je ne me sens pourtant pas exclu parce que j'ai demandé d'engager un technicien pour me remplacer. Il faut savoir relativiser les événements. Le timbre vocal d'un homme est différent de celui d'une femme. Le chanteur ne va pas improviser une petite voix haute, un falsetto quoi! Lorsque tu souhaites incorporer une voix féminine, tu fixes ton choix sur une chanteuse. L'inverse aurait d'ailleurs pu se produire, si nous avions toujours fonctionné avec une chanteuse. Probablement, qu'à un certain moment, nous aurions senti le besoin de nous tourner vers un chanteur. Je pense que cette expérience traduit un besoin d'explorer de nouveaux paysages sonores...

Etes-vous toujours aussi enthousiastes pour vous produire 'live'?

Personnellement, je n'ai jamais été enthousiaste pour me produire en public. Parce que je suis trop difficile. Le degré de qualité atteint 'live' est toujours insuffisant. Donc ne me satisfait pas. Mais demande plutôt à tous ceux qui assistent à nos concerts ce qu'ils en pensent. Parce que moi, je ne serai jamais content.

Le succès engendre-t-il chez Front 242 une plus grande liberté d'action ou provoque-t-il une accumulation de contraintes? N'existe-t-il pas un risque de tomber dans l'autosatisfaction?

Le succès, c'est ce qui peut arriver de pire. Il exige une grande force de caractère, susceptible de surmonter les épreuves. Parce qu'il entrave la liberté d'expression. Aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du groupe. La pression des labels s'accentue. Celle des fans aussi, freinant alors l'évolution de notre création. Je m'en suis plaint récemment. Un type nous a menacés de nous dynamiter si nous nous présentions avec une chanteuse sur scène! Une partie de notre public ne souhaite pas que nous progressions. Il veut que nous reproduisions "Headhunter" ou "Welcome" jusque la fin des temps. Dans ces conditions, je préfère décrocher...

La musique électronique n'est-elle pas au bout du rouleau?

Le monde a évolué. Front aussi. La musique typiquement électronique pratiquée, voici dix ans, n'a plus aucun avenir. La musique hybride bien! Hybride parce qu'elle n'exclut rien. Ni les guitares, ni les drums, ni les samplings.

Un peu à la manière des Young Gods?

En général, j'évite de donner mon avis sur les autres groupes. Pour les Young Gods, c'est un peu différent. Je n'aime pas tout ce qu'ils font, mais leur démarche me plaît beaucoup. Leur musique est pourtant sous-estimée. C'est peut-être un peu de leur faute. Parce qu'ils ne cherchent pas à occuper la place qu'ils méritent. Front est probablement dans le même cas. Je reconnais qu'il existe un parallèle entre les deux groupes dans la manière de concevoir la musique. Avec un résultat différent, c'est vrai! Mais des problèmes identiques. Sur scène par exemple. Nous devons absolument trouver une solution. Et je pense que si, ni les Young Gods, ni Front ne parviennent pas à donner une nouvelle impulsion à cette musique, nous allons déboucher sur une impasse. C'est la raison pour laquelle nous avons expérimenté une nouvelle chanteuse et mené des collaborations avec d'autres artistes. La tentative peut avorter. Mais elle mérite d'être vécue. J'estime d'ailleurs que ces expérimentations mèneront à une porte de sortie. Mais ce n'est plus le moment de tergiverser!...

En soulevant des thèmes comme la manipulation, le stress, l'individualisme, la surinformation, la pollution, n'êtes-vous pas occupés de faire le procès de la société contemporaine?

Pas seulement la société contemporaine. L'histoire nous a prouvé et le futur nous démontrera qu'elle recèle davantage d'aspects négatifs que positifs. Chaque individu doit se battre pour se faire une petite place au soleil. Pour y trouver son petit bonheur. C'est un combat permanent, impitoyable que mène l'homme depuis sa naissance...

Tu ne sembles pas tellement optimiste à l'égard du futur de l'humanité. Est-ce la raison pour laquelle on vous a reproché de défendre des idées d'extrême droite?

Il serait nécessaire de recommencer le processus d'éducation de ceux qui se trompent de cible. Nous n'avons jamais prononcé, ni suggéré de discours semblable. Nous avons dû, même, nous justifier récemment. Ce qui ne devrait jamais se produire dans la vie de quelqu'un. Il est malsain de devoir se justifier lorsqu'une critique est dénuée de tout fondement. Il existe des individus chez qui je pourrais facilement coller une étiquette d'extrême droite ou d'extrême gauche, parce que leur discours reflète une doctrine bien précise. Mais ce n'est pas parce que tu incorpores deux ou trois collages dans une demi-heure de musique que tu en adoptes l'idéologie. Il est indispensable de dépasser les idées préconçues. D'essayer de comprendre la personnalité des autres avant de les juger. La culture devient de plus en plus superficielle; et le pire, c'est que certains médias entretiennent cette situation. Il est plus facile de coller une étiquette sur le dos de quelqu'un que d'essayer de nuancer une opinion ou de comprendre la véritable nature d'un être humain. Tant au niveau politique que musical.

Est-ce que Front est un produit de consommation recyclable?

Oui, je le pense. Je suis étonné que nous ne soyons pas samplés plus souvent. Prodigy nous l'a demandé. Il n'y avait aucune raison de refuser. D'abord, parce que nous n'avons jamais refusé l'opportunité de puiser dans notre répertoire. Et puis nous apprécions sa démarche.

Vous n'avez jamais eu l'idée de composer la musique d'un film?

Nous l'avons souvent proclamé. Mais j'ai l'impression que personne ne nous écoute. N'importe quoi! Même si cette bande sonore n'est pas destinée à un film de science fiction. Tu sais, mon rêve le plus secret serait de sonoriser une œuvre de Peter Greenaway... Mais apparemment cet univers semble plutôt hermétique...

Lors d'un concert, la prestation est interrompue par une panne de courant.
a) vous empoignez des guitares acoustiques, et vous improvisez un set folk.
b) vous entamez des vocalises a capella.
c) vous vous barrez, furieux, et on ne vous voit plus de la soirée.
d) vous persuadez le public d'organiser une émeute.
e) vous filez droit sur la cabine, et tentez de réparer les circuits défaillants.

Une aventure qui nous est déjà arrivée! Mon sequencer continue néanmoins de fonctionner, parce qu'il est alimenté par une batterie... Nous n'improvisons certainement pas un set acoustique. Nous ne sommes pas furieux, sauf si après avoir prévenu l'organisateur de cette défaillance survenue lors du soundcheck, elle se répète au moment du concert. Mais en général, nous attendons patiemment la suite des événements. Et si l'incident perdure, nous plions bagages. C'est un cas de force majeure! Je nous vois mal entamer un exercice a capella (rires)!

Version originale de l'interview parue dans le n° 17 (novembre 93) du magazine MOFO

 

 

 

 

 

 

Front 242

Un fameux coup de poing… en plein Front…

Ce week-end, c'est la fête à Front 242. Et elle se déroule dans la grande salle de l'AB ! La formation belge culte, qui a créé l'Electronic Body Music au début des années '80, a exercé une influence majeure sur les courants techno, electro, industrial, etc.. Elle célèbre donc les 35 ans de la parution de son tout premier opus, « Geography ». Les deux concerts, accordés vendredi et samedi, sont archi-complets et ont attiré des fans issus des quatre coins du pays et même de l'étranger. Grâce à l'AB, Musiczine et Radio Vibration, votre serviteur a pu assister aux deux représentations et nombreux sont les aficionados qui ont opéré ce choix, curieux de découvrir deux shows qui, le groupe l'a promis, seront différents et complémentaires.

Un mot sur le premier spectacle, programmé le vendredi. C'est Metroland, qui a ouvert le feu, un combo de musique électronique, réduit à un duo depuis la mort du Passenger L, alias Louis Zachert. Le tandem malinois pratique toujours une musique très influencée par Kraftwerk, en plus punchy. A (re)découvrir ! Quant au set de Front 242, s’il s’est avéré intéressant, il a souffert de plusieurs passages à vide, surtout en milieu de parcours. De quoi laisser le mélomane quelque peu sur sa faim. 

On s’attardera donc davantage à la performance de samedi. Car on y a vécu un moment inoubliable, probablement un des meilleurs concerts jamais accordés à l'AB.

Reprenons la chronologie de cette soirée d'anthologie : c'est Cruise [Ctrl], le duo belge francophone réunissant John et Gore, qui se charge d'ouvrir les hostilités. La salle est déjà bien remplie quand Jean-Luc De Meyer, le chanteur principal de Front 242, monte sur les planches pour présenter les musicos. Un hommage touchant de sa part ! Mêlant electronica, minimal techno et ambient, la musique de Cruise [Ctrl] est unique en son genre. Debout derrière une table de DJ, les deux bidouilleurs triturent leurs synthés et leur 'drone commanders' pour générer une bande-son répétitive et hypnotique, aux atmosphères très ‘lynchéennes’. La setlist parcourt leurs 4 albums en date, soutenue par les superbes vidéos d'Ab Strakt (alias Valérie). Une prestation captivante. On attend donc impatiemment le cinquième elpee studio !

Ce qui va se produire ensuite, restera, à notre avis, dans l'histoire. Après 20 minutes de pause, le rideau, sur lequel est projeté le logo ‘242’, s'entrouvre sur une musique d'introduction très solennelle. Richard 23, portant un masque vénitien, apparaît immobile au-devant de la scène et petit à petit les sons de « Happiness » envahissent la salle. Le rideau s'ouvre complètement et le groupe entame une progression rythmique hallucinante, comme pour retarder l'explosion le plus longtemps possible. ‘You modern angels, You modern angels...’ Enfin, c'est l'orgasme et le rythme frénétique du hit des années '90 retentit. Richard arrache son masque et se met à danser comme un possédé. Immédiatement, c'est la folie totale au sein des premiers rangs. Un pogo monstre éclate et pour nombre d'entre nous, il est temps de se réfugier en dehors du 'circle pit'. A la fin du premier titre, qui se sera étendu sur plus 8 minutes, la messe est déjà dite et on sait qu'on est parti pour un concert de rêve.

Le groupe enchaîne par « Take One » et c'est au tour de Jean-Luc De Meyer de prendre possession de l'avant-scène. Derrière, à côté de Richard 23, Patrick Codenys trône en maître des claviers et Tim Kroker défonce ses fûts. Il faut bien sûr ajouter Daniel B., alias Daniel Bressanutti, un des 4 piliers originaux de la formation, qui officie toujours derrière la table de mixage. Les vidéos sont, comme à l'accoutumé, tout simplement époustouflantes. Tantôt fractales, tantôt réalistes, toujours passionnantes. « Tragedy For You » déçoit un peu par un manque, tout relatif bien sûr, de puissance dans les arrangements mais, cette baisse de régime est bien vite oubliée grâce à « Moldavia », une autre bombe EBM qui déclenche à nouveau l'hystérie.

Intelligemment, les musiciens se ménagent une séquence plus calme, constituée de « Together », « One With the Fire », un titre qui figure très rarement dans les setlists, et « 7rain ». La machine-tueuse se remet ensuite en marche pour « WYHIWYG », enchaîné à « Master Hit » mais c'est surtout pendant « No Shuffle » que l'ambiance redevient torride. A la fin du morceau, le public continue à hurler ‘Always Ahead’ et on perçoit un émerveillement sincère sur les visages de Richard 23 et Jean-Luc De Meyer. On a beau avoir joué sur toutes les scènes du monde en 35 ans, rien ne vaut le public belge !

L'intensité baisse ensuite à nouveau quelque peu pendant « Lovely day » et « Circling overland », mais c'est pour mieux préparer le galop final, qui commence par « Commando mix » et bien entendu, « Headhunter ». ‘Make some fucking noise !’, éructe Richard et c'est le classique des classiques, le plus grand hit de la formation, articulé autour de ce refrain devenu culte: ‘One you lock the target, Two you bait the line, Three you slowly spread the net and Four you catch the man’. Plus de 1 500 fans lèvent les bras et la clameur du public couvre même le son des enceintes : un moment inoubliable !

« Im Rhythmus bleiben » et enfin, « Funkahdafi » maintiennent la pression jusqu'à la fin du set officiel. En premier rappel, Jean-Luc De Meyer introduit « Operating Tracks » en ces termes laconiques: ‘First album, first track’. La vidéo projetée est celle réalisée à l'époque, en 1982. Délicieusement vintage ! Après « Welcome to Paradise » et son fameux ‘No sex until marriage !’, ponctué par un amusant ‘You bloody hypocrites’ de Richard, on en conclut que le concert est terminé mais, nouvelle surprise, le band revient pour un second rappel. Ce qui est très rare ! Et, en plus, c'est pour jouer l'hallucinant « Punish Your Machine », une tuerie hypnotique et technoïde à souhait, soutenue par les stroboscopes et les images en noir et blanc de la guerre au Vietnam. L'outro est enfin complètement dingue, les sons s'agglomérant dans un délire bruitiste inouï.

Pas de doute, on a assisté à un concert historique. Peu de groupes parviennent à offrir un spectacle aussi puissant, aussi énergique et en même temps, si sophistiqué, si élaboré, à l'exception, sans doute, des inégalables Nine Inch Nails... Jean-Luc, Patrick, Daniel et Richard ont prouvé que, même s'il ne proposent plus de titres nouveaux depuis les années 2000, ils n'en restent pas moins un des meilleurs groupes 'live' de ce côté-ci du Rio Grande (et de l'autre côté aussi, d'ailleurs). Ce soir, Front 242, c'était un coup de poing dans les yeux, dans les oreilles et... dans le Front ! C'était juste le bonheur... « Happiness !». Thank you, guys !

Pour regarder la vidéo de « Happiness », c’est ici et de « Headhunter », c’est là

Et pour la section photos (crédit Patrice Hoerner), c'est encore ici

 

Setlist Front 242 (2 décembre) :

Happiness
Take one
Tragedy for you
Moldavia
Together
One with the fire
7rain
WYHIWYG/Masterhit
No shuffle
Lovely day
Circling overland
Commando mix
Until death (us do part)
Headhunter
Im Rhythmus bleiben
Funkahdafi.

Rappel 1 :

Operating tracks

Rappel 2 :

Punish your machine

Setlist Cruise [Ctrl] :

Letters under nails
In the heart of a circle of twelve sycamores
Pomona road
White Lodge
Two men getting sick

(Organisation : AB)

Front 242

Souvenirs, souvenirs…

Ce concert constitue une belle occasion de combler une double lacune. D’abord, celle de n’avoir jamais mis les pieds dans la superbe salle du Rockerill, malgré les nombreuses invitations (y compris lors des ‘Afterwork’ du jeudi). Et ensuite, d’assister enfin à un concert complet et correct de Front 242. Dernières mésaventures en date : les problèmes techniques rencontrés lors de l’Amphi festival de Cologne, en 2014, et l’annulation pure et simple, pour raisons financières, à l’Eurorock, il y a quelques semaines. (SL)

Ambiance bon enfant, limite soirée entre copains. Un site industriel qui correspond bien au profil groupe. Des murs parsemés d’ogives de verres (le coucher de soleil y resplendit). Un plafond d’une hauteur impressionnante, autant à admirer autour de soi que sous les feux de la scène. Le contenu se marie passablement au contenant. (Stelli)

Nous arrivons trop tard pour le set de Ex RZ. En fait, il s’agit du nouveau patronyme choisi par le combo légendaire Red Zebra. D’après les échos recueillis dans la foule, le duo a assuré son rôle de supporting act en dispensant son post-punk rituel. Dont le tube « I can't live in a living room » et en final, « Magazine », un titre que le chanteur (qui s’exprime dans un français parfait) estime personnellement ‘fantastique’…

Les lumières se tamisent. Le logo F242 resplendit sur le fond de la scène, joliment réétudié, efficace et propret. Un logo qui confère aussi un regain de jeunesse sur les tee-shirts des nombreux quadras et quinquas en ébullition. Fidèles à leurs tenues vestimentaires, pour d’aucuns peut-être empruntées à leur progéniture ou l’inverse... Car l’auditoire est peuplé de mélomanes d’à peu près tous âges. Et dans l’ensemble il est assez content d’être là et d’humeur plutôt joviale.

Nous sommes toutefois magnanimes au sujet de la balance, moyennement satisfaisante. Et pardonnons avec clémence la lourdeur des trémolos basse confondant la batterie, au risque de mettre quelques secondes avant de reconnaître les morceaux. Car dès l’entame, une bouffée de bonne humeur souffle sur « Moldavia » et « Body ». Nous avons même droit un petit élan chorégraphique, visuellement assez agréable bétonné par une cohésion intéressante. « U-Men » (NDR : tiré de l’album « Geography », qui remonte quand même à 1982) rappelle bien des souvenirs et ranime la foule, tout comme « No shuffle ». Des retrouvailles et clins d’yeux sur les pogos des années révolues qui ne le sont finalement pas. Sur « Headhunter », on se retrouve même à entamer en chœur ‘one you lock the target, two, you bait the line…’

Une petite salve stand-by lors du rappel, « Punish » sert un gimmick redondant tambour battant, qui calme les danseurs, et on sent même passer discrètement un intervalle d’étonnement. Mais pas de quoi entacher ce set d’une heure quarante minutes de partage et réminiscence. Car il y en a eu, croyez-nous, des souvenirs de coups de coude et gesticulations endiablées émanant d’individus désireux de ne point oublier ces atmosphères générées par des débuts édifiants. Ceux de Front 242, of course !

Set List :

-          Moldavia
-          Body 2 body
-          Rain
-          Together
-          Take one
-          Rhytmus
-          XXX
-          Quite unusual
-          U-Men
-          No shuffle
-          Lovely Day
-          Commando
-          Kampf
-          Don’t crash
-          Religion
-          Headhunter
-          Welcome to hell

Rappel

-          Loud
-          Masterhit

-          Punish

(Organisation Rockerill)    

Front 242

Mutage Mixage

Ceci n'est pas le nouvel album de Front 242, mais une compilation de fragments enregistrés entre 90 et 93, revus et corrigés par la technologie moderne. Un recueil de remixes, enrichi de trois inédits, resculptés pour les besoins de l'ambient. On savait que Daniel B avait toujours rêvé de composer des bandes sonores pour les films de Peter Greenaway, mais nous n'imaginions pas que la musique de Front 242 aurait pu un jour s'évaporer dans l'éther atmosphérique de Ryuichi Sakamoto. Evidement, pour parvenir à ses fins, Daniel et Patrick Codenys se sont tout d'abord remis en question, mais surtout ont fait appel à des manipulateurs, passés maître dans l'art du reliftage. Et en particulier à Underworld, Prodigy et The Orb. Evidemment, face aux nostalgiques de l'EBM, le duo belge devra faire front (!)...

 

Front 242

Religion

Six versions différentes du titre maître et deux de "Crapage" recyclés tour à tour par Andy Wallace, J.G. Thirwell, Lion Howlett et par The Orb. Huit remixes qui dénotent quelque peu par rapport à "Off" et "On", les deux excellents albums gravés par la bande à Daniel B et Patrick Codenys au cours de l'année 1993. Ce n'est donc pas la peine d'en faire une religion...

 

Front 242

Off

Deuxième album en moins de quatre mois pour Daniel B et Patrick Codenys, alias Front 242. Et comme prévu, Jean Luc et Richard se sont effacés pour une chanteuse. Une certaine 99 Kowalski du trio transylvanien Spill. Une chanteuse dont le timbre voluptueux, translucide, campe un hybride entre celui de Cossey F Tutti et de Sarah Cracknell (Saint Etienne). Malgré l'une ou l'autre intervention plus musclée, plus rageuse, plus virile (!), "Off" privilégie les atmosphères instrumentales. Ce qui le différencie de son précédent opus "Up evil", jaugé alors pour deux mesures d'électro hardcore yankee (Ministry, Rage Against The Machine, Nine Inch Nails) et une d'acid techno (The Orb, Sunscreem et consorts). Le nouvel opus ne se contente pourtant pas d'inverser les doses. D'abord, il limite les samplings de guitares. Ensuite, il revient à des formes synthétiques plus originelles (Throbbing Gristle?), voire contemporaines (Terry Riley?). Bien sûr, Front continue de sculpter sa matière première sur un tempo viscéral. Mais cette substance cybernétique n'est plus systématiquement martyrisée, torturée, militarisée. Elle épouse des pulsions climatiques d'une manière plus instinctive. En outre, le disque recèle trois fragments qui débordent du contexte rituel. "Serial killers don't kill the girlfriend" flirte avec la cold wave gothique de Daniel Ash, "Skin fur coat" sanctifie la techno pop de Depeche Mode, alors que l'envoûtant (quoique trop bref) "Animal Gate" transcende la phase la plus féconde de Shamen ("Progen", "LSI").

 

Front 242

Live Code

Il existe chez Front 242 deux dimensions diamétralement différentes. La première, vous vous en doutez, répond à des normes de haute technologie et de synthétisation du son. Elle s'élabore exclusivement en studio. La deuxième transmet des pulsions viscérales dans un environnement visuel épileptique. Elle se consomme ‘live’. Alors, un enregistrement public, reproduit sur disque, sans son support optique et énergétique souffre inévitablement d'une carence d'efficacité. Bien que bénéficiant d'une remasteration studio, ce set accordé à la radio néerlandaise VPRO3 le 25 octobre 93 a davantage une valeur documentaire, voire sentimentale, qu'artistique. Pour fans exclusivement !